Les inhibiteurs de la résorption osseuse, bisphosphonates et dénosumab, sont utilisés pour prévenir la perte osseuse induite par l’hormonothérapie du cancer du sein et diminuer les complications métastatiques osseuses. Des études précliniques et cliniques ont montré l’effet adjuvant des bisphosphonates chez les femmes ménopausées, chez qui sont observées une réduction du risque de récidive métastatique et une amélioration de la survie globale. En revanche, chez les femmes non ménopausées, plusieurs études rapportent une augmentation des métastases extra-osseuses et parfois un pronostic moins favorable. Les résultats des essais cliniques sont variables selon les molécules, les doses et la durée du traitement, sans qu’un schéma optimal soit clairement établi. Les sociétés savantes internationales, notamment l’ESMO (2020) et l’ASCO (2022), recommandent l’utilisation des bisphosphonates chez les femmes ménopausées à risque de récidive, quel que soit le statut des récepteurs hormonaux et le statut HER2 de la tumeur, mais pas chez les femmes préménopausées sans suppression ovarienne. Le dénosumab, malgré son intérêt théorique, n’a pas démontré d’efficacité claire en adjuvant : les résultats sont contradictoires entre les 2 principales études, ce qui explique son absence de recommandation actuelle. A l’avenir, mieux cibler les patientes susceptibles de bénéficier de l’effet adjuvant, notamment selon le statut ménopausique et l’expression tumorale de certains marqueurs biologiques, et mieux définir le schéma posologique et la durée de traitement des bisphosphonates permettront d’optimiser leur utilisation.
Introduction La gammapathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS) est un facteur de risque de fracture ostéoporotique axiale et périphérique. Le rôle des caractéristiques de la gammapathie (type de chaîne et de chaîne légère, poids de la protéine monoclonale) sur le sur-risque de fracture diverge selon les études publiées jusqu’à présent, toutes rétrospectives. L’objectif de notre étude prospective était d’identifier les facteurs de risque d’ostéoporose dans une population de patients porteurs de MGUS très bien phénotypés sur le plan osseux et hématologique. Patients et méthodes L’étude GREMOS (Gammapathie monoclonale et REModelage OSseux) est une étude prospective et monocentrique incluant des patients atteints de MGUS de découverte récente. Tous les patients ont eu le même bilan hématologique et osseux (données cliniques, données biologiques, radiographies du rachis, absorptiométrie bi-photonique à rayons X). Nous avons analysé les facteurs associés à l’ostéoporose densitométrique, aux fractures vertébrales ostéoporotiques et à l’ostéoporose globale (comportant les fractures et la densité osseuse basse) parmi les patients porteurs de MGUS IgM et les patients porteurs de MGUS non-IgM (IgG+IgA). Résultats 1160 patients ont été inclus : 620 hommes (53,4 %) et 540 femmes (46,6 %). L’âge moyen était de 67,8±11,9 ans. La répartition des MGUS était la suivante : 353 IgM (30,3 %), 606 IgG (52,3 %), 126 IgA (10,9 %), 75 avec double isotype de chaîne lourde (6,5 %) et 4 MGUS à chaînes légères. Les chaînes légères se répartissaient comme suit : 724 chaînes légères κ (62,4 %), 371 chaînes légères λ (32,0 %) et 65 associations κ+λ (5,6 %). 76 patients (6,6 %) avaient au moins une fracture vertébrale lombaire ou thoracique prévalente et 128 patients au total avaient au minimum une fracture ostéoporotique. 161 patients (13,9 %) avaient un T-score de DMO≤−2,5. Au total, 268 patients (23,1 %) avaient une ostéoporose globale. Dans les MGUS IgM et non IgM, le sexe féminin, l’âge et l’IMC étaient significativement et indépendamment associés au risque d’ostéoporose globale. Parmi les caractéristiques des MGUS, la concentration du pic monoclonal était également associée de manière indépendante au risque d’ostéoporose globale dans les MGUS IgM mais pas au risque de fracture vertébrale ni au risque d’ostéoporose densitométrique. Le T-score≤−2,5 et le TBS étaient associés à la prévalence des fractures vertébrales. Discussion Le type de chaîne lourde et de chaîne légère n’est pas associé à l’ostéoporose. La protéine monoclonale pourrait être associée au risque d’ostéoporose dans les MGUS IgM mais nos résultats sont limités par le faible nombre de gammapathie avec pic monoclonal>10g/L et par la réalisation non systématique du prélèvement médullaire. Conclusion Une ostéoporose est diagnostiquée chez un patient sur quatre au diagnostic de MGUS. Les facteurs de risque classiques d’ostéoporose (sexe féminin, âge, IMC) sont retrouvés dans cette population.
Introduction La complication ultime de l’ostéoporose n’est pas la fracture, mais le décès post-fracture, bien décrit après fracture de l’ESF et réduit par le traitement de fond, en particulier l’acide zolédronique IV. L’objectif de ce travail était de décrire la mortalité, mais aussi la chronologie et les causes des décès, après hospitalisation pour fracture ostéoporotique, afin de proposer des mesures préventives. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude de cohorte prospective, réalisée sur 298 patients (81 hommes et 217 femmes), âgés en moyenne de 76 ans (50–90 ans), hospitalisés dans un CHU (Services de rhumatologie et de chirurgie orthopédique) pour une fracture ostéoporotique datant de moins de 7jours. Nous avons analysé les comorbidités des patients, les traitements, le risque de décès à 12 et 36 mois, les complications cliniques des fractures et le parcours de soin du patient. L’analyse des facteurs de risque de décès a été réalisée selon un modèle de Cox temps dépendant, en utilisant toutes les variables disponibles, en particulier l’âge, le sexe, l’IMC, la localisation de la fracture, le service d’hospitalisation, la prise de toxiques, les comorbidités, le risque de chute et les traitements. Résultats Les fractures concernent majoritairement l’ESF (n=118), le rachis (n=50), le poignet (n=45), l’humérus (n=33), le tibia (n=44). La mortalité est chiffrée à 10,4 % à 12 mois et à 17,8 % à 3 ans. Elle est multipliée par trois par rapport à celle attendue dans la population générale. Dans la tranche d’âge 70–79 ans, la mortalité est 5 fois supérieure à celle attendue. Au cours de la première année, respectivement, 20 %, 60 % et 85 % des décès surviennent dans le premier mois, les 3 mois et les 9 mois suivant la fracture. La fracture et ses complications directes n’expliquent que 3 % des décès. Le risque de décès est de 8,8 % chez les femmes et 14,8 % chez les hommes. Le risque de décès n’est pas lié à l’âge ni au site de la fracture mais est étroitement corrélé à la maigreur (RR 1,1 pour −1kg/m2, p=0,006), au nombre de comorbidités (RR 1,49, p=0,01) et au nombre de traitements (RR 1,21, p=0,001). Parmi les traitements, les antidépresseurs sont associés de façon très significative avec un doublement du risque de décès à 12 mois. Le risque de décès est hautement variable : inférieur à 5 % chez les patients sans comorbidités ou sans traitements et supérieur à 14 % chez les patients avec au moins deux comorbidités ou au moins 4 médicaments. Dans une perspective clinique, nous avons calculé un score de décès, intégrant ces variables, permettant de séparer 4 groupes de patients : très faible risque (n=74, risque de décès nul à 12 mois, 2,7 % à 3 ans), faible risque (n=72, risque de décès 6,9 % à 12 mois, 9,7 % à 3 ans), risque élevé (n=102, risque de décès 15,7 % à 12 mois, 26,4 % à 3 ans), risque majeur (n=50, risque de décès 20 % à 12 mois, 34 % à 3 ans). Chez les patients des groupes 3 et 4, le risque de décès est très supérieur à celui observé chez des patients du même âge, hospitalisés pour un infarctus du myocarde. Conclusion Après hospitalisation pour fracture ostéoporotique, le risque de décès n’est pas lié à l’âge et au site de fracture mais à l’IMC, au nombre de comorbidités et au nombre de traitements. En tenant compte de ces trois facteurs de risque, il est possible d’identifier les patients à haut ou très haut risque de décès et il serait souhaitable de leur proposer, de façon prioritaire, une prise en charge médicale intensive, dans des unités de soins dédiées, associant le traitement des comorbidités et le traitement de fond de l’ostéoporose.
Le coût des fractures ostéoporotiques est estimé en France à près de 7 milliards d'euros pour l'année 2019 soit 2,6 % des dépenses de santé. Le coût moyen d’une fracture de hanche en France est d’environ 22000 euros la première année. Les coûts directs sont les plus importants, représentés par les frais d'hospitalisation et de soins de suite. Le coût de l’évaluation et de la prise en charge de l’ostéoporose représente moins de 1 % du coût moyen annuel. À l’avenir, l’impact financier et sociétal des fractures ostéoporotiques va augmenter en lien avec le nombre accru de fractures de fragilité liées au vieillissement de la population contrastant avec un manque d’évaluation et de prise en charge pharmacologique de l’ostéoporose.
Outre leur action principale sur le pancréas pour stimuler la sécrétion d’insuline, les hormones intestinales appelées incrétines (GIP et GLP-1) ont une action sur les cellules et le tissu osseux. Les données disponibles concernent surtout l’animal et font état d’une action sur la qualité osseuse principalement. Avant d’étudier le rôle de ces hormones en situation de fragilité osseuse chez l’Homme, il est nécessaire de connaître les concentrations de ces hormones et leur corrélation avec la densité minérale osseuse (DMO) et les marqueurs du remodelage osseux chez les sujets sains. Les objectifs de cette étude étaient d’estimer les concentrations physiologiques des incrétines chez les sujets sains à jeun et post-prandiales et leur corrélation avec les marqueurs de remodelage osseux et la DMO. Il s’agit d’une recherche interventionnelle de catégorie 1 incluant des hommes et des femmes de 30 à 70 ans. Pour participer à cette étude, les sujets ne devaient pas avoir d’ostéoporose connue, ni de diabète, ni de maladie influençant le remodelage osseux et leur IMC devait être < 30 kg/m2. Les volontaires ont été recrutés à partir de la base des volontaires sains du centre de recherche clinique de notre CHU. Deux prélèvements sanguins ont été réalisés : le premier réalisé après un jeûne de 11 heures minimum, le deuxième réalisé 60 min après la prise d’un petit déjeuner standardisé. Le bilan biologique comportait entre autres le dosage des incrétines (GIP, GLP1) et des marqueurs du remodelage osseux (CTX et phosphatases alcalines osseuses), la calcémie, la phosphorémie, la PTH et la 25(OH)vitamine D. Les sujets avaient ensuite une mesure de DMO au rachis lombaire et à la hanche. Nous avons recruté 103 volontaires correspondant à nos critères d’inclusion : 47 hommes et 56 femmes, âgés en moyenne de 52,2 ± 12,6 ans. L’IMC moyen était de 24,3 ± 3,2 kg/m2. Les DMO moyennes au col fémoral, à la hanche totale et au rachis lombaire étaient respectivement à 0,769 ± 0,124 g/cm2, 0,943 ± 0,153 g/cm2 et 1,001 ± 0,161 g/cm2. Quels que soit le sexe et la classe d’âge (≤ 50 ans et > 50 ans), les concentrations post-prandiales de GIP augmentaient significativement comparées aux concentrations à jeun. Les concentrations post-prandiales de GLP-1 n’augmentaient significativement que chez les femmes après 50 ans. Dans la population globale, et quel que soit le sexe, il n’y avait pas de corrélation entre la DMO, quel que soit le site de mesure, et les concentrations pré- et post-prandiales de GIP et de GLP-1. Dans la population globale, seule la concentration de GIP à jeun était corrélée avec le CTX post-prandial. Par sexe et par groupe d’âge, il n’y avait plus de corrélation entre les marqueurs osseux et les concentrations pré- et post-prandiales de GIP et de GLP-1. Dans la population globale, les concentrations pré- et post-prandiales de GIP n’étaient pas corrélées à la calcémie, la phosphatémie, la PTH et la concentration de 25(OH)vitamine D à jeun. La concentration pré-prandiale de GLP-1 était positivement corrélée à la calcémie (R = 0,342 ; p = 0,001) et négativement corrélée à la 25(OH)vitamine D (R = 0,381 ; p < 0,001). La corrélation négative entre la concentration de GLP1 à jeun et la concentration de 25(OH) était retrouvée, quel que soit le sexe et le groupe d’âge. Chez les hommes et les femmes en bonne santé les concentrations d’incrétine à jeun et post-prandiales ne sont pas associées à la DMO ni aux marqueurs du remodelage osseux.
Au cours des infections ostéoarticulaires, le taux de décès, dans les séries chirurgicales, est estimé entre 3 et 5 % par an, plus élevé en cas de bactériémie. Il a été montré que la prise en charge pluridisciplinaire permettait de réduire le délai diagnostique, la durée d’hospitalisation, le nombre d’antibiotiques utilisés et le nombre d’interventions mais le pronostic détaillé des patients n’est pas connu. L’objectif de notre étude était de décrire le pronostic vital et fonctionnel des patients souffrant d’une infection ostéoarticulaire, après une prise en charge pluridisciplinaire hospitalière dans un centre de référence (CRIOAC). Il s’agit d’une étude de cohorte, monocentrique portant sur 448 patients hospitalisés, suivis en moyenne pendant 870 jours (2 ans et 4 mois) après la prise en charge médicochirurgicale d’une infection ostéoarticulaire, respectant les décisions d’un CRIOAC. La population comporte 165 femmes et 283 hommes, âge moyen 67,1 ans, traités pour une infection sur articulation native (n = 73), prothèse (n = 226) ou ostéosynthèse (n = 149), hors pied diabétique. Le profil des patients est parfaitement superposable à ceux inclus dans l’étude nationale des GRIOAC (1), étude descriptive ne comportant pas d’informations pronostiques. À l’issue du suivi, 112 (25 %) patients sont décédés, 213 (47,5 %) sont guéris, 47 (10,5 %) ont une infection persistante, 43 (9,6 %) ont rechuté et 33 patients sont vivants mais perdus de vue. Parmi les 448 patients, 18 (4 %) sont décédés au cours du premier mois, 38 (8,5 %), sont décédés au cours des 3 premiers mois, 67 (15 %) sont décédés au cours des 12 premiers mois. Parmi les 112 décès, 27 sont directement en lien avec l’infection, 34 sont liés aux comorbidités, 55 décès sont de cause mixte. Le taux de décès est chiffré à 0 avant 40 ans, 12,4 % entre 40 et 60 ans, 21,8 % entre 60 et 80 ans, 45,6 % entre 80 et 95 ans. Ce taux de décès est 4 fois supérieur au taux observé au même âge dans la population générale française et très supérieur au taux de décès observé à 5 ans après un infarctus du myocarde, un cancer du sein, ou un cancer colique. L’analyse multivariée réalisée selon un modèle de Cox montre que les facteurs de risque de décès sont l’âge (RR par décade 1,27, p = 0,01), le nombre de comorbidités (RR 1,28, p = 0,001), la prescription d’un IPP (RR 1,82, p = 0,044) et la localisation de l’infection à la hanche (1,78, p = 0,035). La nature des germes, le délai et le choix des antibiotiques, la présence d’abcès ou d’une endocardite ne sont pas associés au risque de décès. Chez les patients vivants plus de trois mois, on observe des séquelles chez 163 patients (43 %) et des séquelles majeures (amputation, non repose de la prothèse, non reprise de la marche) chez 52 patients (13,8 %). Il s’agit de la première étude réalisée pour déterminer le pronostic vital des patients porteurs d’une infection ostéoarticulaire, pris en charge de façon pluridisciplinaire, au sein d’un Centre de Référence. Elle montre la gravite de ces infections ostéoarticulaires avec un risque de décès très élevé (un quart des patients), dépendant de l’âge et des comorbidités et surtout 4 fois supérieur à celui de la population générale. En l’absence de décès, la persistance de l’infection, la rechute infectieuse et les séquelles sont fréquentes, suggérant que la prise en charge actuelle, bien que pluridisciplinaire, n’est pas optimale et devrait être organisée dans des unités de soins intensifs dédiées. De plus, le risque d’infection et de décès (après infection) devrait être systématiquement évalué, avant la réalisation de certaines interventions orthopédiques, non urgentes ou non indispensables.
Le pronostic des infections ostéoarticulaires n'est pas bon avec des taux de décès compris entre 10 et 25 % dans les 2 ans suivant la prise en charge, des rechutes fréquentes, des séquelles fonctionnelles chez un patient sur deux. Si les comorbidités, fréquentes chez ces patients, expliquent une partie de ces décès, une prise en charge médicale et chirurgicale incomplète et retardée pourrait aussi expliquer l'évolution défavorable. L'objectif de ce travail était d'identifier les défauts de prise en charge, afin de proposer des solutions correctives ultérieures. Il s'agit d'une étude de cohorte, monocentrique, descriptive, portant sur 448 patients, suivi en moyenne pendant 870 jours (2 ans et 4 mois) après la prise en charge pluridisciplinaire d'une infection ostéoarticulaire. Tous les patients disposent d'un dossier standardisé permettant de décrire les caractéristiques des patients, de leur l'infection, de leurs explorations et des traitements. La population comporte 165 femmes et 283 hommes, âge moyen 67,1 ans, traités pour une infection sur articulation native (n = 73), prothèse (n = 226) ou ostéosynthèse (n = 149). L'infection est de survenue précoce dans les 30 jours suivant une chirurgie orthopédique chez 61 patients. L'étude analytique des dossiers montrent des écarts importants par rapport à la prise en charge souhaitable: absence d'hémocultures chez 34,8 % des patients, délai de réalisation des prélèvements locaux supérieur à 7 jours chez 153 patients (34,2 %) et supérieur à 28 jours chez 74 patients (16,5 %). Le non-respect de l'avis pluridisciplinaire est observé dans 13,6 % des cas. Le délai de démarrage de l'antibiothérapie est supérieur à 7 jours chez 242 patients (54 %), supérieur à 28 jours chez 125 patients (27,9 %), supérieur à 60 jours chez 81 patients (18,1 %). Les patients présentant une infection tardive sont pris en charge avec du retard tant pour l'antibiothérapie (92,2 jours) que pour la chirurgie curative de l'infection (105,3 jours), par rapport aux patients avec une infection post opératoire précoce (respectivement 18,3 et 38,9 jours). L'analyse en analyse logistique multivariée montre que les facteurs associés à un retard de prise en charge sont le sexe féminin (RR = 1,73 p = 0,04) et le caractère tardif de l'infection (RR = 4,45 p < 0,001). Les facteurs associés à une prise en charge antibiotique plus rapide sont le nombre de comorbidités (RR = 0,70, p = 0,003) et la présence de signes inflammatoires locaux (RR = 0,37 p < 0,01). Enfin, le taux de décès à 2 ans est de 15,4 % dans les infections précoces et de 25,7 % dans les infections tardives. Cette étude monocentrique portant sur près de 450 patients traités, de façon pluridisciplinaire dans un Centre de Référence, montre bien les progrès possibles pour la prise en charge de ces infections dont le pronostic est encore défavorable : pratique plus systématique des hémocultures, réduction des délais pour la réalisation des prélèvements locaux, de la chirurgie curative et de l'antibiothérapie. Les patients présentant une infection tardive survenant à distance de l'acte chirurgical initial (souvent moins symptomatiques) sont moins bien pris en charge, ce qui pourrait expliquer les divergences pronostiques et un excès de mortalité. L'analyse multivariée suggère aussi que le sexe féminin est associé à un traitement plus tardif de l'infection, résultat déjà observé pour le recours à la chirurgie prothétique dans le contexte de l'arthrose.
ABSTRACT Due to ageing of the population, bone frailty is dramatically increasing worldwide. Although some therapeutic options exist, they do not fully protect or prevent against the occurrence of new fractures. All current drugs approved for the treatment of bone fragility target bone mass. However, bone resistance to fracture is not solely due to bone mass but relies also on bone ECM material properties, i.e. the quality of the bone matrix component. Here, we introduce the first-in-class unimolecular dual GIP/GLP-2 analogues, GL-0001, that activate simultaneously the glucose-dependent insulinotropic polypeptide receptor (GIPr) and the glucagon-like peptide-2 receptor (GLP-2r). GL-0001 acts synergistically through a cAMP-LOX pathway to enhance collagen maturity. Furthermore, in mice with ovariectomy-induced bone fragility, GL-0001 prevented excess trabecular bone degradation at the appendicular skeleton and also enhanced bone ECM material properties through reduction of the degree of mineralization and augmentation in enzymatic collagen crosslinking. These results demonstrate that targeting bone ECM material properties is a viable option to enhance bone strength and opens an innovative pathway for the treatment of patients suffering of bone fragility.
Les patients hospitalisés pour une fracture sévère de faible traumatisme sont à risque augmenté de mortalité, de morbidité et de nouvelle fracture. Il est recommandé de les prendre en charge dans le cadre de parcours de soins de type filière fracture. L’objectif du travail est d’évaluer les facteurs de risque de mortalité et de nouvelle fracture à court terme des patients hospitalisés pour fracture sévère et pris en charge dans des filières fractures La cohorte CROSS (Conséquences et Risques d’une OStéoporose Sévère) est une étude française prospective nationale, multicentrique conduite dans 12 centres ayant une filière fracture. Les sujets inclus étaient âgés de plus de 60 ans et étaient hospitalisés pour une fracture récente (moins de 3 mois) et sévère (hanche, bassin, vertèbre, humérus) de faible traumatisme. À l’inclusion et à 2 ans, des variables démographiques, antécédents de fracture, fracture incidente, facteurs de risques osseux et de chutes, tests neuromusculaires, FRAX, histoire des traitements, comorbidités, score de Charlson et mesure de la densité minérale osseuse (DMO) par ostéodensitométrie ont été collectées. Pour évaluer les facteurs de risque de mortalité et de nouvelle fracture, une analyse de régression de Cox multivariée a été réalisée. Au total, 895 patients (79 % femmes, âge médian de 81 ans [71–85]) ont été inclus dans la cohorte avec une fracture sévère : vertébrale clinique (43,3 %), hanche (37,5 %), bassin (10,3 %) et humérus (11,1 %). 40 % des patients avaient un antécédent personnel de fracture de faible traumatisme, seuls 17,7% avaient reçu un traitement antiostéoporotique dans les 5 années précédant la fracture index alors que 21,4 % recevaient une supplémentation en calcium et 46,3 % en vitamine D. À l’inclusion, 48 % des patients avaient une ostéoporose densitométrique. Au cours du suivi des 2 ans (données complétées pour 95 % de la population), 116 fractures sévères (chez 110 patients, 12,9 %) et 80 décès (8,9 %) sont survenus. Un traitement anti-ostéoporotique a été prescrit chez 49,1 % des patients après la fracture (75 % bisphosphonates) et initié dans les 3 mois chez 63 % des patients. L’analyse multivariée a montré que la DMO basse au rachis (OR = 24,6, IC 95 % 2,84–247, p = 0,027), les chutes multiples (OR = 2,80, IC 95 % 1,11–6,65, p = 0,023), l’initiation d’un traitement antiostéoporotique (OR = 2,17, IC 95 % 1,19–4,08, p = 0,013) et l’âge (OR = 1,04, IC 95 % 1,01–1,08, p = 0,027) étaient significativement associés au risque de nouvelle fracture à 2 ans. L’usage d’une aide à la marche (RR = 2,71, IC 95 % 1,15–6,39, p = 0,02), la présence d’un diabète (RR = 3,70, IC 95 % 1,04–13,2, p = 0,044) ou d’un cancer métatastatique (RR = 15,5, IC 95 % 1,08–221, p = 0,043) étaient associés avec le risque de décès alors que l’initiation d’un traitement antiostéoporotique était associée à une diminution du risque de décès (RR = 0,19, IC 95 % 0,07–0,49), p < 0,001). Chez les patients hospitalisés pour une fracture sévère ostéoporotique et suivis dans une filière fracture, l’initiation d’un traitement antiostéoporotique est associée à une diminution du risque de mortalité. Dans cette population, une DMO basse est un déterminant important du risque de refracture à court terme.
Background Patients hospitalized for severe osteoporotic fractures are at increased risk of morbidity and mortality. It is recommended to improve their medical management by Fracture Liaisons Services (FLS) organization. Objectives Our aim was to assess the determinants of mortality and imminent refracture in those patients followed in FLS. Methods The CROSS study is a national, prospective, observational, multicenter study conducted in 12 centers with Fracture Liaison Services (FLS). Patients included were men and women above 60 years, hospitalized for a recent (less than 3 months) severe fragility fracture (hip, pelvis, humerus or vertebrae) that occurred after a low-energy trauma. Patients with either a non-severe fracture, a pathological fracture, a high trauma fracture or a per-prosthetic fracture were not included. At baseline and 2 years we have collected sociodemographic data, fracture event, bone risk factors, factors of falling, FRAX items, history of treatments, comorbidities, Charlson score and DXA measurement. To assess the risk factors for new severe fracture or death, a multivariate Cox proportional hazard multivariate analysis was performed. Results 895 patients were included in the cohort with the following fracture location distribution: clinical vertebrae 43.3%, hip 37.5%, pelvis 10.3%, and humerus 11.1%. Most patients were women (79%) with a median age of 81 years (71-85). 40% had a previous history of fragility fracture after 40 years. Only 17.7% received an anti-osteoporotic treatment in the 5 years prior baseline whereas 21.4% received a calcium supplementation and 43.6% received a vitamin D supplementation. At baseline 48% of patients had densitometric osteoporosis. Over the 2 years of follow-up (data completed for 95% of population), 116 severe fractures in 110 patients (12.9%) and 80 deaths (8.9%) occurred. 49.1% of patients were prescribed an antiosteoporotic treatment after the fracture (75% of bisphosphonates), that was initiated within the 3 months following fracture event in 63 % of the cases. Multivariate analysis showed that reduced spinal BMD (OR=24.6 CI 95% 2.84-247, p=0.027), recurrent falls (OR= 2.80 (1.11-6.65), p=0.023), antiosteoporotic treatment initiation (OR= 2.17, CI 95% 1.19-4.08, p=0.013) and increased age (OR=1,04 CI 95% 1,01-1.08, p=0.027) were significantly associated with the risk of a new severe fracture. Use of walking aids (RR=2.71 (CI 95% 1.15-6.39), p=0.02), diabetes (RR=3.70 (CI 95% 1.04 to 13.2), p=0.044), metastatic cancer (RR=15,5 (CI 95% 1.08 to 221), p=0.043) were positively associated with risk of death whereas antiosteoporotic initiation was negatively associated with this risk (OR=0.19 (CI 95% 0.07 to 0.49), p<0.001). Conclusion In patients hospitalized for severe osteoporotic fractures and managed in a FLS setting, initiation of an anti-osteoporotic treatment is associated with a decreased risk of mortality. In this population, a low BMD was a strong determinant of an imminent fracture risk. Acknowledgements This work received fundings of the French National Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC), of the French Society of Rheumatology and of the GRIO (Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses) Disclosure of Interests None Declared.
Dans la moelle osseuse, la maturation cellulaire nécessite une communication entre les différentes lignées cellulaires. Les études in vitro et sur modèles murins soutiennent l’hypothèse d’une interaction entre les cellules hématopoïétiques et les cellules osseuses en situations physiologiques et pathologiques. La voie métabolique Wnt-b-Catenine et l’hormone FGF-23, par exemple, importantes dans la physiologie osseuse, semblent également jouer un rôle dans les syndromes myélodysplasiques (SMD). Récemment, une étude allemande, rétrospective sur données de sécurité sociale, a montré une association entre SMD et ostéoporose. L’objectif de notre étude clinique prospective est de chercher via une évaluation osseuse rigoureuse une association entre ostéoporose et SMD. Nous avons débuté en 2020 une étude de cohorte prospective dont l’objectif principal est de décrire l’épidémiologie de l’ostéoporose et ses caractéristiques chez des patients ayant reçu un diagnostic récent de SMD. Le diagnostic de SMD et son bilan sont réalisés par un hématologue. Les patients sont classés selon leur caryotype et le score pronostique international R-IPSS. Les patients ont ensuite une évaluation osseuse comportant le recueil des différents facteurs de risque d’ostéoporose, un bilan biologique phosphocalcique et les marqueurs du remodelage osseux, des radiographies du rachis dorsolombaire, une ostéodensitométrie avec mesure de la densité minérale osseuse (DMO) et du Trabecular Bone Score. Le diagnostic d’ostéoporose est retenu en cas d’antécédents de fracture ostéoporotique majeure ou selon les critères OMS basés sur la DMO avec un Tscore ≤ −2,5 sur l’un des sites de mesure. Les patients ayant une ostéoporose sont traités, en l’absence de contre-indication, par perfusion annuelle d’acide zolédronique associée aux mesures hygiénodiététiques habituelles. Le suivi clinique en rhumatologie est annuel pour réévaluer le risque de fracture et l’indication de traitement. La cohorte inclut 108 patients caucasiens, dont 59 hommes (54,6 %), âgés en moyenne de 77,1 ± 8,2 ans. Le SMD le plus fréquent est la LMMC-0. La moitié des patients à un SMD à faible risque de transformation en leucémie aiguë myéloïde selon le score R-IPSS. Le diagnostic de SMD a été réalisé en moyenne 3,7 ± 3 ans avant l’évaluation osseuse (médiane = 3 ans). Avant notre évaluation osseuse, un diagnostic d’ostéoporose avait déjà été porté chez 15 patients (13,9 %). Nous avons fait de novo ou confirmé le diagnostic d’ostéoporose chez 57 patients (52,8 %). Trente patients (27,8 %) avaient au moins une fracture vertébrale ostéoporotique. Les patients ostéoporotiques avaient des taux d’hémoglobine significativement plus faibles (9,7 ± 4,7 g/dL vs 10,3 ± 4,3 g/dL, p = 0,04). En régression logistique univariée, le sexe, l’âge, le tabagisme et le taux d’Hb étaient significativement associés au diagnostic d’ostéoporose. En analyse multivariée, le taux d’Hb était proche de la significativité (p = 0,06) ; chaque baisse d’un point du taux d’hémoglobine augmentait le risque d’ostéoporose de 23 %. Comme déjà rapporté chez les sujets sains ou en situations pathologiques, nous retrouvons une association entre le taux d’hémoglobine et le risque d’ostéoporose. Le mécanisme par lequel l’anémie est associée au risque d’ostéoporose pourrait faire intervenir des facteurs de croissance tels que le FGF23 ou l’EPO. L’ostéoporose concerne un patient sur deux au diagnostic de SMD et ce risque est associé au taux d’hémoglobine.
Environ 180 000 patients sont hospitalisés en France chaque année pour une fracture ostéoporotique, souvent considérée par les médecins comme un accident peu prévisible. L’objectif de ce travail était d’analyser de façon exhaustive les facteurs de risque de fracture présents au cours des 12 mois précédent la fracture afin d’en préciser le caractère imminent ou non, prévisible ou non. Il s’agit d’une étude prospective, transversale réalisée entre juin 2021 et juin 2022, chez 585 patients de plus de 50 ans et de moins de 90 ans, hospitalisés dans les services de chirurgie orthopédique et de rhumatologie d’un CHU. La recherche des facteurs de risque (FR) a été réalisée de façon exhaustive en interrogeant le patient, en analysant son dossier médical, en dialoguant avec ses médecins référents. Après avoir exclu les fractures à haute énergie, les fractures sur matériel, les fractures pathologiques et les patients non interrogeables, l’analyse a porté sur 321 patients (92 hommes et 229 femmes, âge moyen 76,2 ans). Parmi les 321 patients hospitalisés, les fractures les plus fréquentes sont l’ESF et le bassin (n = 124), les vertèbres (n = 31), le poignet (n = 35) et l’humérus (n = 27). Certains facteurs de risque classiques (ménopause précoce, ATCD familial de FESF, corticothérapie, maigreur, maladie inflammatoire) sont peu fréquents et ne concernent que 2 à 10 % des patients. En revanche, sont très fréquents : l’hospitalisation pour chute (37,4 %), l’ATCD de fracture (33,6 %), la maladie neurologique vasculaire ou dégénérative (20,3 %), le diabète (19 %) et l’intoxication alcoolique aiguë ou chronique (17 %). Parmi les 321 patients, 92 (28,6 %) sont des hommes âgés de 73,7 ans contre 77,2 ans pour les femmes. L’alcoolisation (38 % vs 8,3 %) et la maladie neurologique (31,4 % vs 14,7 %) sont plus fréquents chez les hommes. En revanche, l’ATCD de fracture (22,8 % vs 38 %) et l’hospitalisation pour chute (33,7 % vs 38,8 %) sont plus fréquents chez les femmes. Seuls 5 hommes (5,5 %) ont reçu, dans le passé, un traitement de fond contre 27 % des femmes. Parmi les 253 patients qui n’ont jamais reçu de traitement de fond de l’ostéoporose, 99,2 % présentaient au moins un facteur de risque (FR) d’ostéoporose, 90 % au moins deux FR, 60 % au moins 3 FR, 30,1 % avaient été hospitalisés pour chute, 50 % avaient chuté entre 2 et 12 fois au cours des 12 derniers mois, 81 % avaient un FRAX toutes fractures > 7 % et 65,6 % avaient un FRAX ESF > 3 %. Chez 321 patients hospitalisés, nous avons observé que les fractures concernaient dans près de 30 % des cas les hommes et que seul 1 homme sur 20 avait reçu un traitement de fond de l’ostéoporose dans le passé. La prévalence des FR d’ostéoporose est majeure chez les patients non traités et des valeurs de FRAX > aux seuils d’intervention thérapeutique sont présents chez plus de 80 % des patients. Les pathologies les plus associées à l’hospitalisation pour fracture sont l’hospitalisation pour chute, l’ATCD de fracture, la maladie neurologique, le diabète et l’intoxication alcoolique.
L'objectif ultime de la prise en charge de l'ostéoporose est de prévenir la fracture ou du moins d'en réduire le risque. Pour arriver à cet objectif, la prise en charge individualisée selon le principe du traitement à la cible ou treat-to-target (T2T) est dorénavant envisagée dans l'ostéoporose. Cette stratégie repose sur la définition d'une cible thérapeutique, d'un outil d'évaluation de cette cible, d'une fréquence d'évaluation et d'un algorithme décisionnel en cas de non-atteinte de la cible prédéfinie. Elle suppose une hiérarchie des différents traitements afin de proposer celui permettant d'atteindre la cible ou des niveaux d'intensification progressive du traitement tant que la cible n'est pas atteinte. Enfin, la cible doit être atteignable avec les traitements actuels et facilement applicable. Différentes cibles pour le T2T dans l'ostéoporose sont discutées : l'absence de nouvelle fracture, les algorithmes tels que le FRAX®, les marqueurs du remodelage osseux, la résistance osseuse et la densité minérale osseuse (DMO). Le T-score de DMO atteint à la hanche sous traitement est actuellement la cible la plus discutée car la diminution du risque de fracture vertébrale et non vertébrale est d'autant plus importante que la DMO augmente sous traitement. Cependant, la DMO ne capture qu'une partie de l'effet du traitement et d'autres facteurs de risque, indépendants de la DMO concourent au risque de fracture. En attendant de mieux définir le T2T dans l'ostéoporose et au vu des multiples situations cliniques, la prise en charge et l'adhésion au traitement peuvent être améliorées par l'individualisation du traitement et l'établissement d'un objectif réalisable pour chaque patient.
La tuberculose osseuse, articulaire ou rachidienne est rare (200 à 300 cas par an en France) mais ne saurait être oubliée, en particulier devant une infection ostéo-articulaire à bactériologie initiale négative, chez les patients étrangers, immunodéprimés, sans domicile fixe, détenus ou vivant dans des conditions précaires. L’atteinte osseuse destructrice de la tuberculose peut simuler une pathologie tumorale, soulignant l’importance d’une analyse histologique de qualité, devant une image lytique uni ou multifocale. La monoarthrite tuberculeuse, subaiguë ou chronique, ressemble au début d’un rhumatisme inflammatoire, justifiant la réalisation, au moindre doute d’une biopsie synoviale. La possibilité de réaliser une PCR, à partir des prélèvements osseux, articulaires ou rachidiens, permet de gagner du temps pour la mise en route d’une antibiothérapie complexe, efficace mais source d’effets indésirables potentiellement graves. Un suivi méthodique, rapproché, clinique, radiographique et biologique est indispensable pour accompagner le patient pendant 6 à 9 mois.
The incidence of fragility fractures increases progressively with advance in age after 50 years, and the phenomenon of population ageing will lead to an increased proportion of the world population having osteoporosis and fractures. The consequences of fractures are more serious in older adults: all low-trauma fractures were associated with increased mortality risk and the risk of a second major osteoporotic fracture after a first one also increased with advance in age. Along with the decrease in bone mineral density, falls play an essential role in the occurrence of fragility fractures in older adults, and the assessment of the risk of falling is part of the fracture risk assessment. Despite advances in the diagnosis of osteoporosis, the assessment of fracture risk, and a wide range of effective anti-osteoporosis medications, with parenteral route which can improve observance, many data indicate that the therapeutic care gap is particularly wide in the elderly in whom the importance and impact of a treatment are high and even more in those living in institutions.
Dans la moelle osseuse, l’homéostasie et la maturation cellulaire nécessitent une communication entre les différentes lignées cellulaires. Les études in vitro et sur modèles murins soutiennent l’hypothèse d’une interaction entre les cellules hématopoïétiques et les cellules osseuses en situations physiologiques et pathologiques. La voie métabolique Wnt-b-Catenine et l’hormone FGF-23, par exemple, importantes dans la physiologie osseuse, semblent également jouer un rôle dans les syndromes myélodysplasiques (SMD). Récemment, une étude allemande sur données de sécurité sociale retrouve rétrospectivement une association entre SMD et ostéoporose [1]. Nous avons débuté en 2020, une étude de cohorte prospective dont l’objectif principal est de décrire l’épidémiologie de l’ostéoporose et ses caractéristiques chez des patients ayant reçu un diagnostic récent de SMD. Le diagnostic de SMD et son bilan sont réalisés par un hématologue. Les patients sont classés selon leur caryotype et le score pronostique international R-IPSS. Les patients ont ensuite une évaluation osseuse comportant le recueil des différents facteurs de risque d’ostéoporose, un bilan biologique phosphocalcique et les marqueurs du remodelage osseux, des radiographies du rachis dorso-lombaire, une ostéodensitométrie avec mesure de la densité minérale osseuse (DMO) et du Trabecular Bone Score. Le diagnostic d’ostéoporose est retenu en cas d’antécédents de fracture ostéoporotique majeure ou selon les critères OMS basés sur la DMO avec un T-score ≤ −2,5 sur l’un des sites de mesure. Les patients ayant une ostéoporose sont traités, en l’absence de contre-indication, par perfusion annuelle d’acide zolédronique associée aux mesures hygiéno-diététiques habituelles. Le suivi clinique en rhumatologie est annuel pour réévaluer le risque de fracture et l’indication de traitement. 54 patients ont jusqu’à présent été inclus dans notre cohorte, 23 femmes et 31 hommes. L’âge moyen est de 76 ans. Dix patients (18,5 %) avaient un caryotype anormal (4 de très bon pronostic, 4 de pronostic intermédiaire, 1 caryotype de pronostic pauvre et 1 caryotype complexe). Selon la classification pronostique R-IPSS, 13 patients (24,1 %) étaient à très faible risque d’évolution de la maladie, 21 (39,8 %) étaient à faible risque, 15 (27,8 %) avaient un risque intermédiaire, 4 étaient à risque élevé d’évolution et 1 à très haut risque. 24 patients (44,4 %) avaient une ostéoporose densitométrique et/ou fracturaire. 3 patients avaient une fracture de hanche et 11 (20,3 %) avaient au moins une fracture vertébrale ostéoporotique. 14 patients (25,9 %) au total avaient au moins une fracture ostéoporotique majeure. Le nombre faible de patients jusqu’à présent inclus dans la cohorte ne nous permet pas pour l’instant de dégager les facteurs associés au risque de fracture notamment un profil phénotypique de SMD particulièrement à risque d’ostéoporose. Si l’objectif principal de cette cohorte est de décrire l’épidémiologie de l’ostéoporose chez les patients porteurs de SMD, le suivi prospectif nous permettra également d’évaluer l’impact de la fragilité osseuse et de son traitement sur le devenir de l’hémopathie. A notre connaissance, il n’y a pas dans la littérature de cohorte prospective évaluant le risque d’ostéoporose chez les patients porteurs de SMD. Au diagnostic de SMD, près de 1 patient sur 2 a également une ostéoporose dont un quart une fracture ostéoporotique majeure.
De nombreuses études ont attesté du lien entre maladies cardiovasculaires et fractures vertébrales. L’association entre calcifications aortiques abdominales (CAA), marqueur indépendant du risque cardiovasculaire et fractures vertébrales est moins certain dans la littérature. Si l’existence d’une gammapathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS) est liée à un surrisque de fracture vertébrale, sa relation avec les CAA n’est pas connue. L’objectif de ce travail était d’analyser le lien entre sévérité des CAA et la survenue de fractures vertébrales dans une cohorte de MGUS et de rechercher l’impact du type de gammapathie sur ces 2 facteurs. Il s’agit d’une étude rétrospective de patients issus d’une cohorte de sujets porteurs d’une MGUS. Les sujets ont été inclus dans la cohorte entre janvier 2008 et juin 2021. À l’inclusion, chaque patient a eu une évaluation complète de sa MGUS, un recueil des antécédents cardio-vasculaires et des facteurs de risque de fragilité osseuse, des radiographies du rachis dorso-lombaire et une ostéodensitométrie (DXA). Les patients ont été revus ensuite tous les 3 à 5 ans avec de nouvelles radiographies. Les CAA ont été évaluées sur les radiographies du rachis de profil par le score de Kauppila modifié (AAC24)1. Les patients ont ensuite été classés en 2 groupes : le groupe avec CAA peu sévères (AAC24 score < 6) et le groupe avec CAA sévères (score AAC24 ≥ 6). Cinq cent patients ont été inclus dans cette étude (43 % d’homme, âge moyen de 67,7 ans, IMC moyen 26,5 kg/m2). 349 patients avaient un score AAC24 peu sévère et 151 un score AAC24 sévère. Les patients avec un score AAC sévère étaient significativement plus âgés, avaient significativement plus d’hypertension, de diabète, un tabagisme actif ou sevré et une maladie cardiovasculaire. Il n’y avait pas différence entre homme et femme sur le score de calcification. La prévalence des fractures vertébrales au diagnostic était de 18,4 %, avec 40 fractures dans le groupe CAA non sévère (11,5 %) et de 34,4 % avec 52 fractures dans le groupe CAA sévère (p < 0,05). Le fait d’avoir un score AAC24 sévère était associé à 2,9 fois plus de risque d’avoir une fracture vertébrale au diagnostic par rapport au groupe AAC24 non sévère (IC95 % 1,45–5,97, p 0,003), après ajustement sur les facteurs de risque cardiovasculaires et d’ostéoporose, ainsi que sur la densité minérale osseuse. Trois cent treize patients ont eu au moins une consultation de suivi, sur une durée moyenne de suivi de 38 mois (± 6). L’incidence de fracture vertébrale au cours du suivi était de 8 %, et n’était pas significativement associé au score AAC24, après ajustement sur l’existence d’une fracture vertébrale initiale. L’isotype de chaîne légère kappa était associé, comparé à l’isotype lambda, à un risque plus important de fracture vertébrale prévalente (OR 2,08, IC95 % 1,28–3,38) et incidente (OR 2,64, IC95 % 1,09–6,41) sans relation avec le score de calcification. L’absence de relation entre AAC24 et les fractures vertébrales incidentes peut être expliquée par un manque de puissance, une durée de suivi limitée, ainsi que par l’ajustement sur les fractures prévalentes (non réalisée dans la plupart des études). Cette étude confirme, dans une cohorte de patients avec MGUS, l’association entre calcifications aortiques abdominales et fractures vertébrales prévalentes dans les deux sexes, sans relation avec les isotypes de chaîne lourde et de chaîne légère de la gammapathie.
Bone tissue is organized at the molecular level to resist fracture with the minimum of bone material. This implies that several modifications of the extracellular matrix, including enzymatic collagen crosslinking, take place. We previously highlighted the role of several gut hormones in enhancing collagen maturity and bone strength. The present study investigated the effect of proglucagon-derived peptides on osteoblast-mediated collagen post-processing. Briefly, MC3T3-E1 murine osteoblasts were cultured in the presence of glucagon (GCG), [D-Ala²]-glucagon-like peptide-1 ([D-Ala²]-GLP-1), and [Gly²]-glucagon-like peptide-2 ([Gly²]-GLP-2). Gut hormone receptor expression at the mRNA and protein levels were investigated by qPCR and Western blot. Extent of collagen postprocessing was examined by Fourier transform infrared microspectroscopy. GCG and GLP-1 receptors were not evidenced in osteoblast cells at the mRNA and protein levels. However, it is not clear whether the known GLP-2 receptor is expressed. Nevertheless, administration of [Gly²]-GLP-2, but not GCG or [D-Ala²]-GLP-1, led to a dose-dependent increase in collagen maturity and an acceleration of collagen post-processing. This mechanism was dependent on adenylyl cyclase activation. In conclusion, the present study highlighted a direct effect of [Gly²]-GLP-2 to enhance collagen post-processing and crosslinking maturation in murine osteoblast cultures. Whether this effect is translatable to human osteoblasts remains to be elucidated.