L’Evaluation d’Impact sur la Santé (EIS) se développe au niveau international et est encore au stade émergent en France. Elle vise à évaluer les effets positifs et négatifs potentiels d’un projet, d’un programme ou d’une politique sur la santé. L’objectif est de produire des recommandations en direction des décideurs, afin d’en maximiser les effets positifs et d’en diminuer les effets négatifs. L’EIS est un moyen particulièrement intéressant d’action sur les déterminants de la santé au-delà des comportements individuels et du système de santé. Les politiques de logement, de transport, de solidarité, économiques, etc. ont, en effet, des impacts souvent non prévus sur la santé. Au-delà des effets sur la santé, l’EIS doit aussi permettre d’apprécier la distribution de ces effets dans la population. Si la préoccupation pour l’équité en santé est centrale dans l’EIS, elle reste cependant difficilement traduite en pratique. Face à cette difficulté, des démarches d’évaluation d’impact ont été développées pour renforcer la prise en compte de l’équité à chaque étape de l’EIS ou « Equity Focused Health Impact Assessment », ou prendre en compte les impacts sur les inégalités de santé de façon spécifique. Ainsi, l’Evaluation de l’Impact sur l’Equité en Santé (EIES) semble, par exemple, particulièrement intéressante pour évaluer l’impact sur les inégalités de projets dans le champ sanitaire. L’EIS et l’EIES posent de nombreuses questions de recherche, notamment autour de la réunion, dans une même démarche, du politique, du citoyen et de l’expert. La participation des populations vulnérables potentiellement affectées par la politique évaluée est une valeur centrale de l’EIS, mais pose des questions d’acceptabilité sociale. La collaboration avec les décideurs politiques est également un enjeu majeur. Les difficultés méthodologiques, notamment de quantification des impacts, peuvent constituer des freins à la promotion de la démarche auprès des décideurs.
Près de 90 % des adolescents de 12 à 18 ans s'estiment en bonne santé, mais on observe chez certains d'entre eux des comportements à risque pouvant entraîner des troubles irréversibles pour leur avenir.Il s'agit en particulier de l'usage des drogues légales et illégales, de troubles psycho comportementaux pouvant conduire au suicide, d'une sexualité naissante mal con trôlée, d'habitudes alimentaires défavorables associées à la sédentarisation, d'une consommation excessive et peu contrôlée des technologies d'information et de communication (TICS) par ailleurs indispensables aujourd'hui.Pour tenter d'informer objectivement les adolescents, les méthodes de communication ciblées sur les adultes sont impuissantes et il faut mettre en place des actions spécifiques faisant appel, notamment, aux groupes de jeunes, les pairs, ayant suivis une formation adaptée pour éviter la stigmatisation des ados souvent victimes de groupes de pression ou du sectarisme de certains « éducateurs ».Le rôle de la famille, de l'école, de la médecine scolaire (à refondre) est capital surtout dans la préadolescence (6-12ans). L'accent est mis sur l'importance des activités physiques et sportives sur le plan de la santé mais aussi au niveau psycho-comportemental.Une attention particulière doit se porter sur les jeunes issus de milieux défavorisés qui, comme nous l'avons écrit dans le 1er rapport (La culture de prévention : des questions fondamentales adopté à l'unanimité par l'Académie de médecine le 15/10/2013), sont trop souvent oubliés.La prévention « humaniste » et le développement du lien social doivent constituer la base de nos actions.Aux 10 recommandations prioritaires concluant le premier rapport nous en avons ajouté 8 plus spécifiques aux adolescents.