Introduction Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) et l’obésité constituent deux défis pour le praticien en raison de leurs répercussions profondes sur la santé cardiovasculaire et le bien-être social. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’état nutritionnel chez les patients suivis pour SAOS. Méthodes Étude rétrospective portée sur les dossiers de patient suivis pour un SAOS à l’unité de sommeil de l’hôpital Hedi Chaker de Sfax et qui ont consulté l’unité de diététique de l’hôpital Hedi Chaker de Sfax pour une obésité ou un surpoids durant le mois d’avril 2024. Résultats Quarante patients ont été inclus. Nous avons trouvé un âge médian de 56 ans avec une prédominance féminine (75 %). Seulement 10 % des patients étaient tabagiques actifs et 5 % avaient une consommation chronique d’alcool. Des comorbidités étaient trouvées dans 80 % des cas, dominées par l’HTA (57,5 %), le diabète type II (32,5 %) et la dyslipidémie (32,5 %). L’interprétation des enregistrements de polygraphie retrouvait une médiane d’index d’apnée hypopnée (IAH) à 22,55. Le diagnostic retenu était : SAOS léger dans 22,5 % des cas, SAOS modéré dans 35 % des cas et SAOS sévère dans 42,5 % des cas. L’index de désaturation nocturne variait entre 5,7 et 74,8 avec une médiane de 19,5. La saturation pulsée en oxygène nocturne moyenne variant entre 68,5 % et 96,3 % avec une médiane de 93 %. La saturation pulsée en oxygène minimale variait entre 53 % et 89 % avec une médiane de 79 %. La moyenne de poids de nos patients était de 101kg (95,23kg chez les hommes contre 102,92 chez les femmes). La médiane d’IMC de nos patients était de 37,7 [33,58 ; 41]. Deux patients étaient en surpoids (5 %), 23 patients avaient une obésité stade I (57,5 %) et 15 avaient une obésité stade II (37,5 %). Chez les femmes, le pourcentage de masse grasse variait entre 37,9 % et 57,5 % avec une moyenne de 47,65 %. Chez les hommes, le pourcentage de masse grasse variait entre 20,8 % et 45,3 % avec une moyenne de 33,87 % et un écart-type de 9,96. L’enquête alimentaire a montré que 42,5 % des patients consommaient un nombre de calories journalier supérieur aux recommandations selon l’âge et le sexe (50 % chez l’homme contre 40 % chez les femmes). La moyenne de calories consommées était de 2177,5kcal (2553 chez les hommes contre 2052,33 chez les femmes). Seulement 12,5 % des patients avaient une répartition protides-lipides-glucides équilibrée. La consommation de glucide dépasse la limite recommandée chez 52,5 % des patients. Alors que la consommation journalière en protéines est insuffisante chez 82,5 % des patients. La consommation journalière de lipides est supérieure à la normale recommandée chez 30 % des patients avec une consommation de cholestérol supérieure à la valeur recommandée chez 17,5 % des patients. La consommation de fibres alimentaires est inférieure aux apports recommandés chez 92,5 % des patients. Conclusion Nous avons constaté qu’un régime alimentaire déséquilibré est la cause la plus fréquente d’obésité chez les patients atteints de SAOS mais certains patients obèses avaient une alimentation saine. La réduction du temps de sommeil causé par SAOS peut être un des éléments qui favorisent le développement et l’évolution de l’obésité. Une prise en charge concomitante de ces deux pathologies est importante pour un meilleur pronostic.
Introduction Le travail de nuit impose à l’individu de travailler en période de désactivation et de dormir en phase d’activation. Ce qui est à l’origine d’une perturbation de l’horloge biologique causant ainsi de nombreux troubles du sommeil. Objectif Étudier l’impact du travail de nuit sur la qualité du sommeil et la qualité de vie. Méthodes Il s’agit d’une étude épidémiologique transversale portant sur des patients qui ont un travail de nuit. Nous avons utilisé un questionnaire en ligne pour évaluer la qualité du sommeil et la qualité de vie à l’aide d’un certain nombre de scores d’auto-évaluation : indice de bien-être OMS-5, échelle de somnolence d’Epworth (ESS), indice de sévérité de l’insomnie (ISI), questionnaire sur la santé du patient (PHQ-9), indice de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI). Résultats Au total, 594 participants ont été inclus dans l’étude. L’âge moyen était de 33,99 ans, la catégorie d’âge la plus importante étant celle des 25–34 ans (58,9 %). Cinquante-sept pour cent (57,5 %) d’entre eux étaient des femmes, 82,1 % étaient des fumeurs actifs et 57,5 % déclaraient utiliser des substances stimulantes pour être efficaces au travail, tandis que 17 % étaient des consommateurs d’alcool. L’utilisation d’analgésiques a été notée chez 23 % des participants. Près de quarante pour cent (43,2 %) consommaient souvent des repas gras, 77,6 % n’avaient pas d’activité physique et 36,9 % de notre population étaient en surpoids. Des maladies chroniques ont été constatées chez 23 % d’entre eux, les plus fréquentes étant les maladies cardiovasculaires (7 %) et les maladies gastro-intestinales (7 %), suivies par l’asthme (5 %), les pathologies articulaires (5 %) et le diabète (4 %). Plus de la moitié des participants (52,1 %) ont une somnolence diurne moyenne et 9 % d’entre eux ont une somnolence diurne excessive selon l’échelle de somnolence d’Epworth. En se référant à l’échelle ISI, 35,8 % des participants présentaient une insomnie légère, 12,28 % une insomnie modérée et seulement 2 % une insomnie sévère. Un sommeil de qualité moyenne à médiocre a été noté chez 55,5 % des patients en utilisant le score PSQI et 40,9 % d’entre eux ayant une durée de sommeil inférieure à 7heures. Dans notre étude, 57 % des participants avaient un bien-être médiocre au cours des deux dernières semaines selon l’indice OMS-5 et 65,82 % avaient un score indiquant une dépression selon le PHQ-9. Conclusion Notre étude a montré que le travail de nuit peut avoir des effets néfastes sur la santé physique et mentale, ainsi que sur la qualité du sommeil et la qualité de vie, avec un risque accru de dépression.
Introduction Les personnes âgées représentent un groupe spécifique de patients à haut risque de développer la COVID-19 avec une détérioration clinique rapidement progressive. Ces patients pouvaient présenter encore de graves séquelles après la maladie aiguë. L’objectif est d’étudier les particularités évolutives du long-COVID chez le sujet âgé. Méthodes Il s’agit d’une étude longitudinale rétrospective descriptive et analytique incluant des patients et ayant des antécédents d’une infection par le COVID-19, qui avaient présenté un syndrome du long-COVID et qui ont été suivis aux consultations de l’hôpital militaire de campagne de Sfax et du service pneumologie-allergologie à l’hôpital universitaire Hédi Chaker de Sfax – Tunisie. Résultats Nous avons colligé 364 patients qui répondaient aux critères d’inclusion. Ces cas ont été répartis en deux groupes : un premier groupe (G1) qui comporte les sujets âgés incluant 232 patients (66 %) dont l’âge était supérieur ou égale à 65 ans, et un deuxième groupe (G2) comportant des sujets jeunes incluant 129 patients (33 %) dont l’âge était inférieur à 65 ans. Une prédominance masculine a été notée dans les deux groupes avec un sex-ratio égale à 1,2 et 1,18 respectivement dans le G1 et G2. Plus que les deux tiers des patients avaient reçu (78 %) une vaccination contre le COVID-19 (G1 : 72 %, G2 : 88 % p=0,6). L’HTA (p=0,01), l’insuffisance coronaire (p=0,00) et l’insuffisance cardiaque (p=0,001) étaient plus fréquentes dans le G1. Les signes respiratoires notamment la dyspnée (56 %), la toux (33 %) et les douleur thoraciques (25 %) étaient plus fréquemment rapportées par les sujets âgés (p=0,00). Chez les sujets âgés, la fatigue (60 %), l’asthénie (49 %) ainsi que la dénutrition (4 %) étaient plus fréquentes (p=0,02). Sur le plan neurologique, les céphalées (n=78, 37 %), les douleurs neuropathiques (n=55 patients, 26 %), ainsi que les troubles de la mémoire (n=76,36 %) étaient plus fréquentes chez les sujets âgés (p=0,03). Selon le score HAD, les troubles anxiodépressives étaient plus fréquentes chez (p=0,05). Une insomnie sévère (score ISI>22) a été notée chez 3 % des patients du G1 ainsi que G2 (p=0,25). Conclusion Selon notre étude les symptômes du long-COVID étaient plus observés chez les personnes âgées. Mais il faut savoir que ces symptômes peuvent être masqués ou attribués à des maladies chroniques existantes d’où le long-COVID peut être sous-déclaré chez les sujets âgés.
Introduction Le sommeil est crucial pour le bien-être humain. Les femmes sont réputées être plus vulnérables aux troubles du sommeil et sont plus susceptibles de souffrir de leurs conséquences. Objectifs Détecter les facteurs prédictifs de mauvaise qualité de sommeil chez la femme tunisienne. Méthodes Une étude transversale comparative et analytique a été menée par l’équipe du département de sommeil et de ventilation, au service de pneumologie du CHU Hedi Chaker de Sfax Tunisie. La collecte des données a été réalisée d’octobre 2022 à avril 2023. Une enquête électronique en ligne, a été menée pour la collecte des données. L’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI), l’indice d’Organisation mondiale de la santé (WHO-5), l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS) étaient utilisés et l’insomnie a été dépistée avec une version arabe validée d’ISI. Deux groupes ont été individualisés : G1 : citoyens de sexe féminins (n=1181, 57,5 %) ; G2 : citoyens de sexe masculins (n=864, 42,5 %). Résultats On a inclus un total de 2045. Le G1 était plus jeune que le G2 avec un âge moyen (34 vs 38 ans) p<0,001. L’IMC moyen dans G1 était de 25,17±4,22 vs 26,07±3,79 dans G2 avec p=0,0003. Près de 88 % de G1 possédaient un diplôme universitaire (n=1041) et à l’alentour 90 % (n=1045) étaient employées de catégories de cols blancs (p<0,001). Pour les comorbidités, le G1 avaient plus de sinusite chronique, de maladies auto-immunes, et d’hypothyroïdie (p<0,001, p<0,001, p=0,015 respectivement). Le G2 étaient plus consommateurs de tabac et de l’alcool (p<0,001) avec une corrélation forte (0,489) et positive. Cependant le G1 consommaient plus de stimulants (p<0,001) avec un usage chronique d’analgésiques, d’hypnotiques ou de sédatifs plus marquée (p<0,001). Pour habitude de vie, le dîner copieux était un repas préféré chez le G2 (p<0,001) tandis que le G1 passaient plus de temps sur internet avant l’heure de coucher (p<0,001). Le G1 étaient plus susceptibles d’avoir une dépression (p<0,001), et d’éprouver un mal être (p<0,001). De plus, le score de bien être (WHO 5) était pathologique surtout chez le G2 (66,3 %) avec (p<0,001). Concernant les caractéristiques horaires du sommeil, il n’y a pas de différence entre les 2 groupes. La somnolence diurne excessive (SDE) et l’insomnie étaient plus fréquent chez le G1 avec respectivement (p<0,001) et (p=0,00016). Les facteurs associés à une mauvaise qualité de sommeil étaient : l’activité professionnelle (p=0,04 ; OR=0,604), le temps passé sur internet (p=0,001 ; OR=1,08), les analgésiques (p=0,014 ; OR=0,71), les hypnotiques (p=0,002 ; OR=0,48), les sédatifs (0,024 ; OR=0,63), les sinusites (p=0,006 ; OR=0,55), les maladies psychiatriques (p=0,011 ; OR=0,36), SDE (p<0,001 ; OR=2,105), l’insomnie (p=0,047 ; OR=9,214). Conclusion La prévalence de la mauvaise qualité du sommeil observée chez les femmes tunisienne est en hausse. Cela s’explique par des conditions spécifiques à certaines habitudes de vie telles que l’utilisation fréquente d’internet, la consommation des analgésiques et des hypnotiques. De telles femmes doivent subir une optimisation de la gestion de leur sommeil.
Introduction La pandémie de coronavirus 2019 (COVID-19) a entraîné une crise sanitaire mondiale sans précédent, avec plus de 270 millions de cas confirmés. Le COVID-19 peut avoir des conséquences durables, bien au-delà de la phase aiguë de l’infection notamment le syndrome du long-COVID. L’objectif est d’étudier les facteurs prédictifs des symptômes respiratoires du long-Covid. Méthodes Il s’agit d’une étude longitudinale rétrospective descriptive et analytique incluant des patients ayant des antécédents d’une infection par le COVID-19, qui avaient présenté des symptômes du long-COVID et qui ont été suivis aux consultations de l’hôpital militaire de campagne de Sfax et du service pneumologie-allergologie à l’hôpital universitaire Hédi Chaker de Sfax – Tunisie. Cette étude a été menée sur une période de 20 mois allant de 11 octobre 2021 à juin 2023. Résultats Notre étude a inclus 364 patients. La majorité de ces patients ont consulté après 1 an (47,8 %) ou 2 ans (50,8 %) à partir de l’épisode de l’infection à COVID-19. La dyspnée (62,91 %), la toux sèche (35,44 %) étaient les symptômes respiratoires les plus fréquents. L’asthme était un facteur de risque aussi bien de la dyspnée (OR : 3,899 ; IC95 % : 0,866–17,549 ; p=0,009) que de la toux sèche (OR : 2,308 ; IC95 % : 0,831–6,412 ; p=0,006), de même la BPCO était un facteur prédictif pour la dyspnée (OR : 1,055 ; IC95 % : 1,019–1,093 ; p=0,022) et la toux sèche (OR : 1,102 ; IC95 % : 1,034–1,175 ; p<0,001). Le tabagisme avait une corrélation avec la dyspnée (OR : 1,939 ; IC95 % : 1,067–3,523 ; p=0,028) et la toux sèche (OR : 1,749 ; IC95 % : 1,021–2,994 ; p=0,040). Cependant, aucune corrélation n’a été trouvée entre l’obésité, l’hypertension artérielle, la dyslipidémie, l’infection sévère à la COVID-19 et les symptômes du long-COVID. De plus, bien que la vaccination contre le SARS-CoV-2 ait été administrée chez 82% des patients, aucune corrélation n’a été trouvée avec les symptômes du long-COVID (OR : 0,913 ; IC95 % : 0,364–2,291 ; p=0,847). Conclusion Les signes respiratoires du long-COVID dans notre étude avaient une corrélation avec les antécédents d’asthme, de BPCO, de syndrome d’apnée de sommeil et le tabagisme. D’autres études sont nécessaires afin de mieux comprendre sa pathogenèse et ses facteurs de risque.
Introduction L’asthme est une cause fréquente d’hospitalisation annuelle. De nombreux efforts doivent être déployés pour améliorer les connaissances des patients afin qu’ils comprennent leur maladie et développent des stratégies d’adaptation. Cela permettra de contrôler les symptômes et d’améliorer l’observance du traitement et la qualité de vie. Objectif Cette étude visait à évaluer les effets d’une intervention éducative structurée sur les connaissances relatives à l’asthme, le contrôle de la maladie, l’observance du traitement et la qualité de vie des asthmatiques. Méthodes Cette étude a porté sur 100 patients asthmatiques. Le questionnaire sur les connaissances des patients adultes sur l’asthme (AP-AKQ), le test de contrôle de l’asthme (ACT), l’échelle d’observance des médicaments de Morisky (MMAS-8) et le mini questionnaire sur la qualité de vie des asthmatiques (mini-AQLQ) ont été remplis avant et après deux mois d’intervention éducative. Résultats Après l’intervention éducative, il y a eu une amélioration significative (p<0,001) du score AP-AKQ de 38,00 (37,00–43,00) à 50,00 (47,00–52,00), du score ACT de 17,00 (16,00–20,00) à 20,00 (19,00–21,00), le score MMAS-8 de 7,00 (4,00–8,00) à 8,00 (6,00–8,00), et le score mini-AQLQ de 5,09 (4,74–5,32) à 5,88 (5,35–6,25). Conclusion Nos résultats suggèrent que les interventions éducatives peuvent améliorer le contrôle de la maladie, l’adhésion aux médicaments, la qualité de vie et les connaissances, en particulier si les patients sont impliqués et expriment leurs besoins spécifiques.
Introduction Le cancer bronchopulmonaire (CBP) est le cancer le plus fréquent chez l’homme avec une mortalité assez élevée. Les métastases sont la principale cause de mortalité élevée chez les patients ayant un cancer pulmonaire. Les métastases cérébrales sont le site de prédilection touchant environ 40 à 50 % des patients atteints d’un cancer pulmonaire et leur survenue indique un mauvais pronostic. Objectifs Décrire le profil épidémiologique des métastases cérébrales, les caractéristiques cliniques, radiologiques et évolutives des patients ayant des métastases cérébrales ainsi que les facteurs de risques associés. Méthodes Nous avons mené une étude rétrospective longitudinale incluant les patients suivis et traités pour CBP primitif à l’unité d’oncologie et des soins palliatifs du service de pneumologie du CHU Hédi Chaker de Sfax durant la période allant de 2016 à 2021. Résultats Parmi les 460 cas de CBP colligés dans notre étude, 76 patients ont développé des MC avec une incidence de 16,5 %. Nous avons noté une prédominance masculine avec un sex-ratio de 11,78 dans le groupe de patient avec CBP et de 8,5 dans le groupe de patient avec MC. L’incidence des MC était 16 % chez les hommes et 22,22 chez les femmes (p=0,337). La médiane d’âge des patients ayant une MC était de 58 ans. L’incidence des MC chez les patients âgés de moins de 60 ans était de 25,9 % contre 11,6 % chez les patients âgés de plus de 60 ans avec une différence statistiquement significative (p<10−3). L’incidence des MC variait entre 17,6 % et 21,1 %. Les patients ayant un CPC étaient plus à risque de développer une MC avec une incidence de 25,4 % contre 15,4 dans les CNPC (p=0,05). La MC était révélatrice du CBP dans 13 cas (17,1 %), synchrone dans 55 cas (72,4 %) et métachrone dans 9 cas (10,5 %). Les métastases cérébrales étaient symptomatiques dans 60,7 % des cas. Les céphalées (50,8 %), les déficits sensitivomoteurs (19,7 %) et les convulsions (9,8 %) étaient les principaux signes neurologiques rapportés. Le diagnostic de MC était confirmé par une TDM cérébrale seule dans 73,5 % des cas, par une IRM cérébrale dans 4,4 % des cas et par TDM et IRM dans 22,1 % des cas. L’IRM a permis de détecter des lésions non visualisées sur la TDM dans 33,33 % des cas. La prise en charge thérapeutique reposait sur le traitement symptomatique (100 % des cas), le traitement local de la MC par radiothérapie (63 % des cas) et/ou par la chirurgie (0,01 % des cas) ainsi que le traitement systémique par la chimiothérapie (89,5 % des cas). Les corticoïdes ont été prescris chez 77,6 % des patients. Un traitement antiépileptique a été prescrit dans 9,2 % des cas. L’évaluation post-chimiothérapie de première ligne a été réalisée chez 34 patients (45,95 %). Une stabilité tumorale a été observée dans 9,46 %, une réponse partielle dans 14,87 % et une progression tumorale dans 21,62 % des cas. La médiane de survie cumulée était de 7,7 mois (3,3–14,3) avec une survie à un an de 30,5 %. La médiane de survie à partir de la date de diagnostic de MC était de 6 mois (3,5–12,5) avec un taux de survie à un an de 25,4 %. Le bon état général initial et la radiothérapie cérébrale étaient des facteurs de meilleur pronostic. Conclusion La standardisation de la pratique de l’IRM et l’amélioration des techniques d’imageries ont permis de faire un diagnostic précoce des MC notamment à un stade asymptomatique. Devant les différentes stratégies thérapeutiques disponibles, le choix du chemin thérapeutique doit être multidisciplinaire, centralisé sur les facteurs de risques et les facteurs pronostiques de chaque patient.
Introduction La pandémie COVID-19 a représenté une urgence sanitaire à laquelle le monde s’est confronté depuis décembre 2019. Le diabète est une comorbidité couramment associée au COVID-19. Sa révélation pour la première fois au cours de l’infection a été fréquemment rapportée avec un profil clinique, biologique, thérapeutique et évolutif particulier. L’objectifs est de déterminer l’incidence du diabète révélé par l’infection COVID-19 et décrire ses caractéristiques cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutives. Méthodes Étude rétrospective, descriptive et analytique menée au service de pneumologie du CHU Hédi Chaker de Sfax entre février 2021 et juillet 2022. Ont été inclus les patients âgés de plus de 18 ans, sans antécédents de diabète connus, et hospitalisés pour une infection COVID-19. Ils ont été répartis en deux groupes : le groupe 1 (G1) pour les patients avec un diabète nouvellement diagnostiqué et le groupe 2 (G2) pour ceux avec un statut glycémique normal. Les caractéristiques cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutifs ont été révélés pour chaque groupe. Résultats Huit cent trente-deux patients ont été inclus dans l’étude parmi eux 12,9 % ont développé un diabète révélé par le COVID-19. L’âge moyen de G1 était de 64 ans avec une prédominance masculine. Les patients de G1 avaient dans leurs antécédents plus d’HTA, de dyslipidémie, d’AVC et d’hypothyroïdie que les patients de G2 mais seule l’HTA était statistiquement corrélée avec la survenue de diabète (35,2 % vs 25,6 %) (p=0,037). Les signes fonctionnels les plus fréquemment notés dans G1 étaient la dyspnée (60 %), la fièvre (55,6 %) et la toux (52,8 %). Nous n’avons pas noté de différence significative entre les données cliniques des deux groupes hormis la diarrhée qui était un signe fonctionnel statistiquement plus fréquent dans G1 (18,5 %) par rapport à G2. (p=0,006). Quarante pour cent des patients qui ont présenté une décompensation de diabète étaient obèses. Une hypoxémie était notée chez 65 % des patients. À la biologie la glycémie aléatoire moyenne était de 14,8mmol/L, une hyperleucocytose était objectivée dans 40 % et une CRP était élevée chez 88,9 % des patients. La sévérité scanographique lors de la phase aiguë de l’infection était statistiquement associée à la survenue du diabète (p=0,009). Un haut débit d’oxygène a été indiqué chez 24 % des patients de G1. Une décompensation cétosique a été notée dans 4,6 % des cas. Neuf pour cent des patients de G1 ont été transférés à une USI. Un taux de décès égal à 14,7 % a été constaté dans G1. Soixante pour cent des patients de G1 étaient confirmés diabétiques et recevaient un traitement hypoglycémiant au long cours. Conclusion Le diabète révélé par une infection COVID-19 n’est pas une entité rare. Il est associé à un tableau clinique, paraclinique, thérapeutique et évolutif particulier. L’évolution du statut glycémique après la phase aiguë de l’infection COVID-19 est à mieux étudier pour caractériser la spécificité de cette entité.
Introduction Le diabète est une maladie métabolique complexe dont l’apparition peut être influencée par divers facteurs, y compris les infections. Cette circonstance d’apparition donne certes à cette pathologie un profil épidémiologique particulier nécessitant une attention spécifique pour sa prévention et sa gestion. L’analyse de ces facteurs prédictifs permet de mieux anticiper le risque de développer un diabète et d’adapter les stratégies de prise en charge. Objectif Cette étude vise à mieux comprendre les facteurs prédictifs d’apparition du diabète révélé par l’infection et de dresser son évolution à long terme. Méthode Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et analytique menée au service de pneumologie du CHU Hédi Chaker de Sfax qui a inclus des patients âgés de plus de 18 ans, sans antécédents de diabète connus, et hospitalisés pour une infection COVID-19 entre le 11/02/2021 et le 01/07/2022. L’évolution du profil glycémique chez nos patients ayant développé un diabète révélé par l’infection COVID-19 était évaluée par un appel téléphonique avec un délai moyen de 24,5 mois entre l’appel et l’hospitalisation au service COVID-19 et des extrêmes allant de 16 à 33 mois. Résultat Sur un total de 832 patients inclus dans l’étude, 12,9 % ont développé un diabète secondaire à une infection par la COVID-19 au cours de leur hospitalisation. L’âge moyen des patients de ce groupe était de 64,4 ans, avec une prédominance masculine. Parmi les comorbidités, l’hypertension artérielle (HTA) était la plus fréquemment associée au diabète (35 %), suivie par la dyslipidémie (6,5 %). L’HTA était statistiquement corrélée à la survenue de diabète (p=0,037). Le tabagisme actif était observé chez 15 % des patients diabétiques. Sur le plan clinique, les symptômes les plus fréquents étaient la dyspnée (60 %), la fièvre (55,6 %) et la toux (52,8 %). Des signes digestifs tels que la diarrhée (18,5 %) et les douleurs abdominales (3,7 %) ont également été rapportés. Concernant le tableau clinique seulement la diarrhée a été corrélée à l’apparition d’un diabète. À l’admission, 65 % des patients présentaient une hypoxémie. La glycémie aléatoire moyenne était de 14,8mmol/L, et une hyperleucocytose a été notée dans 40% des cas, tandis que la CRP était élevée chez 88,9 % des patients. Ces données n’étaient pas prédictives d’apparition de diabète. L’imagerie thoracique a révélé une atteinte pulmonaire étendue dans 58 % des cas, avec une sévérité classée de sévère à critique dans 29,6 % des cas. La sévérité de l’atteinte pulmonaire est corrélée à l’apparition du diabète révélé par la COVID-19 avec p=0,009, 14 % des patients ayant développé un diabète nouvellement diagnostiqué ont reçu un traitement par diurétiques et une association significative a également été observée entre l’utilisation de diurétiques et le développement du diabète (p=0,039). En revanche, il n’a pas été constaté de différence statistiquement significative concernant l’utilisation de la corticothérapie ou d’autres types de traitements. Deux ans après l’infection, 60 % des patients ayant développé un diabète lié à la COVID-19 ont été confirmés comme étant diabétiques et recevaient un traitement hypoglycémiant à long terme, principalement à base de metformine (66 %), tandis que 14 % étaient sous insulinothérapie. Conclusion En conclusion, cette étude met en évidence l’apparition de diabète chez certains patients hospitalisés pour COVID-19, avec un lien significatif entre l’hypertension artérielle, la sévérité de l’atteinte pulmonaire, et l’utilisation de diurétiques. Ces résultats soulignent l’importance du suivi médical prolongé pour les patients affectés par la COVID-19.
Introduction La mise en œuvre de la ventilation non invasive (VNI) pour les patients souffrant d’insuffisance respiratoire chronique (IRC) à domicile nécessite des ressources et des efforts considérables. Il est donc crucial de s’assurer que les bénéfices de la VNI se traduisent par des améliorations significatives de l’état clinique et de la qualité de vie des patients. Par conséquent, l’évaluation de l’impact de la VNI sur les patients atteints d’IRC implique l’évaluation de plusieurs paramètres, notamment la fonction pulmonaire, la qualité du sommeil, les gaz du sang artériel, les taux de réhospitalisation, les taux de survie et la tolérance au traitement. Une surveillance complète et un suivi régulier sont essentiels pour optimiser la thérapie par VNI et garantir des résultats favorables pour les patients atteints d’IRC. Méthodes Nous avons réalisé une étude transversale comparative incluant des patients bénéficiant d’une ventilation mécanique à domicile suivis dans un service de pneumologie tunisien entre janvier 2022 et décembre 2023. Nous avons comparé la qualité du sommeil de deux groupes : G1 : patients avec une bonne adhérence à la VNI ; G2 : patients non conformes à la VNI. Notre objectif était d’évaluer l’impact de la bonne adhérence à la VNI sur la qualité du sommeil des patients souffrant d’insuffisance respiratoire. Résultats Nous avons inclus 150 patients, dont 66 femmes, avec un âge moyen de 66 ans. Parmi les indications de la VNI, 43 % des patients avaient une BPCO sans syndrome d’apnée du sommeil, 8 % un syndrome de chevauchement, 25 % un syndrome d’obésité-hypoventilation, 16 % une bronchiectasie et 6 % une maladie neuromusculaire. Le groupe 1 (G1) comprend les « patients conformes à la VNI » (n=130, 86 % des cas), tandis que le groupe 2 (G2) inclut les « non conformes » (n=20, 13,4 % des cas). Le sexe n’a pas eu d’influence sur la conformité. Trente-huit pour cent des patients du G1 avaient une mauvaise qualité du sommeil contre 50 % des patients du G2, avec un score d’Epworth supérieur à 9 chez 13,1 % des patients du G1 contre 35 % des patients du G2. Une mauvaise qualité du sommeil était plus fréquemment associée à une hypercapnie (paCO2moyenne=46cmH2O dans le G1 contre PaCO2 moyenne=51cmH2O dans le G2). Conclusion Globalement, les maladies respiratoires chroniques détériorent le sommeil, impactant le temps total de sommeil, l’efficacité du sommeil et l’architecture du sommeil. La ventilation non invasive nocturne peut restaurer la qualité du sommeil, comme documenté par la polysomnographie (PSG). Les bénéfices potentiels du contrôle de l’hypoventilation alvéolaire et de l’utilisation de la ventilation mécanique pour améliorer la qualité du sommeil, notamment dans les cas où un repos des muscles respiratoires est nécessaire, sont ainsi soulignés.
Introduction La pneumonie lipidique est une affection rare qui résulte d’une accumulation pulmonaire de lipides dans les alvéoles. Elle est souvent sous-diagnostiquée à cause d’une présentation non spécifique. Le diagnostic repose sur les données anatomopathologiques. Actuellement, il n’existe pas de recommandations spécifiques pour le traitement de cette maladie. Méthodes Une étude rétrospective d’observations de patients suivis dans le service de pneumologie du CHU Hédi Chaker Sfax durant la période entre 2013 et 2023. Résultats Durant cette période, nous avons colligé 9 dossiers de patients atteints de pneumonie lipidique exogène. L’âge moyen de nos patients a été de 46 ans dont 4 femmes et 5 hommes. L’exposition professionnelle a été notée chez 5 patients. La dyspnée et la toux étaient les symptômes de consultation dans 7 cas, la douleur thoracique était présente dans 1 cas, l’hémoptysie dans 1 cas, la fièvre dans 1 cas et des expectorations dans 1 cas. La confirmation diagnostique a été obtenue par une fibroscopie bronchique avec un LBA dans 4 cas, une biopsie bronchique dans 3 cas, une biopsie chirurgicale dans un cas et une biopsie transpariétale scanno-guidée dans un cas. L’éviction du facteur favorisant était le moyen thérapeutique dans 8 des cas : par un reclassement et une déclaration professionnelle chez 4 patients ou par éviction de la consommation de lipide chez 4 patients, la corticothérapie systémique au long cours chez 6 patients et le traitement du facteur favorisant (reflux gastro-œsophagien) chez 1 patient. Conclusion Nos résultats confirment que la pneumonie lipidique reste sous-diagnostiquée. Il est important de reconnaître les différents facteurs favorisants et les manifestations cliniques de la pneumonie lipidique, afin de réduire son incidence et ses conséquences sur la fonction respiratoire.
Introduction L’asthme représente un défi majeur pour les systèmes de santé à travers le monde. La gestion efficace de cette pathologie repose sur une prise en charge adaptée et individualisée, visant à améliorer la qualité de vie des patients tout en réduisant les exacerbations et les hospitalisations. L’émergence du concept de l’autogestion de l’asthme met le patient au centre de la prise en charge et dans ce contexte, les consultations externes de pneumologie jouent un rôle crucial dans l’évaluation continue et l’optimisation de traitement. Objectif Étudier la prise en charge de l’asthme à la consultation externe de pneumologie au service de CHU Hédi Chaker Sfax sur le niveau de contrôle de la maladie. Méthode Il s’agit d’une étude descriptive transversale réalisée entre janvier et mars 2023 au service de pneumologie du CHU Hédi Chaker Sfax, incluant des patients âgés de plus que 18 ans ayant un asthme diagnostiqué depuis au moins 12 mois. L’échelle ASMQ (Asthma Symptom Monitoring Questionnaire) a été utilisée pour évaluer le niveau de gestion de l’asthme. Un score supérieur à 75 témoigne d’un bon niveau de connaissance sur l’autogestion de l’asthme. L’ACT (Test de Contrôle de l’Asthme) a été utilisé pour évaluer le contrôle de l’asthme. Un asthme bien contrôlé correspond à un score compris entre 20 et 25. Résultats L’étude a inclut 190 patients asthmatiques dont l’âge moyen était de 56 ans, avec un sexe ratio à 0,95. Parmi eux, 44,7 % avaient un niveau d’instruction primaire, et 62,1 % appartenaient à un niveau socioéconomique moyen. Le tabagisme actif était noté chez 12,6 % des patients. Parmi les patients, 65 % étaient exposés aux allergènes et 80 % souffraient de troubles du sommeil. Presque le un tiers des patients étaient en surpoids et 16,4 % avaient une obésité morbide. Près de la moitié d’entre eux étaient suivis depuis plus de 10 ans. Concernant le niveau de sévérité, 34,2 % présentaient un asthme intermittent, 22,6 % un asthme persistant léger, 31,1 % un asthme persistant modéré, et 12,1 % un asthme persistant sévère. Un suivi médical régulier a été rapporté par 89,5 % des participants, tous sous CSI. L’association CSI-LABA a été prescrite à 32,6 % des patients, tandis que les LAMA et les antihistaminiques ont été prescrits respectivement à 32,6 % et 31,6 % des patients. Le score médian des connaissances sur l’autogestion de l’asthme était de 37,5, avec 68,4 % des patients présentant un faible niveau d’autogestion. Concernant le contrôle de l’asthme, le score médian était de 12, avec 65,3 % des patients ayant un asthme non contrôlé, 18,4 % un asthme partiellement contrôlé, et 16,3 % un asthme bien contrôlé. Une corrélation positive significative a été observée entre l’autogestion de l’asthme et son contrôle (p<0,001). Parmi ces patients, 19 % ont été hospitalisés trois fois ou plus, 44,7 % une à deux fois par an. Conclusion Cette étude met en évidence l’importance d’adopter une approche holistique dans la gestion de l’asthme, intégrant les dimensions socioéconomiques, comportementales et environnementales qui influencent l’autogestion et le contrôle de la maladie. Il est crucial de promouvoir une éducation continue et personnalisée des patients, accompagnée d’une communication ouverte et régulière entre les professionnels de santé et les patients. Une telle approche est essentielle pour optimiser le contrôle de l’asthme et améliorer les résultats cliniques.
Introduction Depuis le début de la pandémie du COVID-19, de nombreuses recherches ont été menées afin d’étudier les conséquences de cette infection et particulièrement le COVID long. L’objectif alors est d’étudier la relation entre la sévérité de l’infection à SARS-CoV-2 et le syndrome du long-COVID. Méthodes Il s’agit d’une étude longitudinale rétrospective descriptive et analytique incluant des patients ayant des antécédents d’une infection par le COVID-19, qui avaient présenté des symptômes du long-COVID et qui ont été suivis aux consultations de l’hôpital militaire de campagne de Sfax et du service pneumologie-allergologie à l’hôpital universitaire Hédi Chaker de Sfax – Tunisie. Cette étude a été menée sur une période de 20 mois allant de 11 octobre 2021 à juin 2023. La population a été divisée en deux groupes : groupe 1 (G1) : patient avaient présenté une forme sévère groupe 2 (G2) : patient avaient présenté une forme non sévère. Résultats L’étude a inclut 382 patients (G1 : 284 patients, G2 : 40 patients). Une légère prédominance masculine a été notée dans le G1 (n=158,55 %) par rapport au G2 (n=17 hommes, 42 %) dans G2. On n’a pas noté de différence significative concernant la vaccination anti-COVID-19 (G1 : 82 %, G2 : 85 %, p=0,2). De même, on n’a pas trouvé de différence significative concernant les signes respiratoires notamment la toux persistante (G1 : 39 %, G2 : 40 % ; p=0,24), la dyspnée (G1 : 70 %, G2 : 60 %, p=0,7), la sensation de palpitations (p=0,39) et les douleurs thoraciques (p=0,5). Nous n’avons pas trouvé aussi de différence statistiquement significative pour les troubles anxiodépressifs (G1 : 25 % vs G2 : 15 %, p=0,9), les troubles de mémoire et de concentration, (G1 : 40 % vs G2 : 40 %, p=0,9), les troubles du sommeil (G1 : 35 % vs G2 : 27 %, p=0,9), ainsi que pour la fatigue (G1 : 45 % vs G2 : 35 %, p=0,9). Conclusion Les implications à long terme de l’infection à la COVID-19 suscitent une préoccupation croissante. Selon notre étude, la sévérité de l’épisode aigu de l’infection à COVID-19 n’était pas associé à un risque plus élevé du syndrome long-COVID. Cependant, ce syndrome reste énigmatique et une meilleure compréhension de la pathogenèse, des facteurs de risque, des symptômes et de la prise en charge paraît nécessaire.
Introduction L’insomnie est une plainte fréquente avec une prise en charge souvent complexe et pluridisciplinaire. La détermination de sa prévalence au sein de la population générale et de ses facteurs de risque pourrait contribuer à attirer l’attention du grand public et des acteurs de santé sur l’importance de cet enjeu, et motiver les programmes d’éducation sur l’hygiène du sommeil et du bien-être. Objectifs Mesurer la prévalence de l’insomnie chez des adultes tunisiens, déterminer son impact sur le bien-être général et identifier ses facteurs de risques. Méthodes Il s’agissait d’une étude quantitative épidémiologique transversale en population générale, par un questionnaire en ligne incluant des adultes tunisiens résidents en Tunisie depuis au moins une année. Nous avons utilisé une série de scores d’autoévaluation incluant : l’indice de bien-être de l’Organisation mondiale de la santé (WHO-5), le score de somnolence d’Epworth, l’index de sévérité de l’insomnie (ISI) et le questionnaire sur la santé du patient (PHQ-9). Résultats L’étude a inclus 3074 tunisiens (âge moyen : 36,24±13,57 ans, sexe féminin : 63 %, marié 49 %, tabagique : 43 %, antécédents pathologiques :26 %). Soixante-six pour cent des sujets travaillaient (14,2 % non travailleurs et 19 % des étudiants). Parmi ces sujets, 19,3 % ont un travail de nuit. L’indice moyen de bien-être de l’OMS était à 65 (extrêmes entre 20 et 120). Trente pour cent des tunisiens interrogés avaient une insomnie. Nous avons trouvé une association significative entre l’insomnie et l’IMC (p=0,004), le statut martial (p=0,03) le tabagisme (p=0,004), la consommation des repas copieux (p<10–3) et l’utilisation des traitements antalgiques, hypnotiques ou tranquillisants de façon chronique (p<10–3) ainsi que les antécédents psychiatriques (p<10–3). Concernant l’utilisation des réseaux sociaux, nous avons noté que la durée d’utilisation journalière d’internet est associée à une fréquence plus élevée des troubles du sommeil à type d’insomnie (p<10–3). Ces sujets souffrant d’insomnie ont tendance à avoir une SDE (59,7 %, p<10–3), une dépression sévère (PHQ-9 score≥20 : 93 %, p<10–3) et un retentissement non négligeable sur la qualité de vie (WHO-5 score≤5 : 94,4 %, p<10–3). Conclusion L’insomnie est parmi les troubles du sommeil les plus fréquents au sein de la population tunisienne avec un impact important sur la qualité de vie. Des mesures de lutte contre les facteurs de risque de ces troubles paraient nécessaires.
Introduction La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire invalidante à laquelle on ne dispose pas encore d’un traitement curatif et les moyens thérapeutiques actuels visent seulement à ralentir le déclin de la fonction respiratoire et réduire le risque et l’intensité des exacerbations. Cela souligne la nécessité d’une approche globale, centrée sur le patient. Objectif Étudier l’impact de l’incertitude chez les patients atteints de BPCO au service de pneumologie de Sfax sur l’évolution de la maladie. Méthodes Il s’agit d’une étude descriptive transversale réalisée entre février et mars 2023 au service de pneumologie du CHU Hédi Chaker Sfax, incluant des patients ayant une BPCO confirmée. L’échelle MUIS-A (Mishel Uncertainty in Illness Scale -Adults) a été utilisée pour évaluer le niveau d’incertitude chez ces patients. Un score supérieur à 84 témoigne d’un niveau d’incertitude élevé à très élevé. Résultats L’étude a inclus 61 patients atteints de BPCO avec un âge moyen à 66,66±9,3 ans, et des extrêmes allant de 43 à 84 ans. La dyspnée a été classée au stade 3 ou 4 selon l’échelle mMRC dans 88,6 % des cas. La BPCO a été classée dans le groupe E (77 %), le groupe B (19,7 %) ou le groupe A (3,3 %) en termes de sévérité. La majorité des patients (78,7 %) avait un niveau d’incertitude très élevé ou élevé, 18 % des patients avaient un niveau d’incertitude modéré et seulement 3,3 % avaient un niveau faible. Le score moyen global d’incertitude était de 92,10±13,267, et le score moyen global d’ambiguïté était de 52,62±7,421, indiquant un niveau d’ambiguïté élevée. Cette ambiguïté a été liée principalement à un déficit de connaissance de la maladie (M=3,36±1,461), la gravité de la maladie (M=3,95±0,973), l’intensité de la symptomatologie (M=3,90±0,889), ainsi que l’imprévisibilité de l’évolution de la pathologie et l’incapacité à planifier l’avenir (M=4,2±0,771, M=3,97±0,983). La moitié des patients ayant signalé une connaissance insuffisante de leur maladie avaient une incertitude très élevée ou élevée (50,8 %). La majorité des patients ont eu besoin de se rendre aux urgences pour des exacerbations de BPCO (86,9 %), avec une moyenne de 2±1,49 visites par an. Plus que la moitié des patients (68, 9%) étaient incapables de gérer leur pathologie respiratoire, ce qui a conduit 60,7 % d’entre eux à préférer les soins hospitaliers par rapport aux soins à domicile (39,3 %). Conclusion L’évaluation et la gestion de l’incertitude doivent être intégrées dans l’approche globale de la prise en charge des patients atteints de BPCO. Cette étude met en évidence l’importance cruciale de l’éducation thérapeutique et la prise en charge psychologique de ces patients, en particulier en ce qui concerne l’ambiguïté et la complexité associées à leur état afin d’améliorer leur qualité de vie.
Introduction (contexte de la recherche) Les réactions allergiques aux médicaments notamment les antibiotiques sont des effets secondaires fréquents, mais elles sont souvent surestimées. Ce sur-diagnostic engendre une restriction thérapeutique et l’utilisation d’autres alternatives pouvant être source d’effets indésirables et de perturbation de l’écologie bactérienne. Objectif Le but de notre travail était d’étudier l’intérêt de l’enquête pharmacologique et allergologique dans le diagnostic des allergies aux bêtalactamines. Méthodes Il s’agit d’une étude transversale, monocentrique, descriptive, incluant 38 enfants consultant au service régional de pharmacovigilance à la faculté de médecine de Sfax, pour suspicion d’allergie aux bêtalactamines. Résultats L’âge moyen était de 5 ans et demi ± 3,8. Les signes cutanés étaient les manifestations les plus fréquentes (84,2 %). L’amoxicilline était la molécule la plus utilisée(39,5 %).Une prise médicamenteuse autre que les bêtalactamines était documentée dans 52,6 % des cas. Le délai moyen entre la dernière prise médicamenteuse et la réaction indésirable était inférieur ou égal à une heure témoignant d’une réaction immédiate (31 %) et supérieur à une heure témoignant d’une réaction retardée (69 %). Selon le score de Bégaud, l’imputabilité chronologique était douteuse dans 47 % des cas, et plausible dans 45 % des cas. Elle était vraisemblable chez deux malades. Dans 63,15 % des cas, l’imputabilité globale était douteuse. Elle était vraisemblable chez 3 malades (8 %). Les patch tests ont permis de retenir le diagnostic de l’allergie à l’amoxicilline+acide clavulanique chez un malade. Une IDR à lecture immédiate a permis de confirmer une allergie aux C3G, chez une fille dont le prick test était douteux. Un prick test était positif pour l’amoxicilline acide clavulanique et au C1G et douteux au C3G. En cas d’imputabilité douteuse, la décision était de reprendre toutes les bêtalactamines sans complément par enquête allergologique (16 malades), et sans restriction (4 patients). Conclusions Le diagnostic objectif de l’hypersensibilité aux bêtalactamines est essentiel pour éviter les restrictions de prescription chez les enfants, qui sont plus vulnérables aux infections.
La neutropénie et l'anémie sont des complications fréquentes de la chimiothérapie anticancéreuse en raison de son effet myélotoxique. Déterminer les principaux facteurs prédictifs des perturbations hématologiques chez les patients sous chimiothérapie pour un cancer broncho-pulmonaire. Étude rétrospective descriptive et analytique menée au sein de l'unité d'oncologie du service de pneumologie de l'hôpital Hedi Chaker de Sfax-Tunisie, qui a inclus 397 patients suivis pour un cancer broncho-pulmonaire durant la période allant de 2015 à décembre 2022. Au total, 397 patients ont été inclus dans l'étude avec un âge moyen de 62 ans (46–83 ans). Une nette prédominance masculine a été observée (85 %). Le tabagisme a été notée dans 75 % des cas. Un traitement curatif a été proposé chez 25 % des patients (chirurgie : 6 %, radio-chimiothérapie curative : 19 %). Une chimiothérapie palliative a été indiquée dans 75 % des cas. Une corrélation statistiquement significative a été trouvée entre la survenue d'une neutropénie chimio-induite et le tabagisme (p = 0,023), le nombre initial de globules blancs (p = 0,007), le nombre de cycles de chimiothérapie (supérieur ou égal à six) (p = 0,000), la survenue d'une anémie (p = 0,002), et l'utilisation de fortes doses de corticostéroïdes (p = 0,004). Concernant l'anémie, il existait une corrélation statistiquement significative avec : l'âge (p = 0,046), le sexe féminin (p = 0,036), les comorbidités [diabète(p = 0,006), insuffisance cardiaque (p = 0,004)], le statut métastatique (p = 0,01), le nombre de cycles (p < 0,001), la poursuite d'une chimiothérapie de 2e ligne (p = 0,018) et la survenue d'une neutropénie (p = 0,03). L'identification des facteurs de risque des complications hématologiques au cours du traitement par chimiothérapie chez les patients atteints de cancer broncho-pulmonaire est primordiale vu leur fréquence et leur impact sur la qualité de vie et le pronostic vital.
Introduction (contexte de la recherche) L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies aériennes d’étiologie multifactorielle. La qualité du sommeil et la composante psychologique en particulier la dépression interfèrent avec la qualité de vie des patients asthmatiques. Objectif Évaluer la qualité du sommeil chez les patients asthmatiques et déterminer son impact sur le bien-être général. Méthodes Il s’agissait d’une étude quantitative épidémiologique transversale, par un questionnaire en ligne incluant des adultes tunisiens asthmatiques. Nous avons utilisé une série de scores d’autoévaluation incluant : l’indice de bien-être de l’Organisation mondiale de la santé (WHO-5), le score de somnolence d’Epworth, l’index de sévérité de l’insomnie (ISI), le questionnaire sur la santé du patient (PHQ)-9, et le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI). Résultats L’étude a inclus 152 patients asthmatiques dont l’âge moyen était de 36ans. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 25–34ans (33 %). Une prédominance féminine a été notée (67 %). Dix-sept pour cent des sujets étaient tabagiques actifs, 31 % étaient en surpoids et 19 % étaient obèses. On a noté d’autres pathologies chroniques associées dans 79 % des cas à savoir : les pathologies cardiovasculaires (25 %), un SAOH (11 %), des pathologies psychiatriques (13 %). Vingt pour cent des sujets avaient une obstruction nasale associée et 26 % avaient une sinusite associée. Plus que la moitié des patients (52 %) avaient une qualité de sommeil altérée. Une somnolence diurne excessive a été notée chez 41 % des patients. Vingt-deux pour cent des patients rapportaient une insomnie modérée à sévère. Une dépression modérément sévère à sévère a été retrouvée chez 13 % des asthmatiques recensés. En se basant sur le score de WHO-5, 51 % des sujets asthmatiques avaient une qualité de vie altérée. Conclusions Nos résultats montrent que la maladie asthmatique impacte négativement la qualité de vie des malades. Elle s’associe à un risque plus important des troubles du sommeil ainsi qu’à un fardeau psychologique important.
Introduction (contexte de la recherche) Le Docétaxel peut induire divers effets secondaires cutanés, dont l’hypersensibilité, onychodystrophie et érythrodysesthésie[également appelé syndrome des mains et des pieds].Ces réactions peuvent être graves et invalidantes Objectif Mettre l’accent sur l’erythrodysesthésie ; une réaction cutanée rarement secondaire au Docètaxel et la conduite à tenir face à cette réaction. Méthodes Nous rapportons les cas de deux patients suivis pour une néoplasie au service de pneumologie Hedi Chaker Sfax, Tunisie qui ont présenté le syndrome main-pied sous Docètaxel. Résultats *patient âgé de 52 ans suivi depuis 2019 pour un mésothéliome pleural stade IIIB,secondaire à une exposition professionnelle à l’amiante. Il a reçu plusieurs lignes de chimiothérapie(non disponibilité de l’immunothérapie).Devant la progression tumorale, l’âge jeune et le bon état général, une chimiothérapie par Docétaxel a été indiqué. Huit jours après la 1ére cure, il a consulté pour un syndrôme main-pied de Grade 3.Il a été traité par des corticostéroïdes locaux, des pansements occlusifs et le refroidissement local, avec la supplémentation en vitamine B6 et vitamine E.L’évolution a été favorable et il a reçu 2 autres cures de chimiothérapie après enquête de pharmacovigilance et un protocole de désensibilisation *patiente âgée de 62 ans, suivie depuis 2022 pour un adénocarcinome pulmonaire Stade IVa. Elle a reçu une chimiothérapie palliative par Cisplatine-Vinorelbine puis par Docétaxel devant la progression de sa maladie. Une semaine après la première cure, elle a développé un syndrome main- pied grade 2 avec une photosensibilité et une hyperpigmentation du visage. Elle a été mise sous corticostéroïdes locaux, hydratation de la peau et éviction solaire avec une évolution favorable. Après enquête de pharmacovigilance, la décision était de poursuivre le traitement à la dose minimale efficace recommandée sous surveillance et en respectant les mesures de prévention. Conclusions L’erythrodysesthésie est une réaction fréquente avec plusieurs chimiothérapies mais rarement décrite avec le Docètaxel. D’où l’intérêt d’une étude de pharmacovigilance. La conduite à tenir face à cette réaction varie entre la réintroduction du traitement avec des mesures de précaution et l’arrêt.
Le montélukast, antagoniste des récepteurs de leucotriènes, a prouvé son efficacité dans le traitement d'asthme, pour la prophylaxie et la prévention de la bronchoconstriction induite par l'exercice physique. Il est également indiqué pour soulager les symptômes de la rhinite allergique saisonnière et perannuelle. L'élargissement de son spectre d'utilisation conditionne une prise de conscience des effets secondaires engendrés par cette molécule. Étude prospective établie dans le service de pneumologie de l'hôpital Hedi Chaker de Sfax, en Tunisie. Quatre-vingt-trois patients (âge moyen : 42,2 ± 15 ans) ont été évalués après un traitement de 4 à 6 semaines. Il y avait 73 cas d'asthme et 10 cas de toux post-infectieuse COVID-19. Un traitement par 10 mg de montélukast a été administré à nos patients. Parmi les patients asthmatiques, 81,5 % ont rapporté une nette amélioration des symptômes diurnes de l'asthme et 90 % des symptômes nocturnes. Une atténuation des signes tels que l'éternuement/démangeaison (82 %), la rhinorrhée (80,7 %), la congestion nasale (79,3 %), le larmoiement (77,8 %) et la rougeur oculaire (65 %) a été vue. Des effets indésirables ont été observés chez 23 patients comme des événements neuropsychiatriques tels qu'une dépression anxieuse qui s'est produite chez trois patients, des troubles du sommeil chez un patient et la survenue d'un ronflement chez un enfant. Les autres effets secondaires, tels que les maux d'estomac (23 %) et les maux de tête (12 %) ont été mentionnés aussi. Les effets secondaires neurologiques sont jugés les plus graves. Une prise de conscience de leurs survenus indique un dépistage précoce.