Analyse rétrospective d’une cohorte de curiethérapie utérovaginale de haut débit de dose multifractionnée et ou non interstitielle, dans le cadre d’une hospitalisation unique. Évaluation de réponse tumorale et de la toxicité au long cours. Curiethérapie utérovaginale de haut débit de dose en cinq fractions après chimioradiothérapie de 46 Gy avec cisplatine ou exclusive en neuf fractions, avec la technique suivante : pose d’un tandem-ring, dosimétrie unique, fusion d’une scanographie des applicateurs et délinéation sur IRM, chargement standard « Pötter », prescription au point A, optimisation manuelle (graphique, temps d’arrêt selon les recommandations du Groupe européen de curiethérapie – European Society for Therapeutic Radiology and Oncology [GEC-ESTRO]). Questionnaires QLQ-C30-QLQ-CX24 avant le traitement, à un mois, annuels ; contacts téléphoniques pour dernières nouvelles en janvier 2015. Entre 2010 et 2015, 134 patientes ont été prises en charge dans le service par curiethérapie utérovaginale de haut débit de dose multifractionnée, les dossiers des 78 premières patientes ont été analysés. L’âge moyen était de 58 ans (déviation standard : 14), l’indice de de performance des patientes selon l’OMS était de 0 (81 %), 1 (17 %), 4 (3 %) ; 28 % étaient hypertendues, 62 % tabagiques, la concentration d’hémoglobine moyenne était de 11,6 g/dL (déviation standard : 1,3). Le stade selon la classification de la Fédération internationale de gynécologie obstétriques (FIGO) était pour 27 % IB1, 18 % IB2, 15 % IIA, 33 % IIB, 2 % IIIA, 5 % IIIB, le carcinome était épidermoïde pour 76 %. La curiethérapie était dans 85 % curiethérapie utérovaginale, 13 % utérovaginale et interstitielle (avec 7,2 aiguilles en moyenne : déviation standard : 3,9). Il y avait sur l’IRM initiale une atteinte ganglionnaire pelvienne dans 15 % des cas, extrapelvienne dans 6 %, sur la TEP dans respectivement 14 % et 6 %). Le suivi médian était de 31 mois (déviation satndard : 17), 60 patientes étaient en vie (77 %), 15 décédées (19 %), trois perdues de vue (4 %). La maladie était contrôlée dans 70 % des cas (54 patientes), en récidive/progression dans 16 % (13 patientes). Le site des récidives était dans 9 % des cas local, dans 8 % ganglionnaire pelvienne, dans 6 % ganglionnaire à distance, dans 6 % (cinq patientes) métastatique viscéral, dans trois cas sous forme d’une carcinose péritonéale et dans trois pulmonaire (3). Il a été observé 31 % cas de toxicité digestive (24 patientes) 27 % de grade 1–2 (diarrhées, gêne abdominale), 4 % de grade > 2 (péritonite, stomie), 26 % de cas de toxicité urinaire (20 patientes), 20 % de grade 1–2 (dysurie, pollakiurie, incontinence d’effort), 6 % de grade > 2 (deux incontinences majeures, deux dérivations urinaires sur évolution tumorale). La toxicité gynécologique a été évaluée par des questionnaires (pas du tout, peu, assez, beaucoup) ; dyspareunie : 40 % réponses (28, 60 %) dont 30 % A/B ; métrorragies 100 % réponses (24, 21 %) dont 10 % A/B. Cette curiethérapie utérovaginale multifractionnée, en une seule hospitalisation, avec dosimétrie unique, permet des taux de contrôle tumoral et de toxicité urinaire/digestive satisfaisants à ce niveau d’évaluation. Reste à poursuivre l’évaluation et la prévention de la toxicité sexuelle de ce traitement.
Description d’une cohorte de curiethérapies utéro-vaginales de haut débit de dose multifractionnées en une hospitalisation. Rapport rétrospectif des données techniques et dosimétriques selon les recommandations du Groupe européen de curiethérapie - European Society for Therapeutic Radiology and Oncology (Gec-ESTRO). Curiethérapie utéro-vaginale de haut débit de dose de cinq fractions précédée d’une radiothérapie externe ou exclusive de neuf fractions. Pose d’un ring-tandem sous anesthésie générale avec ou sans implantation interstitielle d’aiguilles selon topographie, volume ou résidu tumoral, guidée par échographie endorectale. Dosimétrie tridimensionnelle unique, copie pour chaque fraction, fusion : reconstruction sur scanographie des applicateurs et délinéation sur IRM. Chargement standard « Pötter », prescription au point A (A1 = A droit, A2 = A gauche), escalade de dose de 4,2 à 5 Gy (100 % de la dose prescrite) dans le temps, optimisation manuelle sur copie du plan de référence (graphique, temps d’arrêt) de la dose dans 90 % du volume cibla-anatomoclinique à haut risque (D90HRCTV) en terme de dose biologiquement équivalente à 2 Gy par fraction (BDE2) (α/β de 10 Gy), respect des contraintes des organes à risque : D2 cm3 digestif (dose biologiquement dans 2 cm3) ≤ 74 Gy (α/β de 3 Gy), D2 cm3 vessie ≤ 90 Gy (α/β de 3 Gy). Entre juillet 2010 et juillet 2013, 78 patientes d’âge moyen 58 ans (déviation standard : 14), atteintes d’un cancer selon la classification internationale de gynécologie obstétrique (FIGO) pour 45 % de stade I, 48 % II, 7 % III ont reçu pour 85 % une curiethérapie utérovaginale simple, pour 13 % une curiethérapie utérovaginale interstitielle avec en moyenne 7,2 aiguilles (déviation standard : 3,9) aiguilles, 86 % 5F combinées en cinq fractions après une irradiation externe de 46 Gy, 14 % en neuf fractions, à titre exclusif. Le Total Reference Air Kerma (TRAK) était en moyenne de 3111 cGy cm2, le HRCTV de 26 cm3 (déviation standard : 12,2), le D90HRCTV de 120 % de la dose prescrite (20) et de 5,8 Gy (1,2), soit 84,2 Gy BDE2 (α/β de 10 Gy). Le volume cible anatomoclinique à risque intermédiaire (IRCTV) était de 111,5 cm3 (déviation standard : 74), la dose dans 90 % du volume cible à risque intermédiaire (D90IRCTV) de70,7 % de la dose prescrite (12,7), soit 3,4 Gy (0,7). La D2 cm3 digestif était de 2,7 Gy (1,2), soit 61,4 Gy BDE2 (α/β de 3 Gy), la D2 cm3 Vessie de 4,6 Gy (1,0) soit 81,0 Gy BDE2 (α/β de 3 Gy). Finalement, la dose délivrée au point A droit optimisée était de 4,5 Gy (déviation standard : 0,7), celle au point A gauche de 4,6 Gy (1,0) et celles aux points A moyenne de 4,6 Gy (0,8). Cette curiethérapie utéro-vaginale multifractionnée, en une hospitalisation, avec dosimétrie unique, à un niveau de dose de 5,8 Gy et en moyenne au point 4,6 Gy permet 70 % de taux de contrôle tumoral, sans toxicité supplémentaire urinaire/digestive. Les aiguilles interstitielles, ajoutées selon les caractéristiques remnologiques lésionnelles, permettent une couverture satisfaisante des tumeurs, ou des reliquats après l’irradiation externe, inaccessibles avec ring-tandem classique. Résultat à confirmer en multicentrique avant l’abandon des dosimétries répétées, afin de préserver les ressources radiophysiques.
L’escalade de dose de radiothérapie permet une augmentation du contrôle biologique des cancers localisés de la prostate. La curiethérapie de haut débit de dose a des propriétés techniques d’irradiation focales intéressantes pour ce cancer sensible à l’hypofractionnement extrême. Cette étude évalue la capacité d’escalade de dose focale de la curiethérapie de haut débit de dose en complément d’irradiation dans le respect des recommandations du Groupe européen de curiethérapie–European Society for Therapeutic Radiology and Oncology (Gec-ESTRO). Une analyse dosimétrique a été effectuée sur les dossiers de 36 patients recevant successivement de juillet 2012 à juillet 2013 deux fractions de 10 Gy espacées de 4 à 6 heures. Les patients ont bénéficié d’une curiethérapie de haut débit de dose dans la totalité de la prostate avec une escalade de dose ciblée sur l’indice tumoral intraprostatique défini de deux façons : (1) par fusion rigide entre l’IRM et l’ultrasonographie en temps réel rigide ; (2) par délinéation de la prostate périphérique correspondant aux sextants positifs. L’âge médian des 36 patients était de 69,5 ans. Onze tumeurs (30,5 %) étaient classées 2 selon la classification de D’Amico et 25 classées 3 (69,5 %). Le volume anatomoclinique prostatique, le nombre d’aiguilles, le temps d’irradiation et le TRAK (total reference air kerma) étaient respectivement (moyenne, écart-type) de (32,9 cm3, 11,9), (19,5,1,9), (19,5,1,9), (349,8 s, 71,8), (3955,1 cGy,cm2, 811,9). Les volumes d’intérêt étaient le volume cible anatomoclinique obtenu par fusion rigide entre l’IRM et l’ultrasonographie en temps réel rigide (3,6 cm3, 3), celui obtenu par délinéation de la prostate périphérique correspondant aux sextants positifs (5,6 cm3, 3,4). Les doses dans 90 % du volume cible anatomoclinique (D90) de (11,1 Gy, 0,4), dans 90 % du volume cible anatomoclinique obtenu par fusion rigide entre l’IRM et l’ultrasonographie en temps réel rigide de (12,4 Gy, 1,3) et 90 % du volume cible anatomoclinique obtenu par délinéation de la prostate périphérique correspondant aux sextants positifs (12 Gy, 1,1), les volumes recevant 100 % de la dose prescrite (V100) respectivement de (98,1 %, 2,2), (99 %, 3) et (97,7 %, 5,2). Les contraintes de dose sur le rectum et la vessie ont été respectées : Dr 0,1 cm3 (7,8 Gy, 0,8), Dr 2 cm3 (6,3 Gy, 0,8) (doses dans 0,1 et 2 cm3), Du 0,1 cm3 (11,5 Gy, 0,3), Du10 % (11,5 Gy, 0,3), Du30 % (11,2 Gy, 0,3) (doses dans 0,1 cm3, 10 % et 30 % de l’urètre). Il n’y avait pas de différence significative (t test) entre les deux fractions sur les paramètres dosimétriques sauf sur le temps opératoire. La curiethérapie de haut débit de dose multimodale sous échographie en temps réel permet un gradient de dose focale sur la prostate périphérique, les sextants positifs et l’indice tumoral en protégeant les organes à risque par rapport aux autres modalités d’irradiation.
Évaluer la réponse clinique de la curiethérapie de haut débit de dose anale multifractionnée. Analyse rétrospective des dossiers de patients ayant reçu une curiethérapie de haut débit de dose en cinq fractions sur 2,5 jours après une radiothérapie externe avec ou sans chimiothérapie. L’implantation des aiguilles a été faite sous anesthésie générale avec l’applicateur de Papillon. Une dosimétrie unique d’une fraction sur scanographie et ou non IRM a été réalisée. La dose de 3 Gy par fraction sur 85 % de la dose de base a été optimisée manuellement pour contrôler la couverture du volume cible anatomoclinique et du volume recevant 150 %de la dose de base. La toxicité a été évaluée par les questionnaires QLQC30 et QLQCX24. De septembre 2010 à novembre 2014, 36 patients atteints d’un carcinome épidermoïde du canal anal ont reçu une curiethérapie de haut débit de dose, dont 72 % après chimioradiothérapie. L’âge moyen au moment du traitement était de 61 ans [41–83]. Les tumeurs étaient de stade T1, T2 et T3-4 pour respectivement 5, 20 et 11 patients et il y avait chez neuf patients une atteinte ganglionanire sur la TEP ou l’IRM. La portion de circonférence envahie était respectivement d’un quart, un tiers et la moitié 33 %, 39 % et 28 % des patients. Le nombre d’aiguilles moyen était de 6,7 [4–16]. La dose médiane délivrée à 100 % de la dose de base optimisée, la dose dans 90 % du volume cible anatomoclinique, celles équivalente 2 Gy avec un rapport α/β de 10 Gy et de 3 Gy étaient respectivement de 3,6 Gy [3,3–6,4], 62,7 Gy [56,3–64,7], et 64,2 Gy [57,5–67,1]. Le suivi médian était de 22,7 mois [1,2–55,5] avec une probabilité de survie globale de 92 %, une probabilité de survie sans rechute locale de 86 %, et 14 % des patients en situation de progression nécessitant une colostomie. La toxicité tardive (plus de deux mois après la curiethérapie de haut débit de dose) était digestive chez 39 % des patients, de grade 1 pour 31 % et de grade pour 8 %. Onze pour cent des patientes ont signalé une dyspareunie, aucune toxicité urinaire n’était retrouvée. La curiethérapie de haut débit de dose multifractionnée avec une dosimétrie unique permet un taux de contrôle tumoral avec une toxicité urinaire et digestive satisfaisantes, mais une évaluation clinique doit être faite à long terme.