L’hyperplasie macronodulaire bilatérale des surrénales (HMBS) entraîne des tumeurs corticosurrénaliennes bilatérales avec hypercortisolisme. Des altérations du gène ARMC5 (Armadillo Repeat Containing 5) ont été identifiées chez 20–25 % des patients avec HMBS. ARMC5 est un gène suppresseur de tumeurs mais par des mécanismes inconnus. ARMC5 contient une répétition de domaines Armadillo et un domaine BTB (Bric-à-Brac, Tramtrack, Broad-complex) impliqués dans des interactions protéine-protéine. L’identification des protéines qui interagissent avec ARMC5 permettrait de comprendre ses fonctions. Par co-immunprécipitation (co-IP) suivie d’une analyse par spectrométrie de masse nous avons mis en évidence une interaction potentielle entre ARMC5 et CUL3 (Cullin3). Cette interaction est aussi suggérée dans des bases de données et par une expérience de double hybride récemment publiée. CUL3 est une E3-ubiquitin ligase importante dans l’ubiquitination et la dégradation des protéines. Le but de cette étude est de confirmer cette interaction et de comprendre son rôle. Nous avons utilisé des co-IP classiques après expression de CUL3-HA et des expériences de BRET (Bioluminescence Resonance Energy Transfert) pour confirmer l’interaction entre ARMC5 et CUL3. L’interaction entre ARMC5 et CUL3 a été confirmée par co-IP et BRET et avons aussi observé qu’une mutation faux-sens localisée dans le domaine BTB (p.L754P) empêche l’interaction entre ARMC5 et CUL3. L’ensemble de ces données montrent que ARMC5 et CUL3 forme un complexe. ARMC5 pourrait participer au processus d’ubiquitination ou serait un substrat de la CUL3. Cela ouvre de nouvelles perspectives dans la physiopathologie des HMBS que nous explorons actuellement.
Journal of the European Academy of Dermatology and VenereologyVolume 32, Issue 4 p. e128-e129 Letter to the Editor Carney complex revealed by a cerebellar ischaemic stroke in a 6-year-old girl M. Acquitter, M. Acquitter Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorV. Laparra, V. Laparra Department of Pediatry, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorE. Brenaut, Corresponding Author E. Brenaut emilie.brenaut@chu-brest.fr Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceCorrespondence: E. Brenaut. E-mail: emilie.brenaut@chu-brest.frSearch for more papers by this authorS. Peudenier, S. Peudenier Department of Pediatry, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorR. Teissier, R. Teissier Department of Pediatry, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorE. Clauser, E. Clauser Department of Oncogenetics, University of Paris Descartes, Paris, FranceSearch for more papers by this authorL. Misery, L. Misery Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorC. Abasq-Thomas, C. Abasq-Thomas Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this author M. Acquitter, M. Acquitter Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorV. Laparra, V. Laparra Department of Pediatry, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorE. Brenaut, Corresponding Author E. Brenaut emilie.brenaut@chu-brest.fr Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceCorrespondence: E. Brenaut. E-mail: emilie.brenaut@chu-brest.frSearch for more papers by this authorS. Peudenier, S. Peudenier Department of Pediatry, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorR. Teissier, R. Teissier Department of Pediatry, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorE. Clauser, E. Clauser Department of Oncogenetics, University of Paris Descartes, Paris, FranceSearch for more papers by this authorL. Misery, L. Misery Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this authorC. Abasq-Thomas, C. Abasq-Thomas Department of Dermatology, University Hospital of Brest, Brest, FranceSearch for more papers by this author First published: 06 October 2017 https://doi.org/10.1111/jdv.14616Citations: 1Read the full textAboutPDF ToolsRequest permissionExport citationAdd to favoritesTrack citation ShareShare Give accessShare full text accessShare full-text accessPlease review our Terms and Conditions of Use and check box below to share full-text version of article.I have read and accept the Wiley Online Library Terms and Conditions of UseShareable LinkUse the link below to share a full-text version of this article with your friends and colleagues. Learn more.Copy URL Share a linkShare onFacebookTwitterLinkedInRedditWechat No abstract is available for this article.Citing Literature Volume32, Issue4April 2018Pages e128-e129 RelatedInformation
Le D21OHC est une maladie génétique, à début néonatal, associant une anomalie des OGE chez les filles, une insuffisance surrénale et une petite taille définitive. Montrer qu’un diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) a permis de prévenir la naissance d’un enfant atteint de D21OHC, issu de 2 parents mutés pour CYP21A2. Homme né avec D21OHC, porteur à l’état hétérozygote composite, de 2 mutations sévères de CYP21A2 : IVS2-13A/C>G dans l’intron 2 et mutation non sens p.Q318*. Conjointe asymptomatique porteuse de la mutation sévère IVS2-13A/C>G à l’état hétérozygote simple (dépistage). Haut risque d’enfant D21OHC : 50 %. Après conseil génétique, un DPI est demandé par le couple. Après stimulation ovarienne de la conjointe, 13 ovocytes ont été injectés (FIV/ICSI) et 6 embryons obtenus dont 3 biopsiés. Deux embryons étaient atteints (mutations bialléliques) et un embryon sain porteur d’une mutation CYP21A2 à l’état hétérozygote simple transféré. Obtention d’une grossesse évolutive. Confirmation, par biopsie de trophoblaste (à 12 S.Aménorrhée), de l’hétérozygotie simple du fœtus. Évaluation clinique, hormonale et moléculaire postnatale de l’enfant. Une fille est née. L’analyse moléculaire postnatale de CYP21A2 montre qu’elle n’a pas hérité de la mutation IVS2-13A/C>G de la mère ni du père. Elle porte, à l’état hétérozygote simple, la mutation paternelle p.Q318*. Les OGE féminins sont normaux à l’examen ainsi que les 17OHProg/androgènes. Nous démontrons le succès de la FIV/DPI dans ce contexte pathologique. On peut donc effectivement prévenir le D21OHC chez des enfants issus de conjoints porteurs de mutations sévères de CYP21A2. C’est une première.
Un patient de 37 ans est hospitalisé pour sciatalgies aiguës intenses. Les explorations morphologiques permettent de découvrir une tumeur thymique (71 × 33 mm), fixant faiblement en scintigraphie des récepteurs de la somatostatine, mais intensément lors des TEP au 18F-FDG et au DOTATOC-68Ga, avec la présence de lésions secondaires osseuses rachidiennes. Une hyperparathyroïdie primaire est mise en évidence, trois images évocatrices de grosse parathyroïde sont visualisées en échographie dont deux fixent lors de la scintigraphie MIBI et du TEP à la 18F-fluorocholine. Il présente également un macroadénome hypophysaire non sécrétant, deux adénomes surrénaliens droits non sécrétants et trois nodules pancréatiques non sécrétants, fixant lors du TEP au DOTATOC-68Ga. Une parathyroïdectomie subtotale est réalisée avec sternotomie pour l'exérèse élargie de la lésion thymique envahissant le péricarde et la plèvre. L'histologie retrouve une hyperplasie parathyroïdienne et un carcinoïde thymique atypique (OMS 2015), Ki-67 15 %, stade IVb de Masaoka modifié Koga. Devant une progression des métastases osseuses, une chimiothérapie par VP16-cisplatide est débutée permettant une stabilisation des lésions. Une radiothérapie externe rachidienne lombaire antalgique est associée. Une néoplasie endocrine multiple de type 1 est fortement suspectée, l'analyse génétique ne retrouve pas de mutation ponctuelle mais une délétion complète du gène de la ménine. L'enquête génétique familiale laisse penser au caractère de novo de cette délétion. Ce patient illustre l'importance de rechercher, comme pour tout gène suppresseur de tumeurs, une grande délétion du gène codant pour la ménine. La présentation clinique fait également discuter une relation entre le génotype et la sévérité du phénotype.
Les mutations germinales inactivatrices d’ARMC5 sont responsables d’hyperplasie macronodulaire bilatérale des surrénales (HMBS). Elles ont été rapportées dans 17 à 55 % des cas index et décrites dans 12 familles. Deux cas de délétion du gène ont été décrits [1], [2]. L’objectif était de déterminer la fréquence des délétions larges d’ARMC5 lorsqu’une mutation ponctuelle de ce gène n’est pas retrouvée. L’ADN génomique de 81 patients HMBS sans mutation et 5 patients présentant un variant de signification indéterminée d’ARMC5 a été analysé par PCR quantitative en utilisant deux sondes TaqMan® situées sur l’exon 1 (Hs00933536_cn) et 3 (Hs01869310_cn) et une référence interne (RNase P). La patiente pour laquelle une délétion avait été mise en évidence par puce SNP [1] et ses apparentés ont été analysés. Une perte du nombre de copie au niveau des deux sondes a été retrouvée chez la patiente et ses deux enfants âgés de 30 et 36 ans. Aucun autre patient ne présentait d’anomalie du nombre de copie. La patiente avait été opérée d’une HBMS diagnostiquée à l’âge de 52 ans et responsable d’un hypercortisolisme infraclinique. L’exploration morphologique et biologique est en cours chez ses enfants. En dehors des mutations d’ARMC5, la délétion large du gène est rarement responsable d’HMBS, rapportée à ce jour dans deux familles (cas présent, Suzuki et al.).
Les cancers relarguent dans la circulation de l’ADN tumoral circulant. Le ctDNA peut être détecté en recherchant dans le plasma les mutations somatiques préalablement identifiées dans la tumeur. Les mutations somatiques du corticosurrénalome ont été récemment identifiées par séquençage d’exome. Démontrer la présence de ctDNA chez des patients porteurs de corticosurrénalome. Pour chaque patient, la/les mutation(s) somatiques spécifiques sont recherchées par NGS ciblant 20 gènes (Ampliseq, Life Technologies) à partir de tumeur congelée et d’ADN leucocytaire. L’ADN plasmatique est extrait soit avant chirurgie, soit dans le contexte de métastases, puis quantifié par Qubit (Life Technologies). Nous nous focalisons d’abord sur la mutation hotspot S45 de CTNNB1 (gène de beta-caténine). La mutation est recherchée par 2 méthodes : soit NGS ciblé sur un amplicon, à très forte profondeur (AmpliSeq), soit PCR digitale en gouttelettes avec un dessin spécifique (QX100, BioRad). D’autres mutations sont analysées. La fréquence des mutations somatiques retrouvées en NGS ciblé est conforme aux données d’exomes antérieures. Les ADN plasmatiques sont quantifiés entre 1 et 40 ng/μL. La mutation S45 de CTNNB1 (gène de la b-caténine) identifiée dans la tumeur d’un patient, est retrouvée dans l’ADN plasmatique par NGS ciblé (17 131 reads sur 111 572 [13 %]). En PCR digitale, la mutation est retrouvée dans 251 gouttelettes sur 1649 (15,2 %). Les résultats de 4 autres patients seront également présentés. Le ctDNA est détectable dans les corticosurrénalomes. Si la sensibilité de détection et la précision de quantification le permettent, il pourrait s’agir d’un biomarqueur important de suivi personnalisé.
Les myxomes cardiaques sont des tumeurs bénignes généralement sporadiques. Les formes familiales, plus rares, sont associées au complexe de Carney (CNC). Une mutation germinale de PRKAR1A, codant pour la sous-unité régulatrice R1a de la PKA, est retrouvée chez 62 % des patients CNC et 83 % si ces derniers ont un myxome cardiaque parmi leurs atteintes.
Les corticosurrénalomes présentent des altérations somatiques récurrentes de certains gènes (principalement ZNRF3, CTNNB1, TP53, CDKN2A, RB1, TERT). Ce sont le plus souvent des mutations. Cependant certains gènes (ZNRF3, CDKN2A, RB1) peuvent être inactivés par de larges délétions homozygotes.
BACKGROUND:MEN1, which is secondary to the mutation of the MEN1 gene, is a rare autosomal-dominant disease that predisposes mutation carriers to endocrine tumors. Most studies demonstrated the absence of direct genotype-phenotype correlations. The existence of a higher risk of death in the Groupe d'étude des Tumeurs Endocrines-cohort associated with a mutation in the JunD interacting domain suggests heterogeneity across families in disease expressivity. This study aims to assess the existence of modifying genetic factors by estimating the intrafamilial correlations and heritability of the six main tumor types in MEN1.METHODS:The study included 797 patients from 265 kindred and studied seven phenotypic criteria: parathyroid and pancreatic neuroendocrine tumors (NETs) and pituitary, adrenal, bronchial, and thymic (thNET) tumors and the presence of metastasis. Intrafamilial correlations and heritability estimates were calculated from family tree data using specific validated statistical analysis software.RESULTS:Intrafamilial correlations were significant and decreased along parental degrees distance for pituitary, adrenal and thNETs. The heritability of these three tumor types was consistently strong and significant with 64% (s.e.m.=0.13; P<0.001) for pituitary tumor, 65% (s.e.m.=0.21; P<0.001) for adrenal tumors, and 97% (s.e.m.=0.41; P=0.006) for thNETs.CONCLUSION:The present study shows the existence of modifying genetic factors for thymus, adrenal, and pituitary MEN1 tumor types. The identification of at-risk subgroups of individuals within cohorts is the first step toward personalization of care. Next generation sequencing on this subset of tumors will help identify the molecular basis of MEN1 variable genetic expressivity.
Plusieurs mutations des PDE4D, une des quatre sous-familles PDE4 impliquées spécifiquement dans la dégradation de l’AMPc ont été identifiées dans l’acrodysostose sans résistance hormonale. Le phénotype osseux indique une perte d’activation de la voie cAMP-PKA. Le but du travail est de caractériser les conséquences fonctionnelles de ces mutations. Quatre mutations des PDE4D, localisées dans trois domaines fonctionnels caractérisant cette famille, ont été introduites par mutagenèse dirigée dans le plasmide pcDNA3-hPDE4D3. La fonction des PDE4D est mesurée après transfection transitoire dans les cellules CHO, en condition basale, stimulée, avec ou sans inhibiteur spécifique (rolipram) via : – la mesure de l’activité PDE4D (technologie de BRET via l’utilisation d’un biosensor EPAC et mesure de l’hydrolyse d’AMPc-H3) ; – la mesure de l’activité de la PKA (système rapporteur CRE-luciférase). L’expression des protéines mutées est similaire à celle de la PDE4D sauvage. Les mutants ont une activité augmentée par rapport au sauvage par technique de BRET et par mesure d’hydrolyse d’AMPc-H3. L’activité PKA est inhibée par les mutants. Cette inhibition est réversée de façon concentration-dépendante par le rolipram, avec une sensibilité au rolipram des mutants diminuée par rapport au sauvage. Quelle que soit la localisation des mutations, les résultats sont similaires. Les 4 mutants PDE4D étudiés entraînent une augmentation de l’activité PDE4D en condition basale et stimulée et modifient leur sensibilité au rolipram. Ces résultats sont compatibles avec un gain de fonction des PDE4D mutées causant une perte d’activation de la voie cAMP-PKA.
Background: Point mutations of the PRKAR1A gene are a genetic cause of Carney complex (CNC) and primary pigmented nodular adrenocortical disease (PPNAD), but in 30% of the patients no mutation is detected.Objective: Set up a routine-based technique for systematic detection of large deletions or duplications of this gene and functionally characterize these mutations.Methods: Multiplex ligation-dependent probe amplification (MLPA) of the 12 exons of the PRKAR1A gene was validated and used to detect large rearrangements in 13 typical CNC and 39 confirmed or putative PPNAD without any mutations of the gene. An in-frame deletion was characterized by western blot and bioluminescence resonant energy transfer technique for its interaction with the catalytic subunit.Results: MLPA allowed identification of exons 3-6 deletion in three patients of a family with typical CNC. The truncated protein is expressed, but rapidly degraded, and does not interact with the protein kinase A catalytic subunit.Conclusions: MLPA is a powerful technique that may be used following the lack of mutations detected by direct sequencing in patients with bona fide CNC or PPNAD. We report here one such new deletion, as an example. However, these gene defects are not a frequent cause of CNC or PPNAD.
Depuis l’avènement du traitement par Vemurafénib des mélanomes non résécables ou métastatiques porteurs d’une mutation BRAF sur le codon V600, les plateformes de pathologie et d’oncogénétique somatique sont de plus en plus sollicitées pour la recherche de mutation BRAF dans le mélanome. BRAF est muté dans 40 à 50 % des mélanomes, la mutation V600E représentant 80–90 % des mutations. Actuellement, les méthodes de biologie moléculaires sont le standard pour ce diagnostic. Une approche par immuno-histochimie (IHC) première utilisant un anticorps reconnaissant spécifiquement la protéine BRAF mutée V600E a été récemment proposée. Définir les performances diagnostiques de l’IHC BRAF V600E versus méthode moléculaire. Étude prospective de 102 cas de mélanomes cutanés. IHC BRAF V600E sur automate (clone VE1, SpringBio®) comparée à séquençage ciblé de dernière génération (NGS ciblé), considéré comme référence. Quarante (39 %) lésions présentaient un marquage intense de plus de 80 % des cellules tumorales : la présence de la mutation BRAF V600E a été confirmée par NGS dans chacune d’entre elles. Soixante et une lésions (59 %) présentaient un marquage nul à faible des cellules tumorales : par NGS, 53 n’avaient pas de mutation identifiée sur BRAF, 2 étaient porteuses d’une mutation BRAF V600E, 4 d’une mutation BRAF V600 K, une d’une mutation BRAF L597S et une n’était pas interprétable. Enfin, une lésion n’était pas interprétable en immuno-histochimie (présence d’un marquage nucléaire) ; elle ne l’était pas non plus en NGS. Notre échantillon est représentatif de la population générale avec une prévalence de la mutation BRAF de 47 % dont 89 % de variants V600E. Pour les mutations de BRAF quelles qu’elles soient, les performances diagnostiques de l’IHC sont les suivantes : Se = 85 %, Sp = 100 %, VPP = 100 %, VPN = 88 %. Pour les mutations V600E de BRAF, les performances diagnostiques de l’IHC sont les suivantes : Se = 95 %, Sp = 100 %, VPP = 100 %, VPN = 97 %. La VPP de l’IHC étant de 100 %, elle peut être proposée seule pour le diagnostic positif de la mutation BRAF V600E. En présence d’un résultat négatif de l’IHC, une étude par biologie moléculaire complémentaire est nécessaire afin d’identifier les rares faux négatifs de l’IHC et les variants mutationnels autres que V600E. Outre son intérêt en termes d’économie de temps et de moyens, l’IHC présente une place de choix dans les situations dans lesquelles les cellules tumorales représentent une faible proportion du prélèvement, et pour l’identification d’une éventuelle hétérogénéité intra-tumorale de la présence de la mutation.
Neurofibromatosis type 2 (NF2) affects about one in 25,000 to 40,000 people. Most NF2 patients have private loss-of-function mutations scattered along the NF2 gene. Here, we present our NF2 investigation strategy.We report a comprehensive NF2 mutation analysis of 221 NF2 French patients: 134 unrelated typical NF2 patients fulfilling the Manchester criteria and 87 unrelated patients presenting symptoms that partially fulfilled the Manchester criteria.A NF2 mutation was identified in 56 of the 221 patients, giving a global mutation detection rate of 25%. This rate reached 37% (49/134) for typical NF2 patients fulfilling the Manchester criteria and only 8% (7/87) for patients presenting symptoms suggestive of NF2. Six of these seven patients were under 25 of age. Our approach showed that 77% of NF2 identified variants were detected by coding exons sequencing. Multiplex ligation-dependent probe amplification allowed the identification of restricted rearrangements (23% of NF2 identified variants corresponding to complete deletion or partial deletion/duplication of NF2).High mutation detection rate can be achieved if well phenotyped NF2 patients are studied with multiple complementary and optimized techniques. NF2 somatic mosaicism detection was improved by frozen tumor samples molecular analysis.La neurofibromatose de type 2 (NF2) atteint environ une personne sur 25 000 à 40 000. La plupart des patients atteints de NF2 présentent des mutations privées de type perte-de-fonction, qui sont réparties sur l’ensemble du gène NF2. Nous présentons ici notre stratégie d’analyse moléculaire du gène NF2.Une analyse moléculaire exhaustive du gène NF2 a été réalisée chez 221 patients français atteints de NF2 : 134 patients non apparentés « typiques » répondant aux critères de Manchester et 87 patients non apparentés présentant des symptômes évocateurs de NF2, répondant seulement partiellement aux critères de Manchester.Une mutation de NF2 a été identifiée chez 56 des 221 patients, soit un taux global de détection de 25 %. Ce taux atteignait 37 % (49/134) pour les patients « typiques » répondant aux critères de Manchester et seulement 8 % (7/87) pour les patients avec un phénotype évocateur de NF2. Six de ces sept patients étaient âgés de moins de 25 ans. Dans notre approche moléculaire, 77 % des variants de NF2 ont été retrouvés par séquençage des régions codantes du gène. La MLPA a permis la détection de réarrangements de NF2 (23 % des variants identifiés de NF2 correspondaient à des délétions complètes ou à des délétions/duplications partielles de NF2).Un très bon taux de détection de mutation peut être obtenu chez des patients correctement phénotypés et par une étude moléculaire incluant des techniques complémentaires et optimisées. La détection des mosaïques somatiques peut en particulier être améliorée en analysant des échantillons tumoraux congelés.
Enzymes hydrolyzing organophosphates could be used as catalytic scavengers for treatment of organophosphate poisoning and for decontamination. Two organophosphorus hydrolases (OPH) were selected: the Flavobacterium sp./Pseudomonas diminuta phosphotriesterase (PTE) and human paraoxonase (HuPON). Genes encoding these enzymes were cloned and functional recombinant enzymes expressed. PTE was expressed in E. coli. Natural HuPON was purified from human plasma; recombinant HuPON was expressed in human embryonic kidney 293 T cells. Although HuPON displays interesting catalytic properties, a site-directed mutagenesis program was undertaken to improve its catalytic efficiency. PTE has high efficiency in hydrolysis of organophosphates, including nerve agents. PTE injected in rat has a half-life of 100 min. However, to overcome pharmacokinetic problems of injected OPH and/or immunological incompatibility, the model enzyme (recombinant PTE) was immobilized onto a hollow-fiber reactor. This reactor designed for extracorporeal blood circulation is under experimentation for post-exposure detoxification.Les enzymes hydrolysant les organophosphorés (OPH) sont des épurateurs catalytiques potentiels qui pourraient être utilisés pour le traitement de l'intoxication organophosphorée, ainsi que pour la décontamination. Nous nous sommes intéressés à deux enzymes : la phosphotriesterase (PTE) de Flavobacterium sp./Pseudomonas diminuta et la paraoxonase humaine (HuPON). Les gènes codant pour ces enzymes ont été clonés et les enzymes recombinantes fonctionnelles exprimées. La PTE a été exprimée dans E. coli. La PON naturelle a été purifiée à partir du plasma humain ; l'HuPON recombinante a été produite dans des cellules embryonnaires de rein humain 293 T. Bien que HuPON possède des propriétés catalytiques intéressantes, nous avons entrepris d'augmenter son efficacité catalytique par mutagenèse dirigée. La PTE possède une activité catalytique élevée vis-à-vis de nombreux OPs, dont les neurotoxiques de guerre. La demi-vie biologique de cette enzyme injectée au rat par voie intraartérielle est de l'ordre de 100 min. Cependant, pour éviter les éventuels problèmes pharmacocinétiques et/ou immunologiques consécutifs à l'injection d' OPH, l'épuration du sang pourrait être réalisée dans un réacteur à OPH grâce à un système de circulation extracorporelle. Dans ce but, la PTE, enzyme modèle, a été immobilisée dans un réacteur à fibres creuses.
A large fraction of an islet graft can be lost early following allotransplantation from various non specific mechanisms including oxidative stress. Overexpression of antioxidant enzymes could confer a beneficial effect on islets exposed to reactive oxygen and nitrogen species. We examined the viability of beta cells driven to overexpress glutathione peroxidase (GPx) and exposed to a superoxide donor (hypoxanthine/xanthine oxidase HX/XO) and a nitric oxide donor (3-morpholinosydnonimine SIN-1).Cultured INS-1 rat-derived insulin-secreting cells were transfected by an E1-deleted adenovirus carrying GPx cDNA (AdGPx). Additional experiments were performed with an adenovector carrying Cu/Zn superoxide dismutase cDNA (AdSOD). Cellular viability was tested by the WST-1 colorimetric assay and functionality by static incubation.AdGPx increased GPx activity within 48 hours from 0 (untransfected cells) to 60 ± 11 U/g (cells transfected at an MOI of 25: 1). GPx overexpression significantly reduced cytotoxicity induced by HX/XO from 10.81 ± 1.41 to 5.42 ± 2.62% at 10 mU/ml and from 61.19 ± 4.17 to 52.9 ± 4.39% at 20 mU/ml (p=0.0002, transfected cells vs control cells). Doses of SIN-1 from 600 to 1,000 μmol/l resulted in cytotoxicity ranging from 17.66 ± 3.48 to 45.97 ± 6.48% in control cells and from 5.65 ± 1.37 to 35.80 ± 5.59% in AdGPx transfected cells (p = 0.015). The combination of AdGPx and AdSOD did not exhibit any synergistic cytoprotective effect. Control cells exposed to a HX/XO stress exhibited a reduction in glucose-theophylline stimulated insulin secretion by half, while stressed GPx overexpressing-cells maintained the same insulin secretion level than non-stressed cells.Adenoviral-induced overexpression of GPx enhances the resistance of a rat beta cell line to both reactive oxygen (ROS) and reactive nitrogen species (RNS) cytotoxicity. Transposition of these findings to human islet transplantation with a clinically-relevant procedure deserves further investigations.Protection de cellules insulino-sécrétrices INS-1 contre le stress oxydant par surexpression de glutathion peroxydase médiée par adénovirusUne part importante des îlots greffés peut être perdue précocément après allogreffe par plusieurs mécanismes non spécifiques dont le stress oxydant. La surexpression d'enzymes antioxydantes pourrait être bénéfique pour les îlots exposés à des radicaux libres oxygénés ou nitrés. Nous avons exploré la viabilité de cellules beta surexprimant la glutathion peroxidase (GPx) et exposées à un donneur de superoxide (hypoxanthine/xanthine oxidase HX/XO) et à un donneur de monoxyde d'azote (3-morpholinosydnonimine SIN-1).Des cellules insulinosécrétrices de rat INS-1 ont été transfectées par un adénovirus délété en E1 véhiculant le cDNA de la GPx (AdGPx). Des expériences complémentaires ont fait appel à un adénovecteur véhiculant le cDNA de la Cu/Zn superoxide dismutase (AdSOD). La viabilité cellulaire a été évaluée par le test colorimétrique WST-1 et la fonctionnalité par incubation statique.AdGPx augmente l'activité GPx passant en 48h de 0 (cellules non transfectées) à 60 ± 11 U/g (cellules transfectées à une MOI de 25: 1). La surexpression de GPx réduit significativement la cytotoxicité induite par HX/XO passant de 10,81 ± 1,41 à 5,42 ± 2,62% à 10 mU/ml et de 61,19 ± 4,17 à 52,9 ± 4,39% à 20 mU/ml (p = 0,0002, cellules transfectées vs cellules témoins). Des doses de SIN-1 de 600 à 1 000 μmol/l conduisent à une cytotoxicité allant de 17,66 ± 3,48 à 45,97 ± 6,48% dans les cellules témoins et de 5,65 ± 1,37 à 35,80 ± 5,59% dans les cellules transfectées par AdGPx (p = 0,015). La combinaison de AdGPx et AdSOD n'a pas d'effet cytoprotecteur synergique. Les cellules témoins stressées par HX/XO ont une diminution de moitié de l'insulinosécrétion stimulée par glucose-theophylline, tandis que les cellules stressées surexprimant GPx maintiennent le même niveau d'insulinosécrétion que les cellules non stressées.La surexpression de GPx par adénovirus augmente la résistance d'une lignée cellulaire beta de rat à des radicaux libres oxygénés et nitrés. Des études complémentaires sont justifiées pour envisager l'application de ces faits à la transplantation d'îlots chez l'homme.
L’objectif de cette étude est d’évaluer les performances diagnostiques de la troponine I hypersensible (hs) pour prédire l’origine cardiaque d’une syncope. L’objectif secondaire est de recherche les causes de majoration de la troponine I hs.Étaient inclus les patients hospitalisés avec un diagnostic principal de malaise ou syncope au SAU. Les performances diagnostiques pour prédire l’origine cardiaque ont été évaluées et comparées au groupe à « haut risque » défini par les recommandations de l’« European Society of Cardiology » (ESC) de 2018.Parmi les 163 patients inclus, 26 % avaient une origine cardiaque. Une troponine I hs positive prédisait une origine cardiaque avec une sensibilité de 31 %, une spécificité de 80 %, des valeurs prédictives positive de 35 % et négative de 77 %. Ces performances diagnostiques sont peu discriminantes et inférieures à la classification de l’ESC. En revanche, un taux de troponine I hs positif est associé à 5 fois plus de décompensation cardiaque durant l’hospitalisation.Une troponine I hs positive lors d’un(e) malaise/syncope n’est pas prédictive d’une origine cardiaque. En revanche, elle semble être un marqueur précoce de remodelage ventriculaire et de l’insuffisance cardiaque.The objective of this study is to evaluate the diagnostic accuracy of high-sensitivity (hs) troponin I to predict cardiac origin after syncope. The secondary objective is to determine the causes of elevated troponin.Were included hospitalized patients with syncope/near syncope diagnosed in ED. The diagnostic accuracy to predict cardiac origin was evaluated and compared to the “high risk” group, defined by the 2018 European Society of Cardiology guidelines.A total of 163 patients were enrolled, 26% had a cardiac origin. Positive troponin I hs predict a cardiac origin with a sensitivity of 31%, a specificity of 80%, positive predictive value of 35% and negative value of 77%. These diagnostic performances are not discriminating and lower than the ESC classification. A positive troponine I hs level is associated with 5 times more cardiac failure during the hospitalization.A positive troponin I hs level after syncope/near syncope is not predictive of cardiac origin. It appears to be an early marker of ventricular remodeling in heart failure.
La maladie veino-occlusive pulmonaire (MVOP) est une cause rare d’hypertension pulmonaire. On distingue des formes héritables et des formes sporadiques. Une hypoxémie, une altération importante de la diffusion du monoxyde de carbone et la présence d’une hypertension pulmonaire pré-capillaire sont des éléments en faveur d’une MVOP. La tomodensitométrie thoracique et la réponse au traitement pharmacologique permettent d’étayer ce diagnostic. Il s’agit de l’observation d’un homme de 52 ans, d’une fratrie dont trois sont atteints de MVOP. Ce sujet a été admis pour dyspnée, lipothymies et palpitations. Le cathétérisme cardiaque droit a mis en évidence une hypertension pulmonaire pré-capillaire. Une recherche de mutation EIF2AK4 a été réalisée, confirmant le diagnostic de MVOP héritable déjà connue chez un des frères du patient. Malgré un diagnostic similaire chez 3 frères et un suivi proposé 11 ans avant le diagnostic, l’hypertension pulmonaire est apparue en quelques semaines et a engendré un tableau d’emblée sévère. La surveillance fortement préconisée au patient n’a pas permis d’établir un diagnostic précoce. Ce cas clinique montre que l’identification de facteurs prédictifs de l’apparition d’une MVOP héritable à un stade pré-symptomatique est un enjeu de recherche clinique important.Pulmonary veno-occlusive disease (PVOD) is a rare cause of pulmonary hypertension. Heritable and sporadic forms have been distinguished. Hypoxemia, profound reduction in the diffusion of carbon monoxide and haemodynamic confirmation of pre-capillary pulmonary hypertension are the major diagnostic criteria. Thoracic CT scanning and a response to pharmaceutical therapy provide additional information to confirm the diagnosis. A 52-year-old patient, three of whose siblings had pulmonary hypertension, was admitted with dyspnoea, malaise and palpitations. Right heart catheterisation confirmed pre-capillary pulmonary hypertension. A search for an EIF2AK4 mutation was carried out, and this showed a composite biallelic heterozygous mutation compatible with the diagnosis of familial PVOD, identical to that showed in one of his brothers. Given the signs of severity of the disease and the diagnosis of PVOD, whose response to pharmaceutical therapy is often poor, the patient was placed on a waiting list for lung transplantation. Despite a similar diagnosis in 3 brothers and follow-up proposed 11 years before the diagnosis, pulmonary hypertension appeared within a few weeks and led immediately to a severe clinical situation. Annual clinical and echocardiographic monitoring had been strongly advised to the patient, but had not allowed diagnosis at a mild or moderate stage of the disease. This clinical case shows that the identification of factors predicting the development of heritable PVOD at a pre-symptomatic stage is an important issue for clinical research.
The nature of next generation sequencing technologies (NGS) results in the generation of large amounts of data and the identification of numerous variants, for some of which the clinical significance may be difficult to ascertain based on our current knowledge. These Variants of Uncertain Significance (VUS) may be identified in genes in which the function is known or unknown and which may or may not be related to the original rationale for sequencing the patient. Little is known about whether laboratories report VUS to clinicians and current guidelines issued by some of the most notable professional bodies do not provide specific recommendations on this point. To address this, 26 interviews were conducted with 27 laboratory personnel, representing 24 laboratories in Europe (12), Canada (5) and Australasia (7) in order to explore their reporting practices. Participants highlighted that the classification of variants is a real challenge despite the presence of classification guidelines. We identified variation in the reporting practices of VUS across the laboratories within the study. While some laboratories limit their reporting to variants that are pathogenic and thought to be causative of the phenotype, more commonly laboratories report VUS when they are identified in genes related to the clinical question. Some laboratories will also report VUS in candidate genes. VUS that are secondary findings are generally not reported. While it is unclear whether uniformity in reporting is desirable, exploring the perspectives of laboratory personnel undertaking these analyses are critical to ensure the feasibility of any future reporting recommendations.
Lynch syndrome (LS), defined by a deleterious (pathogenic) germline mutation in a mismatch repair (MMR) gene, is characterized by early age-of-onset colorectal cancer (CRC). Because clinical criteria for LS, such as the Amsterdam II Criteria, may miss cases, reflex tumor tissue testing of all CRC patients for LS has been proposed. Our study describes the impact of routine immunohistochemistry (IHC) analysis of tumor tissue for loss of MMR protein expression in early age-of-onset CRC patients undergoing resection.A prospective institutional program was established to perform IHC analysis on all early age-of-onset (≤50 years) CRC patients undergoing resection. Patients with abnormal IHC analysis were referred to the Clinical Genetics Service for further evaluation. The study cohort excluded patients with other polyposis syndromes and inflammatory bowel disease.IHC was performed on 198 patients from July 2006 to June 2010. The median age was 42.8 years (range 23.1 to 50.6 years). Abnormal IHC was reported in 38 (19.1%) patients, and 22 (57.8%) with abnormal IHC analysis had germline genetic testing. Seventeen (77.2%) had an alteration detected in an MMR gene: 10 were known to be deleterious mutations and 7 were variants of uncertain significance. Overall, LS was detected in 5.1% of patients. Only 2 of the 10 (20%) with a deleterious mutation actually met the Amsterdam II Criteria.Reflex IHC testing for LS on early age-of-onset CRC patients undergoing resection is feasible at the institutional level. This strategy identifies a substantial number of LS patients who would have been missed if genetic testing was based on the Amsterdam II Criteria alone.