Introduction La persistance d’une hyperparathyroïdie est fréquente après transplantation rénale. Sa prise en charge n’est pas définie malgré son impact pronostique sur l’évolution minérale et fonctionnelle du greffon. L’objectif de cette étude était d’évaluer la relation calcium/PTH lors de la transplantation rénale et sa valeur prédictive. Description/Méthodes 657 patients ont été explorés à 3 (M3) et 12 mois (M12) de la transplantation, incluant une mesure du DFG et l’analyse du métabolisme minéral et osseux dont un test dynamique de la relation calcium/PTH par charge calcique orale. Résultats À M3 le DFG médian était de 49 [39,4–59,5] mL/min/1,73m2. 471 (71 %) patients présentaient une hyperparathyroïdie. La freination médiane de la PTH à la charge calcique était de 31 [16–45] %. Comparés aux patients dont la freination de la PTH était<40 %, les patients avec une freination>40 % à M3 avait un DFG supérieur (p=0,01), une calcémie plus basse (p=0,02), mais pas de différence de taux de PTH (p=0,14). La relation calcium-PTH se décalait vers la gauche à 12 mois chez les patients présentant une freination>40 % et non chez ceux dont la freination de la PTH était<40 % à M3. À M12, la PTH était significativement plus élevée chez ces derniers (p=0,0035) malgré une prescription supérieure de calcimimétiques (p=0,02). En analyse multivariée, le taux de freination de la PTH à la charge calcique à M3 était associée au taux de PTH à M12 (ß=−0,138, IC [−0,717 ; −0,243] indépendamment du DFG, de la PTH, de la calcémie, et d’autres facteurs confondants à M3. Conclusion Le taux de freination de la PTH est prédictif de la PTH à M12, suggérant qu’il reflète le taux de normalisation potentielle de la PTH à distance de la transplantation rénale. L’étude de la relation calcium/PTH pourrait ainsi constituer une aide au suivi et à la prise en charge des HPT post-transplantation.
Plusieurs études ont montré que le norovirus était responsable d’au moins 26 % des cas de diarrhées après transplantation rénale. Cependant, la plupart de ces études concernent de petits effectifs et aucune étude comparative n’a évalué l’impact des diarrhées à norovirus chez ces patients. Nous présentons ici une étude rétrospective, monocentrique, cas-témoins, comparant tous les patients transplantés rénaux ayant eu un diagnostic de diarrhée à norovirus à des patients appariés pour l’âge et la date de transplantation. L’objectif de cette étude est d’évaluer le pronostic rénal, avec notamment l’incidence de rejet et l’apparition de DSA après diarrhée à norovirus, et d’identifier les facteurs associés à leur survenue. Soixante-douze patients transplantés rénaux ont présenté une infection à norovirus entre janvier 2012 et avril 2018 avec un délai médian de 59 mois après transplantation. La durée moyenne des symptômes est de 72 jours avec survenue d’une insuffisance rénale aiguë dans 61 % des cas. L’attitude thérapeutique a consisté dans 95 % des cas en une diminution ou un arrêt du mycophénolate mofétil ou un remplacement par l’azathioprine. Au décours de l’infection, l’incidence de DSA de novo n’est pas différent entre les 2 groupes (33 % vs 26 %, p = 0,42), mais la MFI dominante est plus élevée chez les cas (3352 vs 943, p = 0,02). La survie sans rejet après un délai médian de 25 mois est plus importante chez les témoins (p = 0,03), sans différence significative sur la fonction rénale (p = 0,09), ni sur la survie sans dialyse (p = 0,07). Les facteurs de risque, après analyse multivariée, sont la survenue d’un diabète (OR = 6,42 (1,17–35,2), p = 0,032), une lymphopénie (OR = 3,8 (1,19–12,16, p = 0,024), et à la limite de significativité une hypogammaglobulinémie (OR = 5,05 (0,96–26,4), p = 0,05). L’infection à norovirus impose la réduction des traitements immunosuppresseurs et est source de DSA de novo et de la survenue de rejets.
Après transplantation rénale avec un donneur vivant (DV) HLA-identique, les receveurs reçoivent en général une immunosuppression allégée. Nous avions rapporté d’excellents résultats obtenus à 6 mois avec une monothérapie par mycophénolate mofétil (MMF). Nous présentons ici les résultats à long terme de 29 patients après transplantation avec DV HLA-identique. Le traitement immunosuppresseur associait une induction par globulines anti-thymocytes (thymoglobuline, ATG) pendant 9 à 10 jours et une monothérapie au long cours (MMF dans 28 cas et sirolimus dans un cas). Il s’agit d’une étude prospective monocentrique. L’âge médian des receveurs est de 45.2 ans (extrêmes : 28–65) et des donneurs de 40.2 ans (extrêmes : 22–64). Douze patients (41 %) ont bénéficié d’une transplantation pré-emptive. Après un suivi médian de 79 mois (extrêmes : 6–153), la survie des patients est de 93 % (un patient étant décédé de rupture d’anévrysme et l’autre d’une tumeur ovarienne). Parmi les 27 patients en vie, la survie des greffons est de 100 %. Quarante biopsies du greffon ont été réalisées : 29 à 3 mois et 11 à 1 an. Toutes étaient des biopsies protocolaires. Parmi elles, 34 biopsies sont considérées comme normales, 5 biopsies montrent des modifications chroniques modérées (cv1, ci1) et 1 un aspect « borderline ». Au dernier suivi, alors que tous les patients sont sous monothérapie, la créatininémie médiane est de 104 μmol/L (extrêmes : 66–147), le DFG estimé de 66.2 mL/min/1.73 m2 (extrêmes : 47–81) et la protéinurie de 19.4 mg/mmol de créatininurie (extrêmes : 9–36). Un traitement associant une induction par ATG et une monothérapie par MMF semble efficace sur le long terme après transplantation rénale familiale HLA-identique.
Conclusion• These two cases share common features with most of previous reports:• Immunocompromised patients with T-cells deficiency • Disseminated disease • Patients from West Africa, which suggests specific ecology of these moulds • β-D-glucan is probably a relevant diagnostic marker • High susceptibility to antifungals • Difficulties in identifying Nannizziopsis species by morphology, with probable under-diagnosis
La mesure du débit de filtration glomérulaire (DFG) par clairance de traceur exogène est fortement recommandée dans l’évaluation fonctionnelle de l’éligibilité au don de rein. Un DFG mesuré inférieur à 80 mL/min/1,73 m2 étant considéré comme une contre-indication relative au don par de nombreuses sociétés savantes. Cet examen de référence pose le problème de sa disponibilité, en particulier dans certains pays en voie de développement. Alternativement, il a été proposé d’utiliser soit les formules d’estimation du DFG, soit un calculateur en ligne utilisant les données anthropométriques et la créatininémie. L’utilisation combinée de la cystatine et de la créatinine améliore la prédiction du DFG en population générale, mais son intérêt chez le donneur vivant (DV) n’a jamais été évalué. Chez 151 DV, nous avons évalué les performances relatives d’un calculateur en ligne et des équations d’estimation du DFG CKD-EPICreat, CKD-EPIcys, CKD-EPImix. Le critère de jugement est la capacité de ces outils à identifier avec certitude les donneurs présentant un DFG mesuré inférieur à 80 mL/min/1,73 m2. Par rapport à l’utilisation de la créatinine seule, la cystatine seule ne change pas la sensibilité de l’équation CKD-EPI mais augmente sa spécificité pour détecter les DV avec un DFG inférieur à 80 mL/min/1,73 m2 (0,30 vs 0,45, p = 0,01). La combinaison de la créatinine et de la cystatine augmente significativement la spécificité tant pour le calculateur en ligne (0,46 vs 0,70, p < 0,001) que pour les équations (0,30 vs 0,54, p < 0,001), et ce faisant le pourcentage de donneurs correctement identifiés comme ayant un DFG mesuré supérieur ou inférieur à 80 mL/min/1,73 m2 avec le calculateur (49 % vs 70 %) et avec les équations (32 % vs 49 %). La supériorité de la combinaison créatinine et cystatine pour l’estimation du DFG observée en population générale est également retrouvée chez les donneurs vivants. L’utilisation combinée de la cystatine et de la créatinine dans l’évaluation du DFG augmente la capacité à définir avec certitude les donneurs éligibles au don de rein, en l’absence d’accès à une méthode de référence.
La maladie de Kaposi (MK) est une prolifération vasculaire associée à HHV8, promue par l’immunodépression (ID). La double ID liée au VIH et aux immunosuppresseurs nécessaires chez les greffés d’organe (GO), peux augmenter l’incidence et la sévérité de la MK. Étude rétrospective, multicentrique en France. La collecte de données est en cours depuis janvier 2017 (base crystal de l’agence de biomédecine et groupe Peau et Greffe d’Organe de la SFD). Les critères d’inclusion sont les patients VIH et GO, qui ont développé une MK prouvée histologiquement. Le critère d’étude porte sur la prévalence et la gravité de la MK. Cinq cas de MK chez les patients VIH GO (4 hommes et 1 femme), ont été inclus. Ils étaient originaires de zone à prévalence élevée pour HHV8 (4 du bassin méditerranéen, 1 d’Afrique sub-Saharienne). Trois étaient homosexuels masculins. La MK a été diagnostiquée entre 7 et 25 ans après le VIH, alors que l’infection était bien contrôlée (charge virale indétectable depuis > 4 ans, n = 4, et depuis < 6 mois, n = 1). La MK a été diagnostiquée dans les 12 mois après la GO (n = 4) et après 60 mois pour un patient. Au moment du diagnostic de MK, les patients recevaient du tacrolimus (n = 5), associé à du mycophénolate mofétil et de la prednisone (n = 3), de la prednisone seule (n = 1), ou de la prednisone associée à de l’Imurel* (n = 1). 4 patients présentaient une atteinte cutanée isolée (lymphoedème et moins de 10 lésions papulonodulaires) (Fig. 1 et 2), 1 patient avait une atteinte cutanée, ganglionnaire (mésentérique) et digestive (nodule de l’intestin grêle). 4 patients ont été traités par conversion de tacrolimus en inhibiteur de mTOR, et 1 patient par switch de mycophénolate mofétil en azathioprine. 3 patients avaient une réponse complète et durable 1 à 2 ans après cette conversion, dont l’un avec un traitement complémentaire par radiothérapie et 5-FU local. Les deux autres patients ont présenté une réponse partielle (à 1 an pour celui avec une atteinte digestive, et à 6 ans pour l’autre). Au total, 378 greffés rénaux VIH sont déclarés à l’agence de biomédecine, dont 3 avec MK ; et 353 greffés hépatiques VIH, dont 2 avec MK. Dans notre série, les MK sont de bon pronostic et gérables selon les règles habituelles de MK post-GO. Dans la littérature, 7 patients VIH GO développant une MK sont décrits : 4 après transplantation rénale, 3 après transplantation hépatique, 2 ont une atteinte viscérale. Une résolution complète a été obtenue dans 4 cas après la conversion en inhibiteur de mTOR, et dans 1 cas après conversion et traitement par docetaxel. L’évolution a été fatale dans 2 cas malgré la conversion en inhibiteur de mTOR (les 2 patients avec atteinte viscérale). Chez les patients VIH GO, la MK ne semble pas plus grave, et répond aux thérapeutiques usuelles. La poursuite du recueil de données en France, nous permettrait de mieux définir l’évolutivité et la gravité de ce type de patients.
The value of estimated glomerular filtration rate (eGFR) in living kidney donors screening is unclear. A recently published web-based application derived from large cohorts, but not living donors, calculates the probability of a measured GFR (mGFR) lower than a determined threshold. Our objectives were to validate the clinical utility of this tool in a cohort of living donors and to test two other strategies based on chronic kidney disease epidemiology collaboration (CKD-EPI) and on MDRD-eGFR. GFR was measured using 51 Cr- ethylene-diamine tetraacetic acid urinary clearance in 311 potential living kidney donors (178 women, mean age 50 ± 11.6 years). The web-based tool was used to predict those with mGFR < 80 mL/min/1.73 m2 . Inputs to the application were sex, age, ethnicity, and plasma creatinine. In our cohort, a web-based probability of mGFR <90 mL/min/1.73 m2 higher than 2% had 100% sensitivity for detection of actual mGFR <80 mL/min/1.73 m2 . The positive predictive value was 0.19. A CKD-EPI-eGFR threshold of 104 mL/min/1.73 m2 and an MDRD-eGFR threshold of 100 mL/min/1.73 m2 had 100% sensitivity to detect donors with actual mGFR <80 mL/min/1.73 m2 . We obtained similar results in an external cohort of 354 living donors. We confirm the usefulness of the web-based application to identify potential donors who should benefit from GFR measurement.
L’identification des donneurs vivants de rein nécessitant une mesure de débit de filtration glomérulaire (DFG) permettrait de limiter les coûts liés au dépistage, sans altérer la sécurité du don. Le don est souvent contre-indiqué si le DFG mesuré est < 80 mL/min/1,73 m2. Un outil en ligne récent, non encore validé chez les donneurs, permet de calculer la probabilité d’avoir un DFG mesuré inférieur à un certain seuil en utilisant des caractéristiques démographiques et biologiques du donneur potentiel. Notre objectif est de vérifier si ce calculateur permet de dépister les donneurs avec un DFG mesuré < 80 mL/min/1,73 m2 et d’étudier 2 autres stratégies de dépistage basées sur les formules MDRD et CKD-EPI. La cohorte de développement consistait en 311 donneurs potentiels avec mesure du DFG avant don par clairance urinaire du 51Cr-EDTA. Nous avons utilisé l’outil en ligne pour calculer la probabilité d’avoir un DFG mesuré inférieur à différents seuils (60–70–80–90 mL/min/1,73 m2). Nous avons comparé la probabilité prédite par le calculateur au DFG mesuré. Nous avons validé nos résultats dans une cohorte externe de 354 donneurs. Dans la cohorte de développement, le calculateur en ligne a une sensibilité de 100 % pour détecter les donneurs avec un DFG mesuré < 80 mL/min/1,73 m2. Un CKD-EPI < 104 mL/min/1,73 m2 et un MDRD < 100 mL/min/1,73 m2 ont aussi une sensibilité de 100 % pour détecter ces donneurs. En utilisant une stratégie de dépistage basée sur le calculateur en ligne, 27 % des mesures de DFG auraient pu être évitées. Nous avons obtenu des résultats similaires dans la cohorte de validation avec un nombre de mesures du DFG évitées allant jusqu’à 40 %. Les performances du calculateur en ligne sont valides dans 2 cohortes de donneurs vivants. Une stratégie de dépistage incluant ce calcul permettrait de proposer la mesure du DFG de manière ciblée. Par ailleurs, dans les pays où la mesure du DFG est peu accessible, cette stratégie permettrait d’assurer la sécurité du don même en l’absence de DFG mesuré. Le calculateur en ligne peut guider la décision de mesurer le DFG chez les donneurs vivants de rein.
Background Single case series suggested that RTx in AAV complicated by end-stage renal disease (ESRD) is safe and effective for graft and AAV outcome. Limited data are available with respect to predictors of increased risk of AAV relapse following RTx. Objectives To investigate the outcomes of AAV patients who underwent RTx and the factors predictive of subsequent AAV relapse. Methods Patients with AAV who had undergone RTx for AAV-related ESRD between 1994 and 2013 were identified from 7 RTx centers in the greater Paris area of France. Medical charts were retrospectively reviewed for demographic and AAV characteristics, pre- and post-RTx immunosuppressive therapy, AAV relapse and overall and graft survival. Episodes of acute rejection and renal AAV relapses were defined from renal graft biopsy findings. Survival and cumulative incidence rates were calculated by Kaplan-Meier analysis. Log rank analyses were used to study the risk of renal AAV relapses associated with factors assessed at the time of RTx (age, AAV and ANCA phenotype, pre-RTx cyclophosphamide [CYC] therapy). Results We analyzed 46 patients (24 males [52%]) with AAV, including 9 (20%) with granulomatosis with polyangiitis (GPA), 13 (28%) microscopic polyangiitis (MPA) and 24 (52%) renal-limited vasculitis (RLV); ANCA specificities were PR3-ANCA in 12 (26%), MPO-ANCA in 29 (63%) and unknown in 5 (11%). Mean (SD) age at RTx was 40.7 (19.7) years; 10 (22%) underwent RTx during childhood (age<18 yr). Forty-two patients (91%) received CYC before RTx. The 10-year cumulative incidence of acute rejection episodes was 38%; 9 (20%) patients returned to dialysis and 3 (7%) underwent a second RTx. After a mean (SD) follow-up of 7.5 (5.2) years, renal AAV relapses were identified in 6 (13%) patients (10-year cumulative renal relapse incidence: 16%). No extra-renal AAV relapse was recorded and 1 (2%) patient died (10-year overall survival rate: 97%). The risk of renal AAV relapses was increased for patients who underwent RTx during childhood (hazard ratio [HR]: 5.7, P=0.01), with detectable ANCA at RTx (HR: 4.4, P=0.008) and in CYC-naive patients (HR: 11.6, P=0.0002) but was not linked with the GPA/MPA vs RLV phenotype (HR: 1.7, P=0.36) and MPO- vs PR3-ANCA specificity (HR: 2.2, P=0.46). Conclusions The current outcomes of AAV patients undergoing RTx are favorable. Lack of pre-RTx CYC therapy and detectable ANCA at RTx may predict increased risk of renal AAV relapses. The increased AAV relapses in RTx during childhood may reflect lower adherence to anti-rejection therapy. Disclosure of Interest None declared
Les résultats de séries de cas suggèrent un taux de succès élevé de la transplantation rénale au cours de l'insuffisance rénale chronique terminale liée aux vascularites associées aux ANCA (VAA), sous réserve d'une durée de suivi des greffes limitée à 5 ans. Le risque de récidive de VAA sur greffon est faible, mais les facteurs de risque de récidive ne sont pas bien connus. L'objectif de cette étude était de décrire le devenir de patients atteints de VAA après transplantation rénale et de rechercher les facteurs prédictifs d'une récidive de VAA sur greffon. L'étude a porté sur les patients transplantés pour une néphropathie de VAA dans 7 centres spécialisés de la région parisienne entre 1994 et 2013. Les dossiers médicaux ont été analysés pour colliger les données démographiques, les traitements immunosuppresseurs reçus en pré- et post-transplantation, les récidives de VAA, les rejets, et la survie des greffons. La récidive de VAA sur greffon et le rejet de greffon ont été définis sur des critères histologiques par relecture des biopsies rénales par un seul anatomopathologiste. La survie et le taux d'incidence cumulative ont été calculés par la méthode de Kaplan-Meier. L'effet de facteurs sélectionnés (âge, phénotype de VAA, spécificité des ANCA, traitement préalable de la VAA par cyclophosphamide) sur le risque de récidive rénale de VAA a été analysé par des tests du log-rank. L'étude a inclus 46 patients (24 hommes [52 %]), comprenant 9 (20 %) granulomatoses avec polyangéite (GPA), 13 (28 %) polyangéites microscopiques (MPA) et 24 (52 %) VAA limitées aux reins (VLR). Les ANCA étaient de type anti-protéinase 3 (PR3) chez 12 (26 %) cas, anti-myéloperoxydase (MPO) chez 26 (63 %) cas et de spécificité indéterminée chez 5 (11 %) cas. L'âge moyen lors de la transplantation était de 40,7 ans (écart-type [ET] : 19,7) et 10 (22 %) patients ont été transplantés durant l'enfance (âge < 18 ans). L'intervalle moyen entre le diagnostic de VAA et l'initiation de la dialyse était de 3,6 ans (ET : 4,7) et 42 (91 %) ont reçu au préalable un traitement par cyclophosphamide. Au cours d'un suivi post-transplantation moyen de 7,5 ans (ET : 5,2), l'incidence cumulative à 10 ans du rejet aigu était de 38 % ; 9 (20 %) patients sont retournés en dialyse et 3 (7 %) ont reçu une seconde transplantation. Six (13 %) patients ont présenté une récidive rénale de VAA (incidence cumulative à 10 ans : 16 %). Aucune rechute extra-rénale n'a été observée et 1 (2 %) patient est décédé suite à un syndrome lympho-prolifératif post-transplantation (survie globale à 10 ans : 97 %). Le risque de récidive de VAA était augmenté chez les patients pédiatriques (hazard ratio [HR] : 5,7, p = 0,01), lorsque les ANCA étaient détectables au moment de la transplantation (HR : 4,4, p = 0,008) et chez les patients naïfs de cyclophosphamide (HR : 11,6 ; p = 0,0002), mais n'était pas lié au phénotype de VAA (GPA/MPA versus VLR : HR : 1,7 ; p = 0,36) ou à la spécificité des ANCA (MPO vs PR3 : HR : 2,2 ; p = 0,46). Dans l'ère des traitements anti-rejet modernes, l'évolution des transplantations au cours des VAA est favorable et le taux de récidive de VAA faible. L'absence de traitement préalable par cyclophosphamide et des ANCA détectables lors de la transplantation augmentent le risque de récidive de VAA sur greffon. Le risque plus élevé de récidive chez l'enfant peut éventuellement traduire une moins bonne adhésion au traitement anti-rejet.
L’hyperparathyroïdie hypercalcémique post-transplantation (HPTR) est une anomalie métabolique fréquente. Même si des données indirectes semblent indiquer que l’HPTR aurait des conséquences négatives sur l’évolution de la transplantation (FDR de néphrocalcinose microscopique [1], et valeur de PTH pré-greffe prédictive de la perte de greffon [2]), un effet direct du statut parathyroïdien sur la fonction rénale n’a jamais été démontré à ce jour. Quatre cent deux patients ont bénéficié d’une exploration du métabolisme minéral et osseux, et d’une mesure du DFG (clairance du 51-CrEDTA) à 3 et 12 mois post-greffe. L’HPTR était définie à M3 par une PTH > 65 pg/mL et une hypercalcémie ionisée (> 1,29 mM). Trente-deux patients ont été exclus de l’étude (prise de cinalcalcet ou parathyroïdectomie post-greffe). Parmi les 370 patients étudiés, le DFG a été mesuré respectivement à 3 et 12 mois à 50,7 et 48,6 mL/min/1,73 m2, non significativement différents. Quatre-vingt-deux patients présentaient une HPTR à M3 et ont été comparés aux 288 restants (CT). Les seuls facteurs associés à une HPTR sont la prise de cinacalcet en dialyse (57 % groupe HPTR vs 25 %, p < 0,001) et le caractère non préemptif de la greffe (13 % vs 1 %, p 0,006). À la différence du groupe CT, la présence d’une HPTR à M3 est associée à une perte de fonction du greffon rénal (−0,6 mL/min, p = 0,39 vs −3,0 mL/min, p < 0,05) et à un DFG plus bas à M12 (49,9 ± 16,0 mL/min/1,73 m2 vs 44,1 ± 13,8, p = 0,003). En analyse multivariée, les facteurs associés à un DFG du greffon inférieur à 45 mL/min/1,73 m2 à M12 sont l’HPTR (OR 1,9 ; p = 0,03), un donneur décédé (OR 2,6 ; p = 0,01), l’âge du donneur (OR 1,04 ; p = 0,001), la Protéinurie à M3 (OR 1,01 ; p = 0,004), et la survenue d’un rejet (OR 2,2 ; p = 0,06). L’HPTR à M3 constitue donc un FDR de moins bonne fonction du greffon rénal à un an de greffe, indépendamment des facteurs de risque déjà identifiés. Ceci incite à optimiser la prise en charge des troubles minéraux et osseux avant la TR. Les conséquences de l’HPTR sur la fonction du greffon rénal rendent nécessaires des essais thérapeutiques pour évaluer si la prise en charge thérapeutique de l’HPTR annule le risque de déclin accéléré du DFG.
La transplantation chez les patients infectés par le VIH assure de nos jours une survie des patients et des greffons peu différente de celle observée dans la population générale, mais avec des taux de rejet aigu élevés, pouvant atteindre 40 %. La série française ne retrouvait pas d’excès de rejet à 18 mois. Des résultats plus tardifs ne sont pas publiés. Il s’agit d’une cohorte rétrospective monocentrique incluant les dossiers de tous les patients VIH+ qui ont reçu une greffe entre décembre 2005 et février 2014. Les données concernant la fonction rénale ont été récoltées à 3 mois, 1 an et au dernier suivi. Cinquante-six biopsies rénales ont été réalisées à 3 mois, 12 mois et chaque fois que l’indication à été posée par les cliniciens. Trente-deux patients VIH ont eu une transplantation, la néphropathie initiale était une HIVAN dans 11 cas (34,3 %). Le délai médian de suivi est de 46 mois [5–110 mois], 3 patients (9,3 %) sont décédés, tous dans la première année après la transplantation, 6 (18 %) ont perdu leurs greffons (2 dans le groupe HIVAN et 4 dans le groupe non HIVAN). Le nombre de rejets aigus est de 11 (34 %) (3 borderline, 2 cellulaires et 6 humoraux) dont 5 chez les patients HIVAN (45 %) et 6 dans le groupe non HIVAN (28 %). La médiane de survenue des rejets est de 170 jours [74–976]. La médiane de créatininémie au dernier suivi est de 144 μmol/L [70–280], celle de DFG estimé de 53 mL/min/1,73 m2 [21–83] et le rapport P/C 13 mg/mmol [7–150]. Sur les 11 patients avec HIVAN, 3 (27 %) ont récidivé et un cas d’HIVAN de novo a été diagnostiqué, le diagnostic d’HIVAN étant porté entre 2 et 7 ans post-transplantation, et ce malgré une charge virale VIH négative. Il n’y avait pas de différence significative entre le groupe HIVAN et le groupe non HIVAN en ce qui concerne la créatininémie, les DFG estimés et la protéinurie. Ces résultats tardifs montrent que le taux de rejets aigus est élevé et que ces rejets surviennent souvent de façon tardive. Devant l’apparition d’une protéinurie, le diagnostic d’HIVAN (récidive ou de novo) est porté chez 12 % des patients de la cohorte.
Le myélome multiple (MM) se complique d’insuffisance rénale aiguë (IRA) dans 20 à 50 % des cas. Dans notre centre, 59 patients avec une tubulopathie myélomateuse ont été traités par dialyse pendant plus de 2 semaines entre le 01/01/2004 et le 31/12/2010. Ils ont été suivis jusqu’au 31/12/2011. Le but de cette étude rétrospective est d’analyser les facteurs associés à la survie des patients et à la survie rénale après un suivi médian de 45 mois. L’âge médian des patients est de 60,7 ans (48–88). Le diagnostic de néphropathie à cylindres reposait sur l’association d’une IRA (créatininémie médiane : 372 μmol/L ; extrêmes 250–625), d’une protéinurie à 2250 mg/24 h (450–6000) et d’une albuminurie à 70 mg/24 h (30–200). Quatorze patients (24 %) ont eu une biopsie rénale. Chez 22 patients (37 %), l’IRA était concomitante du diagnostic de MM, les autres patients étant en rechute. Soixante-six pour cent des patients ont reçu du Borte. Au décours du traitement effectué lors de l’IRA, 61 % des patients étaient considérés en réponse partielle (classification IMWGRC). La survie des patients est significativement supérieure dans le groupe Borte (p = 0,030) et chez les patients en première poussée de myélome (p = 0,016). Les facteurs prédictifs de survie des patients sont l’âge > 60 ans (HR : 2 ; IC 95 % 1,1–3,8 ; p = 0,027), le traitement par Borte (HR : 0,5 ; IC 95 % 0,3–0,9 ; p = 0,033) et le fait de rechuter (HR : 2,3 ; IC 95 % 1,1–4,6 ; p = 0,019). Les facteurs prédictifs d’arrêt de la dialyse sont la diminution des chaînes légères libres (CLL) sériques (HR : 0,6 ; IC 95 % 0,3–0,8 ; p = 0,020) et le fait de rechuter (HR : 2,2 ; IC 95 % 1,3–1,8 ; p = 0,019). Cette étude montre que le Borte améliore la survie des patients atteints de MM et traités par dialyse. La diminution des CLL et le fait d’être en première poussée de MM sont des facteurs associés au sevrage de la dialyse.
Kidney transplant recipients are at risk for life‐threatening infections, which may affect the long‐term prognosis.
Objective: The French ENT Society (SFORL) created a workgroup to draw up guidelines for the management of immunodeficient patients with head and neck cancer of cutaneous origin. The present guidelines cover diagnostic and therapeutic management and prevention of head and neck cancer of cutaneous origin in immunodeficient patients, and in particular in transplant patients and those with HIV infection.Materials and methods: The present guidelines were based on a critical multidisciplinary reading of the literature. Immunosuppression and its varieties are defined. The usual risk factors for skin cancer and those specific to immunodeficiency are presented. The prevention, assessment and management of cutaneous carcinoma, melanoma, Kaposi's sarcoma and lymphoma are dealt with. The level of evidence of the source studies was assessed so as to grade the various guidelines. When need be, expert opinions are put forward.Results: Immunodeficient patients are at higher risk of head and neck skin tumors. The level of risk depends on the type of deficiency; there is an especially high risk of squamous cell carcinoma in transplant patients and of Kaposi's sarcoma in HIV-positive subjects. Various viruses are associated with skin cancers. Skin tumors are often evolutive in case of immunodeficiency, requiring rapid treatment. Management is generally the same as in immunocompetent subjects and should be discussed in a multidisciplinary team meeting. Immunosuppression may need to be modulated. In organ transplant patients, the only class of immunosuppressants with proven antitumoral efficacy are mTOR inhibitors, particularly in cutaneous squamous cell carcinoma. The rhythm of clinical surveillance should be adapted according to the risk of recurrence. Preventive measures should be undertaken.Conclusion: Skin cancers in immunodeficiency are highly evolutive, requiring the earliest possible treatment. Immunosuppression may need modulating. As the risk of recurrence may be elevated, careful surveillance should be implemented. Preventive measures should also be undertaken. (C) 2014 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.