Les 4 auteurs qui ont co-ecrits cet ouvrage appartiennent a ce qu'on pourrait appeler « le courant francais » de sociologie des organisations. Prenant appui sur la theorie de l'acteur strategique de Michel Crozier et Erhard Friedberg, sur les travaux de Renaud Sainsaulieu et de Jean Daniel Reynaud, ce courant s'est developpe dans des directions assez variees depuis le milieu des annees 80. Dans cet ouvrage, les auteurs tentent d'en faire le point, en rappelant les fondements de la sociologie des organisations en France et en exposant les apports et les limites de quelques ramifications recentes propres a cette discipline.
Considérer le travail comme activité, c’est regarder ce que fait l’individu au travail, son activité concrète et non plus seulement l’environnement de ce travail, conditions de travail, salaire, organisation, relations hiérarchiques, etc. C’est regarder le « faire », observer avec précision ce que fait le travailleur dans son milieu de travail, le laisser parler de son travail concret. Privilégier l’observation précise et donner la parole aux exécutants permet de quitter les interprétations du travail les plus répandues, pour restituer l’ensemble des significations données par les travailleurs sur leur travail. C’est dans les descriptions précises du travail et dans ce que les exécutants en disent, qu’il faut chercher ces significations. Récemment, sans doute surtout sous l’influence des psychologues et des ergonomes du travail, on est passé progressivement des anciennes approches du travail à une approche de l’activité, de ce que fait l’homme au travail. Ces nouvelles approches montrent qu’il peut inventer et qu’il invente d’autres manières de faire, qu’il peut innover dans son travail, qu’il n’est plus simplement soumis à une organisation mais qu’il est capable et disposé à être, à son niveau, un inventeur, qu’il donne aussi à son travail une foule d’autres significations. Considérer et analyser le travail comme activité permet alors de mieux comprendre les évolutions actuelles dans le monde du travail.
Restituer les conditions de naissance de la sociologie du travail en France et de son developpement jusqu’aux annees 1990, tel est l’objet de cet ouvrage. Lucie Tanguy s’appuie sur des documents qu’elle a eu la chance de decouvrir recemment, les archives du ministere du Travail, puis celles du CNRS. A l’aide de ces documents, elle cherche a montrer les circonstances, l’etat d’esprit des chercheurs, les strategies des differents acteurs qui ont contribue durant cette periode a structurer le mo...
Résumé Le malaise social qui se manifeste aujourd’hui dans les entreprises révèle une crise de la pensée managériale, due à une connaissance plus que sommaire de l’homme au travail et à un usage mal maîtrisé des outils de gestion. On rappellera un des principes fondamentaux de l’anthropologie, à savoir que toute société est fondée sur la reconnaissance sociale des hommes entre eux. Ce principe permet de comprendre une des manifestations les plus violentes du malaise social, le phénomène du suicide. La mise en place des outils de gestion devra prendre en compte ce principe au lieu de s’appuyer sur des représentations sommaires de la nature humaine.
Il est heureux qu’un ouvrage soit consacre a la theorie de la regulation sociale (TRS) de Jean-Daniel Reynaud. Le milieu sociologique a trop peu parle de Les regles du jeu lors de sa parution (1989), et n’a guere fait echo aux ajouts substantiels de la reedition de 1997. C’est dommage. L’objet de la reflexion de J.‑D. Reynaud, la constitution des rapports sociaux, sa problematique, celle des regulations sociales, venue ici du champ des relations professionnelles, valait la peine d’un debat pl...
Le titre resume bien le theme (ou la these) du contenu : la perte d’emploi, pour la grande majorite des salaries, n’est pas seulement une perte d’emploi, mais aussi une perte de soi, c’est-a-dire d’identite, d’integration sociale, de sens de la vie. Les auteurs ont mene une enquete aupres des salaries de l’usine de Creil de Chausson, definitivement fermee en 1996. Obtenu apres de dures negociations menees par les syndicats, le plan social accompagnant cette fermeture avait ete presente comme ...
Le titre resume bien le theme (ou la these) du contenu : la perte d’emploi, pour la grande majorite des salaries, n’est pas seulement une perte d’emploi, mais aussi une perte de soi, c’est-a-dire d’identite, d’integration sociale, de sens de la vie. Les auteurs ont mene une enquete aupres des salaries de l’usine de Creil de Chausson, definitivement fermee en 1996. Obtenu apres de dures negociations menees par les syndicats, le plan social accompagnant cette fermeture avait ete presente comme ...
Sous l’effet de la multiplication des pratiques et du questionnement adresse aux sciences sociales, le theme de l’intervention et du lien de la sociologie a l’intervention devient objet d’etudes. On ne peut que s’en rejouir. Partant de ce constat de l’intervention et de la diversite des approches, les differents auteurs de cet ouvrage s’accordent pour definir la sociologie d’intervention comme l’exercice professionnel qui conduit le praticien a se positionner, sur sollicitation d’un client, e...
L’analyse des organisations s’est-elle engagée dans une fausse voie depuis la première parution, il y a plus de quarante ans, de la revue Administrative Science Quarterly ? Il y aurait eu divorce entre la théorie et l’empirie, le lien aurait été perdu entre les deux. L’auteur montre que cette perte est due aux références à des ensembles théoriques structuraux, alors que les organisations, comme la société dans sa globalité, ne sont explicables qu’en partant des interactions entre acteurs, interactions qui permettent de comprendre comment se vivent les incertitudes de l’action. Des exemples précis montrent que le fondement de ces interactions est, dans les organisations productives, la relation des salariés aux objets techniques, la rationalité instrumentale. Elle leur permet d’entrer en relations et de gérer les incertitudes sans réifier ni contrôler ces relations.
Sociologies du travail : quarante ans après sous la direction d’Amélie Pouchet, Paris : Éditions Elsevier, 2001, 384 p., ISBN 2-84299-275-X.. Un article de la revue Relations industrielles / Industrial Relations (Volume 57, numéro 4, automne 2002, p. 609-827) diffusée par la plateforme Érudit.
1. Compte-rendu, par Philippe Bernoux Livre allechant, en particulier par le fait qu’il annonce une comparaison des approches allemandes et francaises de l’entreprise. A quelques exceptions pres, les travaux des sociologues allemands de l’entreprise sont peu connus pour ne pas dire franchement meconnus en France. Il y a la une vraie regression par rapport aux periodes passees. Sans remonter au xviiie siecle, rappelons que les grands sociologues francais et allemands du xixe se lisaient et se ...