Évaluer l'efficacité et la tolérance de la corticothérapie générale au long cours initiée par bolus IV dans les uvéites postérieures non infectieuses. Étude rétrospective de 2001 à 2006. La corticothérapie était débutée par bolus IV de méthylprednisolone sur 3 jours, puis relayée par prednisone orale 1 mg/kg/j, et diminuée ensuite selon l'évolution clinique. Quarante-quatre patients (32 femmes, 12 hommes), d'âge moyen 46 ans ont été inclus. Le suivi moyen était de 21 mois. L'uvéite avait une étiologie déterminée dans 41 % des cas. Elle était bilatérale dans 60 % des cas, soit 70 yeux atteints. Pour le plus mauvais œil, l'acuité visuelle moyenne qui était de 3,0 initialement, remontait à 6,8. Parmi les 24 yeux ayant une épaisseur maculaire initiale supérieure à 250 μm à l'OCT, l'épaisseur maculaire moyenne passait de 393 μm à 264 μm. Les effets secondaires ont été notés pendant la corticothérapie orale. Aucun incident n'est survenu pendant les bolus. La corticothérapie orale a été maintenue à plus de 20 mg pendant 3.5 mois, entre 20 et 10 mg pendant 3 mois, et entre 10 et 0 mg pendant 5 mois. Parmi les 24 patients ayant arrêté la corticothérapie générale, 20 l'ont fait sans test à l'ACTH préalable. Sept patients étaient cortico-dépendants à 9 mg/j en moyenne. La corticothérapie initiée par bolus agit rapidement sur l'inflammation des milieux oculaires, puis sur l'œdème maculaire. Ses effets secondaires locaux et généraux apparaissent pendant le relais oral au long cours, alors que les bolus sont bien supportés. Le pronostic visuel final dépend essentiellement de l'état maculaire. Le passage à un traitement systémique marque un tournant dans l'évolution de l'uvéite. La corticothérapie demeure le traitement de première intention, le plus rapidement efficace et accessible. Ses effets secondaires sont connus et souvent gérables. Le rapport bénéfice/risque des bolus est favorable.