OBJECTIVES:Although ultrafine particles are suspected to contribute significantly to occupational exposure to crystalline silica, they have not yet been definitively identified in workplaces or human tissues. METHODS:Particles were generated in three 60-minute tests in a glove box: cutting kerb or granite pavement, drilling solid cinder block. The particle concentrations per cm3 of air in the box and their mean size were analysed online and using transmission electron microscopy and energy dispersive X-ray analysis (EDX). 17 mediastinal lymph node (MLN) samples from construction workers who underwent lung cancer surgery were examined by Fourier transform infrared spectroscopy (FTIR) and 8/17 by scanning electron microscopy (SEM) with EDX analysis. RESULTS:The particle concentration was high when cutting kerb or granite pavement (10 000-20 000 cm-3 and 50 000-160 000 cm-3, respectively), while below 1000 cm-3 for drilling cinder block. The aerosol consisted mainly of submicron emissions with a nanometric fraction (ie, <100 nm), showing two main modes: 351 nm to 16 nm for kerb, 407 nm to <16 nm for granite pavement and 310 nm to 17 nm for cinder block processing. Ultrafine silica particles were only identified in kerb and granite cutting samples.Analysis using FTIR revealed an Si signal in 15/17 of the MLN samples and SEM and EDX analysis detected geometric particle deposition with Si spectra, particularly nano-sized particles, in the eight analysed samples. CONCLUSION:Ultrafine silica particles are produced in conditions that mimic typical construction work processes, but the quantity produced varies according to the task. Similar characteristics were observed in ultrafine silica particles in both MLN samples and experimental aerosols.
Contexte Le mésothéliome pleural est un cancer rare dont le lien avec l’amiante est bien connu et l’origine professionnelle de la maladie fréquemment impliquée. Objectif Ce travail fait le bilan des démarches médico-sociales (déclaration en maladies professionnelles (DMP) et/ou demande d’indemnisation auprès du FIVA) engagées par les sujets inclus dans le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) entre 1999 et 2023 (départements concernés : 06, 13, 14, 20, 24, 25, 33, 38, 40, 44, 47, 50, 59, 61, 64, 67, 68, 76, 80, 83, 93, et 94) et des facteurs associés à ces démarches. Méthode Les DMP ont été analysées sur la période 1999 à 2023 et les demandes d’indemnisation auprès du FIVA sur la période 2005 à 2023 chez les sujets ayant un diagnostic de mésothéliome pleural confirmé par le groupe d’experts anatomopathologistes ou clinique. Pour ce faire, les tests du Chi2 et de Fischer ont été réalisés ainsi que des régressions logistiques multivariées ajustées sur l’âge au diagnostic, le statut marital, la catégorie socio-professionnelle (CSP) du dernier emploi et la probabilité d’exposition professionnelle à l’amiante déterminée par les experts hygiénistes. Résultats Parmi les 6081 cas avec diagnostic confirmé de mésothéliome, 4569 relevaient du Régime général de la Sécurité sociale (RGSS) et 56 % d’entre eux ont effectué une DMP. Chez les hommes, l’analyse multivariée montre que la DMP est liée au statut d’ouvrier, à un âge inférieur à 75 ans, au fait de vivre de couple et à la probabilité d’exposition professionnelle à l’amiante. Parmi les 5201 cas du PNSM enregistrés à partir du 01/01/2005, 65 % des sujets effectuent une demande d’indemnisation auprès du FIVA. Le recours au FIVA est significativement lié au sexe, à l’âge, au statut marital, au régime de protection sociale et à l’exposition à l’amiante. Il a été objectivé des différences des démarches entreprises entre les départements du PNSM. Sur les 3932 patients relevant du RGSS sur la période 2005–2023, si 48 % des sujets ont effectué une demande conjointe DMP/FIVA, 20 % ont uniquement fait une demande au FIVA, 8 % uniquement une DMP et 25 % des sujets n’ont fait aucune demande. Conclusion Une proportion élevée de sujets n’effectue aucune démarche ou des démarches médico-sociales incomplètes, ce qui souligne l’importance de l’information des acteurs de santé et de l’accompagnement médico-social des patients. À ce titre, la perspective de proposition de prise en charge systématique des mésothéliomes par un Centre régional de pathologies professionnelles et environnementales (CRPPE) dans le nouveau Dispositif national de surveillance du mésothéliome vise à réduire les inégalités territoriales et de prise en charge médico-sociale.
The Conta-Lait study by the French Agency for Food, Environmental and Occupational Health and Safety (ANSES) and the 2024 report by the French High Council for Public Health (HCSP) on breastfeeding, highlight the presence of contaminants in breast milk, a finding consistent with international data. Understanding the presence of these contaminants equires monito-ring the exposure and contamination of women of childbearing age during pregnancy and breastfeeding. These contaminants originate in various environmental sources, including food, outdoor and indoor air, cosmetics, household products and occupational exposure. This review summarises the sources responsible for the exposure of the population, including breastfeeding women, and outlines actions and recommendations to improve protection.
Background/Objective: This study aimed to develop and validate an automated framework for detecting pleural plaques (PPs) at the patient level using a single chest CT scan. Methods: A database of chest CT scans with corresponding individual binary annotations for PP presence was first established through expert visual assessment, based on consensus among a board of specialized radiologists. This dataset served to train and validate a patient-level classification framework for automated PP presence detection. This framework leverages a pre-trained PP segmentation network, thus obviating the need for retraining large-scale deep learning models. This segmentation backbone is supplemented by a lightweight classification module that integrates the network’s outputs to infer the presence or absence of PPs at patient level. Furthermore, a patch-wise processing strategy was employed to optimize computational efficiency and training time while retaining critical local contextual information. Results: The framework was evaluated on a cohort of 1241 retired workers with documented occupational asbestos exposure, using 10-fold cross-validation (30% training, 10% validation, 60% testing). It achieved a balanced accuracy of 97.0%, sensitivity of 96.6%, and specificity of 97.4%, demonstrating performance slightly superior to that of two expert radiologists (balanced accuracy: 90.9%/91.4%, sensitivity: 88.0%/88.8%, specificity: 93.9%/94.1% for Expert1/Expert2) and substantially superior to that of a radiologist without specialized expertise in asbestos-related manifestations (balanced accuracy: 80.0%, sensitivity: 75.1%, specificity: 84.8%). Conclusion: The proposed framework demonstrates strong potential for automated patient-level identification of pleural plaques from a single CT scan. Our approach could be particularly useful in screening settings that involve compensation claims related to occupational diseases.
Le mésothéliome pleural est un cancer rare touchant la plèvre, enveloppe protectrice pulmonaire, et responsable de 1000 décès par an en France. Sa prévalence est en augmentation, notamment chez les femmes. Le premier facteur de risque identifié est l’amiante, expliquant près de 8 cas sur 10, principalement chez les hommes. D’autres facteurs, comme les radiations ionisantes, dont le radon, gaz naturel radioactif et 2e cause de cancer du poumon après le tabac, sont suspectés. Une co-exposition à l’amiante et au radon pourrait potentialiser le risque de cancers. Les études expérimentales chez le rat tendent vers un surrisque de pathologies malignes pulmonaires, dont le mésothéliome, lors d’une exposition combinée à des facteurs cancérogènes. Le risque de survenue d’un cancer du poumon pourrait être multiplié par 2 à 4 de lors une co-exposition à la fumée de tabac et au radon. Un surrisque de tumeurs pulmonaires est également observé en cas d’injection intra-pleurale de fibres minérales et d’exposition au radon. L’incidence de mésothéliome chez les rats irradiés en région thoracique après injection de chrysolite intra-pleurale a été évaluée à 11,8 %, contre 3,8 % en cas d’injection seule, et 0,1 % chez les témoins. Selon le type de fibres minérales injecté, des différences de survie selon les types ont été mises en évidence, avec une survenue plus précoce lors de l’injection de chrysolite comparée au crocidolite ou fibres de verre. En cas d’injection de fibres sous-cutanée, aucune sur-incidence de cancer bronchopulmonaire ou mésothéliome n’a été observée. Ces résultats soulignent l’intérêt d’intégrer le radon dans l’évaluation des expositions professionnelles et environnementales et la survenue du mésothéliome chez l’homme. Le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM), mis en place en 1998 afin de suivre et d’améliorer les connaissances sur ce cancer rare, offre la possibilité de telles analyses. Il regroupe tous les cas de mésothéliomes recensés par le PNSM entre 1998 et 2023 sur 21 départements français, soit plus de 4000 cas. L’exposition à l’amiante a été estimée à partir des calendriers professionnels et les environnements extra-professionnels par des hygiénistes industriels, celle au radon à partir des données géographiques et le type de résidence au cours de la vie entière. Ces analyses pourraient permettre d’affiner les connaissances sur les effets d’une co-exposition amiante-radon dans la survenue du mésothéliome chez l’homme, et d’améliorer les actions de prévention dans les secteurs et territoires concernés.
Objectif Décrire les résultats de la phase d’inclusion des sujets âgés de 65 à 74 ans. Méthodes Les critères d’inclusion étaient : sujets âgés de 55 à 74 ans, exposés à des agents cancérigènes professionnels du groupe 1 de l’Agence internationale de recherche sur le cancer et fumeurs ou anciens fumeurs depuis moins de 15 ans. La première phase de l’étude a porté sur des sujets âgés de 65 à 74 ans dans deux départements français afin de tester la faisabilité. Le dépistage du cancer du poumon était basé sur un scanner à faible dose (CT) et une spirométrie, suivis d’un scanner annuel pendant 2 ans et d’un suivi téléphonique à 3 ans. Résultats Des courriers ont été envoyés à 247 152 sujets par le Centre régional de coordination du dépistage du cancer pour inviter l’ensemble de la population âgée de 65 à 74 ans à participer dans les deux départements. Parmi les 21 502 répondants (8,7 %), 311 (1,4 %) ont été inclus. L’exposition à l’amiante était prédominante (92 %), mais les co-expositions étaient également fréquentes (73 % à la silice cristalline et 48 % aux fumées de soudage) ; 45 % étaient des fumeurs actifs au moment de leur inclusion et 37 % d’entre eux ont accepté de consulter un spécialiste du sevrage tabagique. Les scanners à l’inclusion ont révélé des anomalies chez 19 (6,1 %) d’entre eux, 7 (2,4 %) ont reçu un diagnostic de cancer du poumon : 3 au stade IA, 3 au stade IIA et 1 au stade IIB ; le taux de faux positifs était de 4,2 %. Conclusion Cette étude de faisabilité, réalisée avant d’envisager une mise en œuvre à l’échelle nationale, a fourni de nouvelles informations montrant que la population sélectionnée présentait effectivement un risque élevé de cancer du poumon et que le dépistage permettait de détecter efficacement les stades précoces.
Introduction: The LUng Cancer Screening Occupational exposure (LUCSO) program was designed as a feasibility study of organized screening for lung cancer in subjects with occupational exposure to lung carcinogens in France. Herein, we report the program’s entry-level (baseline) findings. Methods: The inclusion criteria were subjects aged 55 to 74 years, with sufficient exposure to International Agency for Research on Cancer group 1 occupational carcinogens and smoker or ex-smoker for less than 15 years. The first phase of the study addressed subjects aged 65 to 74 years in two French regional counties to test feasibility. Lung cancer screening was based on a low-dose computed tomography (CT) scan at baseline and spirometry, followed by an annual CT scan for 2 years and telephone follow-up at 3 years. Results: Letters were sent to 247,152 subjects from the Regional Cancer Screening Coordination Center inviting them to participate, allowing eligibility screening by letter. Among the 21,502 respondents (8.7%), 311 (1.4%) were included. Asbestos exposure predominated (92%), but co-exposures were also frequent (73% crystalline silica and 48% welding fumes); 45% were active smokers at inclusion, and 37% of them agreed to consult a smoking-cessation specialist. Baseline CT scans revealed anomalies in 19 (6.1%); seven (2.4%) were diagnosed with the following stages of lung cancer: three stage IA, three stage IIA, and one stage IIB; the false-positive rate was 4.2%. Conclusion: Before considering nationwide implementation, this feasibility study provided new real-life insights finding that the selected population was indeed at high risk of lung cancer and that screening effectively detected early stages.
Background Asbestos, mineral wool (MW), refractory ceramic fibres (RCF) and silica are among the most common exposures to mineral particles in the workplace.Objective To study the effect of coexposure to asbestos and MW, crystalline silica or RCFs and the risk of lung cancer and mesothelioma.Methods The Asbestos-Related Diseases Cohort is a surveillance programme in retired workers exposed to asbestos during their working life. Complete job histories were collected and occupational exposure to asbestos was assessed by an expert, while occupational exposure to MW, RCFs and silica was assessed using French job-exposure matrices. Cox proportional hazards models were used to estimate HR and 95% CI for lung cancer mortality and lung cancer incidence and for mesothelioma mortality or mesothelioma incidence.Results In this population of workers exposed to asbestos, in the mortality study, exposures to MW, crystalline silica and RCFs were not found to be associated with lung cancer after adjustment for smoking and asbestos, nor with mesothelioma after adjustment for asbestos. In the incidence study, there was an association between exposure to crystalline silica (ever exposed) and mesothelioma (HRa=1.75, 95% CI 1.17 to 2.62).Conclusion Crystalline silica is not known to induce mesothelioma but coexposure to asbestos could increase the effect of asbestos on the mesothelial cells.
Introduction En 2015, des recommandations de bonnes pratiques françaises prônaient la mise en place d’une expérimentation d’un dépistage du cancer broncho-pulmonaire (CBP) par scanner thoracique basse dose chez des sujets exposés ou ayant été exposés professionnellement à des agents cancérogènes pulmonaires. L’objectif est d’évaluer la faisabilité d’un dépistage du CBP par scanner thoracique basse dose annuelle, avec une organisation centralisée, chez des sujets présentant à la fois une exposition professionnelle à des agents cancérogènes pulmonaires et une consommation tabagique élevée. Méthodes Cette étude interventionnelle s’est déroulée dans deux départements : la Gironde et le Val de Marne, financée par l’INCa, la Direction des risques professionnels de la CNAM et en partenariat avec les Centres régionaux de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) des deux régions. Les critères d’inclusion sont les sujets âgés de 55 à 74ans, à haut risque de CBP défini sur le niveau de tabagisme et les facteurs de risques professionnels. Les participants ont été recrutés par l’envoi d’un courrier par les CRCDC comprenant un auto-questionnaire relatif aux expositions professionnelles et au tabagisme à renvoyer aux Centres spécialisés de référence (Créteil et Bordeaux) pour évaluer leur éligibilité. Après évaluation du niveau de risque de CBP, une visite d’inclusion était organisée, suivie par un dépistage incluant un scanner thoracique faible dose non injecté et une spirométrie. Les scanners étaient interprétés par deux radiologues expérimentés avec un suivi des nodules réalisé selon un consensus d’experts français. Une incitation à un programme de sevrage tabagique était systématiquement délivrée aux sujets fumeurs actifs. Le scanner thoracique basse dose était renouvelé tous les ans pendant deux ans (trois scanners thoraciques à T0, T1an et T2ans). Résultats Les résultats présentés sont ceux de la phase d’inclusion T0 des sujets âgés de 65 à 74ans. Au total, 247 000 courriers ont été envoyés dans les deux départements. Le taux de retours est de 8,7 %. Après analyses des auto-questionnaires, 510 (2,4 %) sujets étaient éligibles parmi lesquels 307 (60,2 %) ont été inclus et 305 scanners ont été réalisés. Les raisons de non-inclusion étaient la réalisation d’un scanner thoracique dans l’année, le diagnostic de CBP, les sujets injoignables ou refusant de participer. Le dépistage est positif pour 16 (5,2 %) sujets avec un diagnostic de CBP confirmé après la prise en charge pneumo-oncologique pour 5 (1,6 %) sujets. Pour 3 sujets, le cancer était au stade IA et pour deux sujets au stade IIB. Le dépistage est indéterminé chez 73 (24 %) sujets et négatif chez 218 (71 %) sujets. Le scanner thoracique de dépistage révèle également des calcifications coronariennes sévères chez 89 (29 %) sujets. Conclusion Un dépistage organisé du cancer du poumon est réalisable dans une population de sujets exposés professionnellement à des cancérogènes. Le taux de cancer du poumon dans cette population à haut risque de cancer du poumon présentant des expositions professionnelles et un tabagisme élevé semble plus élevé que celui des essais cliniques randomisés princeps NLST (États-Unis) et NELSON (Europe). Le déploiement de l’étude chez les sujets âgés de 55 à 64ans est en cours.
The aim of this study was to analyse the incidence and mortality from various digestive cancer sites and their potential link with pleural plaques, in a French cohort of workers previously occupationally exposed to asbestos. We conducted a 10-year follow-up study in 13,481 male subjects, included in the cohort between October 2003 and December 2005, for whom asbestos exposure was assessed by calculation of a cumulative exposure index (CEI) in equivalent fibres.years/mL for each subject. We conducted an incidence study and a mortality study. Complementary analysis was restricted to men who had performed at least one chest CT-scan (N = 4,794). We used a Cox model with age as the time axis variable, adjusted for smoking, time since first exposure (TSFE), CEI to asbestos and the existence of pleural plaques on CT-scan. In the incidence study, a significant dose–response relationship was observed between CEI to asbestos and oesophageal cancer (HR 1.03, 95
OBJECTIVE:Non-small-cell lung cancer (NSCLC) remains a major public health concern, with tobacco and environmental exposures to carcinogens (such as asbestos, radon, and silica) recognized as major risk factors. This study investigates the impact of occupational exposure, particularly to crystalline silica on peri‑ and postoperative outcomes in patients undergoing surgery for NSCLC. METHODS:A retrospective analysis was performed on 251 patients who underwent lobectomy or segmentectomy between 2018 and 2021, with occupational exposure data collected postoperatively. RESULTS:Our findings suggest that patients with occupational exposure, particularly to silica, asbestos, or multiple carcinogens, have more complex surgical courses, including longer operative times, higher rates of conversion from minimally invasive to open surgery, and increased postoperative complications (Clavien-Dindo grade II or higher). Preoperative lymph node staging was less accurate in exposed patients, in part because of inflammatory changes such as fibro-hyaline lesions, which can cause false-positive PET/CT findings. CONCLUSIONS:The study highlights the need for tailored surgical strategies and accurate lymph node staging in exposed individuals. Future research should focus on prospective studies to refine perioperative management and explore the biological mechanisms driving these complications.
BACKGROUND:Ultrafine particles are present in ever greater quantities in the workplace and only one epidemiological study to date has found an association with the occurrence of lung cancer. OBJECTIVE:To investigate the effect of occupational exposure to ultrafine particles on the risk of lung cancer. METHODS:The ARDCO is a surveillance program involving retiree workers who had been exposed to asbestos during their working life. Exposure to ultrafine particles over the complete lifetime occupational history was assessed using the French job exposure matrix MATPUF. Cox proportional hazard models were used to estimate hazard ratios (HRs) and 95% confidence intervals (95% CI). RESULTS:There was no association between exposure to ultrafine particles and lung cancer after adjustment for smoking and exposure to asbestos and crystalline silica. CONCLUSION:The findings do not indicate increased risks of lung cancer for UFP after adjustment for level of exposure to asbestos, crystalline silica, and smoking status. CLINICAL TRIAL NUMBER:Not applicable.
ContexteLa bronchopneumopathie obstructive chronique (BPCO) est une maladie fréquente qui concerne environ 7,5 % de la population française de plus de 45 ans, soit environ 3,5 millions d’adultes. Cependant, il existe des disparités importantes de prévalence en fonction des régions et du sexe. Largement sous-diagnostiquée (deux tiers des patients ignorent leur diagnostic), cette maladie est responsable d’une morbi-mortalité importante. Il existe peu de connaissance de l’impact de la BPCO sur le travail, en particulier sur la fin de carrière professionnelle. L’objectif de cette étude est d’analyser l’impact de la BPCO sur la fin de la carrière professionnelle.MéthodeUne étude cas-témoins multicentrique a permis d’inclure 720 patients atteints de BPCO et 404 témoins sans BPCO âgés de 58 à 80 ans, recrutés dans des services de pneumologie ou de pathologie professionnelle de 6 centres hospitaliers français. Les données médicales et socioprofessionnelles (sous la forme d’un curriculum laboris complet) ont été recueillies lors d’un entretien en face à face et dans les dossiers médicaux. Une analyse multivariée par régression logistique ajustée sur la classe d’âge de début d’emploi, le sexe, le niveau d’étude, le statut tabagique, l’exposition à des facteurs de risque professionnels de BPCO, la présence de toux et d’expectorations chroniques, a été effectuée afin de déterminer le risque d’être sans-emploi en cas de BPCO à deux âges clés : 58 et 60 ans. Dans une même modélisation, une recherche des facteurs influençant la survenue d’une retraite ou une inactivité à 58 et 60 ans a été effectuée avec ajustement sur les mêmes paramètres avec en plus le statut BPCO et les scores mMRC, ADO (Age, Dyspnea, Obstruction) et GOLD.RésultatsLes patients atteints de BPCO sont significativement plus souvent à la retraite ou en inactivité à 58 ans que les sujets témoins (55,1 % contre 37,9 % ; p<0,0001) avec un odds ratio (OR) ajusté sur les critères précédemment décrits à 1,51 [IC95 % : 1,08–2,13]. À l’âge de 60 ans, les patients atteints de BPCO sont significativement plus souvent à la retraite ou en inactivité (82,5 % contre 64,7 % ; p<0,0001) avec un OR ajusté à 2,11 [IC95 % : 1,24–3,40]. Le score de GOLD, ainsi que l’augmentation du score mMRC, sont associés à un risque accru de retraite ou d’inactivité à 58 ans. Seule l’augmentation du score mMRC est associée à ce risque à 60 ans (p de tendance=0,003). Que ce soit à 58 ou 60 ans, les moyennes du VEMS et du score ADO ne sont pas différentes entre sujets BPCO actifs et inactifs ou retraités.ConclusionLa BPCO est associée à une augmentation significative du risque d’être sans-emploi ou en retraite que cela soit à l’âge de 58 ou 60 ans.
OBJECTIVE:To investigate the association between occupational exposures to carbonaceous unintentionally emitted nanoscale particles (UNPs) during pregnancy and the child's language development and behaviour at two years old. METHODS:Using data from the French Longitudinal Study of Childhood - ELFE, we selected mothers who worked during pregnancy and their children. Exposure to carbonaceous UNPs was assessed by the MatPUF (job-exposure matrix for ultrafine particles). Children's lexical development was analysed using 'the Mac Arthur - Bates communicative development inventories-words and sentences-short form' (MB-CDI) in a multivariate binary logistic regression. Their risk for autism spectrum disorders was studied using 'the Modified-CHecklist for Autism in Toddler' (M-CHAT) according to the recommended thresholds (low risk = 0-2; intermediate risk = 3-6 and high risk = 7-23) in unordered multinomial logistic regression models. RESULTS:Maternal occupational exposure to carbonaceous UNPs was associated with delayed child language development (ORadj: 1.34; 95 % CI: 1.00, 1.80) but not with behavioural disorders (autism spectrum disorders) at two years old. CONCLUSION:This is the first epidemiological study to show a significant association between maternal occupational exposure to carbonaceous nanoscale particles and child language development at 2 years old.
Introduction La question de la sous-déclaration des maladies professionnelles (MP) liées à une exposition à l’amiante est régulièrement posée en France. Le suivi de la cohorte multicentrique française de surveillance médicale de sujets ayant été exposés à l’amiante (ARDCO), permet entre autres de connaître les démarches médico-légales entreprises, d’une part, suite au dépistage de pathologies thoraciques bénignes après tomodensitométrie (TDM), et d’autre part, de reconnaissance en MP de pathologies malignes. Méthodes Les reconnaissances de MP ont été analysées en juillet 2021 parmi 13 289 sujets volontaires de la cohorte recrutée entre 2003 et 2005. Résultats Quinze pour cent des sujets inclus dans la cohorte avaient au moins une reconnaissance en MP liée à l’amiante (78,2 % de pathologie pleurale bénigne, 10,3 % d’asbestose, 14,2 % de cancer bronchique et 6,0 % de mésothéliome). Seules 58 % des plaques pleurales signalées par le radiologue ayant réalisé la TDM ont donné lieu à une reconnaissance en MP. Parallèlement, 88,7 % des mésothéliomes identifiés à partir des bases de la sécurité sociale et 46,9 % des cancers du poumon ont été reconnus en MP. Conclusions Cette étude confirme la faisabilité de la mise en place d’un dispositif facilitant la reconnaissance des MP liées à l’amiante. Celle-ci pourrait être améliorée par une meilleure formation des acteurs médicaux impliqués.
ContexteEn 2015, la Société française de santé au travail, la Société de pneumologie de langue française et la Société française de radiologie ont rédigé des recommandations de bonne pratique clinique préconisant la mise en place d’une expérimentation sur le dépistage du cancer du poumon chez les sujets exposés ou ayant été exposés professionnellement à des cancérogènes pulmonaires.ObjectifÉvaluer la faisabilité d’un dépistage organisé du cancer du poumon dans une population exposée professionnellement à des cancérogènes pulmonaires.MéthodesÉtude interventionnelle dans deux départements incluant les sujets de 55 à 74 ans, ayant une exposition à des cancérogènes pulmonaires professionnels (groupe 1 du CIRC) et fumeurs ou ex-fumeurs. L’étude se déroule en plusieurs étapes : (1) envoi par les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers aux personnes âgés de 55 à 74 ans d’une lettre d’invitation au dépistage avec un auto-questionnaire comprenant un cursus laboris et l’historique du tabagisme ; (2) évaluation de l’exposition professionnelle à des carcinogènes pulmonaires et vérification de l’éligibilité ; (3) mise en œuvre du dépistage par scanner thoracique basse dose. Le suivi des nodules est réalisé selon un consensus d’experts français ; et (4) prise en charge pneumo-oncologique : la démarche diagnostique repose sur les recommandations de bonne pratique clinique de la Haute Autorité de santé. Une incitation au sevrage tabagique est systématiquement proposée aux fumeurs actifs. Le scanner thoracique basse dose est renouvelé tous les ans pendant deux ans (T0, T1 an et T2 ans).RésultatsLes résultats présentés sont ceux de l’inclusion T0, pour les sujets âgés de 65 à 74 ans. Dans les deux départements, 247 000 courriers ont été envoyés. Le taux de retours est de 8,7 % (n=21 450). Après analyse des auto-questionnaires, 510 (2,4 %) sujets étaient éligibles parmi lesquels 309 (60,6 %) ont été inclus. Un diagnostic de cancer du poumon a été posé pour 6 (1,9 % sujets). Une incitation à un sevrage tabagique a été proposée à tous les fumeurs actifs. Parmi les sujets non éligibles, 3242 (15,1 %) étaient éligibles à un suivi post-professionnel du fait d’une exposition à des cancérogènes pour le poumon, la vessie, les fosses nasales ou à la silice cristalline sans silicose connue.ConclusionUn dépistage organisé du cancer du poumon est réalisable dans une population de sujets exposés professionnellement à des cancérogènes. Le déploiement de l’étude chez les sujets âgés de 55 à 64 ans est en cours. Il pourrait également être possible d’intégrer une démarche active pour la mise en place d’un suivi post-professionnel dans le cadre de ce dépistage initialement ciblé sur les cancérogènes pulmonaires.
Introduction. - Questions concerning under-reporting of occupational diseases (OD) linked to asbestos exposure are regularly voiced in France. Monitoring of the French multicenter Asbestos- Related Disease Cohort (ARDCO), which ensures post-occupational medical surveillance of subjects having been exposed to asbestos, provides information on (1) the medico-legal steps taken following screening by computed tomography (CT) for benign thoracic diseases, and (2) recognition of OD as a causal factor in malignant diseases. Methods. - OD recognition - and possible compensation - was analyzed in July 2021 among 13,289 volunteers in the cohort recruited between 2003 and 2005. Results. - Fifteen percent of the subjects in the cohort were found to have at least one recognized asbestos-related OD (78.2% benign pleural disease, 10.3% asbestosis, 14.2% lung cancer, and 6.0% mesothelioma). Only 58% of pleural plaques reported by the radiologist who performed the CT resulted in their recognition as ODs. On a parallel track, 88.7% of the mesotheliomas identified based on French National health insurance data and 46.9% of lung cancers were recognized as ODs. Conclusions. - This study confirms the feasibility of a system designed to facilitate recognition, leading to possible compensation, of asbestos-related occupational diseases. The system could be improved by better training of the medical actors involved. (c) 2024 SPLF. Published by Elsevier Masson SAS. All rights are reserved, including those for text and data mining, AI training, and similar technologies.
Abstract Introduction The National Lung Screening Trial showed the efficacy of chest CT scan screening for population aged 55–74 years, smokers or ex-smokers (≤15 years) with over 30 pack-years. There was no recommendation for occupational lung carcinogens. The aim of this recommendation was to define the occupational health surveillance for workers exposed, or have been exposed, to pulmonary occupational carcinogens. This recommendation was requested by Direction du Général du Travail with participation of Société Française de Médecine du Travail, Société de Pneumologie de Langue Française, Société Française de Radiologie and several physicians. Materials and Methods For this topic, we used the methodology ‘Recommendations for clinical practice’ recommended by the Haute Autorité de Santé. Results Twenty-six recommendations were issued for the occupational health surveillance for workers exposed, or previously exposed, to pulmonary carcinogens. The Working Group recommended the implementation of a trial taking into account the level of exposure to all known occupational lung carcinogens and smoking status. The aim is to test the feasibility of low-dose thoracic CT screening in a population at high risk of lung cancer. Other recommendations were on exposure diagnosis, prevention, traceability, and the role of the occupational health department and maintaining employment. Conclusions In the first step, the Working Group recommended the implementation of a feasibility study in two French departments, in subjects aged 55 to 74 years, occupationally exposed, or previously exposed, to lung carcinogens, smokers or ex-smokers. This feasibility study is conducted in two specialized centres with annual CT scan during two years.
IntroductionL’imputabilité consiste à estimer la force de la relation causale entre exposition et pathologie chez un sujet donné. Le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) utilise actuellement une méthode basée sur l’avis d’expert, sujet à une variabilité intra/interindividuelle. Le développement d’une méthode reproductible et codifiée apparaît nécessaire. L’objectif de ce travail est de décrire la méthodologie employée pour l’élaboration d’une nouvelle méthode en santé au travail.Matériel et méthodesLa première phase a consisté en une revue rétrospective des bases Pubmed et ScienceDirect selon les mots clés « imputability OR imputation OR causal OR causality OR causation OR method OR assessment OR approaches » associés aux domaines des vigilances en santé et de la santé au travail, ainsi que des méthodes nationales officielles dans ces domaines. La seconde phase a consisté à l’élaboration de la méthode à partir de l’analyse de la littérature par un groupe d’experts en prenant pour base une grille non validée élaborée en 2008. La pondération des critères a été effectuée en utilisant une méthode de régression logistique issue des travaux de Arimone et al. modélisant un jugement consensuel d’expert et consistant à estimer les poids (=β) des critères selon la formule Logit(p)=ΣβiXi avec p la probabilité d’imputabilité et Xi la réponse au critère. Pour cela, 32 observations ont été évaluées par deux groupes d’évaluateurs membres du RNV3P : le groupe A composé de 7 évaluateurs estimant par consensus les probabilités de référence pa1 des cas et le groupe B composé de 11 évaluateurs déterminant les réponses Xib de chaque critère. Les analyses statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel SAS version 9.4 (SAS Institue, Cary, NC, États-Unis).RésultatsDeux modèles selon la nature aiguë ou chronique de la pathologie ont été élaborés sur un modèle algorithmique pondéré mixant 10 critères : chronologie, durée d’exposition, probabilité d’exposition, niveau d’exposition, évolution de la pathologie, récidive de la pathologie à la réexposition, examen(s) complémentaire(s), élément(s) en faveur du lien, données de la littérature et autre(s) cause(s) possible(s). Plusieurs modèles de pondération ont été élaborés selon la nature des pathologies chroniques et aiguës, en cours de finalisation.ConclusionLes tests de pondération ont montré de bons résultats pour les pathologies chroniques. Des ajustements dans les modalités de réponse à certains critères sont nécessaires pour les pathologies aiguës. Des tests de validité et de reproductibilité de la méthode pondérée testés sur 60 observations issues du RNV3P ont été réalisés.
ObjectiveThe aim of this study was to confirm the relationship between several parameters of exposure to asbestos and pleural plaques (PP) using data from a large cohort of retired workers occupationally exposed to asbestos in France.MethodA large screening programme, including high-resolution CT (HRCT) examinations at inclusion and two other HRCT campaigns, was organised from 2003 to 2016 in four regions of France for voluntary, formerly asbestos-exposed workers. Exposure to asbestos has been evaluated by industrial hygienists based on the complete work history. The time since first exposure, the time since last exposure, Cumulative Exposure Index and maximum level of exposure to asbestos, were used in logistic regression using fractional polynomials to model the relationship with PP.ResultsThe study included 5392 subjects with at least one HRCT available. There was a significant non-linear effect of time since first exposure, time since last exposure and Cumulative Exposure Index to asbestos on the presence of PP. The risk of PP increased with increasing Cumulative Exposure Index to asbestos adjusted for time since first exposure, age and smoking status. Models also show that PP odds rise with increasing time since first exposure adjusted for cumulative index exposure, age and smoking status. PP odds decrease when time since last exposure increases.ConclusionThe study provides new data on the link between asbestos exposure and the presence of PP using fractional polynomials with non-linear relationships for time exposure parameters and asbestos exposure parameters.