IntroductionDans le cadre de la campagne de vaccination contre les papillomavirus (HPV) menée gratuitement au collège, une enquête régionale sur les motifs d'acceptation ou de refus de la vaccination au collège a été réalisée afin d'identifier les freins et les leviers de l'adhésion à cette campagne.Matériels et méthodesUne enquête en ligne a été proposée entre le 04 septembre et le 12 octobre 2023 aux parents des élèves scolarisés en 5ème dans la région, non à jour de leur vaccination HPV, ayant formulé leur décision relative à la vaccination HPV de leur enfant sur la plateforme de dématérialisation des démarches sociales (DematSocial®). Les caractéristiques du parent, de l'enfant et de son collège, et les motifs d'acceptation ou de refus de la vaccination au collège ont été recueillis. Une étude des facteurs associés au refus a été réalisée chez les enfants non initialement vaccinés, à l'aide d'un modèle de régression de poisson multivarié.RésultatsParmi les 2 126 questionnaires complétés par les parents (taux de participation : 12,1 %), les élèves étaient majoritairement scolarisés dans un collège public (87,6 %, n = 1 862), des garçons (52,8 %, n = 1 122), et non vaccinés (82,7 %, n = 1 759).Le taux de refus de la vaccination au collège était de 24,0 % (n = 511), et était trois fois plus important pour les élèves ayant déjà reçu une dose (53,4 %, n = 196) par rapport à ceux non vaccinés (17,9 %, n = 315).Le principal motif de refus était de préférer la vaccination chez le médecin traitant (65,6 %, n = 335). Le collège comme lieu de vaccination ne convenait pas pour 17,4 % (n = 89) des parents, et 14,9 % (n = 47) des parents des enfants non initialement vaccinés ont indiqué être opposés à la vaccination HPV.Parmi les parents ayant refusé la vaccination, 36,2 % (n = 76) ont indiqué qu'ils pourraient changer d'avis s'ils disposaient de l'avis préalable de leur médecin traitant et 28,6 % (n = 60) si cette vaccination était proposée à un âge plus avancé. Près de 5,0 % (n = 72) des parents n'auraient pas fait vacciner leur enfant sans cette campagne.Le taux de refus était deux fois plus faible chez les parents d'élèves peu ou pas diplômés par rapport à ceux ayant un niveau d'étude d'au moins bac +3 (rapport de prévalence ajusté = 2,27 [1,46-3,73]). Aucune association entre le taux de refus et le sexe de l'enfant ou la typologie du collège n'a été retrouvée.ConclusionCette enquête présente les premiers résultats relatifs aux freins et leviers de l'adhésion à la campagne de vaccination HPV menée dans les collèges. Elle met en évidence que cette vaccination serait mieux acceptée si l'élève n'a pas initié son schéma vaccinal, et la place prépondérante du médecin traitant comme levier d'action. Elle montre aussi que cette campagne a permis de vacciner des adolescents qui n'auraient pas été vaccinés par ailleurs, et qu'elle serait en faveur des parents d'élèves moins diplômés. Ces résultats ne peuvent toutefois pas être extrapolés à la population cible de la campagne et devront être confortés par des enquêtes complémentaires.Aucun lien d'intérêt
Context: As is the case throughout France, vaccination coverage against human papillomavirus (HPV) infections in the Nouvelle-Aquitaine region is too low to limit viral circulation and to have an impact on the incidence of virus-induced pathologies.Intervention methodology: The Nouvelle-Aquitaine Regional Health Agency (ARS) has decided to set up a large-scale vaccination action in the 7th-grade classes of all 643 Nouvelle-Aquitaine middle schools during the 2023-2024 school year. This public health intervention targeting 11-to-13-year-olds shall bring together national education, health Insurance, the regional center for pharmaco-vigilance, and private health professionals.A call for applications (January 2023) led to the recruitment of vaccination centers tasked with the deployment of mobile teams. A tool for dematerialization of parental authorization was devised. A communication agency was recruited (March 2023) to set up targeted social marketing actions and increase the rate of adherence.Expected results: Close to 25% of parents are likely to respond favorably to the vaccination offer. The project should help not only to increase vaccination coverage of adolescents through intervention in middle schools, but also have an impact on the demand for vaccination among city-based healthcare professionals.Conclusion: Increased vaccination coverage should ultimately reduce the incidence of HPV-induced pathologies. A catch-up campaign could be carried out in high schools from the 2027/2028 school year.
Objectives. - To measure vaccine coverage among adolescents aged 16-18 years who participated in the National Defense Preparation Day in the Aquitaine region using the free electronic immunization record. Patients and methods. - We considered adolescents aged 16-18 years who participated in the National Defense Preparation Day in the Aquitaine region from April to October 2013. All participants received a letter explaining how to create an electronic immunization record. Those records were then validated by checking data against the copies of the vaccination cards brought by participants on the day they attended. Vaccination coverage was estimated for eight vaccinations according to the cumulative number of doses registered and vaccines recommended during childhood. Results. - Among the 18,714 participants, 9636 agreed to create an electronic immunization record of which 2781 were validated. Vaccination coverage was > 90% for tuberculosis, diphtheria-tetanus-poliomyelitis, measles-mumps-rubella, and Haemophilus influenzae type B, and < 90% for pertussis, hepatitis B, meningococcal C disease, and human papillomavirus. These coverage rates were close to those reported in other available sources. Conclusion. - Our study calls attention to the insufficient vaccination of adolescents for pertussis, HBV, meningococcal C disease, and HPV. The absence of a system that routinely provides the vaccination status of this population is a major public health issue in France. The use of an electronic immunization record was innovative, but this tool is not extensively used in the general population and has been evaluated by Sante publique France (the French national public health agency). (C) 2018 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
En juillet 2010, une suspicion de gastro-enterites aigues (GEA) a concerne une commune de Gironde d’environ 700 habitants. A la suite de ce signalement, l’exploitant du reseau d’eau potable, l’Agence regionale de sante d’Aquitaine et la cellule de l’InVS en region (Cire) ont mene des investigations environnementales, microbiologiques et epidemiologiques afin de confirmer son origine hydrique, de rechercher et d’agir sur la cause. La gestion de cette crise qui a dure 33 jours s’est deroulee en trois phases :– l’alerte sanitaire et la mise en œuvre de mesures classiques du domaine de l’eau potable ;– la mise en evidence d’une faible contamination microbiologique du reseau d’eau potable public dans le secteur sud de la commune qui conduit a mettre en cause un phenomene de retour d’eau comme source possible du probleme ;– la realisation d’enquetes epidemiologiques, d’analyses de selles et d’analyses d’eau potable confirme l’hypothese de retours d’eau et oriente vers une origine virale/parasitaire de la contamination.Apres la suppression d’une vanne litigieuse au niveau de la station d’epuration des eaux usees communale, aucun agregat de cas de GEA medicalises ne sera mis en evidence dans les mois qui ont suivi. En complement, le present retour d’experience permet aussi de souligner les points essentiels a prendre en compte dans la gestion de ce type d’evenements fort heureusement exceptionnels en France.
La bronchiolite est une infection virale respiratoire épidémique saisonnière majoritairement due au virus respiratoire syncytial et touchant principalement les moins de 2 ans. L'Institut de veille sanitaire (InVS) assure une surveillance épidémiologique au niveau national et régional via les cellules de l'InVS en région. L'objectif est de décrire les caractéristiques des épidémies de bronchiolite en Aquitaine au cours des cinq dernières saisons de 2011 à 2016, en termes de dynamique, d'intensité et de gravité. Pour suivre la dynamique de l'épidémie en Aquitaine, un indicateur hebdomadaire a été défini pour chaque source de données disponible (SOS médecins, réseau des urgences Oscour®, réseau respiratoire d'Aquitaine, virologie du CHU de Bordeaux). Des indicateurs ont également été définis pour caractériser l'intensité et la gravité des épidémies. En Aquitaine, la dynamique et l'intensité des épidémies de bronchiolite a varié au cours des cinq dernières saisons avec notamment des épidémies de très forte ampleur en 2011/2012 et 2015/2016. En moyenne, la durée des épidémies était d'environ 9 semaines, exceptée en 2014/2015 où l'épidémie a été plus courte. Le début d'intensification de l'activité épidémique était généralement observé en fin d'année, excepté en 2012/2013 et lors de la dernière saison où les seuils d'alerte ont été dépassés précocement dès la mi-novembre. En termes de gravité, environ 50 % des enfants pris en charge aux urgences étaient hospitalisés, dont près de la moitié étaient âgés de moins de 3 mois. Les variations en termes de dynamique et d'intensité soulignent l'intérêt de suivre chaque année les caractéristiques des épidémies de bronchiolite à l'échelle de la région afin d'alerter précocement les partenaires et acteurs de terrain, et les tenir informer de l'évolution de l'épidémie afin de contribuer à l'organisation des soins et au rappel des mesures de prévention.
Les signalements d’événements de santé inhabituels en milieu professionnel, reçus et traités par l’Institut de veille sanitaire (InVS), sont de plus en plus fréquents. Ils concernent potentiellement plusieurs acteurs locaux et régionaux, et peuvent susciter des réponses retardées, dispersées, parfois incohérentes. Afin de fournir une réponse épidémiologique réactive, adaptée et coordonnée aux signalements et alertes en santé travail, l’InVS déploie depuis 2008 un dispositif régionalisé : les Gast, groupes d’alerte en santé travail. Chaque Gast réunit deux épidémiologistes de l’InVS, l’un de la cellule régionale (département de coordination des alertes et des régions, Dcar) et l’autre du département santé travail (DST), un médecin inspecteur régional du travail de la Direccte et un médecin de la consultation de pathologie professionnelle (CPP) du centre hospitalier universitaire. L’ARS, le médecin du travail, le CHSCT, l’entreprise sont impliqués et régulièrement informés du traitement du signalement. Le dispositif des Gast, qui a vocation à couvrir l’ensemble du territoire national, est à ce jour implanté dans dix régions métropolitaines. Une base de données nationale permet d’enregistrer tous les signalements et les réponses apportées, d’analyser et faire le bilan annuel des activités de veille et d’alerte de l’InVS dans le domaine des risques professionnels. Ce système est étroitement lié aux dispositifs nationaux et régionaux de santé publique et de santé au travail.
Le projet d’un dossier médical personnel (DMP) s’est développé entre 2003 et 2008. L’auteur retrace l’historique du projet et expose les questions de fond qui ont été soulevées à cette occasion.
Thresholds of Toxicological Concern (TTCs) have been used in the risk assessment of chemicals to which humans are exposed at very low levels. TTC values were developed using data from rodent cancer bioassays and from oral chronic and sub-chronic toxicity studies for non-cancer effects. The workshop assessed the adequacy and fitness for purpose of the TTC approach and the potential for future modifications of critical aspects. The current TTC value for cancer was considered adequate and fit for purpose because it is derived by linear extrapolation from the lowest TD50 for each compound in the largest available rodent carcinogenicity database. The database on non-cancer endpoints was considered adequate and fit for purpose because the chemical domain, the distributions of NOAELs and the calculated TTC values are comparable across different databases. Application of the TTC approach gives conclusions compatible with the risk assessment approaches currently used by international advisory committees. The workshop recognised the desirability of developing better tools to assess the comparability of the chemical domain covered in different toxicological databases, and the need to develop an internationally acceptable framework and databases for updating the aspects critical to application of the TTC approach.
Introduction. - An outbreak of shiga-toxin producing Escherichia coli infections occurred in southwest France in June 2012. The outbreak was investigated to identify the source of infection, and guide control measures.Methods. - Confirmed outbreak cases were patients who developed bloody diarrhoea or haemolytic uremic syndrome (HUS) between 28 May and 6 July 2012, with E. coli O157 isolates showing indistinguishable patterns on pulse field gel electrophoresis (PFGE). A standardized questionnaire was administered to patients to document food consumption and other risk exposures. Their purchase was checked through their supermarket shopper card data.Results. - Six patients (four with HUS and two with bloody diarrhea) were confirmed outbreak cases. Fresh ground beef burgers from one supermarket were the only common food exposure, identified by interviews and shopper card data. The PFGE profile of shiga toxin-producing E. coli O157 isolated from the suspected beef burgers was identical to those from the human cases. The suspected beef burgers were no longer on sale at the time of investigation but three patients confirmed as outbreak cases had deep-frozen some at home.Conclusion. - Shopper card data was particularly useful to obtain precise and reliable information on the traceability of consumed food. Despite the expired use-by date, a recall was issued for the beef burgers. This contributed to preventing other cases among consumers who had deep-frozen the beef burgers. (C) 2013 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Following the outbreak of haemolytic uraemic syndrome (HUS) on June 2011 in south-western France, household transmission due to Escherichia coli O104:H4 was suspected for two cases who developed symptoms 9 and 10 days after onset of symptoms of the index case. The analysis of exposures and of the incubation period is in favour of a secondary transmission within the family. Recommendations should be reinforced to prevent person-to-person transmission within households.
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BACKGROUND:In France, as in other industrialized countries, syndromic surveillance systems for the early detection of illnesses have proliferated, but few validation studies on these systems performances exist. In Bordeaux, a south-western city in France, a system using a network of general practitioners house calls, such as SOS Médecins, provided local health data used to guide health service response, in particular in case of flu-like pandemic. We explored the capacity of SOS Médecins system to identify and follow influenza outbreaks using data from the Sentinel network, considered as being a gold standard for tracking seasonal influenza in France.METHODS:Data from SOS Médecins were analysed and compared with data from the Sentinel network. The sensitivity and specificity of SOS Médecins system were evaluated for different simulated thresholds.RESULTS:A relationship between the number of visits for influenza from SOS Médecins and the number of influenza cases from the Sentinel network was observed; data from the two systems were highly correlated. We showed the capacity of SOS Médecins system to identify outbreaks with a sensitivity and specificity of 93%.CONCLUSION:The sensitivity and specificity of SOS Médecins for early outbreak detection showed the value of these data in monitoring influenza activity.
Les relations asthme et pollution atmosphérique restent largement ouvertes au débat. L'asthme a dans l'agglomération du Havre (250 000 habitants) une prévalence de 7,8 p. cent. Une étude épidémiologique prospective menée d'Octobre 1989 à Septembre 1991 a inclus tous les enfants (âgés de 6 mois à 16 ans) admis pour une crise d'asthme au lieu d'accueil exclusif des urgences pédiatriques de l'agglomération. Les données météorologiques utilisées ont été la pression atmosphérique, l'hygrométrie et la présence de brouillard. Pour les polluants, les données quotidiennes de l'acidité forte — reflet des taux de dioxyde de soufre (SO2), du dioxyde d'azote (NO2) et de l'ozone (O3) ont été recueillies à partir d'un réseau automatisé de surveillance de la qualité de l'air. En 24 mois, 416 enfants ont été admis pour crise d'asthme aux urgences pédiatriques. L'analyse n'a pas montré de liaison significative entre les facteurs météorologiques ou le niveau des polluants, et le nombre de crises aiguës d'asthme admises aux Urgences pédiatriques les jours suivants; toutefois la liaison entre le niveau de SO2 et les admissions approchait le seuil de signification, pour un décalage dans le temps de 3 à 5 jours.Asthma is a public health problem and the leading chronic illness in pediatrics. The prevalence of asthma in Le Havre area is 7.8 per cent in children. Among the environmental determinants of acute asthma, the role of outdoor pollution has often been suggested. The aim of this epidemiologic contribution was to study the relationship between acute asthma in children, outdoor air pollution and weather parameters. All children with acute asthma admitted to the Pediatric Hospital, from October 1989 to September 1991, were enrolled in the study. The weather parameters selected were: atmospheric pressure, humidity of air and fog. For pollutants, we studied the daily variation of high acidity — reflecting sulfur dioxide (SO2), nitrogen dioxide (NO2) and ozone. Over this 24 month périod, 416 children were enrolled. The analysis did not show any significant relationship between weather parameters, outdoor air pollution and acute asthma requiring pediatric admission. However, logistic regression showed a trend (r = 0.08) between SO2 level and the number of admissions, with a delay of 3 to 5 days. Pollution and asthma are possibly related, but this study does not provide any conclusive results.
ISEE-587 Objective: To study the short-term relationships between daily levels of NO2 and particles (PM2.5 and PM2.5–10) and the number of doctors' house visits for cardiorespiratory diseases for the years 2001–2006 in the area of Bordeaux, in southwestern France. Materials and Methods: Daily numbers of doctor's visits were obtained from SOS-Medecins Bordeaux, a healthcare network of general practitioners, for several cardiovascular and respiratory diseases. Excess relative risks (ERRs) of visit for each indicator associated with a 10 μm/m3 increase in pollutant levels were estimated by fitting a Poisson regression model, controlling for well-known confounding factors and temporal trends. Results: No clear association was found between air pollutants and cardiovascular diseases, despite positive trends between NO2 and PM2.5 on the one hand, and arterial hypertension, abnormalities of heart beat and ischemic heart diseases on the other hand. Positive and significant associations were observed between each indicator of pollution and lower respiratory diseases; these associations were stronger for PM2.5 [ERR=2.6%, 95% CI=(0.2%–5.6%)], and for people aged 45–65 years old [ERR=7.5%, 95% CI=(2.1%–13.3%)]. Similar but weaker trends were observed with upper respiratory diseases, with a significant association with PM2.5 [ERR=1.7%, 95% CI=(0.1%–3.3%)]. Conclusions: These results suggest that air pollution and especially fine particulate pollution, which has already been shown as associated with respiratory mortality and hospitalizations, could be associated with other respiratory diseases not severe enough to lead to hospitalization or death, but affecting a large part of the population. Doctor's house visits may constitute reliable indicators to study these outcomes in the general population, but seem not sensitive enough to study cardiovascular diseases, which are generally more severe. Hospitalization and mortality data probably provide better indicators to study the relationship between air pollution and cardiovascular diseases.