Le passage de la matière à des dimensions nanométriques fait apparaître des propriétés inattendues et souvent totalement différentes de celles des mêmes matériaux à l’échelle micro- ou macroscopique. Les expositions professionnelles aux nanomatériaux manufacturés (NM) concernent des travailleurs dans les laboratoires de recherche, les usines de fabrication ou les sites d’utilisation de NM, dont le nombre reste à ce jour non déterminé. Par ailleurs, des quantités importantes de NM sont déployées annuellement en France dans des secteurs très variés selon le registre national de déclaration annuelle obligatoire des substances à l’état nanoparticulaire R-Nano. En parallèle, plusieurs études expérimentales, quoiqu’éparses, lacunaires, voire même contradictoires, suggèrent des effets biologiques délétères pour certaines familles de NM. Des incertitudes demeurent donc sur les risques engendrés par certains NM. De plus, des limites métrologiques persistent pour l’évaluation des expositions. Néanmoins, en dépit de ce contexte d’incertitudes, la prévention des risques professionnels chez les travailleurs exposés aux NM s’impose, et la réglementation existante en matière de prévention des risques professionnels reste applicable sous la responsabilité des employeurs. Des recommandations professionnelles sont mises à disposition des employeurs et des services de santé au travail par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ainsi que le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP). En complément, la veille sanitaire (Dispositif national EpiNano) est incontournable pour fournir des données probantes concernant les risques pour la santé des travailleurs exposés aux NM. Ce manuscrit, rédigé par un groupe pluridisciplinaire, présente un aperçu de l’état de l’art relatif aux NM.
La description épidémiologique de la santé de travailleurs à l’échelle d’une entreprise est utile pour évaluer les risques professionnels potentiels et pour orienter le déploiement d’actions de prévention appropriées. Ce travail a pour objectif d’identifier les secteurs d’activité les plus pertinents pour promouvoir cette surveillance. À l’aide de la nomenclature à 38 modalités de l’Insee, les secteurs d’activité les plus pertinents pour mettre en place une surveillance épidémiologique ont été définis comme ceux ayant le score multicomposite (SMC) moyen le plus élevé. Le SMC a été obtenu par l’agrégation de 13 indicateurs décrivant par secteur et par sexe : – l’état de santé ((1) taux de mortalité toutes causes (pour les femmes) ; – taux de mortalité par cancer ; – taux de mortalité par suicide ; – taux de maladies professionnelles ; – prévalence de maladies à caractère professionnel ; – taux de fréquence d’accidents du travail), (ii) les expositions professionnelles (proportions de salariés exposés) : – à une nuisance biologique ; – à une nuisance chimique ; – à une contrainte physique ; – à une contrainte organisationnelle ; – aux risques psycho-sociaux et (iii) des informations démographiques ; – nombre de salariés ; (13) – nombre de grandes entreprises). L’agrégation des indicateurs a été réalisée après normalisation par le rang et transformation exponentielle. La méthode des nuées dynamiques a permis de définir des groupes de secteurs avec des valeurs proches de SMC. Pour les hommes, un groupe de 4 secteurs d’activité présente les SMC les plus élevés : – la construction ; – la fabrication de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac ; – la métallurgie et fabrication de produits métalliques sauf machines et équipements ; – la fabrication de produits en caoutchouc, plastique et autres produits minéraux non métalliques. Chez les femmes, un groupe de 3 secteurs d’activité présente les SMC les plus élevés : – l’hébergement et la restauration ; – l’hébergement médico-social et social et l’action sociale ; – les activités pour la santé humaine. Avec les données nationales utilisées, notre approche structurée identifie un nombre limité de secteurs d’activité différents selon le sexe. Ce travail permet de disposer d’une stratégie objective et claire pour promouvoir la surveillance épidémiologique dans les entreprises des secteurs d’activité identifiés.
EpiNano, dispositif national dédié à la surveillance épidémiologique des travailleurs exposés aux nanomatériaux manufacturés, est mis en place depuis 2014 par Santé publique France, suite à une saisine conjointe des ministères de la santé et du travail. EpiNano consiste à établir et suivre de manière prospective une cohorte de travailleurs potentiellement exposés à quatre familles de nanomatériaux manufacturés : nanotubes de carbone simple ou multiparoi, dioxyde de titane et de silice et noir de carbone. En raison des taux de participation modestes lors de la première phase (2014–2016), de nouvelles modalités ont été élaborées en lien avec l’inspection médicale du travail. Cette nouvelle approche positionne le médecin du travail et son équipe pluridisciplinaire au centre du dispositif EpiNano, en lui confiant un rôle de promoteur auprès de la direction de l’entreprise, avec l’appui des médecins inspecteurs du travail (MIT) et de Santé publique France. De nouveaux outils sont mis à sa disposition et disponibles également sur le site de Santé publique France http://www.santepubliquefrance.fr/epinano : (i) Des supports (affiche, diaporama, dépliant) pour promouvoir la communication intra-entreprise (direction et travailleurs) ; (ii) Un cahier de recueil de données pour l’évaluation des expositions aux nanomatériaux manufacturés des postes de travail. Santé publique France assure la formation au recueil de données. Les données collectées sont restituées par Santé publique France dans un document de synthèse, dont le contenu peut être utilisé pour alimenter les dossiers règlementaires (Fiche d’entreprise, Document unique d’évaluation des risques) et assurer la traçabilité des expositions professionnelles aux nanomatériaux dans le Dossier Médical en Santé Travail. Par ailleurs, l’auto-questionnaire d’inclusion des travailleurs est simplifié. Il reste enrichi par l’utilisation des bases médico-administratives. La cohorte sera suivie sur plusieurs décades avec une mise à jour régulière des données et des analyses. Cette première cohorte mondiale apportera un éclairage quant aux éventuels effets délétères des nanomatériaux manufacturés sur la santé humaine et le cas échéant, contribuera à orienter la mise en place de programmes de prévention.
Le risque sanitaire associé aux nano-objets, leurs agrégats et leurs agglomérats (NOAA) est méconnu. Pour surveiller leurs effets sanitaires possibles, Santé publique France a mis en place un dispositif EpiNano en deux phases : 1-création d’un enregistrement des travailleurs mettant en œuvre des NOAA et 2-leur suivi prospectif généraliste. L’identification des travailleurs éligibles repose sur le repérage des postes de travail mettant en œuvre des NOAA lors de visites en entreprises et une évaluation de l’exposition basée sur une méthode standardisée. Au préalable, cela nécessite un repérage des entreprises concernées et leur adhésion à EpiNano. La phase d’enregistrement a été lancée en janvier 2014. Depuis 2015, la déclaration obligatoire des nanomatériaux en France (R-nano) est la principale source de repérage des entreprises concernées, majoritairement issues du secteur privé (90 %). Le taux d’adhésion est actuellement de 16 %. Plusieurs entreprises n’ayant pas encore donné de réponse, le taux de refus préliminaire est de 44 %. Les établissements publics sont repérés via les partenariats. Leur taux d’adhésion est de 99 %. Vingt-deux entreprises et établissements publics ont été visités par l’équipe EpiNano. Sur 149 postes de travail observés, 61 % ont été classés potentiellement exposants. Ce travail a permis d’identifier 155 personnes éligibles et de les inviter dans EpiNano. Le taux d’acceptation de la part des salariés est de 99 %. Au 28/06/2016, 150 personnes ont été inclus dans la cohorte prospective généraliste EpiNano. Un suivi passif (par interrogation des données médico-administratives et du registre des causes médicales de décès) a été instauré pour 94 % d’entre eux. De plus, pour 41 % des cohortistes, un suivi actif (par questionnaires annuels de suivi) a été mis en place, avec l’envoi de la première vague de questionnaires en juin 2016. Le taux d’adhésion des entreprises privées est insatisfaisant, mais reste cohérent avec d’autres programmes basés sur une adhésion volontaire. Si les entreprises semblent réticentes à adhérer au dispositif EpiNano, les salariés acceptent très largement d’en faire partie. Afin d’accroître le taux d’adhésion des entreprises et de ce fait le nombre de personnes participantes à EpiNano, une implication des différentes parties prenantes et des pouvoirs publics est nécessaire et actuellement étudiée.
Le risque sanitaire associé aux nano-objets, leurs agrégats et leurs agglomérats (NOAA) est méconnu. Pour surveiller leurs effets sanitaires possibles, l'InVS met en place un dispositif EpiNano en deux phases : – création d'un enregistrement des travailleurs mettant en œuvre des NOAA ; – leur suivi prospectif généraliste. L'identification des travailleurs éligibles repose sur l'identification des postes de travail mettant en œuvre des NOAA lors de visites en entreprise et une évaluation de l'exposition. Celle-ci s'appuie sur une méthode standardisée. Au préalable, cela nécessite un repérage des entreprises concernées et leur adhésion à EpiNano. La phase d'enregistrement a été lancée en janvier 2014. La déclaration obligatoire des nanomatériaux en France (R-Nano) est la principale source de repérage des entreprises concernées ayant permis de contacter 127 (90 %) entreprises privées. Le taux d'adhésion de ces entreprises est actuellement de l'ordre de 16 %. Plusieurs entreprises n'ayant pas encore donné de réponse, le taux de refus préliminaire est de 44 %. Les établissements publics sont repérés via les partenariats. Leur taux d'adhésion est de 99 %. Vingt-deux entreprises et établissements publics adhérents ont été visités par l'équipe EpiNano. Sur 149 postes de travail observés par l'équipe, la moitié environ a été classée potentiellement exposant. Ce travail a permis d'identifier 156 personnes éligibles dans EpiNano et d'instaurer le suivi prospectif généraliste pour 94 % d'entre eux. Il s'agit d'un double suivi actif et passif pour un tiers de cette population, et d'un suivi passif uniquement pour les autres. La phase de l'enregistrement est déterminante pour la réussite du dispositif et se poursuivra jusqu'en 2017. Pour accroître le taux d'adhésion des entreprises privées, plusieurs actions sont en cours : élargissement à d'autres familles de NOAA et aux secteurs d'activités non concernés par R-Nano et demande de soutien des parties prenantes et des pouvoirs publics.
Le dispositif EpiNano pour la surveillance de l’état de santé des travailleurs potentiellement exposés aux nano-objets, leurs agrégats et agglomérats (NOAA) manufacturés a été déployé dès 2014 au niveau national. Dans le cadre du troisième plan santé travail, l’utilisation de produits à base de NOAA (nanoproduits) dans le BTP reçoit une attention particulière du fait de leur abondance croissante et une méconnaissance des risques potentiels. Un partenariat entre santé publique France et l’INRS, le CEA, l’Ineris et l’OPPBTP, est en cours de mise en place pour étendre EpiNano aux travailleurs du BTP. Une revue structurée de l’état de l’art a été réalisée, complétée par des réunions d’experts pour recueillir des informations contextuelles concernant l’utilisation de NOAA dans le BTP. Plusieurs défis méthodologiques sont identifiés pour l’extension du dispositif EpiNano au BTP : 1-circonstances d’exposition peu connues : pas d’inventaire national exhaustif de nanoproduits disponible ; méconnaissance de leur composition en l’absence de règlementation ; méconnaissance des utilisateurs de nanoproduits ; présence des expositions indirectes ; multiples facteurs de confusion et interactions avec d’autres risques professionnels du BTP. 2- délimitation de la population cible : grand nombre d’entreprises de toutes tailles et activités ; hétérogénéité des catégories socioprofessionnelles et des métiers ; hétérogénéité des contextes et des scenarii d’expositions. 3- repérage et suivi de la population éligible : complexité du sujet nécessitant beaucoup de pédagogie pour promouvoir l’adhésion des entreprises ; suivi longitudinal entravé par : des turnovers importants induits notamment par l’intervention des travailleurs intérimaires et la durée des chantiers ; la délégation massive aux sous-traitants. L’exposition aux NOAA dans le BTP tend à croître parallèlement à l’extension du marché des nanoproduits. Il est proposé d’établir un inventaire de nanoproduits commercialisés au niveau national et de sensibiliser les entreprises qui les utilisent à la nécessité d’une surveillance épidémiologique des travailleurs potentiellement exposés. Une adaptation de la méthode de repérage de ces travailleurs sur les chantiers du BTP sera proposée pour permettre leur inclusion et suivi prospectif dans EpiNano.
Background: To our knowledge, there are few indices that can assess oral health in the elderly. Those that are currently used are subjective and test the impact of oral health on quality of life. It appears to be relevant to create an easy and reproducible index, based on an oral health clinical exam that can be correlated with infectious disease risk in the elderly.Objectives: This article aims to explain the methodology used to create an oral health index to assess infectious disease risk in elderly patients more than 65 years old.Design: Cluster randomized trial.Setting: Long-term care and rehabilitation facilities.Participants: All patients who were included were 65 years old or older and were present in participant wards at the beginning of the study or were admitted during the study period.Measurements: The assessment index was developed with the assistance of two dentists, after conducting a literature review. This was an index composed of eight criteria, which included most oral health problems associated with infections in the elderly. A score of 1 was given if a single criterion was observed. The final score ranged from 0 to 8 (0 for a healthy oral health index and 8 for a bad index).Results: The oral health index was used in 2513 patients. This index grew significantly with age (P = 0.002) and malnutrition (P = 0.004). The pneumonia incidence rate was significantly correlated with the oral health index (P = 0.002).Conclusion: This index is easy to use, with few items, and it takes into account most infectious disease risk factors. It would be interesting to integrate this score into a routine admission check-up process in the elderly for the purpose of preventing infectious diseases. (C) 2013 Elsevier Masson SAS and European Union Geriatric Medicine Society. All rights reserved.
AIM:To examine the engagement of French registered nurses with the Ministry of Health's initiative to spur scientific inquiry in the community.BACKGROUND:French nursing research has suffered from a lack of dedicated funding. Positive signs of change have recently appeared, with the launch of the first national public funding programme dedicated to nursing research. This initiative, begun in 2010, was launched by the French Ministry of Health. Through this initiative, 149 registered nurses, serving as principal investigators, and their teams submitted research proposals between 2010 and 2011. The administrative guidelines of the funding programme are clearly oriented towards producing quantitative and exogenous nursing research.METHOD:A cross-sectional analysis of 149 nursing research projects submitted during the first and second years of a French national funding programme for hospital-based nursing research was conducted. Research proposals were included in the analysis whether they received funding or not. Data collection took place in 2011. The categories used in the analysis were the following: (1) the socio-demographic data on the registered nurse principal investigators, (2) the research teams and (3) the research proposals (methodologies, bibliography, focus of the research, output, the status of the research proposals).RESULTS:This study highlights the presence of methodological homogeneity among the research proposals submitted for funding. Clear tendencies were towards interventional and quantitative studies and those with an exogenous factor research objective. Between 2010 and 2011, 25 projects were funded out of 149 submitted. They were mostly quantitative and/or focused on the exogenous factors in patient care.CONCLUSION:The socio-political context of a funding programme designed to encourage nursing research has had an implicit influence on the type of research to which French nurses have committed themselves to and the scientific positions with which these nurse researchers align themselves.
L'entrée en établissement d'hébergement pour personnes agées dépendantes (EHPAD) ou en unité de soins de longue durée (USLD) pose la question du maintien de l'intimité dans ces lieux de vie collectifs, et interroge sur la place laissée à la possibilité d'une sexualité active chez les résidents. Il s'agit donc de définir les différents aspects de la sexualité, de rappeler quelle est la réalité de la génitalité à un âge avancé. Cette réalité est en effet en contradiction avec les représentations sociales contemporaines de la sexualité au grand âge et vient bousculer le regard familial. Par ailleurs, il s'agit aussi de prendre en compte les difficultés institutionnelles à gérer les comportements sexuels inappropries (CSI) qui génèrent de la peur, et à mesurer le degré de consentement du partenaire en cas de trouble cognitif.Entry into nursing home or long-term care unit raises the question of maintaining privacy in these collective living spaces, and of the place left open for active sexuality among residents. We therefore need to define the different aspects of sexuality, and recall the realities of sexuality in old age. This reality is at odds with contemporary social representations of sexuality in old age, and puts family attitudes to the test. In addition, there are also the institutional difficulties in managing inappropriate sexual behaviours, which generate uneasiness, and in measuring the extent of partner consent in case of cognitive impairment.
In France, although there are 445,000 beds in nursing homes (NHs) for elderly people, no studies on the burden of infections in NHs have been published. We sought to estimate the prevalence of infection among the residents and to assess the extent to which infections were associated with the residents' risk factors. We performed a nationwide, multicentre, cross-sectional, clustered period prevalence survey over five one-month periods. Cases of infection were classified as definite or, in the absence of laboratory confirmation, as probable. A total of 44,869 residents in 578 volunteer facilities were enrolled in the survey. The overall prevalence rate of infections was 11.23% [95% confidence interval (CI): 10.50-11.97] and differed significantly (P<0.001) across survey periods (the time of the year the survey was carried out). The rate of definite cases was 4.60% (95% CI: 4.04-5.54) and the rate of probable cases was 6.63% (95% CI: 5.77-7.98). Respiratory tract infections were the most frequent and accounted for 41% of all infections. Infections were significantly associated with age, length of stay, full disability, urinary device, bedsores and the survey period. Only prevention programmes may reduce the impact of infections on this frail population.
A nationwide survey was performed using a two-round web-based Delphi procedure to develop a set of consensus guidelines for preventing infections among residents in nursing homes (NHs). The research group was led by an investigative group of six specialists. Research analysts conducted a literature search and review of practice guidelines, systematic reviews and articles or abstracts published in English and French on the topic of infection prevention. The literature search was examined by 23 specialists (who compiled a preliminary list of 301 recommendations). Using a Delphi survey online instrument, 81 experts from all relevant medical specialties in the fields of infection prevention and control and geriatrics rated their agreement with each of the recommendations using a nine-point scale (1 = strongly disagree, 9 = strongly agree). During the second round, 79 participants received anonymous feedback from the first round and assessed a narrowed list of 130 recommendations. Recommendations were retained and classified according to the overall median score and ratings percentages by stakeholders. A total of 79 raters rated ≥ 10% of items, and 264 recommendations were retained and rated as follows: 240 items reached consensus, 24 items reached near consensus, 37 items were discarded and one recommendation was deleted. Many infections, though not all, can be prevented in the frail elderly. Thus, these guidelines should be adopted by each healthcare professional and facility to implement routine infection control procedures.
En France, on compte 6460 EHPAD, soit 443 765 lits. Ces structures particulières situées entre le domicile privé et l'hôpital, hébergent des résidents polypathologiques et polymédicamentés, susceptibles aux infections. Une enquête régionale de prévalence des infections organisée en 2005 a montré un taux de 14,5 %. Un programme de surveillance et de prévention des infections a donc été mis en place ; la première étape a consisté en une enquête de prévalence. Il s'agissait d'une enquête nationale, transversale, périodique (cinq périodes saisonnières), sur un mois donné, descriptive. Tout résident de 65 ans et plus présent dans l'établissement au moment de l'enquête était inclus. Ont été prises en compte toutes les infections avec distinction entre les cas certains (définitions de McGeer) et les cas probables (définitions de l'ORIG). Ces résultats ont concerné 44 870 résidents et 577 établissements. L'âge moyen était de 86 ans, le sexe féminin prédominait (75,6 %), la moitié des résidents (49 %) étaient très dépendants (GIR 1 ou 2), 4,6 % étaient porteurs d'escarres, 2,2 % étaient sondés, 93,4 % étaient vaccinés contre la grippe et 13 % contre le pneumocoque. Le taux de prévalence des infections était de 11,2 %. Les infections respiratoires basses et hautes représentaient le premier site infectieux (41 %), suivies des infections urinaires (24 %) et des infections cutanées (10 %). Le risque infectieux paraît important dans les EHPAD. Une étude type essai randomisé en clusters est en préparation, dans le but d'évaluer l'efficacité d'un programme interventionnel sur la diminution de l'incidence des infections dans ces structures.
Objectives. - The infectious risk in French nursing homes is important. Indeed, residents live in a confined institutional environment and are particularly susceptible to infections.Investigation in France. - The first French-wide prevalence study highlighted an overall prevalence rate of infections of 9.86% (all types of infections registered, the predominant infections were upper and lower respiratory tract infections).Prevention. - Epidemiological surveillance and development of infections control recommendations applied to these settings are necessary for the prevention of these infections. However, it would also be interesting to know the preventable proportion of these infections. (c) 2008 Elsevier Masson SAS.