Aseptic spondylodiscitis (SD) is a rare complication of axial spondyloarthritis (AS) that can develop during the course of the disease, often asymptomatically. Magnetic resonance imaging (MRI) is the gold standard for diagnosing SD, but due to its rarity, the condition is frequently misdiagnosed. We report the case of a 60-year-old male who presented with back pain and elevated erythrocyte sedimentation rate (ESR) and C-reactive protein (CRP) levels. MRI of the dorsolumbar spine revealed SD from the D6 to D8 vertebrae. An infectious workup was negative. During hospitalization, the patient developed acute abdominal pain, cessation of bowel movements, and gas retention. Abdominal CT revealed ileitis, prompting a colonoscopy, which confirmed Crohn's disease (CD) through histopathological analysis. Pelvic MRI also showed sacroiliitis. The diagnosis of aseptic SD revealing non-radiographic AS associated with CD was made according to the ASAS 2009 criteria, and the patient was treated with sulfasalazine, showing favorable improvement. Only a few cases of SD in patients with AS and inflammatory bowel disease (IBD) have been reported. This case underscores that SD can be the initial clinical manifestation of non-radiographic AS associated with CD. Although challenging to recognize, this condition may present with unpredictable and varied clinical symptoms, requiring a comprehensive diagnostic approach.
Objectif : Élaboration de recommandations Tunisiennes pour la prise en charge thérapeutique en pratique courante des malades atteints de spondyloarthrite et candidats à un traitement par un agent biologique. Méthodes : Conformément aux procédures standardisées de l'Instance Nationale de l'Évaluation et de l'Accréditation en Santé (INEAS) et en collaboration avec la Ligue Tunisienne Anti-Rhumatismale (LITAR), une revue systématique de la littérature, effectuée par 6 rhumatologues, à partir des questions individualisées par le groupe de travail (15 rhumatologues experts), a servi de base aux réunions de travail, avec détermination de la force des recommandations et du degré d’accord des experts. Les recommandations ont été validées par un groupe de lecture indépendant comportant 19 experts appartenant à diverses spécialités apparentées. Résultats : Dix recommandations de bonne pratique sont été élaborées. Les 2 premières recommandations concernent le bilan pré-thérapeutique et l’actualisation du statut vaccinal avant l’initiation d’une biothérapie. Les recommandations 3 à 8 s’intéressent à l’usage des biomédicaments, intégrant les nouvelles classes, dans leurs indications (maladie active malgré le traitement conventionnel, et pour les formes axiales non radiographiques, présence de signes objectifs d’inflammation) et suivi, leur gestion en cas d’échec ou en rémission. Les recommandations 9 et 10 concernent leur gestion en cas de grossesse ou de néoplasie. La force des recommandations variait de 8 à 9 avec un degré d’accord entre 72% et 100%. Conclusion :Ce travail soutenu par la LITAR et accrédité par l'INEAS tient compte des données de la littérature et de la présentation clinique prédominante.....( résumé tronqué à 250 mots).
AIM:To elaborate Tunisian recommendations for the therapeutic management in current practice of patients with spondyloarthritis who are candidates for treatment with a biological agent. METHODS:Following the standardized procedures of the INEAS (Instance Nationale de l'Evaluation et de l'Accréditation en Santé) and in collaboration with the LITAR (Tunisian League against Rheumatism), a systematic review of the literature, carried out by 6 rheumatologists, based on the questions individualized by the working group (15 expert rheumatologists), served as the basis for the working meetings, with determination of the strength of the recommendations and the degree of agreement of the experts. The recommendations were validated by an independent reading group comprising 19 experts from various related specialties. RESULTS:Ten recommendations for good practice were drawn up. The first 2 recommendations concern the pre-therapeutic assessment and the updating of immunisation status prior to the initiation of biotherapy. Recommendations 3 to 8 deal with the use of biologics, including the new classes, in their indications (active disease despite conventional treatment, and for non-radiographic axial forms, presence of objective signs of inflammation) and follow-up, and their management in the event of failure or in remission. Recommendations 9 and 10 concern management in the event of pregnancy or neoplasia. The strength of the recommendations ranged from 8 to 9, with a degree of agreement of between 72% and 100%. CONCLUSION:This work, supported by LITAR and accredited by INEAS, takes into account the data in the literature and the predominant clinical presentation. It offers practical recommendations to physicians to facilitate the management of patients with spondyloarthritis who require the use of biological agents.
Introduction : L'évolution du concept des spondyloarthrites (SpA) a été constante au cours des dernières décennies, avec des progrès significatifs qui ont permis d'améliorer la qualité de vie des patients grâce à un diagnostic précoce et à une prise en charge thérapeutique adaptée. Les médecins non spécialistes ont souvent du mal à reconnaître les premiers symptômes de la maladie. Objectif : Soutenir tous les praticiens dans le dépistage précoce de la maladie et harmoniser la stratégie de prise en charge en utilisant une évaluation standardisée chez les patients adultes atteints de SpA. Méthodologie : Quinze rhumatologues experts, en collaboration avec la Ligue Tunisienne Anti-Rhumatismale (LITAR) et en suivant les directives de l'Instance Nationale de l'Évaluation et de l'Accréditation en Santé (INEAS), ont élaboré sept questions PICO selon une méthodologie rigoureuse. Les réponses à ces questions ont servi de base à l'élaboration de ce référentiel, en synthétisant les données Tunisiennes locales et les données de la littérature. Résultats : Cette recherche a permis d’établir 12 recommandations de bonnes pratiques portant sur trois domaines essentiels. D’abord les circonstances et les signes cliniques qui devraient inciter les médecins de première ligne à envisager le diagnostic de SpA et à référer rapidement les patients aux rhumatologues. Ensuite les étapes pour établir un diagnostic de SpA. Enfin, les méthodes pour évaluer et suivre l'évolution de la maladie. Ces recommandations ont été validées par un groupe de lecture indépendant comportant 19 experts appartenant à plusieurs spécialités apparentées...(résumé tronqué à250 mots).
Ce référentiel a été élaboré sous l’égide de la ligue tunisienne anti rhumatismale (LITAR) coordonné par un chef de projet. L’objectif général est la production de recommandations de prise en charge de la spondyloarthrite, avec comme socle de travail une élaboration des questions et formulation selon le modèle PICO qui définit les 4 éléments d’une question clinique (3): P : Patient or Population or Problem I : Intervention (ce qu’on veut faire) C : Comparison (entre tests diagnostiques médicaments, …) O : Outcome (résultat clinique, événement mesuré, critère de jugement,..). Un groupe de travail a été constitué, coordonné par un chef de projet désigné par la Litar. Ce groupe comprenait des médecins rhumatologues considérés comme experts de la maladie par la société savante, et un rhumatologue méthodologiste et épidémiologiste. L’analyse de la littérature a porté sur la période : mars 2016-mai 2020, à l’aide des mots clés adaptés, dans les bases de données (MeSH) et une recherche manuelle dans certaines situations avec évaluation du niveau de preuve. La recherche bibliographique a porté sur la littérature internationale (méta analyses, essais comparatifs randomisés, études de cohortes, études cas-témoins,…) et auprès d’autres sources d’information (HAS, guides de pratique clinique) ainsi que sur la littérature nationale (thèses, mémoires, publications, communications affichées). Des réunions physiques et à distance du groupe de travail ont permis l’élaboration du libellé des recommandations, après exposé des données de la littérature et discussion entre les experts. Le texte des recommandations a été soumis aux mêmes experts, pour validation et notation du degré d’accord, donnant la force de la recommandation. Les recommandations ont ensuite été soumises à un groupe de lecture, désigné par le groupe de travail. La version finale a été modulée en fonction des remarques des deux groupes.
This framework was developed under the auspices of the Tunisian League Against Rheumatism (LITAR), coordinated by a project leader. The primary objective is to formulate recommendations for the management of spondyloarthritis, grounded in the development of questions structured according to the PICO model. This model defines four essential elements of a clinical question: P: Patient or Population or Problem, I: Intervention (the proposed action), C: Comparison (between diagnostic tests, treatments, etc.), and O: Outcome (clinical results, measured events, judgment criteria, etc.). A working group was established, coordinated by a project leader appointed by LITAR. This group included rheumatologists recognized as experts in the disease by the scientific community, as well as a methodological and epidemiological rheumatologist. The bibliographic search focused on international literature (meta-analyses, randomized controlled trials, cohort studies, case-control studies, etc.) and other sources of information (HAS, clinical practice guidelines), as well as national literature (theses, dissertations, publications, conference presentations). In-person and virtual meetings of the working group enabled the formulation of the recommendations, following the presentation of literature data and extensive discussions among the experts. The draft of the recommendations was submitted to the same experts for validation and assessment of the level of agreement, which determined the strength of the recommendations. Subsequently, the recommendations were reviewed by a reading group appointed by the working group. The final version was adjusted based on feedback from both groups.
Objectif : Elaborer des recommandations de bonne pratique (RBP) de prise en charge thérapeutique des patients atteints de spondyloarthrites (SpA), incluant le rhumatisme psoriasique. Méthodes : Suivant des procédures standardisées, une revue systématique de la littérature a été réalisée portant sur les traitements non pharmacologiques et pharmacologiques non biologiques des SpA. Elle a été menée sur la base de questions définies par un groupe de travail composé de 15 rhumatologues. Les données ont été évaluées lors de réunions de groupe qui ont abouti à l’élaboration des recommandations, à l'attribution d'un grade à chaque recommandation et à la détermination du niveau d'accord entre les experts. Résultats : Un principe général et 11 recommandations ont été élaborés. Les recommandations sont axées sur les modalités thérapeutiques en tenant compte du phénotype dominant (axial, périphérique articulaire, périphérique enthésitique) et des manifestations extra-articulaires (psoriasis, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)). La première recommandation concerne l’éducation thérapeutique patient. Les recommandations 2 à 4 mettent l'accent sur les AINS en tant que traitement pharmacologique de première intention dans les différentes formes, hormis celles associées aux MICI, ainsi que sur ses modalités de prescription. La recommandation 5 aborde les analgésiques. La recommandation 6 limite l’utilisation des glucocorticoïdes aux formes périphériques symptomatiques et les déconseillent au long cours. La recommandation 7 aborde la synoviorthèse aux radio-isotopes en cas d’arthrite réfractaire des hanches et des genoux. Les Conventional Synthetic Disease-Modifying AntiRheumatic Drugs (csDMARDs) ne sont pas recommandés dans les SpA axiales, enthésitiques et avec dactylite (recommandation 8).....( résumé tronqué à 250 mots).
AIM:To develop good practice recommendations (GPR) for the therapeutic management of patients with spondyloarthritis (SpA), including psoriatic arthritis. METHODS:Following standardised procedures, a systematic review of the literature was carried out on non-pharmacological and non-biological pharmacological treatments for SpA. The review was based on questions defined by a working group of 15 rheumatologists. The data was evaluated at group meetings, which led to the drafting of recommendations, the assignment of a grade to each recommendation and the determination of the level of agreement between the experts. RESULTS:A general principle and 11 recommendations were developed. The recommendations focus on treatment modalities, taking into account the dominant phenotype (axial, articular peripheral, enthesitic peripheral) and extra-articular manifestations (psoriasis, chronic inflammatory bowel disease (IBD)). The first recommendation concerns therapeutic patient education. Recommendations 2 to 4 focus on NSAIDs as the first-line pharmacological treatment for the various presentations of the disease, with the exception of those associated with IBD, as well as their prescribing modalities. Recommendation 5 deals with analgesics. Recommendation 6 limits the use of glucocorticoids to symptomatic peripheral arthritis and advises against their long-term use. Recommendation 7 deals with radioisotope synoviorthesis for refractory arthritis of the hips and knees. Conventional Synthetic Disease-Modifying AntiRheumatic Drugs (csDMARDs) are not recommended for SpA which is axial, enthesitic or involves dactylitis (recommendation 8). JAK inhibitors are recommended for axial SpA and for joint and skin involvement of psoriatic arthritis in failure of symptomatic treatment, csDMARDs and/or bDMARDs (recommendation 9). The latest recommendations (10-11) concern physical and surgical treatment respectively. CONCLUSION:These GPR provide a summary of the current state of the literature, with the aim of optimising the management of patients with SpA, thereby improving the quality and safety of care with a better medico-economic approach. Efforts must be made to apply, implement and communicate these recommendations.
Advancements in understanding SpA have greatly improved patient quality of life through early detection and effective treatment. However, non-specialist physicians often face challenges in identifying the early symptoms of SpA. AIM:This study aims to assist healthcare practitioners in the early detection of SpA and to streamline management strategies by employing a standardized assessment protocol for adult patients with SpA. LITAR collaborated with fifteen rheumatologists to adhere to INEAS guidelines. The team created a comprehensive repository based on seven PICO questions and their answers. To create this repository, the team combined local Tunisian data and insights from relevant literature sources using a synthesis method. RESULTS:This research culminated in the formulation of twelve evidence-based recommendations for best practices, encompassing three critical domains. Firstly, it addresses the clinical indications and signs that should alert primary care physicians to consider a SpA diagnosis and promptly refer patients to rheumatologists. Secondly, it outlines the diagnostic procedures involved in confirming SpA. Lastly, it presents standardized methods for evaluating and monitoring the progression of SpA. To ensure the robustness of these recommendations, an independent reading group of 19 experts from various related specialties validated them. Subsequently, a panel of 54 Tunisian rheumatologists practicing in diverse sectors, including public health, academia, and the private sector, evaluated the strength of these recommendations. The strength ratings ranged from 8 to 9, with a degree of agreement spanning from 72% to 100%. CONCLUSION:This guideline, developed with the support of LITAR and accredited by INEAS, serves the overarching goal of facilitating the early diagnosis and comprehensive evaluation of all SpA phenotypes and associated comorbidities.
INTRODUCTION:The advent of biological therapies has greatly improved the treatment and management of rheumatoid arthritis (RA) and spondyloarthritis (SpA). However, evaluating the efficacy and long-term safety of these therapies is a necessity. So far in Tunisia, no large prospective multicentric trial reflecting national data has been published. Thus, the objective of the study was to collect data on sociodemographic characteristics of Tunisian patients with RA and SpA receiving biologics and to evaluate the clinical efficacy and safety of this therapy. METHODS:BINAR is a prospective, observational registry with a 2-year follow-up period. A total of 600 consecutive patients treated with biologic for RA or SpA form different regions of Tunisia, are included until the end of the recruitment period, set at one year. Patients are officially included in BINAR only if they are aged 18 years and older. All patients monitored for RA according to ACR-EULAR criteria or SpA according to ASAS Criteria starting biological treatment at the time of inclusion or within two years before the inclusion date are eligible to be enrolled. All patients provided written informed consent. The primary end point is the safety and tolerability assessment of biologics and the incidence of adverse events over 2 years. The secondary end points are the assessment of RA and SpA activity at baseline and at two years of follow-up. RESULTS:One hundred rheumatologists are involved in this study. Ten departments participated in the registry. Demographic profile, activity and disability of RA and SpA will be evaluated. Efficacy and safety of biologic and the incidence of adverse events will be determined at the end of the 2-year follow-up period for every patient. CONCLUSION:BINAR is an essential source of clinical efficacy and safety information for biologic agents. It will be a large register for Tunisian patients. This study would add and provide valuable data for the long-term outcome of patients with RA and SpA treated with biologics.
Introduction Le syndrome de Sjögren primitif (SSp) est une maladie auto-immune qui associe une atteinte de certaines glandes, notamment lacrymales et salivaires, et des manifestations générales pouvant toucher de nombreux organes. Parmi ces manifestations, figurent les complications neurologiques et psychiatriques qui sont variées et de diagnostic difficile mais qui doivent être recherchées systématiquement. Nous avons choisi d’étudier la prévalence, les caractéristiques et les facteurs associés à l’atteinte neuropsychiatrique au cours SSp. Patients et méthodes Nous avons étudié rétrospectivement les dossiers de patients atteints de SSp suivis aux services de médecine interne et de rhumatologie. Tous les patients répondaient aux critères diagnostiques du SS de l’ACR/EULAR 2016. Aucun de ces patients ne présentait de preuve clinique ou immunologique d’une maladie auto-immune associée. Résultats Cinquante-huit patients étaient inclus, répartis en 2 hommes (3,4 %) et 56 femmes (96,6 %). L’âge moyen était de 58,2±11,9 ans [30–81]. Le score ESSDAI moyen était de 7,62±4,7. Une atteinte neuropsychiatrique a été objectivée chez 30 patients, soit une prévalence de 51,7 %. Il s’agissait de 29 femmes et 1 homme. Cette atteinte était concomitante au diagnostic du SSp dans 25 cas. Elle était survenue au cours de l’évolution de la maladie dans 5 cas avec un délai d’apparition moyen de 4,2 mois et des extrêmes allant de 2 à 10 mois. Concernant l’atteinte neurologique, les signes cliniques étaient surtout à type de céphalées, chez 24 patients (42,1 %). Une neuropathie périphérique était notée chez 12 patients (20,7 %), notamment aux membres inférieurs. Trois patients (5,2 %) avaient un syndrome de canal carpien et 5 avaient une atteinte du nerf trijumeau (8,6 %), avec une atteinte oculaire chez 3 patients (5,2 %). L’EMG des 4 membres réalisée chez cinq patients, montrait un syndrome du canal carpien (1 cas),une polyneuropathie sensitivomotrice (1 cas) et l’absence d’anomalies (3 cas). Une IRM cérébrale était réalisée chez 21 patients, montrant des anomalies chez 17 patients (29,3 %), dont 10 avaient une vascularite cérébrale(17,2 %). L’IRM cérébrale était normale chez 4 patients (6,9 %). Concernant les manifestations psychiatriques, 7 malades avaient une dépression confirmée (12,1 %) et 1 patient présentait des hallucinations. Après analyse statistique, nous avons trouvé que l’atteinte neuropsychiatrique était significativement associée à la positivité du facteur rhumatoïde (FR) (p=0,003), à une vitesse de sédimentation plus accélérée (p=0,011), à une CRP plus élevée (p=0,03) et un score d’activité ESSDAI plus important (p=0,04). Conclusion Les manifestations neuropsychiatriques du SSp sont hétérogènes et polymorphes. Leur dépistage doit être systématique avec une surveillance clinique et biologique régulière pour dépister très précocement une évolution vers des complications pouvant mettre en jeu le pronostic fonctionnel et vital surtout chez les patients suivis pour un SSp inflammatoire et actif avec positivité du FR, selon notre étude.
Introduction Le catastrophisme, une réponse cognitive négative à la douleur, est un facteur limitant dans la gestion des douleurs chroniques observées dans les spondyloarthrites (SpA) et la fibromyalgie. Cette étude explore l’association entre fibromyalgie et catastrophisme ainsi que leur impact sur l’activité physique des patients atteints de SpA. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude transversale portant sur des patients atteints de SpA, diagnostiqués selon les critères ASAS 2009. Les caractéristiques épidémiologiques et cliniques, le score d’activité de la maladie (ASDAS) et le score d’impact fonctionnel (BASFI) ont été évalués. La fibromyalgie a été dépistée par le questionnaire FiRST, avec un seuil diagnostique de 5 sur 6. Le catastrophisme a été mesuré à l’aide du questionnaire PCS (Pain Catastrophism Scale), avec un score PCS>20 indiquant un taux élevé. L’activité physique a été mesurée par le questionnaire global d’activité physique (GPAQ), l’intensité étant déterminée par le calcul de l’équivalent métabolique (MET) en minutes par semaine, avec un coefficient de 8 pour l’effort intense et 4 pour l’effort modéré et la marche. Résultats Dans cette étude, 45 patients ont été inclus, avec un ratio femmes/hommes de 1,2. L’âge moyen était de 44,4±15ans, et la durée moyenne de la maladie de 10±8,3ans. La SpA était axiale dans 56,8 % des cas, périphérique dans 13,6 %, et mixte dans 29,5 %. L’indice de masse corporelle moyen était de 25,1±3,4kg/m2. Les scores BASFI et ASDAS moyens étaient respectivement de 37±2 et 2,8±1. L’EVA douleur médian était de 5 [0–8]. La fréquence de la fibromyalgie était de 11,1 %, avec un score FiRST moyen de 1,94±1,4 [0–5]. La prévalence d’un taux élevé de catastrophisme (PCS≥20) était de 48,5 %, avec un score PCS moyen de 19,5±13 [0–44]. La médiane du MET était de 420min/semaine [120–3840]. 45,2 % des patients avaient un niveau d’activité physique modéré à intense (MET≥600min/semaine), tandis que 54,8 % avaient un niveau limité. Dans le groupe PCS>20, le MET médian était de 410min/semaine [120–3000], contre 430min/semaine [120–3840] dans le groupe sans catastrophisme. Le MET médian était de 350min/semaine [240–3000] chez les patients fibromyalgiques, et de 430min/semaine [120–3840] chez les non-fibromyalgiques. L’étude a montré une association entre un fort taux de catastrophisme et la fibromyalgie (p=0,04), avec 80 % des patients fibromyalgiques ayant un taux élevé de catastrophisme et une EVA douleur plus élevée (p=0,027). Aucune association significative n’a été trouvée entre un niveau d’activité physique limité et la fibromyalgie (p=0,6) ou le catastrophisme (p=0,8). De même, aucune corrélation significative n’a été trouvée entre le MET et le PCS moyen (p=0,14) ou le score FiRST (p=0,1). Conclusion Cette étude a révélé une association significative entre le catastrophisme, la fibromyalgie et la douleur chez les patients atteints de SpA. Cependant, plus de la moitié des patients présentaient une limitation de l’activité physique, sans lien significatif avec la fibromyalgie ou le catastrophisme. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations et identifier les facteurs influençant l’activité physique afin d’améliorer la qualité de vie de ces patients.
Introduction Le diabète est une maladie métabolique chronique associée à une inflammation et à un stress oxydatif, pouvant influencer l’évolution des rhumatismes inflammatoires chroniques, augmentant ainsi leur morbidité. L’objectif de notre étude est de comparer les caractéristiques cliniques, paracliniques ainsi que l’activité de la polyarthrite rhumatoïde chez les patients diabétiques et non diabétiques. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective incluant les patients suivis pour une polyarthrite rhumatoïde (PR) sur une période de trois ans [2019–2022]. Les données cliniques, biologiques et radiologiques, ainsi que les scores d’activités (DAS28 VS et DAS28 CRP) et de retentissement fonctionnel de la maladie (HAQ), étaient colligés. Les patients étaient répartis en deux groupes : patients diabétiques (PD) atteints de PR, et patients non diabétiques (PND) atteints de PR. Résultats Un total de 108 patients étaient inclus, comprenant 20 PD et 88 PND. L’âge moyen était de 56,8±8,47 ans dans le groupe des PD et de 54,95±14 ans dans le groupe des PND. Tous les patients du groupe diabétique étaient des femmes, tandis que le sexe-ratio dans le deuxième groupe était de 0,25, avec une différence statistique significative (p=0,022). La durée moyenne de l’évolution de la PR était respectivement de 50,9±7,1 mois et de 39,2±5,29 mois dans le groupe diabétique et non-diabétique. Les PD présentaient plus de comorbidités cardiovasculaires associées (p<0,001), à type d’hypertension artérielle (60 % vs 13,6 %) et de dyslipidémie (25 % vs 2,3 %). L’indice de masse corporelle moyen était respectivement de 27,4±3 et de 25,6±3,8 dans le groupe diabétique et non-diabétique, avec une obésité modérée plus fréquente dans le groupe des PD. L’échelle visuelle analogique moyenne était comparable entre les deux groupes 5,9±1,7 dans le groupe des PD vs 5,97±1,5 dans le groupe des PND ainsi que la durée moyenne de la raideur matinale. À la biologie, le taux moyen de la CRP était de 33mg/L (2–128) dans le groupe des PD atteints de PR, contre 30mg/L (0–198) dans le deuxième groupe. Le taux moyen de la vitesse de sédimentation était respectivement de 69,6mm (12–127) et de 52,5mm (3–150) dans les deux groupes. Les scores d’activité de la maladie ainsi que les scores de retentissement fonctionnel étaient comparables entre les deux groupes : le DAS28 VS (5,4±1,4 vs 5,2±1,4, p=0,75), le DAS28 CRP (4,7±1,3 vs 4,7±1,5, p=0,25) et le HAQ (1,57±0,79 vs 1,51±0,77, p=0,79). En ce qui concerne les manifestations extra-articulaires du PR, une ostéoporose était plus fréquemment observée dans le groupe des PD (50 %) par rapport au groupe des PND (21,6 %), avec une différence statistiquement significative (p=0,01). Conclusion Dans notre étude, il ressort que le diabète chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde est corrélé à l’hypertension artérielle, à la dyslipidémie, à l’obésité et à l’ostéoporose. Ces conclusions mettent en lumière l’impératif de dépister de manière proactive ces comorbidités chez les patients diabétiques atteints de polyarthrite rhumatoïde.