Le cancer bronchopulmonaire primitif est l’une des affections malignes les plus courantes et la principale cause de décès par cancer dans le monde. L’adénocarcinome pulmonaire est le type histologique le plus fréquent, responsable de 40 à 50 % des cas. Le foie, le poumon controlatéral, l’os, les glandes surrénales et le cerveau sont les sites métastatiques de prédilection. Les métastases à d’autres organes sont très rares, ne dépassant pas 5 % des cas. La tomographie par émission de positons (TEP) au 18F-fluoro-désoxy-glucose (FDG) s’est rapidement imposée parmi les examens clés de la prise en charge de cette maladie. On illustre à travers des cas cliniques des sites viscéraux d’extension à distance inhabituels pour l’adénocarcinome pulmonaire de découverte fortuite à la TEP au 18F-FDG. Nous rapportons les cas de 3 patients âgés, respectivement, de 44, 53 et 54 ans, diagnostiqués d’un adénocarcinome primitif pulmonaire, adressés à notre service pour un examen TEP au 18F-FDG dans le cadre d’une évaluation métabolique post-thérapeutique pour le premier et d’une stadification initiale pour les deux autres. L’examen révèle chez la première patiente une récidive tumorale et une lésion secondaire osseuse hypermétabolique. Par ailleurs, on note la présence de foyers hypermétaboliques en regard de deux masses tissulaires pelviennes latéro-utérine droite (SUVmax = 6,69) et au niveau de la fosse iliaque gauche (SUVmax = 8,31). L’IRM pelvienne confirme la présence d’un ovaire droit augmenté de taille, siège d’une composante tissulaire solide d’allure secondaire avec quelques implants péritonéaux. Chez les deux autres patients, l’examen montre, outre la présence d’un hypermétabolisme intense de la tumeur primitive et de son extension ganglionnaire, un foyer hypermétabolique intense en regard d’un épaississement de la paroi colique droite chez le 2e patient et une lésion nodulaire centimétrique intraoculaire sur le versant nasal supérieur gauche modérément hypermétabolique chez la 3e patiente. Un complément d’investigations a confirmé l’origine secondaire de ces 2 lésions. Devant ces tableaux, le diagnostic d’adénocarcinome pulmonaire primitif multi-métastatique a été retenu. Les métastases oculaires, ovariennes et du tractus gastro-intestinal sont rares au cours du cancer bronchopulmonaire primitif. Leur survenue a tendance à assombrir d’avantage le pronostic global de la maladie. La TEP-TDM au 18F-FDG constitue un outil performant dans la détection des lésions métastatiques distantes habituelles et inhabituelles de cette tumeur.
Le myélome multiple est la 2e hémopathie maligne la plus fréquente, définie par une prolifération plasmocytaire essentiellement médullaire. Cependant, chez 3–5 % des patients, une atteinte extramédullaire, très rarement ovarienne, peut être présente au moment du diagnostic. Ainsi, une fois le diagnostic de myélome multiple posé, un bilan lésionnel médullaire et extramédullaire complet doit être établi. La TEP-TDM au 18FDG représente, dans ce cadre, l’un des examens les plus sensibles. Nous mettons l’accent, à travers ce cas, sur l’utilité de la TEP-TDM au 18FDG dans la détection précoce d’une localisation ovarienne de la maladie. Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 51 ans, atteinte d’un myélome multiple, qui nous a été adressée pour TEP-TDM au 18FDG dans le cadre d’un bilan d’extension initial. L’examen a mis en évidence la présence de deux foyers osseux hypermétaboliques touchant la tête fémorale gauche (SUVm = 11,54) et le tiers supérieur de la diaphyse fémorale droite (SUVm = 9,23), ainsi qu’un hypermétabolisme intense en regard d’une volumineuse formation pelvienne pré-utérine, tissulaire, englobant les deux ovaires (SUVm = 19,35). Une biopsie de cette masse a été demandée, concluant à une tumeur ovarienne maligne plasmocytoïde dont le profil immunohistochimique est compatible avec un myélome plasmablastique. La TEP-TDM au 18FDG est l’un des moyens les plus performants dans la détection précoce des localisations extramédullaires du myélome multiple, qui restent peu fréquentes, mais dont l’impact sur la prise en charge thérapeutique et le pronostic est majeur.
Le cancer bronchopulmonaire fait partie des affections malignes les plus fréquentes et représente la principale cause de décès liés aux cancers dans le monde. Les adénocarcinomes, qui représentent 40 % des tumeurs pulmonaires primaires, sont reconnus comme le principal type histologique. Dans de très rares cas, deux primitifs pulmonaires de type histologique différent peuvent se développer de manière synchrone, le plus souvent au niveau de deux nodules indépendants. Nous illustrons dans ce travail un cas extrêmement rare d’adénocarcinome et de lymphome B pulmonaire de type MALT, développés au sein du même nodule, adressé pour TEP-TDM au 18FDG dans le cadre d’un bilan d’extension initial. Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 56 ans, grand tabagique, ayant consulté pour toux avec hémoptysie. Une enquête diagnostique a été menée, avec présence à la TDM thoracique d’une masse intra-parenchymateuse basale gauche associée à des adénomégalies médiastino-hilaires. La biopsie de cette masse a conclu à un adénocarcinome pulmonaire primitif peu différencié synchrone avec un lymphome B pulmonaire de la zone marginale extraganglionnaire de type MALT. L’examen TEP-TDM au 18FDG a montré un hypermétabolisme intense et homogène au niveau de la tumeur parenchymateuse basale gauche (SUVm = 11,34), associé à un épanchement pleural homolatéral de moyenne abondance, hypermétabolique. Par ailleurs, un hypermétabolisme ganglionnaire a été noté au niveau sus-claviculaire gauche (SUVm = 3,38), médiastinal antérieur gauche (SUVm = 4,19 au niveau prévasculaire), de la fenêtre aortopulmonaire (SUVm = 2,78), hilaire gauche (SUVm = 6,15) et de la loge de Barety (SUVm = 2,06). Les lymphomes MALT primitifs pulmonaires représentent une entité assez peu fréquente, d’évolution lente. Leur association à une autre composante histologique au sein du même nodule reste extrêmement rare. Seuls quelques cas ont été rapportés dans la littérature. L’élément tumoral associé au contingent lymphoïde détermine en grande partie le pronostic et la prise en charge thérapeutique. L’avidité des lymphomes MALT pulmonaires au 18FDG est variable, dépendant essentiellement de la taille tumorale. Ainsi, une TEP-TDM au 18FDG peut être réalisée dans le cadre du bilan d’extension, à la recherche de métastases ganglionnaires et à distance des deux composantes tumorales.
La TEP au 18FDG est reconnue comme un outil performant dans l’évaluation de la réponse thérapeutique chez les patients lymphomateux. En effet, la conduite thérapeutique dépend étroitement du score de Deauville fourni par cet examen. Dans certains cas, des lésions n’ayant pas la même évolution que les autres sites d’atteinte lymphomateuse posent un problème diagnostique et nécessitent une meilleure exploration. Nous présentons deux cas de patients suivis, respectivement, pour un lymphome de Burkitt et un lymphome B diffus à grandes cellules ayant bénéficié d’un examen TEP de stadification initiale. Un examen TEP intermédiaire a objectivé la persistance dans les deux cas d’un seul foyer fortement hypermétabolique contrastant avec la bonne réponse métabolique de tous les autres foyers. Un complément d’exploration a permis de les rattacher à une tumeur myxoïde dans le premier cas et à une tumeur glomique dans le second. Le diagnostic de réponse métabolique complète a donc été retenu. Ce diagnostic a été confirmé sur les examens TEP de fin de traitement. Les associations entre lymphomes et autres pathologies tumorales sont rarement rapportées dans la littérature. Devant une discordance de l’évolution métabolique des lésions, le diagnostic doit être précocement évoqué et confronté aux données de l’imagerie morphologiques et/ou anatomopathologiques.