L'amylose à transthyrétine est une pathologie systémique liée à l'accumulation de monomères de transthyrétine s'organisant en fibrilles amyloïdes et se déposant dans divers tissus de l'organisme. Un des éléments pronostiques majeurs et principaux de cette pathologie est l'atteinte cardiaque, dont l'examen de référence pour documenter une telle atteinte est la scintigraphie aux diphosphonates marqués au technétium, qui peut également s'avérer parfois utile pour documenter d'autres localisations liées à l'amylose ATTR. Il s'agit d'un patient de 83 ans, admis en novembre 2021, pour un tableau associant para- puis tétra-parésie d'apparition brutale avec élévation des CPK à 10 000 UI/L et une IRM des cuisses montrant une infiltration œdémateuse de l'ensemble des loges musculaires péri-trochantériennes et des cuisses, évoquant dans un premier temps le diagnostic de myosite, mais dont le bilan auto-immun était revenu négatif, d'une part, et l'analyse anatomopathologique effectuée sur biopsie quadricipitale ne retrouvait pas de lésion évocatrice de myosite, mais des dépôts amyloïdes évocateurs d'amylose ATTR dont le diagnostic fut confirmé par la suite. Une scintigraphie osseuse a donc été réalisée à la demande des cardiologues dans l'hypothèse d'une éventuelle atteinte cardiaque de cette amylose avec injection IV de HMDP-Tc 99 m à la dose de 676 MBq. Les images scintigraphiques effectuées au temps tardif ne montraient pas de fixation du traceur au niveau de la silhouette cardiaque en faveur d'une atteinte cardiaque de cette amylose ATTR. Cependant, il a été retrouvé, de manière inhabituelle, une fixation intense et très active du traceur au niveau des masses musculaires périphériques des bras, des avant-bras, des cuisses et des jambes, de manière hétérogène, en lien avec une exceptionnelle forme de myopathie liée à une amylose ATTR. Il n'est pas retrouvé de phénomènes axiaux ou paravertébraux. On note, par ailleurs, une « extinction » relative du squelette osseux, en lien avec la compétition entre la fixation musculaire et osseuse. La scintigraphie aux diphosphonates reste un examen très sensible pour caractériser une atteinte cardiaque dans l'amylose ATTR. L'acquisition du corps entier lors de cet examen pourrait se montrer intéressante afin de dépister les potentielles atteintes extra-cardiaques liées à cette pathologie mais cela reste une éventualité qui nécessitera d'être explorée par des études ultérieures.
Les enfants atteints de neuroblastome de haut risque ou réfractaire ont une faible espérance de vie. De nouvelles approches doivent être étudiées pour en améliorer le pronostic. Grâce à une meilleure compréhension des cibles moléculaires et de nouveaux radiotraceurs disponibles, il est possible d'envisager de nouvelles stratégies dans le staging de la maladie et la thérapie. Depuis plusieurs décennies, la meta-iodobenzylguanidine (mIBG) couplée à l'iode-123 est utilisée pour le bilan d'extension des neuroblastomes en raison de la surexpression du transporteur de la noradrénaline (NAT) dans ces cellules. Ces dernières années ont vu émerger le 68Ga-DOTATOC, radiotraceur permettant d'identifier la surexpression des récepteurs de type 2 de la somatostatine (SSTR-2), ouvrant ainsi également la voie à la radiothérapie interne vectorisée (RIV) médiée par le 177Lu-DOTATATE. Nous rapportons ici le cas d'une patiente de six ans porteuse de neuroblastome réfractaire avec atteinte osseuse secondaire, en progression après trois lignes de chimiothérapie. Une exploration consécutive par scintigraphie à la 123I-mIBG et TEP-TDM au 68Ga-DOTATOC a été réalisée afin d'évaluer la meilleure stratégie thérapeutique. Nous avons alors observé plusieurs discordances dans la présentation des métastases ostéomédullaires, certaines surexprimant NAT et/ou SSTR-2. Cette présentation rare souligne l'hétérogénéité phénotypique de ces lésions secondaires après plusieurs lignes de chimiothérapie. Avec plus de la moitié des métastases exprimant SSTR-2 de façon faible ou nulle, la RIV par 177Lu-DOTATATE n'a pas été retenue. Des recherches complémentaires doivent être menées afin d'obtenir une meilleure compréhension de ces discordances et de leurs implications pronostiques. Le screening des cibles moléculaires via des examens de médecine nucléaire complémentaires reste une option intéressante pour guider le traitement des neuroblastomes réfractaires.
Le syndrome de Sézary (SS), forme rare et agressive de lymphome T cutané épidermotrope, est associé à une immunodépression importante liée à la maladie et aux traitements. L’augmentation d’incidence des carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) chez les patients immunodéprimés est bien connue, notamment chez les transplantés. Une étude rétrospective nationale multicentrique a été menée afin d’évaluer l’incidence et les caractéristiques des CEC chez les patients suivis et traités pour un SS. Les données suivantes ont été collectées de manière rétrospective dans la population de SS suivis dans les services de dermatologie de 19 CHU français, sur une période de 10 à 20 ans : nombre de SS suivis et diagnostic d’au moins un CEC au cours du suivi, âge au diagnostic du premier CEC et délai d’apparition du premier CEC après le diagnostic de SS, nombre de CEC au cours du suivi, topographie, épaisseur histologique selon Breslow, traitement reçu pour le SS lors du diagnostic du premier CEC, traitement antérieur par photothérapie, récidive du CEC, décès lié au CEC. Sur 582 SS inclus, 66 CEC ont été identifiés au cours du suivi chez 38 patients (6,5 % ; 1 à 12 CEC/patient pour une moyenne de 1,8/patient), à un âge moyen de 74 ans pour le premier CEC (33–88 ans) et 4 ans en moyenne (0–10 ans) après le diagnostic de SS. L’épaisseur moyenne était de 3,9 mm et la topographie cervicocéphalique dans 47 % des cas. Onze patients (28 %) avaient reçu un traitement par photothérapie dans le passé. Une récidive d’au moins un CEC a été identifiée chez 5 patients et un patient est décédé des conséquences de la tumeur. L’existence d’un gradient nord/sud est nette avec une fréquence tumorale de 10,9 % (partie sud) vs 3,7 % (partie nord). Même si une comparaison directe est difficile, le taux d’incidence annuelle du CEC dans les SS semble nettement supérieur à celui mesuré dans la population générale de même tranche d’âge (au moins 0,65 % [pour un suivi de 10 ans] vs 0,03 %). L’âge moyen au diagnostic était globalement similaire (74 vs 76 ans) à la population générale de même que l’agressivité clinique. Ces résultats sont concordants avec la seule étude publiée (Scarisbrick et al. Arch Dermatol 1999). Les causes de cette augmentation d’incidence peuvent être multiples : immunodépression liée à la maladie, son traitement ou des affections associées, photothérapie (utilisée chez une minorité de patients), suivi clinique dermatologique rapproché. Le gradient nord/sud est probablement lié aux différences de photoexposition naturelle. Le SS apparaît donc associé à un risque élevé de CEC, intermédiaire entre la population générale et les transplantés d’organes solides. Ces données justifient une surveillance attentive chez ces patients et la mise en place de mesures de photoprotection. Il sera intéressant d’évaluer l’impact du mogamulizumab sur l’incidence en comparant deux périodes chronologiques.
Le risque de récidive biologique du cancer de prostate après prostatectomie totale est d’environ 35 % dans les 10 ans. De nombreuses études ont montré que la TEP-TDM au 68Ga-PSMA possédait une excellente performance diagnostique dans la détection des récidives. L’objectif principal de notre étude était d’évaluer l’impact thérapeutique de l’autorisation temporaire d’utilisation nominative de la TEP-TDM au 68Ga-PSMA-11 en vie réelle. Nous avons inclus les données de 36 patients dans l’analyse rétrospective des TEP-TDM au 68Ga-PSMA-11 réalisées dans notre centre de novembre 2020 à juin 2021. Les examens TEP-TDM au 68Ga-PSMA-11 ont été relus rétrospectivement et séparément par deux médecins. Le dossier de chaque patient a été discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire et pour chaque patient une stratégie thérapeutique a été proposée et appliquée. Vingt-trois examens au 68Ga-PSMA-11 (64 %) objectivaient au moins un site de récidive. Les résultats de la TEP-TDM au 68Ga-PSMA-11 ont permis de modifier la stratégie thérapeutique dans 39 % des cas (14/36 patients) ; dans le groupe de patients en première récidive, la stratégie thérapeutique a été impactée dans 70 % des cas (7/10 patients) et dans 27 % des cas (7/26 patients) dans le groupe de patients en deuxième récidive. L’analyse rétrospective de l’utilisation du 68Ga-PSMA-11 dans notre centre a montré un impact sur la prise en charge thérapeutique des récidives biologiques des cancers de prostate.
La TEP cérébrale permet d’étudier les mécanismes physiologiques et physiopathologiques in vivo, grâce à des radiotraceurs ciblant le métabolisme cérébral, des protéines cérébrales ou encore des récepteurs cérébraux. Il est ainsi intéressant d’étudier la distribution de patterns cérébraux de différents traceurs pour de multiples pathologies neurologiques. La distribution spatiale des patterns cérébraux, utilisant la cross-corrélation, a été étudiée pour le signal BOLD en IRM fonctionnelle démontrant que des régions cérébrales distantes présentaient une activité similaire lors d’une tâche spécifique (Sadoun et al., Neuroimage 2020). Ce type d’analyse, étudiant la relation de la distribution cérébrale du signal, pourrait présenter un grand intérêt dans l’imagerie cérébrale en TEP. Dans notre projet, nous proposons d’appliquer la méthode de Sadoun et al. (2020) à l’imagerie TEP cérébrale, au travers d’une palette de différents radiotraceurs, ciblant les dépôts de protéine β-amyloïde, les processus inflammatoires ou encore l’activation des récepteurs NMDA. Notre but est d’identifier d’éventuels « réseaux » de patterns spatiaux caractéristiques d’une pathologie. Nous avons effectué une analyse préliminaire à partir de l’imagerie amyloïde au 18F-Florbetapir de 3 sujets souffrant de troubles cognitifs d’origine diverse : un patient avec un hématome cérébral dû à une angiopathie amyloïde, un patient avec un hématome cérébral profond hypertensif, un patient avec une maladie d’Alzheimer prodromale probable. Nous avons choisi une région de référence dans le lobe occipital, mesurant 5 voxels de rayon, que nous avons comparé avec les autres régions cérébrales dans le but de calculer une image paramétrique des coefficients de corrélation. Chez ces trois sujets, il existe une corrélation des dépôts β-amyloïdes de la région occipitale avec la région temporopariétale, pour un seuil de corrélation > 0,5. Il existe un intérêt à étudier la corrélation des différentes régions cérébrales entre-elles en utilisant différents traceurs TEP, afin d’identifier des patterns de lésions spécifiques à des pathologies neurologiques. Nous allons poursuivre notre analyse de cross-corrélation en incluant davantage de sujets présentant des dépôts cérébraux β-amyloïdes et en explorant d’autres population de patients avec d’autres radiotraceurs, afin d’identifier des patterns de distribution spécifiques à certaines pathologies.
Introduction La paralysie supranucleaire progressive (PSP) est une maladie neurodegenerative rare, avec une accumulation d’isoforme de la proteine tau a quatre motifs repetes (4R). Cette tauopathie est caracterisee par un syndrome parkinsonien atypique associe a une atteinte oculomotrice supra-nucleaire, une instabilite posturale et a un declin cognitif progressif. Nous presentons le cas d’une femme âgee de 64 ans, presentant un syndrome parkinsonien atypique, chez qui une TEP-TDM utilisant le radiotraceur [18F]-PI-2620 a ete realisee dans un contexte d’une probable PSP. Materiels et methodes 170 MBq du radiotraceur [18F]-PI-2620 ont ete injectes par voie intraveineuse, suivis d’une acquisition TEP-TDM dynamique durant 90 min. Les frames entre 60 et 90 minutes ont ete realignees, sommees et normalisees par rapport a l’activite du cervelet en excluant les noyaux dentes, pour obtenir une image statique SUVR60-90 min. Resultats Sur les images SUVR60-90 min, on met en evidence une accumulation du radiotraceur [18F]-PI-2620 dans le mesencephale, les globus pallidius, les putamens, les noyaux subthalamiques et les noyaux dentes. Discussion et conclusion Le diagnostic de la PSP repose sur l’examen clinique avec la mise en evidence d’un syndrome parkinsonien atypique associe a une ophtalmoplegie verticale supra-nucleaire, a une instabilite posturale et a un declin cognitif progressif. Ce tableau clinique etant rarement complet au debut de la maladie, des examens d’imagerie cerebrale sont classiquement realises (IRM, FDG-TEP), mais ceux-ci sont parfois insuffisants au diagnostic de la PSP. [18F]-PI-2620 est un radiotraceur de la proteine tau de 2e generation qui a l’avantage attendu par rapport aux traceurs de 1re generation de se fixer avec une haute specificite aux agregats de la proteine tau 3R et 4R, ce qui en fait un traceur de choix dans les taupathies 4R de type non Alzheimer (non AD). Dans le cas que nous presentons, le tableau clinique et l’imagerie par FDG-TEP n’etaient pas suffisants pour porter le diagnostic de PSP. Grâce aux patterns typiques d’accumulation de la proteine tau anormale mis en evidence avec le radiotraceur [18F]-PI-2620, le diagnostic de PSP a ete confirme. Le radiotraceur [18F]-PI-2620 a montre jusqu’a present des resultats encourageants dans le diagnostic des tauopathies de type AD et non AD. Cependant, des etudes complementaires sont encore necessaires avant une validation pour une utilisation clinique dans le futur.
La microgravité induit une migration thoraco-céphalique des fluides corporels qui a des conséquences sur le système cérébrovasculaire. L’autorégulation cérébrale est altérée chez les astronautes après un vol spatial et le débit sanguin cérébral (CBF) est perturbé en microgravité. Aucune étude n’a jusqu’à présent mesuré le débit sanguin cérébral régional (rCBF) au cours de la microgravité réelle ou simulée chez l’homme. Nous avons donc mené une étude utilisant l’immersion sèche (IS) pendant 5 jours comme simulation de la microgravité pour déterminer si rCBF était modifié dans ces conditions. La perfusion cérébrale régionale a été mesurée 4 jours avant (pré-IS groupe) et à la fin de 5 jours d’IS (post-IS groupe) chez 18 sujets de sexe masculin en bonne santé (âgés de 34,0 ± 5,5 ans), en utilisant une tomographie par émission monophotonique utilisant le radiopharmaceutique 99mTc-hexaméthylpropylène amine oxime (HMPAO). Les images ont été comparées entre les deux groupes grâce au logiciel SPM 12, utilisant un test t apparié, avec un seuil pnon corrigé < 0,001. L’IS a induit après 5 jours dans le groupe post-IS une hypoperfusion régionale significative, 30 régions corticales et sous corticales ont été individualisées, l’hypoperfusion étant plus importante dans la région occipitale (Occipital peak level : Zscore = 4,51, pnon corr < 0,001) et dans les noyaux gris centraux (putamens peak level : Zscore = 4.71, pnon corr < 0,001 ; noyaux caudés peak level : Zscore = 4,09, pnon corr < 0,001). Après 5 jours d’IS, les sujets ont présenté une hypoperfusion cérébrale corticale et sous-corticale, principalement dans la région occipitale et dans les noyaux gris centraux. Ces hypoperfusions pourraient être la conséquence de la migration thoraco-céphalique des fluides corporels et du support de déchargement induit par l’IS.
Abstract Introduction More than 200,000 orthopaedic implants are implanted each year in France. Automating the data collection of device-related patient outcomes in orthopaedics is a challenge to improve device monitoring and though orthopaedic practices. The goal of this study was to assess the existing models of automated surveillance of medical devices in orthopaedics, by performing a systematic review. Methods The research equation contained the following MeSH terms from PubMed [Arthroplasty, Replacement], combined with [Patient Generated Health Data], [Public Reporting of Healthcare Data], [Medical Records Systems, Computerized], or [Data Warehousing]. Articles were extracted among peer-reviewed journal, in English. Titles and abstracts of selected articles were double-blind reviewed to include the articles in the study according to the following criteria: data obtained automatically, without duplicate data entry by caregivers or review of medical records one by one. For each study, we recorded: device location, targeted population, population size, methods and objectives. Results From the 54 articles identified through PubMed, 23 articles met the inclusion criteria after review of titles and abstracts 18 considered surveillance of knee devices and 13 hip devices. Monitoring of other joint prosthesis was practically absent. The aims of the analyses primarily concerned postoperative complications and length of stay, but the objectives were widely various. Discussion There were few studies using electronic medical records or clinical data warehouses to monitor devices in orthopaedics. The majority of the included studies were performed on claim databases. An information bias about data collection methods was frequently identified in the abstracts. The literature review highlighted the potential uses of health data in joint replacement and the current underuse of the medical records and/or data warehouse in orthopaedic surveillance. Key messages There were few studies using automated surveillance to monitor devices in orthopaedics. The aims of automated surveillance concerned postoperative complications and length of stay.
Familial hypercholesterolemia (FH) in children and adolescents is a genetic cause of premature coronary heart disease. Early detection of patients with FH could improve their management and life expectancy. A retrospective observational study was conducted using our university hospital clinical data warehouse including children born after 01/01/2000, with at least one available lipid profile. Phenotypic diagnosis of hypercholesterolemia was defined by a plasma LDL-C level ≥5 mmol/L (190 mg/dL). Above-threshold children were compared with below-threshold children on available features: age, sex, weight and height, plasma total, HDL, LDL cholesterol, triglycerides, creatinine, urea, protein, albumin, thyroid stimulating hormone and cortisol levels. 1,362 children were included, of whom 48 had at least one LDL-C measurement ≥5 mmol/L and 1,314 below (control). Only 2 children presented with a specific E78 hypercholesterolemia code versus 8 in the control group. Patients above the threshold were 1.5 years younger, with a mean cortisolaemia lower compared to the controls. Lipid profile is not routinely prescribed for children, and they are not routinely managed for their increased cholesterol levels. Lipid profile for children and adolescents were mainly prescribed in intensive care settings or in association with endocrine checkup. Hospital clinical data warehouse is an opportunity to specify practices in screening for Familial Hypercholesterolemia and lipid profile prescription in children. Lipid profile is not routinely prescribed for children. Hospital clinical data warehouse is an opportunity to specify practices in screening for Familial Hypercholesterolemia.
Depuis 2015, la Haute Autorité de santé (HAS) développe, valide et restitue aux établissements (ES) des indicateurs de résultats mesurés à partir du PMSI pour améliorer la qualité des soins et le résultat pour le patient. La mesure des infections du site opératoire (ISO) trois mois après pose de prothèse totale de hanche (PTH) ou de genou (PTG) développée en partenariat avec le CPias IDF est restituée depuis octobre 2018. Inclusions : séjours de patients adultes (≥ 18 ans) avec pose d’une PTH ou d’une PTG détectés dans le PMSI, terminés entre le 01/01/2017 et le 30/09/2017. Principales exclusions : patients provenant d’un ES par transfert/mutation, PTH sur fracture, urgence, soins palliatifs, chirurgie de la hanche ou du genou dans le mois précédent, séjours mal chainés. Les ISO sont détectées au cours du séjour ou dans les trois mois après la pose par sept combinaisons de codes diagnostiques d’infection ou de complication et d’actes. L’algorithme de détection des ISO utilisé a été validé par le CPias IDF avec une VPP à 87 %. Ajustement sur 13 facteurs de risque : sexe, sept comorbidités, antécédents de chirurgie/arthroplastie sur la hanche ou le genou, antécédent de séjour de durée prolongée, facteurs socio-économiques, localisation de la prothèse. Le ratio standardisé (standardisation indirecte) du nombre observé sur attendu d’ISO (estimé par régression logistique) est restitué dans un « funnel plot » (limites à 2DS) Résultats Au total, 731 ES ont été évalués en 2018 sur les données 2017. Le taux national d’ISO à trois mois est de 1,18 % ; 75 ES soit 10 % sont > + 2DS. La détection des ISO doit être analysée notamment au regard des pratiques cliniques d’antibioprophylaxie et de préparation cutanée, ainsi que de codage. Un retour aux dossiers en 2019 permettra de mesurer à grande échelle la VPP et d’analyser les causes de survenue de ces événements, et notamment celles qui sont potentiellement évitables. Un retour d’expérience sera organisé en 2019 sur l’utilisation de cet outil.
Le projet ONCOSHARe (« ONCOlogy big data SHAring for Research ») vise à démontrer, au sein du cancéropôle Grand Ouest, la valeur ajoutée des données de cancérologie centrées patient pour la recherche. Nous proposons d’améliorer le recrutement dans les études d’oncologie via eHOP, un Entrepôt de données cliniques (EDC), pour faciliter le pré-screening. L’automatisation du pré-screening pose trois difficultés : l’extraction des critères d’éligibilité (CE), l’extraction d’entités cliniques depuis les comptes rendus (CR) textuels, l’export des données vers un standard de réutilisation. Nous avons abordé ces problèmes au travers d’études cliniques d’onco-pneumologie du registre d’OncoBretagne et de l’EDC du CHU de Rennes. Les CE en texte libre ont été convertis en requêtes, les variables impliquées ont été décrites. Lorsque ces variables n’étaient pas structurées au sein d’eHOP, elles étaient extraites des CR à l’aide d’algorithmes de Traitement automatique du langage (TAL) qui ont été évalués par rapport à une extraction manuelle. Les données étaient exportées dans un format standardisé. La conversion des CE en requêtes révèle certaines limitations : certains ne pouvaient être évalués (ex : compliance), devaient être réévalués à l’inclusion (ex : biologie standard), étaient trop ambigus ou trop spécifiques. Au total, 361 CE au sein de 49 études ont été convertis en 464 requêtes, impliquant 23 variables distinctes. Dix variables n’étaient pas pertinentes pour le pré-screening, 4 étaient déjà structurées dans l’EDC. Le TAL a permis l’extraction des codes morphologiques CIM-O (rappe : 97,8 %, précision : 100 %), du score OMS (rappel : 100 %, précision : 100 %), du TNM (rappel : 98,0 %, précision : 97,6 %) et du stade (rappel : 99,7 %, précision : 97,5 %). Les données étaient exportées aux formats OSIRIS et OMOP common-data-model. La conversion des CE en requêtes demeure complexe. En attendant l’adoption d’un standard structuré, leur conversion manuelle semble inévitable. Les principales variables d’éligibilité ont été extraites d’eHOP vers un standard de réutilisation, sur lequel les requêtes sont exécutées. Nous avons décrit un pipeline complet, de l’intégration des données dans l’EDC à leur réutilisation pour le pré-screening.
L’endométriose est une maladie fréquente et invalidante, définie par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus. La prévalence chez les femmes en âge de procréer est estimée à 10 %. Voici le cas d’une femme âgée de 31 ans, atteinte d’endométriose profonde diagnostiquée à l’IRM, chez qui une scintigraphie à l’111In- pentetréotide a été réalisée dans un but d’extension. 171 MBq d’111In- pentetréotide ont été injecté par voie intraveineuse, suivi d’acquisitions TEMP-TDM centrées sur les régions thoraco-abdomino-pelvienne, à la 6e, 24e et 72e heure, par une gamma caméra Discovery 670 Pro. Des foyers hyperfixants ont été individualisés en regard de l’utérus, des annexes droites, du sigmoïde et du mésorectum sur les acquisitions faites à la 6e et 24e heure. Ces mêmes foyers se sont précisés sur l’acquisition tardive à la 72e heure. Un traitement par progestatif a été introduit. La stratégie diagnostique repose en 1ère intention sur un examen gynécologique associé à une échographie pelvienne, complété en 2e intention d’une IRM pelvienne pouvant être associée à une échographie par voie transvaginale (ETV). L’IRM et l’ETV ont de bonnes performances diagnostiques dans l’endométriose profonde, mais ces techniques sont moins performantes dans le bilan d’extension des lésions. La stratégie thérapeutique, déterminée sur l’étendue des lésions, repose sur un traitement par progestatif au long cours plus ou moins associé à une chirurgie. Des imageries utilisant la 18-FES, 18-Fluorocholine, 68-Ga-DOTATATE ont montré leur capacité à localiser des lésions d’endométriose, mais ces examens sont relativement difficile d’accès à la pratique courante. Il a été montré que l’endomètre exprimait des récepteurs à la somatostatine et qu’il était possible de détecter des lésions d’endométriose grâce à l’111In-pentetréotide. Dans le cas de notre patiente, cet examen a permis d’évaluer l’étendue des lésions, et d’aider à la prise de décision thérapeutique. La scintigraphie à l’111In- pentetréotide est un examen simple qui présente un intérêt diagnostique et thérapeutique dans la prise en charge de l’endométriose profonde.
To evaluate functional myocardial contractility after 21 days of head-down bed rest (HDBR) in sedentary control (CON) or with a resistive vibration exercise (RVE) countermeasure (CM) applied, by using 4D echocardiographic (4D echo) imaging and speckle tracking strain quantification. Twelve volunteers were enrolled in a crossover HDBR design, and 4D echo was performed in supine position (REST) at BDC-2 and at R + 2, and in − 6° HDT at day 18, and during the first and the last minute of the 80° head-up step of tilt test performed at both BDC-2 and R + 2. Radial (Rad-Str), longitudinal (Lg-Str) and twist (Tw-Str) strains were measured by 4D speckle tracking, as well as left ventricle diastolic volume (LVDV) and mass (LVmass). On HDT 18: in the CON group, LVDV and LVmass were reduced (p < 0.05), the Rad-Str decreased (p < 0.05) and Tw-Str showed a tendency to increase (p < 0.11), with no changes in Lg-Str. In RVE group, LVDV and LV mass, as well as all the strain parameters remained unchanged. On R + 2: in the CON group, LVDV and LVmass were not recovered in all subjects compared to pre-HDBR (p < 0.08) and Rad-Str was still decreased (p < 0.05), while Tw-Str tended to increase (p < 0.09). These parameters remained unchanged in the RVE group. Tilt 80°: Rad-Str and Lg-Str values at 80° tilt were similar post-HDT in both groups. The 4D echo and speckle tracking analysis showed that in the CON group, Rad-Str decreased concomitant with LVmass and LVDV with HDBR, but this observation did not allow concluding if HDBR induced a real remodeling or a muscle atrophy. RVE was able to preserve LVmass, LVDV and contractility during HDBR, thus proving its effectiveness to this aim. Nevertheless, the significant HDBR-induced changes observed in the CON group had only a limited effect on the cardiac contractile response as observed during post-HDBR tilt test. The level of contractility at 80° Tilt position was not affected either by HDBR or by RVE CM.
Le diagnostic scintigraphique de brèche pleuro-péritonéale, complication rare de la dialyse péritonéale (DP) [1], repose sur la mise en évidence d’une communication entre la cavité péritonéale et la cavité pleurale. Nous présentons le cas de deux femmes âgées de 45 et 47 ans, en DP pour insuffisance rénale terminale, liée à une néphropathie lupique et à une polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD). À la suite d’un prélèvement non contributif d’un épanchement pleural droit dans un cas et d’un prélèvement de l’épanchement positif au glucose dans l’autre cas, une scintigraphie péritonéale a été réalisée. Au total, 80 MBq de nanocolloïdes marqués au technétium-99 m ont été infusés dans la poche de dialyse. Des acquisitions planaires dynamiques et statiques centrées sur la coupole diaphragmatique ont été réalisées à 10, 20 et 30 minutes par une gamma caméra Symbia T6 (Siemens Medical Solutions, Malvern, PA, États-Unis), complétées d’une acquisition tomoscintigraphique couplée au scanner. Chez nos deux patientes, une fixation pleurale droite sur les images à 20 minutes a été mise en évidence, la DP a été remplacée par l’hémodialyse (HD). Dans les deux cas, la scintigraphie réalisée à distance a permis d’objectiver une récidive de la brèche après reprise de la DP. Chez notre patiente en IRT liée à une néphropathie lupique, l’HD a été maintenue définitivement, tandis que pour celle liée à une PKRAD, une prise en charge chirurgicale a été retenue. La brèche pleuro-péritonéale est une complication rare mais sérieuse de la DP. L’incidence chez les DP est estimée à 2 % [2], localisée le plus souvent à droite [3]. Le diagnostic est réalisé par le dosage du glucose sur un prélèvement de l’épanchement pleural [4] ou sur la scintigraphie péritonéale [5] lorsque le dosage est mis en défaut. Le traitement repose sur l’arrêt temporaire ou définitif de la dialyse péritonéale. En cas d’échec, la pleurodèse par vidéothoracoscopie peut être proposée [5]. La scintigraphie péritonéale dans ces deux cas a permis de suivre l’évolution de la brèche et, ainsi, d’aider à la prise de décision thérapeutique. La scintigraphie péritonéale présente un intérêt dans le diagnostic, le suivi et la prise de décision thérapeutique d’une brèche pleuro-péritonéale.