Mobiliser les territoires permettrait de franchir une étape dans la réforme de notre système de santé. Il est important que tout résident puisse accéder au système de santé sur son territoire. Nous plaidons pour 1° la création d’un service d’intérêt général associant les structures publiques de santé, les établissements à but non lucratif et les médecins généralistes en secteur 1 et 2° l’attribution d’une compétence santé aux collectivités territoriales. Nous souhaitons que l’État garantisse l’intérêt général et laisse une plus grande liberté d’action dans les territoires. L’État définit le cadre de la politique de santé, les plans nationaux et régionaux de santé. Les collectivités territoriales sont mobilisées pour organiser notamment l’accès aux soins et mettre en œuvre les actions de prévention adaptées à leur population.
En France, l’espérance de vie est une des plus élevée d’Europe, par contre, la mortalité prématurée et évitable y est importante. La France a privilégié son système de soins et peu investi dans la prévention. La pandémie de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) a souligné notre faiblesse dans ce domaine. Pour développer la prévention, il convient d’agir structurellement afin de disposer d’un réseau d’acteurs formés et d’être en capacité de développer, d’une part, des programmes de réduction des risques, et, d’autre part, la promotion de la santé. Un investissement d’au moins 10 % de nos dépenses de santé est attendu.
La prévention a été considérée comme une priorité dès 2018. À l’aune des prochaines élections présidentielles, il est apparu important de dresser un bilan des politiques publiques de santé dans ce domaine en sachant que ces dernières ont été bouleversées par la pandémie de Covid-19 toujours active. Les politiques vaccinales ont marqué le quinquennat. La lutte contre le tabac a été poursuivie et amplifiée avec notamment l’augmentation du prix du tabac pour un paquet à 10 €. En revanche, la politique contre les consommations excessives d’alcool a bien du mal à se déployer sous la pression des lobbys. En matière de nutrition la France a adopté un Plan national nutrition santé 4 et poursuivi le déploiement du Nutri-Score, d’ores et déjà adopté par six pays de l’Union européenne. Mais il n’y a toujours pas de réglementation de la publicité et du marketing des aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle. Sont analysées également les politiques de santé sexuelle, de santé-environnement, des 1 000 premiers jours, la mise en place du service sanitaire et le passage à 80 km/h. Le fonds de lutte contre le tabac, devenu fonds de lutte contre les addictions, représente un modèle de taxes pouvant alimenter un fonds « prévention ». À quand la création d’un tel fonds alimenté par les taxes sur l’alcool, les produits particulièrement gras, sucrés et salés, les jeux et les paris ?
Notre pays s’est doté en 2016 d’une agence nationale de santé publique : Santé publique France. Face à une crise sanitaire, ses missions sont la veille, l’alerte, la surveillance et la réponse. Cet article rappelle les enjeux de la survenue d’une maladie infectieuse émergente, puis il présente pour chacune de ses missions de santé publique comment l’organisation de l’Agence a été conçue pour y faire face.
Suicide is a leading yet underestimated cause of death in the world and in France. The goal of our study was to determine the impact at 3 months of a large-scale simulation program on suicide risk assessment for first-year medical residents.All the first-year medical residents participated in the simulation program that included a session on suicide risk assessment. The scenario was carried out by a standardized patient (professional actor) who had a normal check-up at the ER after a chest pain. He verbalized suicidal thoughts to an ER nurse due to a recent divorce and social difficulties, who then reported it to the resident. The latter had to assess suicide risk on his own. The QECS "Questionnaire de connaissances relatives au suicide" was used to assess knowledge of suicide before the training session (T0) and 3 months later (T1). A pre/post comparison was performed with a paired t-test.420 residents participated in this study. A total of 273 matching questionnaires was obtained. A statistically significant theoretical knowledge improvement was found at 3 months of the session for all the residents.The absence of a control group and data loss were some of the major limitations of our study. Another limitation corresponds to the lack of additional questions, such as levels of interest, former and recent training, level of experience, attitudes, and self-competency in suicide risk assessment before and after the simulation program that could have helped to interpret the obtained results and their variation. Moreover, the exact effects of this increased knowledge on clinical practice has not been measured in our study.This is an unprecedented, large-scale attempt in France to allow all the medical residents to practice suicide risk assessment. This simulation-based training had a positive impact at 3 months on the knowledge of suicide in medical residents.
Il ne faut pas confondre la santé avec l’absence de maladies. Je vous rappelle la définition qu’a donnée l’OMS de la santé mentale. Il s’agit « d’un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, faire face au stress normal de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté ».
On 4 December 2017, French parliamentarians passed a law extending the vaccination mandates for children up to 2 years of age from three vaccinations (against diphtheria, tetanus and poliomyelitis) to 11 by adding vaccinations against pertussis, Haemophilus influenza b (Hib), hepatitis B, pneumococcal diseases, meningococcal C diseases, measles, mumps and rubella. This vote follows a recommendation made by the Steering Committee of the Citizen Consultation on Vaccination that took place in 2016. The law applies to all children born after 1 January 2018. Parents who do not fulfil the mandate will not be fined but non-vaccinated children will not be admitted to any collective child services such as nurseries or schools. No exemption other than for medical reasons will be considered. Here we describe the historical background of this evolution and its main epidemiological, sociological and policy drivers. They mainly refer to insufficient vaccine coverage, persistence of a preventable burden for some diseases and growing vaccine hesitancy in the French population. We also discuss some of the challenges and conditions of success.
Entre l’annonce de la création d’une nouvelle agence sanitaire regroupant trois établissements du champ, auxquels s’est ajouté par la suite un groupement d’intérêt public, et la tenue du premier conseil d’administration du nouvel organisme, en passant bien entendu par la publication des textes législatifs et réglementaires, plus de deux ans se sont écoulés. Cette période est ici retracée à travers un regard singulier, avec comme objectif de donner à voir les outils, les usages et les ressorts de cette construction. Ce sont bien les temporalités de la réforme qui sont ici mises en avant, autour de trois moments enchevêtrés : celui du droit, celui du projet et celui du dialogue social.
SUMMARY Introduction An unprecedented outbreak of Ebola virus diseases (EVD) occurred in West Africa from March 2014 to January 2016. The French Institute for Public Health implemented strengthened surveillance to early identify any imported case and avoid secondary cases. Methods Febrile travellers returning from an affected country had to report to the national emergency healthcare hotline. Patients reporting at-risk exposures and fever during the 21st following day from the last at-risk exposure were defined as possible cases, hospitalised in isolation and tested by real-time polymerase chain reaction. Asymptomatic travellers reporting at-risk exposures were considered as contact and included in a follow-up protocol until the 21st day after the last at-risk exposure. Results From March 2014 to January 2016, 1087 patients were notified: 1053 were immediately excluded because they did not match the notification criteria or did not have at-risk exposures; 34 possible cases were tested and excluded following a reliable negative result. Two confirmed cases diagnosed in West Africa were evacuated to France under stringent isolation conditions. Patients returning from Guinea (n = 531; 49%) and Mali (n = 113; 10%) accounted for the highest number of notifications. Conclusion No imported case of EVD was detected in France. We are confident that our surveillance system was able to classify patients properly during the outbreak period.
Zika virus (ZIKV) has recently spread widely and turned into a major international public health threat. Réunion appears to offer conditions particularly favourable to its emergence and therefore prepared to face possible introduction of the virus. We designed a scaled surveillance and response system with specific objectives, methods and measures for various epidemiological phases including a potential epidemic. Several tools were developed in order to (i) detect individual cases (including a large information campaign on the disease and suspicion criteria), (ii) monitor an outbreak through several complementary systems allowing to monitor trends in disease occurrence and geographic spread and (iii) detect severe forms of the disease in collaboration with hospital clinicians. We put the emphasis on detecting the first cases in order to contain the spread of the virus as much as possible and try to avoid progress towards an epidemic. Our two main strengths are a powerful vector control team, and a close collaboration between clinicians, virologists, epidemiologists, entomologists and public health authorities. Our planned surveillance system could be relevant to Europe and island settings threatened by Zika virus all over the world.