L'immunothérapie a montré une activité clinique durable chez les patients atteints de mélanome métastatique. Cependant, il n'existe aucun marqueur pronostique fiable permettant de définir la réponse à long terme ainsi que le risque de rechute après arrêt du traitement. L'objectif de cette étude était d'évaluer les valeurs prédictives de la TEP-TDM et de la TDM effectuées en fin de traitement sur le risque de rechute après l'arrêt du traitement. Vingt-six patients suivis pour un mélanome métastatique étaient inclus dans cette étude rétrospective. Tous étaient traités par anti-PD1, considérés en rémission complète et avaient bénéficié d'une TDM et d'une TEP-TDM lors de l'arrêt du traitement. Le critère de jugement principal était la survenue d'une rechute après arrêt du traitement. La TDM était interprétée selon les critères RECIST 1.1 : réponse complète (RC), réponse partielle (RP), stabilité (S) et progression (P). Les réponses métaboliques étaient classées en réponse métabolique complète (RMC) lorsque la fixation résiduelle était inférieure à celle du médiastin, réponse métabolique partielle (RMP), stabilité métabolique (SM) et progression métabolique (PM). La durée médiane de traitement était de 7 mois et la médiane de survie sans récidive après arrêt du traitement de 20,5 mois. Selon la TDM de fin de traitement : 9 patients étaient en RC, 15 en RP et 2 en S. Selon la TEP-TDM, 20 patients étaient en RMC et 6 en RMP. Dix patients en RP et 2 en S selon la TDM étaient en RMC sur la TEP-TDM et aucun n'a rechuté lors du suivi. Selon l'évaluation par TEP-TDM: 1/20 patients en RMC a rechuté et 5/6 patients en RMP ont rechuté. Après analyse univariée, une RMP en TEP-TDM était associée de manière significative à une rechute (p = 0,00231) et une RMC à l'absence de rechute (p = 0,00231). La réponse selon les critères RECIST n'était pas associée au risque de rechute (p = 0,862). Après analyse multivariée (ajustement : âge, sexe, RECIST), la TEP-TDM restait pronostique de la rechute (p = 0,015). Nos résultats démontrent la pertinence de la réponse métabolique par rapport à la réponse morphologique pour évaluer une réponse complète et décider d'un arrêt de traitement par anti-PD1 : la plupart de ceux en RP à la TDM sont en RMC selon la TEP-TDM. Après confirmation sur de plus grandes cohortes de patients, la TEP-TDM pourrait donc être l'examen « clé » dans la décision d'arrêt du traitement devant une RMC chez des patients sous anti-PD1.
Background Anti-PD1 immunotherapy has shown a sustainable clinical activity in patients with metastatic melanoma. However, strong predictive factors of the long-term response or risk of relapse remain to be identified. Objectives To determine whether FDG-PET imaging could be superior to CT scan in distinguishing residual tumours versus the absence of tumour in patients with a partial response (PR) or stable disease (SD) and whether a complete metabolic response (CMR) was associated with better outcomes. Methods Retrospective study conducted in all patients with metastatic melanoma treated with anti-PD1 immunotherapy between October 2014 and October 2017 considered to be in complete remission. The primary outcome was the occurrence of a relapse during the follow-up. CT scan and FDG-PET scan had to be performed within a maximum of 2 months of treatment discontinuation. For CT imaging, the Response Evaluation Criteria in Solid Tumours (RECIST) 1.1 were used and included progressive disease (PD), SD, PR and complete response (CR). For FDG-PET imaging, the metabolic responses were classified as progressive metabolic disease, stable metabolic disease, residual FDG avidity (RFA) and CMR. Results Twenty-six patients were in complete remission after collegial decision. Two patients had a SD on CT scan and a CMR on FDG-PET scan, and none of them relapsed. Ten patients had a PR on CT scan and a CMR on FDG-PET scan, and none of them relapsed. The mean treatment duration to achieve a complete remission was 7 months (3-23). A univariate analysis showed that a RFA assessed on the FDG-PET scan was significantly associated with a relapse (P = 0.00231). Conclusions Most patients with a PR on the CT scan and a CMR on the FDG-PET scan should be considered with a CR. Our study showed that FDG-PET imaging could play a crucial role in predicting the long-term outcome and help to decide whether treatment should be discontinued.
La macrodactylie est une anomalie congénitale rare (1/100 000 naissances) se caractérisant par l’augmentation de taille d’un orteil. Elle est secondaire à l’hypertrophie des différents tissus présents dans le territoire concerné. Elle peut être isolée ou s’inscrire dans le cadre d’un syndrome polymalformatif. Un enfant présentait une asymétrie des pieds constatée par les parents à l’âge de 12 mois. Il n’avait pas d’antécédent particulier en dehors d’une avance staturopondérale. L’examen clinique mettait en évidence une macrodactylie de l’hallux droit sans inégalité de longueur des membres inférieurs. Un syndrome de Wiedemann–Beckwith, associant avance staturopondérale et organomégalie, était initialement évoqué puis éliminé compte tenu de l’absence d’anomalie de la méthylation dans la région 11p15. Un second avis était sollicité à l’âge de 8 ans devant la majoration progressive de l’hypertrophie du pied droit, alors responsable d’une gêne fonctionnelle et d’un écart de 2 pointures. La télémétrie des membres inférieurs ne montrait pas d’inégalité de longueur, contrairement à la radiographie des deux pieds en charge où l’on notait une inégalité de longueur de 3 mm au niveau du premier métatarsien. Une mutation en mosaïque PIK3CA était suspectée devant cette macrodactylie isolée. Une biopsie cutanée était réalisée sur la zone hypertrophique et l’analyse génétique par méthode de séquençage NGS mettait en évidence une mutation (p.His1047Leu ; c.3140A > T) activatrice du gène PIK3CA. Il existe une grande hétérogénéité clinique des macrodactylies. Certaines s’inscrivent dans le cadre de syndromes hypertrophiques tels que le syndrome de Protée (MIM 176920) ou les syndromes hypertrophiques liés à des mutations activatrices en mosaïque du gène PIK3CA tels que le syndrome CLOVES (MIM 612918). Tripolski et al. ont rapporté 5 cas de patients porteurs de la mutation p. Glu542Lys du gène PIK3CA qui présentaient une macrodactylie ; l’un avait une macrodactylie isolée, deux autres un syndrome CLOVES, le quatrième avait une macrodactylie avec syndactylie et le dernier une macrodactylie avec hémihypertrophie. Wu et al. ont effectué une recherche systématique de mutations PIK3CA chez 12 patients d’un âge moyen de 4,5 ans suivis dans un service de chirurgie de la main pour des macrodactylies isolées : 9 d’entre eux avaient une mutation PIK3CA. Les mutations observées étaient les suivantes : p. His1047Arg, p. His1047Leu, p. Glu545Lys, et p. Glu542Lys. Ainsi, plusieurs mutations différentes de PIK3CA peuvent être responsables de macrodactylies isolées. Alors que le traitement de la macrodactylie était jusqu’ici essentiellement chirurgical, l’identification des mutations PIK3CA et le développement de traitements inhibiteurs de PIKCA3 avec des résultats remarquables dans les syndromes hypertrophiques ouvrent de nouvelles perspectives sur le plan thérapeutique.
Récemment, une nouvelle réaction cutanée aux anti-TNFα de type rhinite inflammatoire (RI) chronique associée secondairement à une cicatrice narinaire en encoche a été décrite chez 8 patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Nous avons cherché à décrire la fréquence et les caractéristiques de ces RI chez des patients traités par biothérapies pour différentes maladies inflammatoires chroniques. Étude transversale bicentrique réalisée dans des services de gastro-entérologie, rhumatologie et dermatologie. Tous les patients traités par biothérapies vus en consultation par les investigateurs entre juin 2018 et mars 2019 étaient inclus. Les paramètres suivants étaient recueillis : âge, indice de masse corporelle (IMC), sexe, tabagisme, maladie traitée, présence d'une RI active ou antérieure, biothérapies reçues. Parmi les 356 patients inclus, 40 (11 %) avaient une RI active. L'âge moyen était de 43,2 ans, le sex-ratio H/F de 0,65, l'IMC moyen était normal (24,67 kg/m2) et 43 % étaient fumeurs. Les principales maladies étaient : maladie de Crohn (50 %), rectocolite hémorragique (15 %), psoriasis (13 %) et spondylarthrite ankylosante (10 %). La RI apparaissait sous traitement par anti-TNFα dans 82 % des cas (33/40) et sous une autre biothérapie dans 18 % des cas (6/40). Le délai moyen d'apparition était de 28 mois. Les caractéristiques cliniques étaient : caractère bilatéral (66 %), évolution par poussées (57 %), présence de croûtes endonasales (94 %), fissures nasales (57 %, Figure 1), cicatrice narinaire en encoche (31 %, Figure 2). Les principaux symptômes étaient : prurit (31 %), douleur (54 % ; EVA moyenne : 4/10), obstruction nasale (34 %). Les lésions cutanées extra nasales associées étaient : lésions de type psoriasis (34 %), intertrigo des petits ou des grands plis (23 %), pustules du cuir chevelu, du pubis ou du corps (17 % ; 11 % ; 9 %). Des anticorps antinucléaires (AAN) étaient identifiés dans 68 % des cas (17/25). Un prélèvement bactériologique mettait en évidence la présence de Staphylococcus aureus (20/28), Staphylococcus coagulase négative (1/28) et 7 prélèvements négatifs. Nous confirmons que les RI sous biothérapie surviennent majoritairement, mais non exclusivement, chez les patients traités par anti-TNFα pour des MICI. Une infection à S. aureus chronique est possible mais la valeur d'un prélèvement positif sur une fissure chronique reste discutable. Ces RI pourraient plutôt être assimilées aux réactions cutanées « paradoxales » aux anti-TNF-α induites par l'interféron de type 1 ou à une forme de pustulose amicrobienne des plis, cependant nous n'avons pas mis en évidence de corrélation entre la présence d'AAN et la présence de lésions pustuleuses. Les RI chroniques chez les patients traités par biothérapie ne sont pas exceptionnelles et entraînent parfois une cicatrice narinaire en encoche.
British Journal of DermatologyVolume 181, Issue 5 p. 1103-1104 Research Letter The triangular nasal notch sign in patients with Crohn disease treated with tumour necrosis factor inhibitors C. Mesnard, C. Mesnard Department of Dermatology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorH. Aubert, H. Aubert Department of Dermatology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorA. Bourreille, A. Bourreille Department of Gastroenterology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorC. Trang, C. Trang Department of Gastroenterology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorV. Gagey-Caron, V. Gagey-Caron Centre Pasteur Dermatology, Nantes, FranceSearch for more papers by this authorY. Le Corre, Y. Le Corre Department of Dermatology, CHU Angers, FranceSearch for more papers by this authorS. Topin Ruiz, S. Topin Ruiz Department of Dermatology, CHU Angers, FranceSearch for more papers by this authorS. Barbarot, Corresponding Author S. Barbarot sebastien.barbarot@chu-nantes.fr orcid.org/0000-0002-6629-9100 Department of Dermatology, CHU Nantes, 44800 Nantes, France Correspondence: Sebastien Barbarot. E-mail: sebastien.barbarot@chu-nantes.frSearch for more papers by this author C. Mesnard, C. Mesnard Department of Dermatology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorH. Aubert, H. Aubert Department of Dermatology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorA. Bourreille, A. Bourreille Department of Gastroenterology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorC. Trang, C. Trang Department of Gastroenterology, CHU Nantes, 44800 Nantes, FranceSearch for more papers by this authorV. Gagey-Caron, V. Gagey-Caron Centre Pasteur Dermatology, Nantes, FranceSearch for more papers by this authorY. Le Corre, Y. Le Corre Department of Dermatology, CHU Angers, FranceSearch for more papers by this authorS. Topin Ruiz, S. Topin Ruiz Department of Dermatology, CHU Angers, FranceSearch for more papers by this authorS. Barbarot, Corresponding Author S. Barbarot sebastien.barbarot@chu-nantes.fr orcid.org/0000-0002-6629-9100 Department of Dermatology, CHU Nantes, 44800 Nantes, France Correspondence: Sebastien Barbarot. E-mail: sebastien.barbarot@chu-nantes.frSearch for more papers by this author First published: 30 May 2019 https://doi.org/10.1111/bjd.18176Citations: 1 Acknowledgments: We are grateful to Dr Jonathan Batchelor for his advice. Funding sources: none. Conflicts of interest: none to declare. Read the full textAboutPDF ToolsRequest permissionExport citationAdd to favoritesTrack citation ShareShare Give accessShare full text accessShare full-text accessPlease review our Terms and Conditions of Use and check box below to share full-text version of article.I have read and accept the Wiley Online Library Terms and Conditions of UseShareable LinkUse the link below to share a full-text version of this article with your friends and colleagues. Learn more.Copy URL Share a linkShare onFacebookTwitterLinked InRedditWechat No abstract is available for this article.Citing Literature Volume181, Issue5November 2019Pages 1103-1104 RelatedInformation
L'hypophosphorémie (hPho) est une anomalie biologique rare définie par un seuil de phosphore < 0,85 mmol/L chez l'adulte pouvant résulter de plusieurs mécanismes : mouvements transmembranaires de phosphore du secteur extracellulaire vers le secteur intracellulaire, augmentation de l'excrétion urinaire ou diminution de l'absorption digestive. Nous rapportons un cas d'hPho sévère apparue après une perfusion de carboxymaltose ferrique (CMF). Une patiente de 19 ans était hospitalisée pour une boulimie évoluant depuis 3 ans, avec épisodes de vomissements, d'utilisation de laxatifs et une potomanie avec un IMC à 17 kg/m2. Son traitement comprenait une supplémentation calcique, une pilule œstroprogestative et des compléments alimentaires. Elle présentait une anémie à 9,3 g/dl normocytaire (VGM à 85,5 fL). Le bilan retrouvait une dénutrition : hypoprotidémie avec hypoalbuminémie à 32 g/L, une ferritine à 8 yg/L, une carence en vitamine D3. Les dosages de B12, folates, la calcémie, le bilan hépatique, le ionogramme et la fonction rénale étaient normaux. La phosphorémie était normale à 1,29 mmol/L. Une perfusion de 500 mg de CMF était réalisée. Six jours après la perfusion, l'ionogramme montrait une hypophosphorémie à 0,55 mmol/L isolée. Le ionogramme urinaire retrouvait une phosphaturie à 15,6 mmol/L, une créatininurie à 6,1 mmol/L soit un taux de réabsorption du phosphore abaissé à 67 % (norme > 85 %). Le PH urinaire était normal à 6 sans glycosurie, de même que la PTH. Une supplémentation en phosphore était débutée par phosphoneuros 100 gouttes matin et soir et la supplémentation par fer oral a été reprise, permettant une normalisation du bilan en 1 mois. Quatre de nos patients recevant des perfusions de CMF sur les 3 mois suivants ont développé une hypophosphorémie entre parfois profonde, résolutive par supplémentation orale en phosphore. Les effets indésirables de la CMF tels que les céphalées, les nausées ou les réactions au point d'injection sont désormais bien connus. Les prescriptions croissantes de ce traitement en raison de son efficacité et sa durée d'injection courte ont permis l'identification de nouveaux effets indésirables notamment biologiques à type d'hPho qui sont désormais bien documentés. Fierz et al. rapportent un cas similaire d'hPho sévère à 0,18 mmol/L chez une jeune femme présentant un trouble du comportement alimentaire [1]. Ils suggèrent d'augmenter les apports alimentaires en phosphate avant et au cours de la supplémentation martiale intraveineuse et d'utiliser la CMF avec prudence chez les patients présentant une malnutrition. Klein et al. rapportent un cas d'hPho chez un patient suivi pour une maladie de Crohn recevant des perfusions régulières de CMF ayant développé une ostéomalacie ayant régressé après arrêt des perfusions et la supplémentation en phosphore [2]. Ils soulèvent ainsi le problème du risque d'ostéomalacie chez les patients recevant des perfusions intraveineuses de fer de façon régulière et présentant des hypophosphatémie sévère et asymptomatique. Zoller et al. insistent également sur ce risque d'ostéomalacie et précisent le mécanisme qui serait en lien avec une augmentation de l'excrétion rénale du phosphore médiée par le FGF23 des fibroblastes [3]. Il semblerait que cet effet indésirable soit plus spécifique au CMF puisqu'un essai clinique randomisé multicentrique comparant férumoxytol versus CMF mettait en évidence une hypophosphatémie dans 0,4 % dans le groupe férumoxytol et 38,7 % dans le CMF avec une diminution du taux moyen de phosphore de 40 % à 2 semaines dans le groupe CMF. L'hypophosphorémie est un effet indésirable fréquent et peu connu sous CMF qu'il convient de dépister du fait du son caractère asymptomatique et des complications potentielles notamment l'ostéomalacie.
La trichodysplasie spinulosique (TS) est une maladie cutanée très rare de l’immunodéprimé due à un polyomavirus spécifique (TSPyV) décrit pour la première fois en 2010. Un enfant de 9 ans était suivi pour une leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) T hyperleucocytaire avec envahissement du système nerveux central (SNC) traitée selon les recommandations du protocole de traitement français LAL FRALLE. Il avait reçu un traitement par polychimiothérapie et radiothérapie prophylactique du SNC en 2015 et était traité en entretien depuis octobre 2016 (vincristine, purinéthol, méthotrexate, corticothérapie). Il présentait alors une lymphopénie profonde et prolongée. En janvier 2017 apparaissaient des lésions cutanées érythémato-papuleuses, hyperkératosiques parfois spinulosiques prédominant aux membres supérieurs, au visage avec des lésions filiformes du nez et des paupières supérieures. Les explorations montraient une pancytopénie (lymphopénie 0,15 G/L, neutropénie 0,1 G/L, thrombopénie 122 G/L, anémie 10,3 g/dL), les sérologies virales (VIH, hépatite B et C, CMV) étaient négatives. L’examen anatomopathologique montrait de minimes lésions sans argument morphologique pour une infection virale à polyomavirus. Devant la forte suspicion clinique de TS, une recherche du génome de Trichodysplasia Spinulosa Polyomavirus (TSPyV) par PCR spécifique dans la région VP1 était réalisée à partir d’une biopsie cutanée, permettant de confirmer le diagnostic. Une amélioration partielle des lésions cutanées était observée après l’arrêt du traitement d’entretien de la LAL (Fig. 1 et 2). Les polyomavirus sont des virus à ADN double brins non enveloppés. Actuellement, 14 sont décrits comme pouvant infecter l’homme. Le polyomavirus impliqué dans la TS (TSPyV) a été identifié en 2010. Il possède un tropisme pour les kératinocytes et les cellules endothéliales et n’est pathogène que chez les patients immunodéprimés. Les lésions cutanées induites sont des distensions folliculaires avec formation de cônes kératosiques prédominant au visage. Elles disparaissent le plus souvent lors de la restauration immunitaire. Dans le cas contraire, des traitements par cidofovir gel (3 %) ont donné des résultats satisfaisants dans des cas isolés. Le valganciclovir per os pourrait également être une alternative thérapeutique. Nous rapportons un cas de TS pédiatrique documenté virologiquement chez un enfant suivi pour une LAL avec des lésions spinulosiques filiformes des paupières jamais rapportées à notre connaissance.
Les anti-TNF sont utilisés dans les maladies inflammatoires chroniques rhumatologiques, digestives et cutanées. Ils peuvent être à l’origine d’effets secondaires cutanés : infections, carcinomes, réactions paradoxales psoriasiformes plus ou moins pustuleuses ou encore lésions eczématiformes. Il n’y a cependant pas à ce jour de description d’atteinte spécifique du nez dans la littérature. Nous rapportons 8 cas d’encoches narinaires cicatricielles secondaires à des rhinites inflammatoires chez des patients traités par anti-TNF. Étude rétrospective réalisée en mai 2018 à partir des dossiers des patients suivis dans deux centres. Nous avons répertorié huit patients traités par biothérapie ayant une encoche narinaire triangulaire cicatricielle uni ou bilatérale. Il s’agissait principalement de femmes (7/8), d’un âge moyen de 38 ans, fumeuses dans la moitié des cas. Tous étaient traités pour une maladie de Crohn évoluant en moyenne depuis 210 mois (17,5 ans). Ils avaient présenté une rhinite inflammatoire parfois douloureuse précédant l’apparition de l’encoche narinaire (simple érythème narinaire), lésion érythémato-squameuse fissuraire ou lésions croûteuses endonasales avec possible extension périnarinaire. La rhinite inflammatoire était apparue dans un délai de 3 mois à 13 ans après le début de la biothérapie. Cinq patients sur 8 avaient présenté de manière concomitante une dermite des grands plis parfois pustuleuse (axillaires, inguinaux, inter-fessier), associée ou non à une atteinte des petits plis (rétro-auriculaires, interdigitaux). Ils avaient reçu en moyenne deux traitements systémiques avant la mise sous biothérapie. Sept patients étaient traités par anti-TNF lors de la survenue de l’effet indésirable (infliximab 5/8, adalimumab 2/8) et un sous ustekinumab (1/8). Ce dernier patient avait cependant reçu antérieurement de l’adalimumab. Les traitements prescrits pour la rhinite étaient des antibiotiques topiques (7/8), des dermocorticoïdes (6/8), une antibiothérapie générale (5/8 : cyclines, amoxicilline-acide clavulanique) (Fig. 1 et 2). Les rhinites inflammatoires induites par les anti-TNF sont peu décrites alors même que leur fréquence n’est pas négligeable en pratique quotidienne (un seul cas décrit précisément dans la littérature). La nosologie de cette dermatose est encore imprécise. Certains l’associent à une forme de pustulose amicrobienne des plis. Cependant, son caractère cicatriciel à type d’encoche nous fait émettre l’hypothèse d’une séquelle de processus inflammatoire chronique dans la zone du triangle mou de Converse. En effet, cette zone aponévrotique délicate, est fréquemment le siège de rhagades chroniques et de rétractions cutanées notamment dans un contexte post-chirurgical. Nous rapportons une réaction cutanée originale de type encoche narinaire cicatricielle post-rhinite inflammatoire induite par les anti-TNF chez des patients atteints de maladie de Crohn.
Les anti-PD1 induisent des effets secondaires immunologiques essentiellement cutanés (20–25 %) et endocriniens (10 %). Les manifestations pulmonaires sont beaucoup plus rares (1 à 3 %). Nous rapportons un cas exceptionnel de pneumopathie au nivolumab d’évolution fatale. Une femme de 78 ans était traitée en 1re ligne par nivolumab pour un mélanome métastatique BRAF négatif avec des cibles ganglionnaires rétropéritonéales. Elle avait pour principal antécédent une polyarthrite rhumatoïde traitée par méthotrexate et corticothérapie depuis 13 ans. Huit jours après la 3e cure de nivolumab, une dyspnée de repos et une toux apparaissaient. Le tableau s’aggravait rapidement sur 5 jours, justifiant une hospitalisation. À l’arrivée, la patiente était dyspnéique au repos, apyrétique, polypnéique avec une toux sèche et une saturation à 60 %. L’angioscanner retrouvait une condensation pulmonaire bilatérale à prédominance déclive avec une plage de verre dépoli (Fig. 1) et éliminait une embolie pulmonaire. Les hypothèses diagnostiques étaient une pneumopathie infectieuse, une lymphangite carcinomateuse et une pneumopathie d’hypersensibilité au nivolumab. Le bilan biologique objectivait un syndrome inflammatoire modéré (CRP 35 mg/L, hyperleucocytose à 13 G/L) et une hyperéosinophilie (1,14 G/L). L’état respiratoire très précaire de la patiente contre-indiquait un lavage broncho-alvéolaire. Un traitement probabiliste à visée anti-infectieuse (ceftriaxone–spiramycine–cotrimoxazole) et anti-inflammatoire (corticothérapie IV à 2 mg/kg/j) était mis en route associé à une oxygénothérapie. Devant l’absence d’amélioration après 3 semaines d’antibiothérapie et la négativité des prélèvements bactériologiques, mycologiques et viraux, l’hypothèse infectieuse était écartée et l’antibiothérapie arrêtée à J 21. Le diagnostic de pneumopathie au nivolumab était retenu, la corticothérapie poursuivie et une cure d’infliximab IV à la dose de 5 mg/kg était débutée à J 23. Malgré cela, l’état général de la patiente continuait de se dégrader et elle décédait à J 31. Les pneumopathies induites par les anti-PD1 sont très rares, seuls 9 cas ont été précédemment rapportés dans la littérature. Ils concernaient 6 femmes et 3 hommes, d’un âge médian de 70 ans, traités pour un mélanome (7 cas) ou un cancer pulmonaire (2 cas). Ces pneumopathies se manifestaient par l’apparition de dyspnée, toux et désaturation sans fièvre, survenant après une médiane de 8 semaines suivant l’introduction de l’anti-PD1 (4 à 18) avec une image radiologique de pneumopathie interstitielle. Le plus souvent (8 cas/9), l’évolution était favorable sous corticothérapie à forte dose (1–2 mg/kg/j). Nous rapportons le second cas d’évolution fatale malgré l’utilisation d’une corticothérapie à forte dose et d’infliximab. La pneumopathie aux anti-PD1 est rare et de diagnostic difficile. Il convient de savoir l’évoquer devant l’apparition de signes pulmonaires.