
L’auteur conteste que sa position, invoquée dans l’article précédent, soit celle d’une conception juridique des règles. Il est ainsi conduit à distinguer quatre formes différentes de normativité à l’œuvre dans la vie sociale.
Chez Julien Freund (1921-1993), politique et morale sont logiquement autonomes mais ne sont pas pratiquement disjointes. Nous proposons une taxonomie complète des relations entre ces deux « essences » fondée sur un corpus de textes significatifs. Cette enquête permet de montrer qu’une philosophie politique « réaliste », dans la lignée de Machiavel et de Carl Schmitt, ne débouche pas nécessairement sur les positions antihumanistes auxquelles on s’attendrait.
Faut-il comprendre le projet des Leçons sur la philosophie de l’histoire du monde de Hegel comme appartenant à la tradition des histoires universelles, ou du moins comme une certaine forme de récit historique ? Il s’agit ici de montrer que Hegel n’a pas conçu ou a rapidement cessé de concevoir son propre travail comme celui d’un historien, à travers un examen des différentes leçons, telles que les éditions récentes du texte les distinguent, et de clarifier par là le rapport de la philosophie de Hegel aux récits historiques et à la philosophie de l’histoire.
Pourquoi Jaurès invoque-t‑il Plutarque, aux côtés de Marx et Michelet, dans l’introduction à son Histoire socialiste de la Révolution française ? Il s’inspire de Plutarque par ses portraits moraux et spirituels des héros révolutionnaires. Il s’en démarque cependant en les plaçant d’emblée sur la scène de l’histoire. L’exemplarité des révolutionnaires se trouve dès lors déterminée par leur historicité propre. C’est au sein de la différence, de l’irréductibilité de chaque moment historique, que Jaurès découvre un pôle d’identité à même de ramener le particulier à une expérience commune. L’exemplarité reflète ainsi chez lui une expérience de l’histoire par laquelle la conscience se découvre une responsabilité éthique autant que politique.