La gestion de la crise sanitaire consécutive à la pandémie de la Covid-19 a mis en exergue la discordance entre un Etat centralisateur, en charge de la prévention de sa population, qui en situation sanitaire d’urgence applique des mesures uniformes sur l’ensemble du pays, et la population dont le vécu quotidien dans son territoire ne lui renvoie pas forcément la même lecture de l’évènement et des logiques d’action. Il nous parait intéressant de réfléchir au décalage qui peut exister entre une connaissance objective des phénomènes pouvant impacter la santé, telle qu’elle peut être mesurée par des scientifiques, ou des experts, sur un espace donné, et leurs représentations par les habitants, au sein de leur espace de vie en situation de pandémie virale. Que se passe-t-il, en fait à la rencontre du top down et du bottom up ? Comment s’articulent mesures de l’espace, principe de précaution, mesures de prévention, décisions politiques et perceptions de la population. Ces perceptions sont généralement fondées sur des représentations profanes de la maladie, de son étiologie, et sont issues de leur vécu quotidien dans un espace territorial donné, alors que la mesure des experts qui s’appuie sur des données quantifiées rend compte d’une dimension pouvant être considérée comme plus éloignée des préoccupations des populations, plus distante, plus froide. Cela est parfois renforcé par la méconnaissance de la part de la population des méthodes employées par les scientifiques. Cette différence entre mesure et perception d’une même situation peut générer entre les deux des sentiments d’incompréhension, d’inhumanité, surtout lorsque les discours scientifique ou politique se veulent plus objectifs et deviennent plus alarmistes que celui « attendu » ou perçu par les populations. De plus, alors que les organismes et institutions publiques ont en charge le collectif, la population répond souvent par des stratégies individuelles. Se pose alors pour le décideur la question de la diversité des comportements, alors qu’il est à la recherche d’invariants, d’éléments suffisamment reproductibles qui seraient applicables en tous points du territoire. Nous illustrerons cette approche à partir d’un exemple qui nous semble emblématique et qui concerne les mesures adoptées en matière de gestion du corps des personnes décédées pendant l’épidémie. Par rapport au risque potentiel de transmission du virus nous mettrons en évidence les différences entre l’avis des scientifiques et des experts de limiter les interactions tout en conservant les dimensions humanistes des enterrements (avis du HCSP), la décision politique d’une mise en bière immédiate (arrêté du 2 avril 2020), et l’incompréhension des familles de ne pouvoir se déplacer et pratiquer les rites funéraires habituels. Nous discuterons donc de l’application des décisions prises entre mesures et perceptions du risque, entre mesures nationales et perceptions locales. Nous montrerons comment tout un ensemble de décisions prises au niveau strictement national a conduit à des processus identitaires exacerbés entre certaines régions et la capitale s’appuyant sur une opposition plutôt qu’une complémentarité entre mesures et perceptions.
The handling of the health crisis resulting from the Covid19 pandemic has brought out the discrepancy between a centralizing State, in charge of its population’s safety, that in an emergency health situation applies uniform measures to the entire country, and a population whose everyday experience in its territory doesn’t necessarily reflect the same interpretation of the event and the logic behind the actions taken. We think that it might be interesting to consider the gap that may exist bet...
Covid-19: Complementary recommendations on strategies to prevent the spread of SARS-CoV-2 in child care and school settings (HCSP, Avis et Rapports) Yannick Aujard, Anne Berger-Carbonne, Agathe Billette de Villemeur, Daniel Bley, Jean-Marc Brignon, Daniel Camus, Christian Chidiac, HCSP, Nicolas Eterradossi, Eric Gaffet, Jean-Francois Gehanno, Philippe Hartemann, Didier Lepelletier, Yves Levi, Francelyne Marano, Philippe Minodier, Brigitte Moltrecht, Jean-Louis Roubaty, Gilles Salvat, Fabien Squinazi, Nicole Vernazza Date du document : 17/09/2020 Date de mise en ligne : 27/05/2021 https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=1021 The High Council of Public Health (HCSP) clarifies its recommendations of 9 September 2020 on strategies to prevent the spread of SARS-CoV-2 in childcare facilities and schools. The HCSP takes into consideration the fact that children are at low risk of severe disease and are poorly involved in the transmission of SARS-CoV-2. Transmission occurs mainly from adult to adult and from adult to child but rarely from child to child or from child to adult. Contaminations occur mainly within families or during social gatherings with a high density of people, outside schools. The wearing of masks by adults in primary school with children under 11 is mainly intended to protect children from contamination by asymptomatic adults who carry the virus. The HCSP recommends: to impose systematic use of a category 1 clothe mask that meets Afnor specifications for professionals in contact with the population; to consider that masks that do not meet Afnor category 1 specifications are not recommended for professionals in contact with children/students; to impose on children over 11 years of age to wear a category 1 mask that preferably meets Afnor specifications. not to consider an adult as “contact” if he/she wears a category 1 clothe mask meeting Afnor specifications or a medical mask when in contact with a child under 11 detected as positive case for Covid-19 and not wearing a mask. The HCSP also provides recommendations concerning contact-tracing in child-care and school and precise when a children/student should go back to school after having been tested positive for Covid-19. Lire en francais : Covid-19 : Complements sur les strategies de prevention de la diffusion du SARS-CoV-2 en EAJE et milieu scolaire du 17 septembre 2020
Coronavirus SARS-CoV-2 : mesures specifiques aux etablissements scolaires en phase 3 du deconfinement (HCSP – Avis et Rapports) https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=855 Dans le cadre de l’evolution du niveau de circulation du virus, de la reprise progressive de l’activite en France et de la progression des connaissances sur les risques de transmission du virus SARS-CoV-2 au sein de la population pediatrique, la Direction generale de la sante a demande au Haut Conseil de la sante publique d’actualiser les recommandations sanitaires de son avis du 24 avril 2020 concernant les etablissements scolaires et les activites periscolaires. Le HCSP a pris en consideration des donnees rassurantes concernant l’impact de la pandemie Covid-19 chez les enfants, en particulier une etude suggerant que les enfants seraient de tres faibles agents contaminateurs et qu’ils auraient plutot ete infectes par leurs proches en phase de confinement. Le HCSP indique qu’il est hautement souhaitable que tous les enfants puissent etre re-scolarises rapidement afin de reprendre contact avec l’etablissement scolaire avant les vacances et eviter ainsi une rupture de pres de six mois en particulier les enfants « vulnerables » (ex. en difficulte scolaire, vivant dans un environnement socio-culturel defavorise, presentant un handicap, etc.), la continuite pedagogique pour les autres pouvant etre assuree par des enseignements a distance. Le HCSP precise que dans cette periode de faible circulation du virus, le respect par les personnels au contact des eleves d’une hygiene des mains frequente et le port de masque est de nature a controler le risque de sa transmission. Le port du masque par les personnels se justifie lors de contacts rapproches et prolonges avec des eleves et lors de toute presence en espaces clos avec d’autres personnels ou a l’exterieur lorsque la distance d’au moins 1 metre ne peut etre respectee ou garantie. Les enfants de maternelle et de l’ecole elementaire n’ont pas a porter un masque. Les autres categories d’eleves plus âges portent un masque selon leurs acceptation et tolerance. Une distance physique d’au moins 1 metre doit etre respectee dans les classes entre le bureau de l’enseignant et les eleves et entre les eleves en position cote a cote (« lateralement ») ou en face a face. Il n’est plus recommande pour un groupe constitue ou pour une classe donnee, de respecter la distance d’un metre (ni des 4 m2) entre eleves dans les espaces exterieurs de recreation ou espaces de sports exterieurs. Neanmoins, il convient alors de veiller a ne pas melanger dans le temps les groupes constitues comme les differentes classes entre elles. Concernant la gestion de l’environnement, la mise a disposition d’objets partages au sein d’une meme classe ou d’un meme groupe constitue (ballons, jouets, livres, jeux, journaux, depliants reutilisables, crayons, etc.) est possible lorsque qu’un nettoyage au minimum quotidien est assure (ou que les objets sont isoles 24 h avant reutilisation). Cette meme mesure peut etre appliquee en maternelle (ex. jouets, jeux de construction, etc.). Le HCSP emet d’autres recommandations concernant notamment la gestion de l’environnement de l’etablissement scolaire, la protection des personnels realisant le nettoyage/desinfection des locaux et la surveillance de l’apparition d’un cas de Covid-19 dans l’etablissement scolaire.
En prevision de leur reouverture dans le contexte de l’epidemie Covid-19, le HCSP a examine les mesures barrieres et de distanciation physique a respecter dans les lieux d’hebergement collectif. Le cas des navires de croisieres n’est pas traite dans cet avis. Le HCSP a pris en consideration les recommandations et guides professionnels disponibles en France et a l’etranger dans les secteurs de l’hotellerie et de l’hotellerie de plein air. Dans la situation epidemiologique et le contexte existant au moment de la publication de son avis, le HCSP recommande que chaque responsable de lieu d’hebergement designe un referent Covid-19 ou assume, le cas echeant lui-meme cette responsabilite. Le HCSP recommande egalement que les responsables de ces etablissements formalisent, pour leur etablissement, des regles de prevention adaptees a l’etablissement en prenant en consideration la notion de groupe social (personnes sejournant ensemble dans l’etablissement). Ces regles devront respecter les preconisations relatives aux mesures barrieres de l’avis du HCSP du 24 avril 2020. Dans le cas ou tout un groupe sejourne ensemble, des sous-groupes (maximum 10 personnes, encadrants compris) pourront etre determines avec pour principe general d’appliquer les mesures barrieres en prenant en consideration les individus ou ces sous-groupes, en fonction des situations. Les possibilites d’interactions entre sous-groupes seront reduites, en organisant les activites et l’utilisation des lieux communs en fonction de ces sous-groupes. Le HCSP recommande egalement que les responsables d’etablissement definissent l’organisation pratique permettant de respecter les mesures de prevention en tenant compte des notions de densite de population, de flux de personnes, d’espaces et de volume des locaux. Pour les lieux, par exemple des campings lors de festivals ou de pics d’activite, ou des lieux comportant des dortoirs et des salles communes, un reexamen des capacites maximales d’accueil devra etre realise afin de verifier qu’elles permettent le respect des mesures barrieres. Le HCSP recommande que les personnes portent, dans les espaces interieurs, un masque grand public conforme, propre, et correctement mis a l’entree, pendant les deplacements et aux abords immediats de l’etablissement. Dans les espaces exterieurs, ou sous abri des campings, le port du masque n’est requis que lorsque le respect de la distance de securite est incertain. Il est recommande d’attendre une demi-journee, avec une aeration maximale, pour relouer une chambre ou un logement et de porter ce delai a 72 h si l’occupant precedent a ete un cas suspect ou avere de Covid-19. D’autres recommandations sont emises concernant la communication et l’information du public, le comportement et la circulation des personnes hebergees, la gestion de l’environnement, la protection des professionnels et des intervenants et la gestion des cas de Covid-19 en hebergement collectif.
Coronavirus SARS-CoV-2 : mesures dans les salles de cinema et les espaces culturels clos recevant du public en position assise, en phase 3 du deconfinement Date du document : 18/06/2020 Date de mise en ligne : 24/06/2020 En prevision de leur reouverture, s’est posee la question des mesures sanitaires (gestes barrieres, distanciation physique) a mettre en œuvre dans les salles de cinema et les espaces culturels clos recevant du public en position assise. Le Haut Conseil de la sante publique avait emis des recommandations a ce sujet dans son avis du 27 mai 2020. Dans ce nouvel avis, le HCSP a reexamine ses recommandations en prenant en compte la situation epidemiologique actuelle ainsi que les mesures prises a l’etranger dans le cadre de la reouverture de ces etablissements. Le HCSP recommande toujours dans ce nouvel avis que chaque responsable de ces etablissements designe un referent Covid-19. Les responsables de ces etablissements doivent formaliser des regles de prevention adaptees en prenant en consideration la notion de groupe social. Ces regles doivent respecter les mesures rappelees par le HCSP dans cet avis. Ainsi notamment, le HCSP recommande pour ces etablissements qu’une distance de 1 metre soit respectee entre les differents groupes de spectateurs ne faisant pas partie d’un meme groupe de reservation. Une revision de la disposition des salles ainsi qu’une reorganisation des espaces sont necessaires afin de laisser un fauteuil vide entre les groupes de spectateurs jusqu’a un maximum de 10 personnes (groupe de personnes venant ensemble ou ayant reserve ensemble). Cette recommandation est assortie du port de masque grand public obligatoire pour les spectateurs a l’exception des enfants pour lesquels le port du masque ne peut etre impose compte tenu de leur acceptabilite et tolerance. Les salaries en contact avec le public doivent porter un masque grand public. L’hygiene des mains demeure une des cles de la prevention. Les spectateurs doivent realiser une hygiene des mains, en entrant et en sortant des salles. Pour cela les organisateurs doivent mettre a disposition des distributeurs de produits hydro-alcooliques dans des endroits facilement accessibles et au minimum a l’entree et a la sortie. Le HCSP a emis egalement d’autres recommandations concernant la communication et information du public, l’accueil et la circulation des spectateurs et la gestion de l’environnement.
En prevision de leur reouverture dans le contexte de l’epidemie Covid-19, se pose la question des mesures barrieres et de distanciation physique a respecter dans les espaces culturels. Les recommandations proposees par le HCSP dans cet avis concernent les theâtres, cinemas, salles de concert et de spectacle, musees. Les discotheques et les festivals accueillant de tres nombreux spectateurs ne peuvent respecter les recommandations du HCSP relatives a cette periode de deconfinement et de reprise d’activite. Le HCSP ne donnera donc pas de recommandations relatives a leur reouverture dans le contexte epidemiologique national prevalant a la date de redaction de cet avis. Le HCSP a etudie en particulier les donnees de la litterature concernant les risques de transmission du virus SARS-CoV-2 par le chant ou les instruments de musiques. Le HCSP recommande que chaque responsable d’etablissement accueillant du public dans les espaces culturels designe un referent Covid-19 ou assume, le cas echeant lui-meme cette responsabilite. Le HCSP recommande egalement que les responsables de ces etablissements formalisent des regles de prevention adaptees a l’etablissement en prenant en consideration la notion de groupe social. Ces regles devront respecter les preconisations relatives aux mesures barrieres de l’avis du HCSP du 24 avril 2020. Le HCSP recommande egalement que les responsables d’etablissement definissent l’organisation locale pratique permettant de respecter les mesures de prevention en tenant compte des notions de densite de population, de flux de personnes, d’espaces et de volume des locaux. Ils devront veiller a garantir une organisation laissant vide un fauteuil entre les groupes de spectateurs ou clients jusqu’a un maximum de 10 personnes (groupe de personnes venant ensemble ou ayant reserve ensemble). Cette recommandation est assortie du port de masque grand public obligatoire des spectateurs. Le HCSP recommande d’equiper de masques grand public les salaries au contact avec le public. Il est recommande de supprimer l’entracte s’il ne peut etre amenage de telle sorte que la distanciation physique soit constamment respectee. Dans cette periode, les vestiaires ou les bars/buvettes ouverts devraient etre fermes temporairement. Il convient de definir un plan de service de nettoyage periodique avec suivi, assurant le nettoyage desinfectant systematique de toutes les surfaces des mobiliers, materiels et ustensiles sujets aux contacts corporels et susceptibles de pouvoir etre contaminees. Le HCSP a emis egalement d’autres recommandations concernant la communication et information du public, l’accueil des spectateurs/visiteurs, la gestion de l’environnement et la protection des professionnels (artistes, techniciens, benevoles, personnels administratifs, etc.). Des recommandations particulieres sont emises pour les spectacles avec configuration debout, les spectacles deambulatoires et les orchestres et groupes de musiciens.
Background Many tropical countries are currently experiencing dengue (DEN), chikungunya (CHIK) and also more recently Zika (ZIKA) epidemics (particularly in Latin America). Although the risk of transmission and spread of these infections in temperate regions remains a controversial issue, vector-borne diseases have been widely reported in the media and have been the focus of preventive strategies by national and international policy-makers and public health authorities. In this context, we wanted to determine the extent of risk perception in infectious diseases (ID) physicians of the current and future risk of arboviral disease introduction, autochthonous case development and epidemic scenarios in France, Western Europe. Methods To this aim, we developed an original standardized questionnaire survey which was disseminated by the French Infectious Diseases Society to ID physician members. Results We found that ID physicians perceived the risk of introduction and outbreak development of DEN, CHIK and ZIKA in France to be low to medium-low. Generalized Linear Model(s) identified medical school training, the extent of professional experience, and awareness of the French national plan regarding arboviral infections as significant predictors for lower risk perception among respondents. Conclusion Despite the fact that arboviral diseases are increasingly being imported into France, sometimes resulting in sporadic autochtonous transmission, French ID physicians do not perceive the risk as high. Better communication and education targeting health professionals and citizens will be needed to enhance the effectiveness of the French national plan to prepare against arboviral diseases.
The authors of this article interviewed residents of two urban areas (the city of Yaounde in Cameroon and the former coal mining basin of Provence [in district of Bouches-du-Rhone], France) to examine their perceptions of air pollution. Points of convergence on perceptions of this pollution appear in the responses of people in both areas, including what they called it, how they related it to the climate, and how they defined air quality. The responses of the residents of both study sites associated dust and odor and complained about the proximity of sources of pollution. On the other hand, perceptions of the impact of pollution on their health differed. In Yaounde, people refer rarely to the impact of air pollution on health and consider factors perceived as promoting disease (cold, dust, and wind, for example) to be the real causes, which they often associate with the seasons. This is much less the case for the populations of the former coal mining basin of Provence, although the impact of pollution on allergies is probably overestimated. Their perceptions may be explained by the role played by the media in disseminating sometimes alarmist information on these subjects and, at the same time, by the increased awareness of environmental issues in the general population.
L'implantation du moustique Aedes albopictus en France introduit un risque d'importation et de diffusion d'arboviroses tels que la dengue, le Chikungunya et le Zika, à partir de voyageurs infectés. Nous avons enquêté auprès d'un panel d'infectiologues exerçant en France métropolitaine afin d'évaluer leur perception de ce risque et des enjeux de prévention que cela soulève. L'enquête par questionnaire, accessible en ligne du 27 février au 15 mai 2016, a permis de recruter 80 répondants qui ont fourni des informations concernant leur profil social, formation continue et complémentaire, cursus médical, pratiques professionnelles et lieu(x) d'exercice. Ces informations ont été croisées avec les réponses données aux items suivants : Estimations, actuellement et dans 10 ans : – du nombre de cas importés de dengue, Chikungunya, Zika ; – du risque de cas sporadiques et foyers autochtones ; – du risque d'épidémie ; – du sentiment d'inquiétude vis-à-vis d'un développement sporadique de cas et d'épidémie ; – de la gravité clinique et socioéconomique, dans l'hypothèse d'une épidémie de ces trois maladies. Les analyses ont été réalisées à l'aide du formalisme des modèles linéaires généralisés. Résultats – Les estimations données par les spécialistes concernant le risque d'importation et de diffusion sont décontextualisées des conditions locales favorables à l'installation des éléments du cycle infectieux ; – Plus les estimations en appellent à des projections territorialement fines (à l'échelle du département), temporellement proche (à l'heure actuelle) et qualitativement désignées (dengue, Chikungunya, Zika), plus les résultats révèlent une forme d'incertitude et apparaissent minimiser le risque infectieux ; – Les répondants perçoivent un risque infectieux global et diffus sans toutefois parvenir à le qualifier ni le graduer. – L'inquiétude face au risque est modérée et s'explique par l'expérience, la formation et les connaissances qu'ont les répondants des mesures nationales existantes (relative confiance cf. informations délivrées par les services de santé publique). Ce premier travail présente le point de vue modéré d'une communauté de spécialistes. Il ouvre des perspectives de comparaisons avec d'autres catégories de professionnels (médecins généralistes, entomologistes médicaux) et introduit la possibilité d'études de suivi longitudinal (en période de crise et inter-crise) en vue de la mise en place de mesures adaptées.
L’OMS estime que, chaque annee, plus de 2 millions de personnes meurent du fait de l’inhalation de particules fines presentes dans l’air interieur et exterieur. Dans les pays developpes comme dans les pays en developpement, les principales causes de pollution atmospherique sont : les moyens de transport motorises, les industries petites ou grandes, l’utilisation de biomasse et de charbon pour la cuisine et le chauffage, ainsi que les centrales electriques au charbon. Au Cameroun, les maladies dues aux infections pulmonaires connaissent une progression permanente puisqu’en l’espace de 10 ans elles se sont multipliees par 2 (rapport du Centre de pneumophysiologie de l’hopital Laquintinie de Douala, fevrier 2006). Elles devancent maintenant les maladies diarrheiques et le paludisme (Centre Pasteur Cameroun). La pollution atmospherique a laquelle la pollution automobile contribue majoritairement, en serait la cause essentielle. Partant du constat des enjeux importants environnementaux et sanitaires de la pollution de l’air aussi bien dans les pays du nord que du sud, la communication s'appuie sur 2 exemples de recherches (projet BMP, France, projet MOUSSON, Cameroun) pour discuter de 2 interfaces qui paraissent essentielles pour prendre en compte ces questions : Mesures/perceptions de la pollution, lien Environnement/sante et donner quelques resultats; Au Cameroun, en matiere de perception des maladies transmises par l’air, la recherche anthropologique (programme MOUSSON / CNRS) a mis en evidence que les maladies respiratoires sont banalisees. Les populations confondent symptomes et maladies (toux, rhume, grippe, bronchite,…), elles considerent les maladies respiratoires comme des maladies ordinaires banales et sans gravite. Les populations du Sud Cameroun les attribuent a des causalites climatiques saisonnieres. Par exemple la toux ainsi que le rhume sont essentiellement attribuee par ordre decroissant au froid, a la poussiere, aux fumees. Les causes de la grippe sont tres majoritairement : la poussiere et le froid, puis le changement de saison dans une moindre mesure. Pour la bronchite, le froid est la cause principale, avec cependant des causes secondaires d’ordre biologiques (heredite, allergie). En France, dans l'Ancien Bassin Minier de Provence les principales causes de pollution atmospherique citees sont : les sites industriels (L'usine d’alumine de Gardanne, la centrale thermique a Charbon de Meyreuil, la cimenterie Lafarge de Bouc Bel Air) ; le Trafic routier (notamment autoroute nord Aix-Marseille et Aix-Nice, D6 qui traverse le territoire) ; les Activites de combustion : chauffage, brulage des dechets,… En matiere de perceptions de la pollution, les riverains de l’usine d’alumine et de la centrale thermique etablissent un lien fort entre sante et environnement, notamment par l’association allergies /particules, mais ne font pas de reference aux professionnels de sante. Les allergies sont les principales pathologies assignees a la pollution atmospherique et de nombreux riverains disent presenter une sensibilisation aux pollens. La potentialisation de ces allergies par les particules les preoccupe, les poussieres etant percues comme des matieres egalement allergisantes. Les auteurs de la communication concluent sur la complexite entre mesures et perceptions en matiere de pollution et la necessite d’approches integrees (interdisciplinarite, recherche/action).
Résumé Les médecins généralistes sont des acteurs majeurs dans la surveillance des maladies infectieuses, notamment à caractère épidémique. Une enquête a été conduite à La Réunion deux ans après l’épidémie de chikungunya (CHIK) de 2006 auprès de 100 médecins généralistes sélectionnés à partir d’un échantillonnage aléatoire par choix raisonné. L’objectif de cette étude est de décrire et analyser les facteurs associés à l’implication des médecins dans la notification des cas de CHIK pendant la crise sanitaire. Le questionnaire a été conduit en face à face, et une analyse uni-et multivariée des facteurs associés à la notification a été exécutée. Soixante pour cent des participants ont déclaré ne pas avoir adhéré à la notification des cas pendant l’épidémie. Le principal obstacle rapporté était représenté par la contrainte de disponibilité liée à l’afflux massif des patients affectés par l’épidémie. À l’inverse, l’exercice en cabinet de groupe était en faveur de la notification. La majorité des répondants ont adhéré aux recommandations officielles de prévention et de prise en charge, malgré une perception d’efficacité limitée. L’implication des médecins généralistes dans la surveillance des maladies à caractère épidémique doit être renforcée par un partenariat préétabli construit sur des réseaux permettant une démarche proactive et volontaire. Cet objectif comprend la mobilisation et l’offre de formation continue en veille sanitaire.