Background: The number of anterior cruciate ligament (ACL) reconstructions is steadily rising in France. Re-tear rates of up to 25% have been reported and graft selection remains a notable challenge. Allografts, although rarely used in France, can be a viable option. The primary objective of this study was to demonstrate the benefits of ACL revision with allografts, by determining subjective scores (IKDC score and KOOS), measuring laxity, and evaluating the rate of return to sports. Hypothesis: Tendon allografts are reliable and can be used in France for ACL reconstruction revision. Material and methods: We conducted a retrospective study including 39 patients managed in two centres between 2004 and 2016 and followed up for at least a year. Patients were eligible if they had undergone tendon allograft reconstruction for ACL revision with or without rupture of a peripheral plane. We excluded underage patients and patients with a history of ligament injury in the contralateral knee. Mean age was 32 years. The allografts were extensor mechanisms, anterior or posterior tibial tendons, fascia lata tendons, hamstring tendons, and a short fibular tendon. They were obtained from French and Belgian tissue banks. They were used for the reconstruction of 39 ACLs and 11 collateral ligaments. The IKDC score and KOOS were determined in all patients. Laximetry was performed in 31 patients by an independent examiner. Results: Mean follow-up was 3.5 years. Arthroscopic release was required in one patient, and 2 patients experienced re-tears. No deep surgical site infections were recorded. The subjective IKDC score and the KOOS improved significantly, from 53.6 to 80.7 and from 60.4 to 83.2, respectively. Mean postoperative differential laxity was 1.4 mm (KT 1000) and 1.6 mm (GNRB (R)). Of the 3 patients who were professional athletes, 2 had returned to sports at the same level one year later, and among the recreational athletes, 54% had resumed their previous sporting activities. Conclusion: In the setting of complex ligament reconstruction revision, tendon allografts are reliable and can be used in France. Level of evidence: IV; retrospective cohort study. (C) 2021 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Objectives: Loss of osteochondral substances resulting from osteochondritis dissecans (OCD) of the knee are arthrogenic in the long term. When they exceed 2 cm2, the Autologous Matrix Induced Chondrogenesis (AMIC®) technique is one of the methods used in France. The objective of this study was to evaluate the medium-term results of the AMIC® technique. Methods: This was a consecutive, prospective, single-center, single-operator series of 22 patients (13 men, 9 women, mean age 28 years (15-51)) treated by AMIC® (spongy bone graft + sutured collagen membrane) between September 2011 and November 2016. Previous surgery had been performed on 17 patients. According to the ICRS classification, the lesion was stage IV in 21 cases and stage III in 1 case. The sites were: condylar: 19 cases, patellar: 2 cases and trochlear: 1 case. The mean surface area was 3.6 cm2 (2-8) and the depth was 0.5 mm (0.4-0.8). All the patients were functionally assessed by an independent examiner using validated functional scores for these indications (KOOS, subjective IKDC). Student’s T tests were used. Results: At a mean follow-up of 4 years (minimum 2 years) all but 2 patients had significantly improved (In preop. IKDC: 44±14 and KOOS: 56±17). In these 2 cases, the postoperative scores remained unchanged over the years: one patient had had several surgeries before the graft and a 51-year-old female patient had an extensive lesion of 6.9 cm2. The mean IKDC and KOOS scores were 73±18 and 78±15 and then 77±16 and 81±14 respectively, at 1 and 4 years (p> 0.05 for IKDC and KOOS). Regrettably there were 2 complications: 1 arthrolysis 1 year after surgery and 1 algodystrophy. Conclusion: Few techniques are available in France for extensive symptomatic osteochondral lesions. AMIC® is a reliable, one-step, reproducible, inexpensive technique for loss of substance due to OCD with stable results as of 1 year after surgery.
Le nombre de plasties du ligament croisé antérieur (LCA) est en constante augmentation en France. Le taux de reruptures peut atteindre 25 %. Le choix du greffon de reprise est toujours difficile. Les allogreffes peuvent être une solution fiable, encore peu utilisée en France. Les allogreffes tendineuses sont des greffons fiables et possibles en France pour des reprises de plasties du LCA. Il s’agit d’une étude rétrospective bicentrique de 39 patients opérés entre 2004 et 2016, avec un recul minimum de 1 an. Ont été inclus, les patients ayant bénéficié d’une allogreffe tendineuse lors d’une reprise de plastie du LCA associée ou non à une rupture d’un plan périphérique. Ont été exclus, les mineurs et les patients aux antécédents ligamentaires controlatéraux. L’âge moyen était de 32 ans. Les allogreffes étaient des appareils extenseurs, des tendons tibiaux antérieurs ou postérieurs, des tendons fascia lata, des tendons d’ischio-jambiers et un court fibulaire. Elles provenaient des Banques de Tissus françaises ou belges. Elles ont été utilisées pour reconstruire 39 LCA isolés ou associés à 11 ligaments collatéraux. Tous les patients ont eu des scores IKDC et KOOS, 31 ont eu une laximétrie réalisée par un examinateur indépendant. Le recul moyen était de 3,5 ans. Nous déplorons une arthrolyse, 2 ruptures itératives mais aucune infection profonde. Les scores IKDC subjectifs et KOOS ont progressé significativement et respectivement de 53,6 et 60,4 à 80,7 et 83,2 points. La laximétrie différentielle postopératoire moyenne était de 1,4 mm (KT 1000) et de 1,6 mm (GNRB®). Trois patients étaient sportifs professionnels, deux ont repris au même niveau à 1 an. 54 % des patients sportifs amateurs ont repris leur sport. Dans un contexte de reprise ligamentaire complexe, les allogreffes ligamentaires sont des solutions faibles et possibles en France. IV ; étude de cohorte rétrospective.
Eu égard aux caractéristiques des patients et du matériau, les reprises de PTH céramique sur céramique (CoC) posent des problèmes particuliers, qui ont fait l’objet de peu d’études et restent débattus. Le but de l’étude était de rapporter les résultats des reprises de PTH CoC et d’en identifier les spécificités. Entre 2007 et 2016, 50 reprises de PTH CoC consécutives ont été effectuées chez 48 patients d’âge moyen 55 ans ± 13 (23–79). Le délai moyen de reprise était de 2,8 ans ± 2,7 (0–13). Les principales causes de reprise étaient l’échec d’ancrage (34 %), la douleur sans défaut de fixation (20 % dont 8 % de syndrome du psoas), l’infection (12 %), la rupture d’implant (10 %) et l’instabilité (8 %). Il y a eu 41 reprises avec changement d’implants (dont 21 reprises bipolaires), cinq reprises sans changement d’implant et quatre changements isolés de tête. Les couples de frottement comportaient 34 COC (83 %), quatre métaux/PE et trois alumine/PE. Tous les patients ont été revus par un observateur indépendant avec un examen clinique et radiographique. Trois patients sont décédés et trois ont été perdus de vue. On notait six fractures du fémur peropératoires (12 %), une luxation précoce et deux luxations tardives non récidivantes. Onze hanches ont été réopérées, dont huit avec changement d’implant (6 unipolaires, 2 bipolaires). Au recul moyen de 5,5 ans ± 3,2 (0,3–12), les scores moyens de PMA, Harris et WOMAC étaient respectivement de 14,8 ± 3,3 (9–18), 72 ± 22 (18–100) et 23 ± 18 (0–76). Vingt-neuf patients (80 %) étaient satisfaits de l’intervention et 32 étaient prêts à recommencer. Six PTH présentaient un bruit articulaire audible. Il n’y avait pas de liséré radiologique complet, ni migration d’implant, ni ostéolyse et l’usure n’était pas mesurable. La survie globale à 6 ans était de 82 % ± 7 % (68–96) et 90 % ± 6 % (78–100) si l’échec était la reprise avec changement d’implant pour défaut de fixation. L’échec d’une PTH CoC concerne une population jeune et active et survient précocement. Les causes principales sont indépendantes de l’usure et possiblement liées à un défaut technique initial ou une malposition. Il est le plus souvent possible de réimplanter une PTH standard sans reconstruction avec un couple CoC, à condition de respecter l’appariement des implants.
Les ostéochondrites disséquantes (OCD) du genou sont à l’origine de pertes de substance ostéochondrales profondes (stades III et IV) et en zone portante, toujours de traitement difficile. La technique AMIC représente une alternative thérapeutique en 1 temps, fiable et économique. La technique AMIC est fiable pour des OCD condyliennes. Il s’agit d’une étude prospective, monocentrique, mono-opérateur des 12 patients traités par la technique AMIC depuis octobre 2011. L’âge moyen était de 28 ans (15–39). Il y avait 11 OCD stade IV et une OCD de stade III, 8 OCD médiales et 4 OCD latérales. La surface moyenne était de 3,3 cm2 (2,2–6) et la profondeur moyenne était de 6,3 mm (5–9). La perte de substance a été débridée, microperforée et comblée de spongieux autologue sous arthroscopie. Une mini-arthrotomie permet le recouvrement par une membrane de collagène porcin de type I/III (Chondrogide®, Geistlich). Pour 2 patients, une ostéotomie fémorale de varisation a été réalisée dans un même temps opératoire pour un valgus de plus de 5°. Les patients n’ont pas d’appui avant 1 mois mais la mobilité du genou est libre. L’évaluation a été faite au moyen de scores fonctionnels (KOOS, IKDC subjectif et Lysholm), seuls les résultats au recul minimum de 18 mois sont rapportés. Au total, 8 patients ont été revus au recul moyen de 33 mois (18–55mois). Aucune complication postopératoire n’est à déplorer. On notait une amélioration significative de tous les scores fonctionnels à 5 mois, 12 mois et au dernier recul moyen. Les scores IKDC, Lysholm sont passés en préop de 52,6 à 84,9 points et de 58 à 91,7 points, respectivement. Le KOOS est rapporté. L’AMIC doit être comparée aux greffes chondrocytaires de 3e génération (matrice cellularisée) dans le traitement des pertes de substance étendues et profondes. Les résultats cliniques dans les OCD sont voisins (Petersen L, AJSM, 2010). L’AMIC ne nécessite qu’un temps opératoire et pas de recours à un laboratoire de thérapie cellulaire. Les greffes en mosaïque ne sont pas recommandées dans des pertes de substance étendue. L’axe en charge du membre inférieur doit être évalué pour associer éventuellement une ostéotomie de normo-correction. Une évaluation à long terme est nécessaire pour confirmer les résultats fonctionnels acquis et évaluer la prévention éventuelle de l’arthrose. L’AMIC est une technique d’auto greffe ostéochondrale en 1 temps, économique et fiable. Niveau 4.
Les ruptures de plasties du LCA conduisent le plus souvent à une reprise par une autogreffe car les allogreffes semblent pour beaucoup de chirurgiens impossibles ou inaccessibles. Les allogreffes tendineuses sont possibles en France. Il s’agissait d’une étude prospective, monocentrique, mono-opérateur de 23 patients opérés entre 2004 et 2015, dont 17 ont un recul minimum de 12 mois. Ont été inclus des patients ayant rompu leur plastie primaire et gênés par leur instabilité. Ont été exclus les sportifs de haut niveau ou professionnels et les lésions primaires multiligamentaires. L’âge moyen était de 34 ans (22–54). Les allogreffes se décomposaient en : greffe du tendon tibialis antérieur ou postérieur (10 cas), greffe de tendon patellaire (7 cas). Les greffes ont été conservées à –80°C et sont délivrés, sans stérilisation secondaire par les banques de tissus de Tours ou de Bruxelles. Tous les patients ont eu une plastie extra-articulaire en association à la plastie intra-articulaire. Tous ont été évalués par un examinateur indépendant avec les scores IKDC, KOOS et une laximétrie pré- et postopératoire (KT-1000 puis GNRB après 2008). Tous les patients ont été interrogés ou revus au recul moyen de 36 mois (12–120). Il n’y a eu aucune infection profonde ou rerupture précoce. Les scores IKDC et KOOS moyens sont passés respectivement de 62 ± 12 à 85 ± 8 points et de 59 ± 11,2 à 86 ± 9,2 points. La laximétrie différentielle au KT-1000 s’est réduite de 5,7 ± 1,8 mm en préopératoire à 0,9 ± 0,9 mm en postopératoire. Avec le GNRB, la laximétrie différentielle s’est réduite de 4,6 ± 2,9 mm en préopératoire à 1,1 ± 0,6 mm en postopératoire. Les résultats subjectifs et objectifs des allogreffes sont comparables à ceux des reprises par autogreffe (K-J ou DI-DT) présentés lors du symposium SFA de 2006. Les avantages de l’utilisation d’une allogreffe sont nombreux : absence de morbidité du prélèvement, gain de temps opératoire, réduction des douleurs et récupération plus rapide. Les inconvénients sont : les risques théoriques de contamination bactérienne, virale ou fungique et une ligamentisation plus longue. Les allogreffes sont légales et possibles en France et les résultats dans une population de sportifs de loisir ayant rompu leur plastie primaire sont encourageants. Les seuls facteurs limitant sont la faible disponibilité en France et le coût d’approvisionnement.