Cet article interroge les nouvelles normes de mobilité des élèves désignés à besoins éducatifs particuliers au sein de dispositifs dits inclusifs, à mi-chemin entre la classe ordinaire et la classe spéciale. La possibilité accordée aux élèves de circuler plus facilement que par le passé – du moins en théorie – à travers les différents dispositifs à visée inclusive est souvent présentée comme le marqueur d’une plus grande accessibilité scolaire. Or, selon les auteurs de l’article, cette logique de circulation et de mobilité des élèves sous-jacente à ces dispositifs peut être interprétée comme l’écho d’un tout autre référentiel que l’inclusion, à savoir celui des « politiques d’activation » qui mettent l’accent sur un modèle d’un sujet « entrepreneur de lui-même ». L’article se concentre pour l’essentiel à étudier l’opérationnalisation pratique de ces normes de mobilité et de mobilisation de soi auprès des élèves. Il est fondé sur une ethnographie menée entre 2018 et 2022 au sein des dispositifs de l’enseignement spécialisé du canton de Vaud en Suisse. À partir de l’étude de cas empiriques, deux figures de mouvement distinctes sont mises en évidence : la circulation des élèves contrainte par l’institution, d’une part, et la mobilité buissonnière développée par certains élèves pour contourner les dispositifs imposés et se réapproprier leur vie.
Cet article trilingue résume les discussions d’une table ronde portant sur la communication des savoirs entre la recherche et la pratique enseignant·e. Il en ressort qu’une meilleure reconnaissance du temps alloué pour nourrir le dialogue entre pratique et recherche est nécessaire à chaque niveau. Pour la recherche, il s’agit d’anticiper et valoriser le travail de vulgarisation. Dans les écoles, des conditions cadres favorisant la systématisation de ce dialogue encourageraient les enseignant·e·s à s’informer sur les résultats actuels et à contribuer activement au développement des savoirs. Finalement, les formateur·trices·s d’enseignant·e·s peuvent jouer un rôle déterminant en présentant aux (futur·e·s) enseignant·e·s les ressources pertinentes et en leur apprenant à les identifier ainsi qu’en initiant des collaborations entre les différent·e·s acteur·e·s.
Cet article montre comment la compétence pragmatique peut être développée à travers l’analyse et la production de spots publicitaires. L’exemple du spot suisse Die Eismaschine (série Liebe Mobiliar de l’entreprise d’assurance éponyme) illustre l’articulation de ressources linguistiques, interactionnelles et audiovisuelles pour comprendre et produire un message humoristique et persuasif. Après une analyse du fonctionnement discursif du spot, une tâche didactique menée dans plusieurs classes de niveau B1 invite les apprenant·es à créer leur propre spot publicitaire, en réinvestissant les codes du genre. La démarche, inscrite dans l’approche par tâches et le cadre des genres discursifs, met en évidence les bénéfices d’un enseignement explicite de la pragmatique pour relier intention communicative, choix formels et sens culturel.
Le modèle de réponse à l’intervention (RAI) vise à prévenir les difficultés scolaires, notamment en dispensant rapidement du soutien pédagogique intensif aux élèves dits « à risque ». La majorité des études sur ce modèle sont nord-américaines et rares sont celles ayant porté sur deux domaines d’apprentissage. Cette étude pilote, menée auprès de 155 élèves de 2e maternelle (5-6 ans) en Suisse, examine la mise en œuvre simultanée d’interventions de palier 2 (soutien pédagogique) en littératie et en numératie. Les objectifs étaient : (1) de comparer l’identification des élèves à risque par les enseignants et par des tests standardisés ; (2) d’évaluer la faisabilité de séances de palier 2 dans le cadre des ressources ordinaires des classes ; (3) de mesurer l’impact de ces interventions sur les progrès des élèves ; et (4) de recueillir les perceptions des enseignants concernant la démarche. Les résultats montrent que les tests standardisés ont permis une identification plus précise des élèves à risque que le jugement seul des enseignants ; qu’une petite moitié des séances de palier 2 ont pu être mises en œuvre ; qu’on observe des effets significatifs sur les progrès en numératie, mais non en littératie ; et que les enseignants ont des perceptions positives en ce qui concerne l’acceptabilité et l’utilité, mais moins concernant la faisabilité.
Introductory physics instruction emphasizes fluency with routine problem-solving procedures. However, even when applying these procedures, students frequently encounter challenges. This paper investigates how students navigate such moments when answering qualitative electricity and magnetism problems in interviews. Students frequently noted they had partially forgotten a key equation on a problem involving RC circuits. We present focal cases that show how coherence-seeking approaches were employed to overcome this problem-solving challenge. In attempts to reconstruct these equations, participants identified and chained qualitative dependencies and sought coherence between qualitative and mathematical understanding of the physical system. These moments of forgetting and reconstructing equations are a useful site for studying broader physics learning goals. While prior work investigates the use of mathematical sensemaking by examining how students respond to explicit prompts, our cases illustrate how students can spontaneously use mathematical sensemaking strategies. We reflect on these cases to consider how such adaptive reasoning can be a target for instruction and assessment.