Introduction Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique dont la pathogenese implique les metalloproteinases matricielles (MMP). Notre objectif est de determiner la relation de la MMP-3 et la MMP-7 avec le psoriasis et leur association avec la severite de la maladie. Materiel et methodes Nous avons recrute 281 patients psoriasiques et 156 temoins sains. Les taux plasmatiques de la MMP-3 et la MMP-7 sont determines par la technique ELISA. La severite de l’inflammation est evaluee en fonction du degre de l’erytheme (faible, modere, severe, tres severe). La severite du psoriasis est evaluee par le score de la surface cutanee atteinte ou body surface area (BSA) et par le score Psoriasis Area Severity Index (PASI). L’analyse de la courbe de ROC est utilisee pour determiner l’air sous la courbe (ASC), l’intervalle de confiance (IC95 %), la sensibilite (Se) et la specificite (Sp). Resultats Les taux plasmatiques de la MMP-3 et la MMP-7 sont significativement plus eleves chez les patients psoriasiques (p Discussion La MMP-3 et la MMP-7 sont des biomarqueurs predictifs de la maladie avec une bonne specificite et sont liees a la severite du psoriasis. Conclusion Ces deux biomarqueurs (MMP-3 et MMP-7) peuvent etre utilises dans le diagnostic et le pronostic de la maladie du psoriasis.
La leishmaniose cutanée (LC) est une anthropozoonose résultant du parasitisme des phagocytes mononucléaires de l'hôte vertébré par un protozoaire du genre Leishmania à l'occasion d'une piqûre infestante du phlébotome. L'objectif de notre travail est de décrire les particularités cliniques, paracliniques et thérapeutiques de cette maladie. Nous présentons ici les résultats d'une étude de cohorte rétrospective bicentrique menée dans les services de dermatologie de l'hôpital La-Rabta et de l'hôpital militaire principal d'instruction de Tunis sur une période de 23 ans allant de 1990 à 2013. Nous avons colligé dans notre étude, 180 patients qui ont été hospitalisés pour une leishmaniose cutanée. Le sex-ratio (H/F) était de 2,5. L'âge moyen au moment du diagnostic de nos patients était de 35,6 ans [3 à 81 ans]. Le délai moyen de consultation était de 3,2 mois. Au total, 51,9 % des patients étaient demeurés au Nord du pays. Le visage représentait la localisation la plus fréquente (30 %) pour les patients originaires du Nord. Pour les patients résidant au centre et au sud du pays, les membres inférieurs étaient le siège le plus fréquent. Les lésions étaient papulonodulaires dans 68,3 % des cas. Treize malades (7,7 %) avaient une forme lymphangitique sous forme de nodules à disposition sporotrichoïde satellite de leurs lésions cutanées. Le nombre moyen de lésions cutanées était de 4,1 avec des extrêmes de une à 29 lésions. Le diagnostic de LC a été retenu sur l'examen direct (examen direct : ED) dans 74 % des cas et par l'histologie dans 13 % des cas. Tous nos patients ont été traités par antimoniate de méglumine (AM) par voie intramusculaire. L'indication du traitement par AM par voie générale a été posée dans 21,7 % pour un nombre de lésions supérieur à 5, dans 0,6 % pour une taille des lésions supérieure ou égale à 4, pour une localisation périorificielle dans 3,9 % des cas, pour une localisation périarticulaire ou en regard d'un cartilage dans 12,25 % et pour une forme sporotrichoide dans 0,6 % des cas. La dose moyenne administrée chez nos patients était de 62 mg/Kg/j [25 à 111 mg/Kg/j] pour une durée moyenne du traitement de 11 ± 3,6 jours. Un bilan de contrôle complet a été réalisé pour cent patients. Soixante-et-onze pour cent de la population étudiée ont manifesté au moins un effet indésirable. Le délai moyen de survenue des EI était de 7,7 jours variant de 1 à 15 jours. L'hyperamylasémie a représenté l'EI le plus fréquemment retrouvé dans notre série. Les autres EI rapportés chez nos patients sont une cytolyse hépatique, une thrombopénie, une aggravation de l'anémie, une fièvre, des céphalées, une asthénie, des manifestations cutanées, des anomalies cardiaques, des signes musculo-articulaires, une toux sèche et une symptomatologie digestive. La LC est une affection fréquente dans notre pays. Le délai de consultation tardif, retrouvé dans la plupart des séries tunisiennes, témoigne du caractère lentement insidieux et indolent des lésions de LC dans notre pays. Le diagnostic de la LC est facilement évoqué sur l'aspect clinique, néanmoins, la confirmation diagnostique se fait couramment par l'examen microscopique sur des coupes histologiques ou sur des lames colorées au MGG. L'ED a permis de confirmer le diagnostic de LC pour la plupart de nos patients. L'AM est le traitement de référence. Il peut être responsable d'effets indésirables de gravité variable. La LC est une zoonose fréquente en Tunisie. Les dérivés de l'antimoine demeurent le traitement de choix. Celui-ci est généralement bien toléré. Par ailleurs, la prévention ainsi que le contrôle du vecteur et du réservoir gardent toute leur importance dans la prise en charge de cette maladie.
Introduction La maladie dermatophytique est une mycose cutaneo-viscerale chronique, rare, probablement liee a un deficit immunitaire cellulaire vis-a-vis des dermatophytes communs. Observation Un homme de 72 ans presente depuis quelques annees des nappes erythemato-squameuses etendues au tronc et aux membres associes a l’installation progressive de nodules predominant au visage et a la partie haute du tronc. Une keratodermie palmo-plantaire, des dystrophies ungueales, des adenopathies axillaires et inguinales sont aussi notees. Un lymphome cutanee a ete suspecte et le patient fut hospitalise pour exploration et prise en charge. Le bilan biologique montre une hypereosinophilie (1900 element/mm3), un taux eleve d’IgE (5000UI) et d’IgG (53,49 g/l). La serologie HIV est negative et l’etude des populations lymphocytaires (TCD4 et TCD8) est normale. L’IDR a la tuberculine est negative. Les biopsies de la peau et des ganglions montrent une reaction granulomateuse avec presence de filaments myceliens et des spores surtout visibles apres les colorations PAS et Grocott. Les cultures isolent un trichophyton verrucosum. La radiographie thoracique et l’echographie abdominale sont normaux. Le diagnostic de maladie dermatophytique a ete pose. Un traitement par terbinafine 500 mg/j a ete institue et une amelioration partielle a ete notee apres quelques semaines. Discussion La maladie dermatophytique est une maladie genetique autosomique recessive caracterisee par un deficit selectif de l’immunite cellulaire envers les dermatophytes. Le gene deficient CARD9 vient d’etre recemment decrits. Les especes de dermatophytes en cause sont dans la majorite des cas d’origine anthropophile. Depuis sa premiere description Hadida et Schousboe, une cinquantaine d’observations ont ete rapportees dans la litterature. La plupart des patients etaient originaire des pays du Maghreb, dans un contexte de forte consanguinite. La maladie dermatophytique atteint surtout l’adulte jeune de sexe masculin. Elle debute le plus souvent par une teigne du cuir chevelu recidivante et evolue longtemps sous forme de dermatophytie extensive superficielle. A un stade plus avance, le parasitisme envahit le derme et l’hypoderme (papulo-nodules, nodosites dermo-hypodermique), les ganglions (adenopathies peripheriques et profondes) et les visceres (systeme nerveux central, foie, rate, os, poumon..). Le traitement de la maladie, base sur les antifongiques et les immunostimulants, n’est pas encore codifie. Conclusion La maladie dermatophytique est une affection rare et potentiellement grave. Notre observation est originale par le debut tardif de la symptomatologie, l’absence d’atteinte du cuir chevelu et le caractere zoophile du dermatophyte en cause trichophyton verrucosum qui n’est retrouve que dans 5,4 % des cas.
Le syndrome de Sweet (SS) ou dermatose aiguë fébrile neutrophilique est une maladie inflammatoire d'expression cutanée prédominante. Il s'agit de la dermatose neutrophilique la plus fréquente. À travers une série hospitalière, nous nous proposons d'étudier les particularités épidémio-cliniques, histologiques et thérapeutiques ainsi que les principales associations pathologiques observées au cours du SS. Nous avons rétrospectivement colligé tous les cas de SS suivis au service de dermatologie de l'hôpital La Rabta de Tunis sur une période de 36 ans (1981–2016). Résultats cinquante-sept patients étaient colligés. La moyenne d'âge était de 44,7 ans (28–72 ans) avec une nette prédominance féminine (82,45 %). La symptomatologie était d'installation brutale dans tous les cas. À la phase prodromique, une symptomatologie fonctionnelle était rapportée dans 32 cas. Il s'agissait d'une fièvre (24 cas), d'arthralgie (20 cas), d'un syndrome pseudo-grippal (9 cas), de conjonctivite (11cas) et de douleurs abdominales (3 cas). Le délai moyen entre les premiers symptômes et le diagnostic était de 16 jours. À la phase d'état, une éruption cutanée typique faite de plaques érythémato-papuleuses infiltrées étaient présente chez tous les patients. Des aspects atypiques (vésiculo-bulles ou pustules, nodules dermo-hypodermiques) étaient présents dans 19 cas (33 %). Le siège préférentiel était les membres (50 %). Le visage était atteint dans 13 cas (22,8 %). Aucune localisation extra-cutanée n'a été objectivée. À l'histologie, un œdème dermique associé à un infiltrat neutrophilique étaient retrouvés dans tous les cas avec image de vascularité dans 10 cas. Cinquante et un patients (89,4 %) présentaient une forme classique idiopathique. Les principales associations pathologiques au cours du SS étaient une leucémie myéloïde chronique (1 cas), une tuberculose ganglionnaire (2 cas), un syndrome de Gougerot-Sjögren (1 cas), un lupus érythémateux systémique (1 cas) et une grossesse (1 cas). Concernant le traitement, la colchicine était prescrite dans 37 cas (65 %), la prednisone indiquée dans 21 cas (37 %) et la dapsone prescrite dans 2 cas. L'évolution était favorable dans la majorité des cas (95 %). Cinq patients ont été perdus de vue. Des récidives étaient observées dans 2 cas : l'un après arrêt de la colchicine et le 2e après arrêt de la corticothérapie générale. Les données épidémio-cliniques de notre série rejoignent ceux de la littérature. Histologiquemet, l'aspect typique (œdème dermique et infiltrat à neutrophiles) fait partie des critères diagnostiques, mais une vascularité peut parfois être présente sans être un critère d'élimination du diagnostic. Les formes idiopathiques ou classiques du SS sont les plus fréquentes mais il peut s'associer à des pathologies néoplasiques (hémopathie, tumeurs solides), dysimmunitaires, infectieuses ou plus rarement être induit par un médicament ou une grossesse. Le traitement de référence est la corticothérapie générale. D'autres molécules semblent également intéressantes en particulier la colchicine, l'indométacine ou la dapsone. Le SS fait partie du spectre des maladies neutrophiliques. Bien que les manifestations dermatologiques sont souvent au premier plan, il faut toujours rechercher des localisations extra-cutanées. Enfin, le SS peut précéder ou révéler des pathologies associées en particulier néoplasiques, ce qui justifie un suivi rigoureux et prolongé.
Le DRESS syndrome est une toxidermie grave associant une atteinte cutanée et des atteintes viscérales pouvant compromettre le pronostic vital. Le but de notre étude est de décrire les caractéristiques cliniques, paracliniques et évolutives de cette toxidermie et de déterminer les médicaments qui en étaient responsables. Il s’agissait d’une étude rétrospective incluant les patients hospitalisés dans notre service entre 2000 et 2016 et chez qui le diagnostic de DRESS syndrome a été retenu selon les critères du groupe d’étude japonais J-SCAR. Sur cette période de 17 ans, 15 patients ont été colligés : 10 femmes et 5 hommes (F/H = 2). L’âge moyen était de ne polymédication était notée dans 13 cas. Le délai moyen d’apparition de l’éruption après la prise médicamenteuse était de 28,2 jours. L’aspect clinique retrouvé chez tous les patients était un rash maculopapuleux. Une érythrodermie était notée dans 5 cas. Un aspect purpurique localisé aux jambes était observé dans 2 cas. Un œdème du visage était présent dans 12 cas. L’atteinte des muqueuses était retrouvée chez 6 patients. Le prurit était noté dans 12 cas. Une fièvre supérieure à 38,5 °C était présente dans 11 cas. Des adénopathies périphériques ont été retrouvées chez 11 patients. Une hyperéosinophilie était présente dans 13 cas [1500 à 2700 éléments/mm3]. L’atteinte hépatique était la plus fréquente, observée dans 7 cas (cytolyse hépatique >2xN dans 5 cas et cytolyse avec cholestase dans 2 cas). Chez 2 patients, le DRESS était compliqué d’une pancréatite aiguë. Tous les patients étaient VIH négatifs. La sérologie HHV6 n’a pas été réalisée. La radiographie du thorax réalisée chez tous les patients avait montré un syndrome interstitiel bilatéral chez 2 patients. Une biopsie cutanée pratiquée dans 10 cas était compatible avec le diagnostic de toxidermie. L’enquête de pharmacovigilance était réalisée dans 11 cas et l’imputabilité était plausible dans 5 cas et vraisemblable dans 6 cas. Les médicaments incriminés étaient le phénobarbital (4 cas), la carbamazépine (3 cas), l’allopurinol (4 cas), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (2 cas), la doxycycline (1 cas) et la simvastatine (1 cas). Sur le plan thérapeutique, le médicament incriminé était immédiatement arrêté dans tous les cas. Un traitement symptomatique a été prescrit chez 13 patients : un antihistaminique (8 cas), un traitement émollient (13 cas) et un dermocorticoïde (6 cas). Une corticothérapie systémique (1 mg/kg/j avec dégression progressive) a été prescrite dans 5 cas. Une hospitalisation en milieu chirurgical était nécessaire chez les 2 patients ayant présenté une pancréatite aiguë. L’évolution était favorable dans tous les cas. Aucun cas de récurrence n’a été noté. Le DRESS syndrome est une toxidermie grave qui se caractérise par un délai de survenue plus long que les autres toxidermies (2 à 8 semaines). La mortalité peut atteindre 10 %. Dans notre série, l’évolution était favorable dans tous les cas. Les récurrences décrites lors de la dégression ou après l’arrêt de la corticothérapie générale n’ont pas été notées dans notre étude. Elles seraient en rapport avec les réactivations virales. Notre série rejoint les données de la littérature concernant les médicaments les plus pourvoyeurs de DRESS syndrome en particulier les anticonvulsivants qui ont été les plus fréquemment incriminés (7 cas). Actuellement, les travaux génétiques ont permis d’établir un lien entre certains groupes HLA et la susceptibilité individuelle à développer un DRESS syndrome à certains médicaments surtout en Asie (HLA-A*31:01 et carbamézapine, HLA-B*5701 et abacavir, HLA-B*5801 et allopurinol). Ce lien génétique a conduit à préconiser la recherche du statut allélique du patient avant de débuter le traitement afin de prévenir la survenue de cette toxidermie grave. Par ailleurs, l’allopurinol fréquemment prescrit dans les hyperuricémies asymptomatiques est très pourvoyeur de toxidermie grave. Dans notre série, il a été incriminé dans 4 cas. Actuellement, il est admis de ne plus le prescrire qu’en cas d’hyperuricémie symptomatique (goutte). Bien que le DRESS syndrome soit une toxidermie grave, l’arrêt précoce et immédiat du médicament incriminé améliore nettement le pronostic. Une enquête de pharmacovigilance doit être systématique et les médicaments de la même famille doivent être contre indiqués définitivement.
Le pemphigus érythémateux (PE) correspond à une forme rare de pemphigus superficiel combinant des signes de pemphigus et de lupus érythémateux. Nous présentons deux nouvelles observations. Observation 1 : une femme âgée de 26 ans sans antécédents, consultait pour des plaques érythémato-squameuses de la région malaire s’accentuant lors de l’exposition solaire. L’examen clinique trouvait également des plaques érythémateuses surmontées par endroit d’érosions croûteuses au niveau du cuir chevelu, du tronc, des bras et des cuisses. Les muqueuses étaient épargnées. Le reste de l’examen somatique était normal. Le diagnostic de lupus érythémateux cutané était évoqué. Le bilan biologique standard était sans anomalies. Le dosage des AAN était négatif. La biopsie cutanée montrait une bulle sous-cornée associée à une acantholyse. L’IFD mettait en évidence un dépôt d’IgG et C3 en inter-kératinocytaire associé à un dépôt granuleux de C3 à la jonction dermo-épidermique. Le diagnostic de pemphigus érythémateux était donc retenu. La patiente était mise sous prednisone à la dose de 1,25 mg/kg/j avec une dégression progressive. La cicatrisation complète était obtenue au bout de huit semaines. Observation 2 : une femme âgée de 63 ans, asthmatique, consultait pour des plaques érythémateuses du visage évoluant depuis plusieurs semaines. L’interrogatoire trouvait la notion de photosensibilité. L’examen cutané notait des plaques érythémateuses et squameuses, bien limitées siégeant au niveau du cuir chevelu, des oreilles, du cou, du décolleté et du haut du dos. Au niveau du visage, ces plaques prenaient une disposition en vespertilio. Le signe de Nikolsky était positif. Les muqueuses étaient saines. L’examen extra-cutané était normal. La biopsie cutanée montrait une bulle superficielle sous-cornée et une acantholyse. L’immunofluorescence directe (IFD) trouvait un dépôt d’IgG et de C3 en mailles de filet, sans dépôt au niveau de la jonction dermo-épidermique. Le diagnostic de PE était retenu. La patiente a été mise sous corticothérapie générale (1,25 mg/kg/j) avec cicatrisation complète des lésions après 3 mois d’évolution. Le PE est une forme rare de pemphigus qui touche le plus souvent la femme jeune. Il se présente cliniquement par des bulles éphémères qui laissent rapidement place à des plaques érythémateuses et squameuses ressemblant à des plaques récentes de lupus érythémateux. Ces lésions siègent électivement au niveau des zones séborrhéiques (visage et décolleté). Au niveau du visage, les plaques peuvent prendre une disposition en ailes de papillon très proche de celle du lupus et s’accompagnent souvent d’une photosensibilité. Ces manifestations rendent la distinction clinique ente le lupus érythémateux en particulier discoïde et le PE difficile. Néanmoins, certains éléments cliniques peuvent nous orienter vers un PE comme la présence d’érosions, l’absence d’atrophie cutanée et de dyschromie. Dans le PE, le frottement appuyé de la peau péri-lésionnelle entraîne un décollement des couches superficielles. Ce signe appelé signe de Nikolsky peut orienter également le clinicien vers un PE. Dans tous les cas, le diagnostic est redressé par la biopsie cutanée et l’IFD. Au cours du PE, l’IFD réalisée en peau péri-lésionnelle trouve le dépôt en mailles de filet caractéristique du pemphigus associé dans 20 à 80 % à une bande lupique comme chez notre première patiente. La positivité des AAN n’est pas constante. Elle est retrouvée dans 30 à 90 % des cas en fonction des études. La positivité des anticorps anti-DNA natifs n’a jamais été rapportée dans le PE. Le PE peut simuler cliniquement un lupus érythémateux. Le diagnostic orienté par un examen clinique rigoureux est confirmé sur les données de la biopsie cutanée et surtout de l’IFD.
Les porokératoses (PK) représentent un groupe hétérogène de maladies rares caractérisées par un trouble de la kératinisation épidermique. Six formes cliniques sont individualisées, dont les plus fréquentes sont la porokératose de Mibelli (PM), la porokératose actinique disséminée superficielle (PADS) et la porokératose linéaire. D'autres entités plus rares ont été décrites comme les formes verruqueuses, bulleuses ou érosives. Nous rapportons l'observation d'une femme présentant une PADS, une PM et une PK génitale verruqueuse. Une femme de 36 ans nous était adressée pour des lésions cutanées touchant le visage, la région génitale et les pieds. Elle n'avait pas d'antécédents personnels ou familiaux particuliers. L'examen clinique trouvait des lésions annulaires de 1 à 4 mm, regroupées de façon bilatérale et symétrique sur les joues. Le centre était atrophique et les contours étaient brunâtres et hyperkératosiques. Une plaque brunâtre de 5 cm, bien limitée et à bordure polycyclique, était localisée au dos des orteils et de l'avant pied droit. Les bords des deux pieds étaient le siège de plaques hyperkératosiques cernées par un sillon « en chemin de ronde ». Au niveau des grandes lèvres et des plis inguinaux, on notait des papules et des plaques infiltrées, verruqueuses et hyperkératosiques de couleur érythémato-jaunâtre sans atrophie centrale. L'examen histologique mettait en évidence des lamelles coronoïdes. Le diagnostic de PK était retenu. La patiente était traitée par acitrétine. La lésion primitive des PK est une papule asymptomatique sèche, brunâtre et kératosique, qui s'étend de façon centrifuge pour aboutir à une plaque à contours nets, de taille et forme variables. Chez notre patiente, les lésions du visage correspondaient à une PADS et celles des pieds à une PM. Cependant, les lésions génitales étaient différentes cliniquement de ces deux types. Elles étaient compatibles avec une PK génitale verruqueuse. La PK génitale est très rare. Elle touche essentiellement les hommes. Chao-Ying Gu propose une classification en cinq formes. La PM génitale représente la première forme et notre observation la cinquième. Nous rapportons cette observation en raison d'une part, de la rareté de la PK génitale hypertrophique, surtout chez la femme, et d'autre part, en raison de la présentation simultanée de trois formes cliniques de PK chez une même patiente. Cette variation peut être due aux différentes expressions phénotypiques d'une même anomalie génétique ou peut être la conséquence d'anomalies dans des gènes étroitement liés.
La blastomycose nord-américaine (BNA) est une infection due à un champignon dimorphique : le Blastomyces der- matitidis (BD). L’atteinte cutanée isolée est exceptionnelle. Nous rapportons 3 observations. Une femme de 70 ans sous corticothérapie générale consultait pour des papulo-nodules érythémateux de l’avant-bras et de la jambe droite apparus il y a 2 mois. Une femme de 47 ans sous corticothérapie générale consultait pour l’apparition depuis 4 mois de plaques érythémateuses infiltrées et croûteuses. À l‘interrogatoire on notait la notion de morsure par un chien précédant l’apparition des plaques. Une femme de 39 ans consultait pour une perforation du palais associée à des ulcérations profondes de la joue gauche et de la jambe gauche, le tout évoluant dans un contexte de fièvre, d’arthralgies et de myalgies. Un scanner du massif facial trouvait une résorption de l‘os du palais. Pour nos 3 patients, l’examen histopathologique des lésions cutanées notait la présence, au sein d’un infiltrat granulomateux à cellules géantes du derme, de levures arrondies libres et à l’intérieur des cellules géantes, à paroi épaisse réfringente avec un bourgeonnement unipolaire. Le diagnostic de BNA était suspecté. Le prélèvement mycologique trouvait à l’examen direct de grosses levures arrondies et des filaments mycéliens et à la culture sur milieu de sabouraud des colonies cotonneuses blanc-rose confirmant le diagnostic. Les explorations à la recherche d’autres localisations systémiques étaient négatives. La BNA cutanée reste un diagnostic rare et déroutant pouvant simuler plusieurs autres diagnostics et nécessitant une collaboration étroite entre cliniciens, anatomo-pathologistes et mycologistes.
Le pemphigus herpétiforme (PH) est une forme rare de pemphigus. Le but de notre travail est d’étudier les aspects anatomo-cliniques et évolutifs du PH. Étude rétrospective incluant les patients suivis pour PH dans notre service de dermatologie entre 1989 et 2014. Nous avons colligés 10 cas de PH dont 8 femmes et 2 hommes. L’âge moyen était de 44,4 ans (24-82 ans). Le prurit était présent chez 9 patients. Des vésiculo-bulles, à disposition herpé- tiforme, reposant sur peau érythémateuse étaient observées chez tous les patients, Un seul patient avait une atteinte muqueuse (érosion buccale). L’histologie montrait un clivage intra-épider- mique chez 5 patients associée à une acantholyse dans 4 cas et à une spongiose à éosinophile chez 3 patients. L’immunofluorescence directe montrait des dépôts inter-kératinocytaires d’IgG et C3 dans tous les cas. La dapsone en monothérapie a été prescrite chez 9 patients et associée à la prednisone (0,5 mg/kg/j) dans un cas. Une rémission complète a été obtenue dans 7 cas. Une rechute de la maladie était observée chez un seul patient. La durée moyenne du suivi était de 13,1 mois.
La leishmaniose cutanée (LC) est une affection fréquente en Tunisie, sévissant sur le mode endémo-épidémique. Le traitement des LC est dominé par les dérivés stibiés, dont l'antimoniate de méglumine (AM) ou Glucantime®. Cette molécule peut être responsable d'effets indésirables parfois graves. Le but de notre travail est de préciser les différents effets indésirables de l'AM administré par voie intramusculaire (IM) rencontrés au cours du traitement de la LC. Il s'agit d'une étude rétrospective bicentrique sur une période de 23 ans allant de 1990 à 2013 portant sur 100 cas colligés à partir des dossiers des patients des services de dermatologie de l'hôpital la Rabta et de l'hôpital militaire de Tunis. Un total de 100 patients étaient hospitalisés pour LC et traités par AM par voie IM. Le délai de survenue des EI variait de 2 à 16 jours avec une médiane de 9 jours. Les effets secondaires, leur fréquence et leur délai de survenue sont résumés dans le Tableau 1. L'âge moyen des patients ayant présenté des EI était de 42 (± 2,4) ans, celui des patients n'ayant pas développé d'EI de 36 (± 2,8) ans ; cette différence n'est pas statistiquement significative. Les EI ne différaient pas significativement entre les deux sexes. Leur fréquence était de 77,5 % chez les sujets de sexe féminin et de 65 % chez ceux de sexe masculin. Nous n'avons pas mis en évidence d'association statistiquement significative entre le diabète et la survenue d'EI. Dans les 2 études uni et multivariée, nous avons mis en évidence que le risque d'EI était associé d'une façon significative au type de la lésion, avec une survenue plus fréquente chez les patients ayant des plaques (taille supérieure à 4 cm) que chez ceux présentant des papulo-nodules, et un risque multiplié par 3 pour les patients âgés de plus de 50 ans. Les EI de l'AM sont fréquents. L'élévation du taux d'amylasémie reste le plus fréquent dans notre série. La survenue des EI est plus fréquente chez les patients âgés de plus de 50 ans et chez les patients présentant des lésions de grande taille. L'utilisation de l'AM doit être limitée et prudente chez ces groupes à risque.
La matrice extracellulaire (MEC) est la composante majoritaire de tissu cutané. La qualité de cette MEC dépend d'un équilibre entre la synthèse des macromolécules et leur dégradation par des agents protéolytiques notamment les métalloprotéinases (MMP). Par conséquent, les MMP peuvent jouer un rôle important dans le remodelage tissulaire, la migration cellulaire, l'angiogenèse et l'apoptose épithéliale dans le psoriasis. Notre objectif était donc de déterminer les taux plasmatiques des MMP et de leurs inhibiteurs TIMP chez les patients psoriasiques et voir leurs associations avec la sévérité de la maladie. Le travail a porté sur 266 psoriasis (139 hommes et 132 femmes) et 169 témoins (58 hommes et 132 femmes). Les taux plasmatique du MMP-2, MMP-3 et MMP-9, TIMP-1 et TIMP-2 et les taux sériques des cytokines pro-inflammatoires (TNF-α, IL-6) sont déterminés par la technique Elisa. La sévérité du psoriasis est évaluée par le score Psoriasis Area and Severity Index (PASI). Les taux plasmatiques du MMP-3, MMP-9, TIMP-1 et TIMP-2 sont significativement plus élevés chez les patients par apports aux témoins (p < 0,05). La comparaison du profil inflammatoire montre une augmentation significative des paramètres inflammatoires (TNF-α, CRP et globules blancs) chez les patients par rapport aux témoins (p < 0,05). La recherche de corrélation montre, une association positive statistiquement significative entre les globules blancs et MMP-9, les monocytes et TIMP1 et la CRP et TIMP-2 dans les 2 sexes. Le TNF-α est corrélé positivement et significativement avec MMP-3 (r = 0,231 ; p = 0,028), MMP-2 (r = 0,389 ; p = 0,05), TIMP-1 (r = 0,451 ; p = 0,027) et TIMP-2 (r = 0,511 ; r = 0,004) uniquement chez les femmes. Chez ces dernières, une corrélation négative statistiquement significative est trouvée entre IL6 et TIMP-2 (r = -0,245 ; p = 0,041). La sévérité de la maladie est associée significativement avec les paramètres inflammatoires et avec TIMP-1 (r = 0,196 ; r = 0,05) seulement chez les femmes. La variation des paramètres matriciels chez les patients psoriasiques associée au phénomène inflammatoire témoigne d'un remodelage matriciel. Ce remodelage peut être impliqué dans le changement de la structure de l'épiderme par la modification de la MEC. La présente étude a identifié des modifications des marqueurs plasmatiques de la matrice extracellulaire. Ces biomarqueurs peuvent être utilisés pour élargir le spectre des médicaments anti-psoriasiques disponibles.
Le lupus miliaire disséminé de la face (LMDF) est une dermatose inflammatoire chronique bénigne. Nous rapportons un cas de LMDF chez un sujet âgé ayant bien évolué sous doxycycline. Patient âgé de 75 ans sans antécédents, présentait de puis 4 mois une éruption cutanée faite de papules brunâtres dont quelques-unes présentaient une ombilication centrale, mesurant 2-3 mm de diamètre et siégeant au niveau du cuir chevelu, du visage et du cou. La biopsie cutanée a montré des granulomes lymphoépi- théloides centrés par une nécrose caséeuse. La confrontation anato mo-clinique a permis de poser le diagnostic de LMDF. Un traitement par doxycycline a été prescrit avec une très bonne évolution mar quée par une régression quasi totale des lésions cutanées. Le LMDF représente une entité énigmatique. Une meilleure compréhension des mécanismes étiopathogéniques per mettrait d'améliorer la prise en charge de ces patients d'autant plus qu'il existe un préjudice esthétique non négligeable.
Candida albicans is the most frequent yeast involved in human infections. Its population structure can be divided into several genetic clades, some of which have been associated with antifungal susceptibility. Therefore, detecting and monitoring fungal clones in a routine laboratory setting would be a major epidemiological advance. Matrix‐assisted laser desorption/ionization time‐of‐flight (MALDI‐TOF) mass spectra results are now widely used as bar codes to identify microorganisms in clinical microbiology laboratories. This study aimed at testing MALDI‐TOF mass spectra bar codes to identify clades among a set of C. albicans isolates.Accordingly, 102 clinical strains were genotyped using 10 microsatellite markers and analyzed via MALDI‐TOF mass spectrometry. The mass spectra were compared with a reference spectral library including 33 well‐characterized collection strains, using a MicroflexTM system and BiotyperTM software, to test the capacity of the spectrum of a given isolate to match with the reference mass spectrum of an isolate from the same genetic clade.Despite high confidence species identification, the spectra failed to significantly match with the corresponding clade (p = 0.74). This was confirmed with the MALDI‐TOF spectra similarity dendrogram, in which the strains were dispersed irrespective of their genetic clade. Various attempts to improve intra‐clade spectra recognition were unsuccessful.In conclusion, MALDI‐TOF mass spectra bar code analysis failed to reliably recognize genetically related C. albicans isolates. Further studies are warranted to develop alternative MALDI‐TOF mass spectra analytical approaches to identify and monitor C. albicans clades in the routine clinical laboratory. Copyright © 2015 John Wiley & Sons, Ltd.
Les dermatoses neutrophiliques (DN) sont définies comme un groupe distinct de maladies inflammatoires caractérisées par une infiltration cutanée de polynucléaires neutrophiles non altérés et sans cause infectieuse. Notre but était d'étudier le profil épidémio-clinique et les associations pathologiques au cours des DN. Étude rétrospective concernant les dossiers de patients hospitalisés dans un service de dermatologie sur une période allant de janvier 1981 à janvier 2015. Nous avons retenu 92 dossiers de patients présentant une dermatose neutrophilique. Cinquante-deux patients étaient suivis pour un syndrome de Sweet (SS). Il s'agissait de 43 femmes et de 9 hommes avec un sex-ratio de F/H à 4,7. L'âge moyen était de 44 ans (28–71 ans). Le délai moyen de diagnostic était de 1 mois. Des aspects atypiques tels que des pustules, des vésicobulles, des nodules dermohypodermiques étaient retrouvés dans 19 cas. (36,5 %). Le siège électif des lésions était les membres dans 35 cas. (67,3 %). L'histologie était typique dans tous les cas avec des signes de vascularites dans 11 cas. Les maladies associées au SS étaient une maladie de Crohn dans un cas, une leucémie myéloïde chronique dans un cas, une tuberculose ganglionnaire dans deux cas, un lupus érythémateux systémique dans un cas, un syndrome de Gougerot-Sjögren associé à une polyarthrite rhumatoïde dans un cas et une grossesse dans un cas. La prednisone était prescrite dans 21 cas (40,3 %), la colchicine dans 30 cas (57,6 %) et la dapsone dans 2 cas. L'évolution était favorable dans la majorité des cas. Plusieurs récidives étaient notées chez le patient atteint d'hémopathie. Vingt-neuf patients étaient suivis pour un pyoderma gangrenosum (PG). Il s'agissait de 14 femmes et de 15 hommes avec un sex-ratio F/H à 0,9. L'âge moyen était de 37 ans (2–84 ans). Le délai moyen au diagnostic était de 20 mois. Les formes ulcéreuses de PG dominaient avec 23 cas (79,3 %). Les formes pustuleuse, bulleuse et végétante étaient notées dans respectivement trois, deux et un cas. Une pneumopathie neutrophilique était observée dans trois cas. Les maladies associées au PG étaient une maladie inflammatoire chronique de l'intestin dans cinq cas, une hémopathie (lymphome non hodgkinien et leucémie lymphoïde chronique) dans deux cas, une gammapathie monoclonale dans un cas, une hypo-gammaglobulinémie dans un cas, un syndrome de Gougerot-Sjögren dans un cas, une maladie de Takayashu dans un cas, et une maladie de Buerger dans un cas. La prednisone a été prescrite dans 18 cas, l'azathioprine dans cinq cas, et les cyclines dans 11 cas. Des récidives étaient notées dans six cas. Trois décès étaient imputés à la pneumopathie neutrophilique. Six patients étaient suivis pour une pustulose sous cornée (PSC). Il s'agissait de cinq femmes et d'un homme avec un sex-ratio F/H à 5. L'âge moyen était de 69 ans (34–85 ans). Le délai moyen au diagnostic était de 12 mois. Des lésions typiques à type de pustules à hypopion étaient localisées au tronc et aux grands plis dans quatre cas. Les maladies associées à la PSC étaient une leucémie aiguë myéloïde dans un cas et un myélome multiple dans un cas. La disulone était prescrite dans quatre cas et les dermocorticoïdes dans deux cas. Cinq femmes étaient suivies pour un erythema elevatum diutinum (EED). L'âge moyen était de 47 ans. Les lésions à types de plaques érythémateuses infiltrées siégeaient au niveau des membres dans quatre cas et au niveau du visage dans un cas. Une polyarthrite rhumatoïde était associée à l'EED dans un cas. La prednisone était prescrite dans trois cas et la disulone dans deux cas. L'évolution était favorable dans trois cas. Des récidives étaient notées dans les deux autres cas. Les manifestations extra-cutanées n'étaient retrouvées que dans trois cas de PG avec des pneumopathies neutrophiliques d'évolution fatale. Les pathologies associées étaient essentiellement retrouvées au cours du PG dans 67 % des cas. Elles étaient plus rares au cours du SS avec 13,5 % des cas, de la PSC avec 33 % des cas et de l'EED avec 20 % des cas. Devant toute DN d'allure clinique atypique et avec une évolution traînante et des lésions récidivantes, il convient de chercher rigoureusement une pathologie associée telle qu'une collagénose, une maladie inflammatoire chronique de l'intestin et surtout une néoplasie d'origine hématologique.
Utilizing matrix-assisted laser desorption/ionization time-of-flight (MALDI-TOF) mass spectra for Candida glabrata typing would be a cost-effective and easy-to-use alternative to classical DNA-based typing methods. This study aimed to use MALDI-TOF for the typing of C. glabrata clinical isolates from various geographical origins and test its capacity to differentiate between fluconazole-sensitive and -resistant strains.Both microsatellite length polymorphism (MLP) and MALDI-TOF mass spectra of 58 C. glabrata isolates originating from Marseilles (France) and Tunis (Tunisia) as well as collection strains from diverse geographic origins were analyzed. The same analysis was conducted on a subset of C. glabrata isolates that were either susceptible (MIC ≤ 8 mg/l) or resistant (MIC ≥ 64 mg/l) to fluconazole.According to the seminal results, both MALDI-TOF and MLP classifications could highlight C. glabrata population structures associated with either geographical dispersal barriers (p < 10(-5)) or the selection of antifungal drug resistance traits (<10(-5)).In conclusion, MALDI-TOF geographical clustering was congruent with MPL genotyping and highlighted a significant population genetic structure according to fluconazole susceptibility in C. glabrata. Furthermore, although MALDI-TOF and MLP resulted in distinct classifications, MALDI-TOF also classified the isolates with respect to their fluconazole susceptibility profile. Further prospective studies are required to evaluate the capacity of MALDI-TOF typing to investigate C. glabrata infection outbreaks and predict the antifungal susceptibility profile of clinical laboratory isolates.
Plusieurs étiologies peuvent être à l'origine des panniculites. La distinction clinique est très difficile et l'examen histologique est d'un grand apport diagnostique. La panniculite lupique (ou lupus profond) est caractérisée par une atteinte élective au niveau du tronc, des membres ainsi que du visage. L'histologie cutanée révèle une infiltration lymphocytaire lobulaire et septale des adipocytes de l'hypoderme avec une évolution classique fibrosante. Le retard diagnostic est à l'origine d'une évolution naturelle vers la lipoatrophie. À ce propos, nous rapportons trois cas. Patiente M.S., âgée de 29 ans, admise pour prise en charge d'une tuméfaction de la joue droite évoluant depuis 2 ans et demi. L'examen cutané trouvait une tuméfaction érythémateuse assez bien limitée, polylobée, infiltrée, cartonnée, peu sensible, faisant 7/5 cm de grands axes, à surface lisse surmontée de croûtes par endroits, intéressant la joue droite et l'angle interne de l'œil droit, un œdème de l'hémiface droite. Une IRM du massif facial objectivait une infiltration et un épaississement de la graisse sous-cutanée génienne et péri-orbitaire droite sans signe d'agression locorégionale. Les bilans biologiques et immunologiques étaient normaux. L'examen anatomo-pathologique cutané révélait un aspect de panniculite avec la présence au niveau de l'hypoderme de foyers de cytostéatonécrose. Elle a été mise sous prednisone (0,5 mg/kg/j) avec récidive des lésions à la dégression. L'évolution était marquée par l'apparition au bout d'un an d'une plaque atrophique de la joue qui a permis de poser, a posteriori, le diagnostic de lupus profond. L'hydroxychloroquine était alors introduite. L'évolution notait une dépression sous-cutanée large et profonde de la fesse droite ainsi qu'une troisième localisation atrophique au niveau de l'avant-bras droit. Patiente M.R., âgée de 22 ans, sans antécédents, adressée pour exploration de nodules sous-cutanés douloureux du visage, des membres et du tronc évoluant depuis 1 an. L'interrogatoire révélait une photosensibilité ainsi qu'une arthralgie des grosses et des petites articulations. L'examen cutané objectivait des nodules sous-cutanés, durs, sensibles sur peau érythémateuse de taille variant entre 1 et 6 cm de diamètre siégeant au niveau de la joue gauche, des bras, des seins, de l'abdomen, des cuisses et de la région lombaire associés à un érythème des pommettes sans atrophie ni dépression cupuliforme ni squames ni alopécie ni érosions buccales. La biologie montrait une leuconeutropénie, une lymphopénie, une anémie hémolytique avec un test de Coombs direct positif. Le bilan immunologique montrait des AAN positifs à 1/1600 (Ac anti-DNA natifs et Ac antiphospholipides négatifs). L'histologie cutanée trouvait un infiltrat lympho-histiocytaire du derme profond et de l'hypoderme, à disposition lobulaire et septale, avec des foyers de cytostéatonécrose. Les immunofluorescences directe et indirecte étaient positives. Le diagnostic de panniculite lupique a été retenu et la patiente a été mise sous prednisone (0,5 mg/kg/j) et chloroquine (400 mg/j) avec une évolution favorable au prix de cicatrices cupuliformes au niveau de la joue gauche et du bras gauche. Patiente S.S., âgée de 40 ans, sans antécédents pathologiques particuliers, adressée pour exploration d'une plaque infiltrée jugale gauche évoluant depuis 2 ans. L'examen cutané trouvait une plaque érythémateuse infiltrée, bien limitée, à surface télangiectasique, faisant 2 cm de grand axe et siégeant au niveau de la pommette gauche en s'étendant à la joue gauche. Le reste de l'examen clinique était strictement normal. L'histologique cutanée objectivait un épiderme normal avec un infiltrat lympho-histiocytaire de siège périvasculaire et péri-annexiel. L'immunofluorescence directe montrait une fluorescence microgranuleuse de la jonction dermo-épidermique de type IgG. À la biologie, on trouvait une lymphopénie à 900 éléments/mm3. Le bilan immunologique trouvait des AAN à 1/200 (Ac anti-DNA natif positifs), un complément consommé. Le diagnostic de lupus érythémateux systémique était retenu devant l'association de quatre critères de l'ACR. Un traitement par hydroxychloroquine (400 mg/j) était instauré avec une évolution favorable au prix d'une atrophie faciale gauche. Devant le préjudice esthétique que peut engendrer une panniculite lupique du visage, il est important d'évoquer très tôt ce diagnostic pour entamer le plus rapidement possible le traitement à base de corticoïdes et d'hydoxychloroquine dans le but d'éviter la fonte disgracieuse.
La tumeur à cellules plasmacytoïdes dendritiques blastiques (TCPDB) est une prolifération tumorale cutanée rare, agressive et de mauvais pronostic, se comportant à plus ou moins court terme comme une leucémie aiguë. L'atteinte cutanée est presque toujours le premier signe de la maladie, d'où l'importance de la connaissance de cette hémopathie par le dermatologue. Un homme de 57 ans, consultait pour de multiples plaques maculeuses et nodules d'abord érythémateux puis purpuriques et ecchymotiques du scalp, dos et jambe gauche évoluant depuis 3 mois. Les biopsies cutanées avec typage lymphocytaire permettaient de poser le diagnostic de TCPDB. L'examen histopathologique, montrait un infiltrat fait de cellules de taille moyenne à grande. L'examen immuno-histochimique était remarquable par l'absence d'expression des marqueurs des lignées lymphocytaires T et B. En revanche, les cellules tumorales exprimaient CD4, CD56. L'évolution était marquée par l'extension des lésions cutanées et l'apparition d'une adénopathie inguinale. Une chimiothérapie (CHOP) a été entamée. Le patient est décédé au bout de 6 mois dans un tableau d'aplasie médullaire. La TCPDB est une hémopathie maligne rare, survenant autour de la soixantaine, caractérisée par son tropisme cutané. Cette atteinte cutanée est souvent inaugurale, les manifestations systémiques ne survenant que bien plus tard. L'aspect en nodules et plaques ecchymotiques uniques ou multiples doit faire évoquer la TCPDB. L'examen histopathologique avec immunomarquage permet d'établir le diagnostic. Sur le plan phénotypique, la population tumorale est très caractéristique. Les cellules n'expriment pas les antigènes des lignées lymphocytaires T et B. En revanche, elles expriment CD4, CD56 et TCL1, qui sont les marqueurs des cellules dendritiques plasmacytoïdes. Les traitements proposés en première intention sont des chimiothérapies utilisées dans les lymphomes agressifs ou les leucémies aiguës. La survie est en moyenne de 12 à 14 mois en cas de chimiothérapie seule.
La forme sporotrichoïde, ou lymphangite nodulaire, de la leishmaniose cutanée est une présentation clinique rare, caractérisée par l’association aux lésions primitives d’inoculation, de nodules dermo-hypodermiques secondaires étagés suivant les axes lymphatiques. Elle est classiquement observée dans la leishmaniose cutanée zoonotique liée à Leishmania major. Nous rapportons une observation exceptionnelle d’une leishmaniose sporotrichoïde à L. infantum. Un homme de 35 ans sans antécédent particulier, originaire et demeurant au Nord-Ouest de la Tunisie, présentait depuis 2 mois une lésion ulcéro-croûteuse au niveau de la 3e phalange (P3) du médius droit, associée à des nodules sous-cutanés du membre supérieur droit apparus dans un délai de 20 jours après la lésion initiale. L’examen cutané mettait en évidence une plaque ulcéro-croûteuse bien limitée à bords nets infiltrés mesurant 3 cm de diamètre sur la face dorsale de P3 du médius droit. Cette lésion était associée à une dizaine de nodules sous cutanés de taille variable inflammatoires disposés en chapelet tout le long du membre supérieur droit jusqu’à l’épaule. Le reste de l’examen était sans particularité. Le bilan biologique était sans anomalies. L’histologie confirmait le diagnostic en mettant en évidence un granulome lympho-histiocyto-plamocytaire sans nécrose caséeuse, au sein duquel on observait des corps de Leishman intra- et extra-cellulaires colorés par la Giemsa. Le typage par PCR a permis d’identifier L. infantum. La sérologie VIH était négative. Après 20 jours d’antimoniate de N-méthyl glucamine à la dose de 60 mg/kg, une cicatrisation de la lésion initiale et une désinfiltration des nodules sous-cutanés étaient obtenus. En dehors de la forme localisée ulcéro-croûteuse classique de la leishmaniose cutanée, d’autres formes cliniques atypiques sont de plus en plus décrites. Parmi ces formes, on cite la forme sporotrichoïde considérée comme une forme de dissémination lymphatique régionale des leishmanies. Bien que rare dans le bassin méditerranéen, la leishmaniose sporotrichoïde (LS) est assez fréquente dans le centre et le sud tunisiens (18 % des cas de LC) en zone d’endémie de L. major. Par ailleurs, cette variété clinique est fréquemment décrite dans le nouveau monde avec L. braziliensis ou L. mexicana mais aussi dans la LC de l’ancien monde en particulier au Soudan (22 %) et en Arabie Saoudite (10 %), avec quasi-exclusivement L. major. Dans notre observation, l’agent causal s’avère être L. infantum, responsable le plus souvent de leishmaniose viscérale et plus rarement de leishmaniose cutanée sporadique du Nord du pays. L’isolement de L. infantum dans les formes sporotrichoïdes de LC n’a pas, à notre connaissance été rapporté dans la littérature. Cette observation élargit ainsi l’éventail des aspects cliniques de la leishmaniose tégumentaire due à L. infantum chez un patient immunocompétent.