C’est à un voyage « aux frontières du management » que vous convie cet ouvrage coordonné par les professeurs Yves-Frédéric Livian et Marc Bidan. Voyage à travers les disciplines, voyage à travers le temps, voyage à travers les idées, voyage à travers les formats et voyage à travers les continents. En ces temps troublés et incertains, les sciences de gestion et du management ont besoin – peut-être plus que d’autres car elles sont présentées parfois comme sciences de l’action – de s’enrichir de pensées venues d’ailleurs. Elles ont besoin de s’ouvrir à d’autres horizons intellectuels, à d’autres démarches méthodologiques, à d’autres projets politiques. Pour ce voyage justement, nous avons préféré utiliser l’expression « aux frontières » plutôt que « aux confins » car notre propos est de passer la frontière, de traverser les frontières, d’importer les idées, les visions et les concepts. Dès lors, en s’appuyant sur des recherches bibliométriques, sur des publications récentes en sciences de gestion et en passant outre les « grands auteurs » qui ont été déjà largement publiés et traités – économistes, philosophes anciens, épistémologues – nous avons retenu 41 auteurs essentiellement du XXe siècle. Nous les avons regroupés en trois grandes familles, les piliers, les originaux et les rebelles. Bien évidemment il subsiste une part de subjectivité dans de telles catégorisations, nous l’assumons totalement tant ces auteurs sont riches et leur œuvre dense ! Les contributeurs sont principalement enseignants-chercheurs en sciences de gestion et du management et sont parfois appuyés par des collègues de disciplines connexes. Ces 41 grands auteurs – et la soixantaine de contributeurs qui ont relevé le défi de souligner leurs apports, résonances et actualité en sciences de gestion – nous embarquent dans un voyage au cours duquel les idées traversent les frontières, toutes les frontières.
Cet article analyse un retour d’expérience pratique sur l’enseignement de l’éthique des affaires, dans un cursus académique en management au Cameroun. Le problème est l’adaptation, en contexte camerounais, d’un enseignement emprunté à d’autres contextes (européen et nord-américain). L’objectif est d’explorer les possibilités de contextualisation de cet enseignement. L’article présente successivement le retour d’expérience, la revue de littérature et la méthodologie qualitative longitudinale, les résultats, la discussion. Ces résultats révèlent deux réactions paradoxales de quelques étudiants qui ont suivi cet enseignement : la résistance pendant la formation académique et l’appropriation quelques années plus tard. Les discussions montrent quatre principaux impacts (pédagogique, managérial, sociétal et théorique).
Bien qu’ayant fait l’objet de nombreuses critiques, le management interculturel continue à être diffusé dans sa version canonique. Cette résistance au changement trouve son origine dans la construction même du domaine. Une analyse historique est donc utile. L’article met en évidence les racines de ce domaine : la psychologie ethnique (en prenant comme point de départ l’ouvrage de Ch. Letourneau 1901) la « psychologie des peuples » et l’anthropologie culturelle nord-américaine, pour en arriver à ce qui a été considéré comme une science interculturelle « normale » (en prenant pour base l’ouvrage de G. Hofstede 1980). L’article soulève les questions que pose cet héritage en relation avec un renouvellement espéré : de nombreuses différences oubliées (pouvoir, genre, race) et un centrage occidental.
La pensée postcoloniale fait actuellement l’objet de deux types de débats : des débats en France sur sa supposée toute-puissance et sur l’origine et le militantisme de ses auteurs… débats qui ont agité les médias et ne touchent pas le fond des thèmes originaux de ce courant. Et aussi des questions plus essentielles qui sont intéressantes pour ceux et celles qui veulent contribuer à une « décolonisation » des sciences de gestion et du management. Dans cet article, nous cherchons d’abord à faire la part de ces débats, entre agitation médiatique et controverses importantes. Avec pour but, sur trois ensembles de questions de fond, de montrer, en évitant une controverse Nord-Sud, que certains auteurs du « Sud », en l’occurrence G. Spivak, A. Quijano et A. Mbembe apportent des réponses pouvant être utiles à ces questions dans le domaine des sciences de gestion.
Corporate social responsibility (CSR) in Africa has had some media success. CSR is therefore particularly topical in this continent. A manifesto was signed in November 2011 in Douala during the first meeting of the 'pioneers of CSR in Africa'. The critical approach to CSR has already been the subject of an abundant literature although it is noteworthy that it focuses on Western countries. Some non-governmental organizations (NGOs) working in Africa insist on the need to include the foreign company in its territorial environment, recreate a 'family spirit' between employees and ensure permanent dialogue with local, traditional or administrative authorities. The mining sector, specifically gold mining, represents very high economic stakes for the countries concerned. Mining activities generally have a major impact on the environment: use of large amounts of water and residue, hazardous materials, soil degradation, poor air quality, noise and vibrations, energy consumption and effects on the landscape.
Les méthodes mixtes de recherche (combinant quantitatif et qualitatif) sont encore peu développées en management, par rapport à d’autres disciplines. Elles offrent pourtant de nombreuses possibilités de souplesse, adaptées au contexte du continent, à condition que les différentes méthodes utilisées soient bien articulées par rapport au « projet cognitif » de la recherche. Des exemples en terrain africain sont fournis dans le chapitre.
Absente pendant longtemps d’une conception orthodoxe des sciences de gestion, la nécessité de « contextualiser » s’impose dès que l’on s’intéresse à l’Afrique. Les concepts classiques du management, mais aussi les notions alternatives présentées comme originales émanent de recherches internationales et soulèvent la question du cadre théorique utilisable pour fonder un ancrage sur ce continent. L’article présente l’intérêt et les limites de trois pôles théoriques utilisables pour situer une recherche dans un « contexte africain » : le pôle « culturaliste », le pôle « institutionnaliste » et le pôle « post-colonial », avant de dégager quelques pistes d’action.
Jean-Daniel Reynaud, Professeur honoraire de sociologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers, s’est éteint le 27 janvier 2019. À travers cet article collectif, les auteurs souhaitent lui rendre hommage en discutant l’apport de la théorie de la régulation sociale aux sciences de l’organisation et plus spécifiquement, à l’analyse des phénomènes de régulation dans les entreprises. La diversité des perspectives prises par les auteurs et des « terrains » qu’ils explorent montrent l’intérêt à convier la TRS pour appréhender la complexité des entreprises contemporaines et comprendre les enjeux qui les traversent.
Le manager-chercheur doit avoir une vue globale du « portefeuille » de méthodes de recherche terrain qu’il est susceptible d’utiliser dans sa thèse. Ce chapitre a pour but d’aider le chercheur à réfléchir sur son « projet cognitif », qui induira ses choix méthodologiques. Puis, le chapitre présente les forces et les limites des principales familles de méthodes, en dépassant une dichotomie souvent excessive entre « quantitatif » et « qualitatif ». Il conclut sur des recommandations en matière de choix méthodologiques dans le cadre du DBA.
Beyond the debate about cultural obstacles to introducing management in Central Europe, the article highlights some basic principles relevant in any case about HRM practices useful in this region.
Emmener au Louvre 24 groupes de managers pour suivre une formation au management est une expérience rare. Cet article, qui s’inscrit dans le courant des Critical Management Education, décrit la réalisation d’un module de formation portant sur la peinture comme élément de réflexion sur le Pouvoir, et s’inscrivant dans le cadre d’un programme de perfectionnement de managers d’une entreprise multinationale implantée en France. Dans ses succès comme dans ses limites, l’expérience invite à poursuivre le nécessaire renouvellement des pratiques de formation au management, enjeu de taille à l’heure où la production des élites économiques est remise en cause par une crise qui s’éternise.
Purpose– The purpose of this paper is to study the contribution of French sociology of organisations (mainly represented by M. Crozier, E. Friedberg and J.D. Reynaud) to the knowledge of organisations in the French context, specially through the “bureaucratic phenomenon”.Design/methodology/approach– The author shows that the work has provided a relevant picture of some of the main characteristics of a “French way of organising”, but shows in a second part that French specificities are only a part of the authors’ scientific project, and discusses some of the reasons why it did not get a large international recognition in the English-speaking literature.Findings– The article provides a summary of the analysis and a discussion of its relevance to the French context today. It opens a reflection about the question as to whether a sociological school based on field studies can be used outside of its original context of conception.Research limitations/implications– The author does not have the ambition of an exhaustive overview of the international impact of this school.Practical implications– The author aims at a reevaluation of the contribution, for English-speaking academics, and at a development of the thinking about the use of the “strategic analysis” model.Originality/value– An examination of the today relevance of the “bureaucratic” model in France, and a better knowledge of the interest of this school outside France.
L'Afrique fait depuis quelques mois les titres de la presse economique internationale : certains pays ont un fort taux de croissance, les Chinois y investissent massivement et certaines firmes multinationales occidentales envisagent de s'y developper. Sans envisager que les pays d'Afrique puissent rejoindre rapidement les BRIC (a part l'Afrique du Sud), la question d'un adapte au contexte se pose a nouveau. Les considerations globales sur les particularites d'un management africain ne manquent pas mais elles ne permettent pas, a notre avis, de voir clair sur les realites complexes observables aujourd'hui. En nous limitant a l'Afrique de l'Ouest francophone et a l'Afrique Centrale, nous voudrions dans cette communication, faire une rapide revue critique des modeles explicatifs de la gestion des entreprises en Afrique et esquisser un cadre d'analyse qui, d'apres nous, permettrait de developper des recherches complementaires plus fructueuses.
le passage a la diffusion numerique offre un excellent exemple d'adaptation d'un secteur(le cinema) a une decision d'un acteur dominant,et d'innovations organisationnelles liees a un changement technologique. le cas est interessant sur le plan theorique:changements strategiques,creation d'un marche norme,adaptations institutionnelles.
le passage au numerique est un exemple de changement technologique radical:la communication compare la maniere dont les pays d'Europe ont ou non aide les exploitants independants a financer ce passage