La transplantation rénale est le traitement optimal de l’insuffisance rénale chronique terminale. Cependant, elle expose à des complications médicales et chirurgicales. L’objectif de cette étude est de rapporter l’expérience de notre unité dans la transplantation rénale et son évolution à court et à long terme. Il s’agit d’une étude rétrospective incluant les patients transplantés du rein et suivis dans notre unité depuis décembre 1994 jusqu’à décembre 2017. Nous avons analysé les données démographiques, cliniques, biologiques et thérapeutiques de ces patients. Nous avons colligé 414 cas de transplantations rénales répartis en 265 hommes et 149 femmes dont 4,8 %étaient des greffes préemptives (84,8 % étaient en hémodialyse dont 13,4 % bénéficiaient de la dialyse péritonéale). L’âge moyen des receveurs est de 34 ± 11 ans et celui des donneurs est de 41 ± 13 ans. Le sexe ratio des donneurs est de 0,9. Ces patients ont été greffés à partir d’un donneur vivant apparenté, donneur vivant non apparenté, donneur cadavérique dans respectivement 65,2 %, 18,1 % et 15,5 % des cas. La néphropathie initiale était une néphropathie glomérulaire chronique, une néphropathie tubulo-interstitielle, une néphropathie vasculaire, une néphropathie familiale et une néphropathie indéterminée dans respectivement 31,4 %, 19,3 %, 3,1 %, 3,9 % et 38,6 % des cas. Le traitement d’induction était basé sur les corticoïdes, antithymoglobuline et le sérum antilymphocytaire dans respectivement 100 %, 55,2 % et 44,8 % des cas. Le traitement d’entretien était fondé sur les corticoïdes, le tacrolimus, le ciclosporine, le MMF, l’azathioprine, le sirolimus dans respectivement 100 %, 42 %, 32 %, 67 %, 5,8 % et 3 % des cas. Les complications chirurgicales étaient notées dans 31,4 % des cas et les complications infectieuses étaient rapportés dans 49,3 % des cas dominées par les complications urinaires (71 %). La créatinine (en μmol/L) moyenne à 6 mois, 12 mois, 24 mois, 36 mois et 60 mois était respectivement de 142,5 ± 81, 139,5 ± 82,5, 147,8 ± 111, 138,32 ± 82 et 149,8 ± 112,6. La survie moyenne du greffon à 5 ans est d’environ 71 %. Les résultats trouvés dans notre étude se rapprochent des résultats de la littérature en termes de fréquence des complications et de moyenne de survie de greffon néanmoins une meilleure approche thérapeutique et un dépistage précoce des complications assurerait une meilleure survie du greffon. La transplantation rénale est le traitement de choix de l’insuffisance rénal stade terminale. Les complications chirurgicales et médicales sont fréquentes. La réussite de la transplantation rénale repose sur le dépistage précoce de ces complications et leur prise en charge adéquate.
Invasive fungal infections are a major complication and an important cause of morbidity and mortality among solid organ transplant recipients. Their diagnosis is difficult and their prognosis is often pejorative.Objective. - The aim Of this study was to report the cases of invasive fungal infections in renal transplant recipients in Habib Bourguiba Sfax university hospital and to identify the main fungal agents.Materials and methods. - It is a retrospective study of invasive fungal infections in renal transplant recipient reported in our hospital from January 1995 to February 2013.Results. - Invasive fungal infections were diagnosed in 11 cases (3.4%) among 321 renal transplant recipients. These infections included four cases of pneumocystosis, two cases of candidiasis, two cases of aspergillosis, two cases of cryptococcosis and one case of mucormycosis. There were six men and five women. The mean age was 37 years. The infection was late in 63% of cases (>3 months after transplantation). The prolonged corticosteroid and immunosuppressive therapy were the main risk factors (100%) followed by renal failure (45%), graft rejection (45%), broad spectrum antibiotics (45%), CMV infection (36%), neutropenia (36%) and dialysis (18%). The evolution under treatment was favourable only in two cases (18%).Conclusion. - Invasive fungal infections are not common among kidney transplant recipients. However, they remain an important cause of morbidity and mortality in this group of patients. Prevention, early diagnosis and appropriate management are necessary to improve prognosis and reduce mortality rate. (C) 2013 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.