Le traitement chirurgical du trou maculaire idiopathique a fait preuve de son efficacité et ses complications potentielles sont connues et décrites dans la littérature. L'occlusion de branche de l'artère centrale de la rétine est une complication exceptionnelle. Nous rapportons l'observation d'un patient opéré de trou maculaire idiopathique bilatéral ayant présenté en post-opératoire une occlusion artériolaire focale sur le second œil opéré. Il s'agit d'un homme de 75 ans, pseudophaque bilatéral, opéré d'un trou maculaire idiopathique bilatéral à 7 mois d'intervalle. Le patient présentait de nombreux facteurs de risques cardiovasculaires. En pré-opératoire un relais AVK-HBPM est effectué pour les deux chirurgies. Pour les deux yeux, le même chirurgien a effectué une technique chirurgicale identique. Le positionnement du patient post opératoire de 15 jours a été aussi rigoureux dans les deux cas. Il n'a jamais été noté d'hypertonie oculaire post opératoire. La chirurgie de l'œil droit permet la fermeture du trou maculaire idiopathique et une amélioration fonctionnelle sans aucune complication post opératoire. La chirurgie de l'œil gauche permet également la fermeture du trou maculaire idiopathique et une récupération fonctionnelle. Au contrôle clinique post-opératoire de l'œil gauche, on constate un aspect d'ischémie rétinienne focale. L'angiographie réalisée le jour même met en évidence une occlusion intéressant deux artérioles du territoire temporal supérieur, n'intéressant pas la fovéa. En trois mois, l'œdème ischémique a cliniquement totalement disparu mais l'angiographie confirme l'occlusion totale des deux artérioles. Les auteurs exposent les différentes étiologies de la survenue de l'occlusion artériolaire et font une analyse de la littérature. La survenue d'une occlusion artériolaire sur un seul des deux yeux opérés de trou maculaire idiopathique par le même chirurgien à sept mois d'intervalle chez le même patient met en cause principalement ses facteurs de risques cardiovasculaires.
Comparer la trépanation du greffon cornéen par voie épithéliale à la trépanation par voie endothéliale au cours de kératoplasties transfixiantes. 125 kératoplasties transfixiantes réalisées sur une période de 3 ans ont été incluse dans l’étude. 25 patients ont reçu un greffon trépané par voie épithéliale à l’aide du trépan de Hanna et de la chambre antérieure artificielle de Hanna. Cent autres patients ont reçu un greffon trépané par voie endothéliale à l’aide du trépan de Hanna. Les patients ont été suivis tous les 3 mois avec mesure de la meilleure acuité visuelle, de l’astigmatisme subjectif, de la pression intra-oculaire, de la pachymétrie et de la densité endothéliale. À la fin du suivi une étude de la topographie cornéenne a été réalisée. Les premiers résultats du suivi clinique des patients ne semblent pas montrer de différence entre les deux modes detrépanation. La trépanation du greffon cornéen par voie épithéliale permet une découpe antérieure circulaire plus régulière par rapport à la trépanation par voie endothéliale. Les résultats cliniques obtenus avec une technique de trépanation classique par voie postérieure sont proche de ceux obtenus avec la technique par voie épithéliale.
La fréquence des décollements de rétine chez les patients greffés est de l’ordre de 2 à 5,4 % selon la littérature. Il s’agit d’une complication grave dont le pronostic visuel est mauvais dans la plupart des études. Ces mauvais résultats sont imputés à la possibilité de retard diagnostique et à la difficulté de visualisation du fond d’œil. L’étude rétrospective a porté sur sept patients (huit yeux) greffés qui ont présenté un décollement de rétine opéré dans le service entre 2003 et 2008. Dans la plupart des cas, le décollement de rétine est survenu après un traumatisme avec lâchage de suture chez des patients jeunes greffés pour kératocône (3 cas) ou pour glaucome congénital (1 cas). Les autres cas de décollement de rétine sont survenus chez des patients greffés pour décompensation endothéliale sur chirurgie de la cataracte avec issue de vitré (4 cas). La geste chirurgical réalisé a été une vitrectomie avec tamponnement interne dans sept cas, et cryo-indentation seule dans un cas. La vitrectomie a été possible, même lors de mauvaise transparence du greffon, grâce à l’utilisation d’un mini quad avec inverseur dans tous les cas. Le succès anatomique a été de 100 % après une seule chirurgie dans 6 cas (75 %) et deux chirurgies (récidive par PVR) dans deux cas. Les patients ont récupéré une acuité visuelle supérieure à 2/10 dans 2 cas (25 %), supérieure ou égale à 1/20 dans 3 cas (37,5 %) et limitée à VLMB dans les autres cas (37.5 %). Les principaux facteurs de mauvais pronostic sont : l’existence d’une atteinte maculaire (macula soulevée, OMC ou trou maculaire associé au DR) et le retard diagnostic. Les traumatismes oculaires et les ruptures capsulaires avec issue de vitré sont responsables de la majorité des cas de décollement de rétine dans cette série de patients greffés. Il est essentiel de sensibiliser les jeunes patients greffés à la nécessité de se protéger les yeux. Le pronostic visuel dans ce type de chirurgie est d’autant meilleur que le diagnostic et la prise en charge sont rapides.
Il s'agit d'une étude rétrospective sur des patients porteurs d'une ophtalmopathie dysthyroïdienne, suivis entre janvier 2005 et juillet 2007. Nous analysons les troubles oculomoteurs (33 cas). Nous avons recensé une majorité féminine (27 femmes) pour 6 hommes avec des formes plus précoces et plus malignes. Dans les désordres oculomoteurs, on retrouve : 8 cas de phories-tropies simples (rééduquées pour la plupart), 15 cas de diplopie (cliniques objectivées par test de Lancaster) qui ont toutes été prismées (dont 3 après décompression orbitaire). Parmi ceux-ci 5 cas ont bénéficié d'une chirurgie musculaire (souvent hypotropie et/ou ésotropie). Un recul sur anse était la méthode la plus souvent employée. Deux patients présentaient un strabisme sans rapport avec la maladie. 8 patients ne présentaient pas d'anomalie oculomotrice. Les troubles oculomoteurs sont fréquents dans l'ophtalmopathie dysthyroïdienne et la chirurgie est nécessaire dans certains cas. Elle reste difficile sur ce type de muscle. Elle ne doit en aucun cas être pratiquée avant une décompression orbitaire.
Les plaies de paupière représentent une pathologie relativement fréquente. Le but de cette étude était de déterminer les aspects épidémiologiques et thérapeutiques des plaies de paupière à partir d'une étude rétrospective réalisée entre 2000 et 2005. Les patients hospitalisés entre 2000 et 2005 pour une pathologie traumatique ont été recensés. Sur 1 072 traumatismes 135 patients présentaient une plaie palpébrale. Ces 135 plaies palpébrales comportaient une atteinte canaliculaire dans 64 cas et pas d'atteinte canaliculaire dans 71 cas. Les enfants de moins de 12 ans étaient atteints dans 40 % des plaies canaliculaires et 11 % des plaies sans atteinte canaliculaire. Pour les plaies avec atteinte canaliculaire on note une predominance d'atteinte masculine : 82,5 %, une moyenne d'âge à 19,50. Il s'agissait le plus souvent d'un œil gauche et d'un canalicule inférieur. Les plaies palpébrales sans atteinte canaliculaire survenaient chez 79 % de sujets de sexe masculin ; La moyenne d'âge était plus âgée à 41,5 ans ; on notait une atteinte prédominante à droite et en paupière supérieure ou en bi-palpébral supérieur et inférieur. Dans 25 % des cas il existait une atteinte du bord libre. Les causes étaient de façon prédominante avec atteinte canaliculaire, des chutes puis des morsures en particulier de chien et enfin des rixes alors que pour les plaies sans atteinte canaliculaire on notait principalement des accidents de la voie publique et des projections diverses. La prise en charge consistait en une suture avec réalignement du bord libre et en cas d'atteinte canaliculaire la mise en place d'une intubation par Mini-monoKa® après suture canaliculaire selon la technique d'Adenis. Les résultats sont satisfaisants dans l'immense majorité des cas. Les plaies palpébrales sont souvent associées à une atteinte des canalicules en particulier chez l'enfant lors de morsure de chien ou chez le sujet plus âgé après chute. Ces atteintes canaliculaires doivent être cherchées de façon systématique et traitées par la mise en place d'une intubation mono-canaliculaire après suture au monofilament. Les atteintes palpébrales avec ou sans atteinte canaliculaire demeurent fréquentes en particulier chez l'enfant et justifient une prise en charge par une chirurgie de bonne qualité.
Une échographie Doppler des troncs supra-aortiques est un examen important à réaliser devant la survenue d'une pathologie oculaire d'origine vasculaire. Nous avons réalisé un travail prospectif afin de déterminer la fréquence et le type des lésions identifiées et leur responsabilité dans le tableau clinique. Quatre-vingt-seize patients examinés en Ophtalmologie entre octobre 2004 et avril 2006 ont eu une échographie Doppler. La symptomatologie était une occlusion de l'artère centrale de la rétine dans 20 cas, une amaurose fugace dans 4 cas, une occlusion de la veine centrale de la rétine dans 18 cas, une neuropathie optique dans 26 cas, un syndrome de Claude Bernard Horner dans un cas, une hémorragie intra-vitréenne, un glaucome néo-vasculaire, une baisse de l'acuité visuelle dans 11 cas. Dans 15 cas il s'agissait d'une paralysie oculomotrice ou d'une diplopie, dans 3 cas d'une anisocorie. L'échographie Doppler étudiait les axes carotidiens, vertébraux et les artères temporales. Onze patients avaient des lésions carotidiennes, supérieures ou égales à 50 %, vertébrales ou temporales expliquant la symptomatologie chez 8 patients (8,3 %). Elles incluaient 5 sténoses de 50 à 70 %, 2 sténoses de plus de 70 % et 3 occlusions totales. Les lésions vertébrales incluaient 3 occlusions. Les 2 artères temporales étaient occluses chez le même patient. Au total 4 patients avaient des lésions sur plusieurs pédicules. Une OACR était associée à une occlusion carotidienne chez 2 patients, dans un cas d'amaurose fugace, une sténose carotidienne supérieure ou égale à 70 % était identifiée. Une neuropathie optique était associée à une sténose carotidienne supérieure à 70 % et une double occlusion temporale dans le cas de maladie de Horton. Dans le cadre du syndrome de Claude Bernard Horner, il s'agissait d'une dissection carotidienne. Une occlusion vertébrale a été retrouvée chez 2 patients présentant une paralysie oculomotrice. L'échographie Doppler des troncs supra-aortiques permet d'identifier la cause des symptômes oculaires chez 8,3 % des patients et chez 12,3 % des patients adressés pour OACR, amaurose fugace, neuropathie optique, Claude Bernard Horner ou diplopie par paralysie oculomotrice.
Analyser rétrospectivement les 33 dernières procédures de suspension frontale, afin de décrire les résultats obtenus et les éventuelles complications de cette chirurgie. Vingt-six patients ont subi une suspension frontale entre 1998 et 2007 dont 7 de façon bilatérale (2/7 dans le même temps opératoire). En terme de procédure, l'indication était pour 20/33 un ptosis congénital dont l'âge moyen au moment de l'intervention était de 8 ans (5–81), 2 ptosis post-traumatiques, 3 myopathies oculo-pharyngée, 1 myopathie de Steinert, 2 blépharophimosis et 5 blépharospasmes. Parmi les 20 ptosis congénitaux il s'agissait pour 11 d'entre eux, soit 55 %, d'une 2e intervention, à savoir que ces patients avaient déjà subi une résection du releveur de la paupière supérieure n'ayant pas donnée entière satisfaction. La suspension au frontal était réalisée au moyen d'un Ptose-up® dans 30 cas sur 33, les 3 autres ont utilisé l'aponévrose temporale, aucune procédure n'utilisait le fascia lata. Des complications à type de rejet de matériels ont été notées dans 5 procédures, il s'agissait d'un ptosis post-traumatique, d'un ptosis congénital, d'un blépharophimosis et d'un blépharospasme qui, ce dernier, avait été opéré bilatéralement (en 2 temps) et a rejeté son Ptose-up® des 2 côtés. Ces complications ne s'étant pas soldées nécessairement par un échec, nous avons noté, avec un recul moyen de 2.5 ans (2mois-9ans), un taux de réussite de 30/33 soit donc 3 procédures en échec : 1 cas de rejet et 2 procédures où, malgré la remise en tension secondaire du matériel, le ptosis demeurait invalidant. La suspension frontale avec utilisation d'un Ptose-up® donne un résultat satisfaisant dans 90.9 % des cas. Des complications existent, principalement le rejet, qui a été noté dans 15 % des cas de cette série.
Le diagnostic de toxoplasmose fortement évoqué par la clinique en cas de choriorétinite doit être confirmé par des méthodes biologiques. La ponction de chambre antérieure avec dosage des anticorps spécifiques anti-toxoplasmiques peut être couplée à la PCR et le but de ce travail est de comparer ces deux dosages. Entre 1994 et 2001, 117 ponctions de chambre antérieure ont été réalisées chez des patients présentant une choriorétinite supposée toxoplasmique. 87 cas ont été inclus dans l'étude : 45 femmes, 42 hommes. Dans les prélèvements d'humeur aqueuse ont été réalisés un calcul du coefficient C de Witmer-Desmonts, la recherche des anticorps spécifiques IgM, IgA, IgE anti-toxoplasmiques, une polymérase chaîne réaction (PCR). Le diagnostic biologique de toxoplasmose oculaire a été posé de façon formelle dans 33 cas (38 %) ; il y a 7 cas douteux avec un coefficient C entre 2 et 4. Si on admet comme positif un coefficient C supérieur à 2,5, le diagnostic est alors certain dans 39 cas sur 76 soit 51,3 % des cas. L'étude couplée du coefficient C et la recherche d'anticorps spécifiques anti-toxoplasmique IgM, IgA, IgE apporte des arguments supplémentaires pour le diagnostic de toxoplasmose. Par contre, dans cette étude, la PCR s'est révélée relativement décevante, positive seulement chez deux patients. La mise en route d'un traitement anti-toxoplasmique nécessite la confirmation biologique de la toxoplasmose oculaire en cas de choriorétinite. Même si la suspicion clinique est en général forte, cette confirmation peut être faite par le dosage des anticorps spécifiques anti-toxoplasmiques dans l'humeur aqueuse ; leur comparaison aux anticorps spécifiques dans le sérum par le coefficient C de Witmer Desmonts qui classiquement doit être supérieur à 4 ; la recherche d'anticorps spécifiques antitoxoplasmiques dans l'humeur aqueuse de type IgM, IgA, IgE, confirme le diagnostic lors de leur présence. Par contre la PCR, dans cette étude et avec les techniques utilisées jusqu'en 2001, était peu contributive au diagnostic. La mise en évidence de la toxoplasmose et la confirmation du diagnostic par des méthodes biologiques sur l'humeur aqueuse restent actuellement la seule possibilité de certitude du diagnostic.
Les auteurs rapportent une étude rétrospective sur les cas de dacryocystite aiguë survenus chez l'enfant et l'adolescent. Cette pathologie n'est pas très fréquente et nécessite une prise en charge correcte. L'ensemble des patients ayant présenté une dacryocystite aiguë entre 1995 et 2005 a été répertorié. Parmi ces dossiers, ont été retenus ceux concernant des enfants compris entre un an et 20 ans, écartant ainsi les dacryocystites néonatales dont la problématique est différente. 15 enfants ont présenté une dacryocystite aiguë au cours de cette période. Il s'agissait de 6 filles et 9 garçons. Cela représente 12 % de l'ensemble des dacryocystites aiguës survenues pendant cette période (128 cas). Il y avait 3 enfants de moins de 5 ans, 5 de 5 à 10 ans, 5 de 10 à 15 ans et 2 de 15 à 20 ans. Parmi les étiologies retrouvées chez ces enfants, on note des pathologies traumatiques et souvent de gros traumatismes faciaux, également des anomalies génétiques parfois associées à d'autres malformations faciales (trisomie 21…). Tous ces enfants ont bénéficié d'un traitement médical de leur poussée de dacryocystite aiguë puis secondairement après refroidissement d'un traitement chirurgical par dacryocystorhinostomie soit par voie externe soit par voie endonasale. Il n'y a pas eu de récidive de dacryocystite aiguë dans les suites opératoires, sauf dans un cas : une reprise de dacryocystorhinostomie a été nécessaire. La dacryocystite aiguë est plutôt une pathologie touchant soit le nouveau né dans le cadre des dacryocystites néonatales liées à une imperforation basse des voies lacrymales avec hyperaction de la valvule de Rosenmüller, soit des sujets âgés dans le cadre des sténoses idiopathiques du conduit lacrymonasal. Cette pathologie est rarement retrouvée chez l'enfant et l'adolescent. Elle survient le plus souvent dans un contexte traumatique ou malformatif. La prise en charge aboutit en général à la réalisation d'une dacryocystorhinostomie par voie externe ou par voie endonasale avec des résultats qui sont satisfaisants. La dacryocystite aiguë de l'enfant et de l'adolescent est une pathologie rare qui nécessite une prise en charge spécifique tant médicale que chirurgicale.
Les auteurs rapportent les manifestations ophtalmologiques rencontrées en cas de méningiome orbito-crâniens pouvant être parfois des manifestations révélatrices de la pathologie. Cette étude concerne 23 patients présentant un méningiome orbito-crânien. 23 méningiomes sont retrouvés chez 20 femmes, soit 94 % des cas, avec un âge moyen de 52,38 ans, allant de 31 à 78 ans. La consultation ophtalmologique a été réalisée en urgence dans 20 cas soit 83 %. Les motifs de consultation ont été les suivants : baisse d'acuité visuelle : 10 cas, soit 43 %, exophtalmie 8 cas, soit 35 %, diplopie 2 cas, soit 11 %. Les trois patients non vus en urgence étaient adressés dans le cadre d'un méningiome connu, éventuellement déjà traité L'examen ophtalmologique retrouvait 5 cas d'œdème papillaire, une neuropathie optique, deux paralysies du III, une OVCR, un hématome sous rétinien. La localisation principale était la suivante : 10 méningiomes de la grande aile du sphénoïde (44 %). Le traitement a été chirurgical dans 11 cas (44 %) après traitement à visée anti-inflammatoire. 5 cas ont subi une radiothérapie stéréotaxique, 5 cas une association chirurgie et radiothérapie, et 3 cas n'ont pas eu de traitement. Les méningiomes crâniens ou orbito-crâniens peuvent avoir des répercussions ophtalmologiques parfois initiales ; dans notre série, 20 patients ont consulté en urgence sur 23. Les modes de révélation du méningiome ont été une baisse d'acuité visuelle dans 43 % des cas, une exophtalmie dans 35 %, une diplopie dans 11 %. C'est l'imagerie qui va permettre le diagnostic et la localisation de la tumeur. Son traitement est chirurgical ou radiothérapique ou par association chirurgieradiothérapie. Ce traitement doit bien sûr s'effectuer en collaboration avec les neurochirurgiens. Les méningiomes peuvent avoir des manifestations ophtalmologiques initiales qui nécessitent d'être bien connues et toute baisse d'acuité visuelle brutale, toute exophtalmie, toute diplopie, peuvent être le mode de révélation d'une pathologie crânio-orbitaire grave.
Les auteurs rapportent une étude rétrospective concernant les corps étrangers pris en charge sur une période de 5 ans dans un centre hospitalier universitaire. 40 corps étrangers intra-oculaires hospitalisés entre 2000 et 2005 ont été rétrospectivement étudiés, représentant 3,5 % de l'ensemble de la traumatologie oculopalpébrale (1 126 patients). On note une prédominance d'hommes : 38 cas sur 40, un âge moyen à 36 ans avec des extrêmes allant de 13 à 59 ans. Il s'agissait d'un accident du travail dans 22 cas soit 55 %, d'un accident domestique dans 14 cas, soit 35 %. Un seul patient avait une protection oculaire. Dans 30 cas, il existe une atteinte du segment postérieur, soit 75 % des cas. La nature du corps étranger était souvent métallique (fer et plomb). Dans un cas, un traumatisme palpébral était associé. La pénétration du corps étranger était en rapport avec une plaie cornéenne coaptée dans 33 cas (82 %), un hyphéma était associé dans 20 cas (50 %), une iridodialyse dans 17 cas (42 %), une effraction capsulaire cristallinienne dans 13 cas, une hémorragie intra-vitréenne dans 19 cas (48 %), un décollement de rétine dans un cas (2 %). La prise en charge était effectuée dans un délai inférieur à 12 heures dans 29 cas, soit 72 % ; elle comportait une suture de la porte d'entrée. Le corps étranger était retiré le plus souvent secondairement par voie de vitrectomie (20 cas) soit 50 %. Nous n'avons pas noté dans cette série de complication à type d'ophtalmie sympathique, d'endophtalmie, de calchose ou de sidérose. Les corps étrangers intra-oculaires demeurent une pathologie fréquente notamment en cas d'accident du travail, la population touchée étant représentée par des hommes jeunes. Le plus souvent il s'agit d'un corps étranger métallique atteignant le segment postérieur avec des lésions associées cristalliniennes et iriennes. La prise en charge chirurgicale est le plus souvent effectuée en deux temps : initialement fermeture de la plaie et secondairement ablation du corps étranger par voie de vitrectomie. Les corps étrangers intra-oculaires représentent une pathologie relativement fréquente dans un centre hospitalier universitaire et justifient une prise en charge bien spécifique.