
This study sets out to chronicle the United States geopolitical interest and involvement in the hydropolitics of the Nile River, which has been one of the major factors in shaping interstate relationships in Northeast Africa. This research was carried out by employing a systematic collection and diligent analysis of primary and secondary sources to understand the general sense of the period and the issues under discussion. Of the variety of collections, primary sources at the Institute of Ethiopian Studies, the Ministry of Foreign Affairs, and the Ministry of Water Resource, were particularly important for this study. The article argues that during the colonial period, Ethiopia’s desire to use the United States as a counterweight against Italy and Britain, who were threatening its existence as an independent state, led to the beginning of the US’s involvement in the Nile waters issue. However, the US involvement in the hydropolitics of the Nile was tied to the Dam project only and therefore could not be used as a means of safeguarding Ethiopian sovereignty. The US government, which was engaged in international rivalry with the Soviet Union, actively involved itself in the hydropolitics of the Nile in the 1950s. This study posits that, in the context of the Cold War, the US cooperation with Ethiopia to study the Blue Nile Basin was undertaken in part to threaten Egypt, which had strengthened its friendship with the Soviet Union. Finally, the study also critically examines the results and the challenges of the US–Ethiopian joint study of the Blue Nile Basin.
Le Pléistocène terminal en Afrique orientale était caractérisé par des conditions arides. Le paysage était largement dominé par une végétation ouverte, tandis que les lacs ont été réduits à leur niveau le plus bas. Les chasseurs-cueilleurs ont dû développer différentes stratégies d’adaptation pour faire face à ces changements environnementaux, qui sont accessibles à travers l’étude de la culture matérielle et des restes fauniques. Nous présentons ici les résultats de notre analyse des vestiges lithiques du site récemment fouillé de B1s1 en Éthiopie. Nous comparons nos observations aux sites du Pléistocène terminal précédemment décrits dans la région. Nous essayons enfin de confron-ter les modèles sur les stratégies de subsistance et l’organisation des systèmes techniques proposés pour cette période avec les résultats de notre propre analyse des vestiges lithiques de B1s1.
This article focuses on divorce in the Christian kingdom of Ethiopia between the sixteenth and seventeenth centuries, with particular em-phasis on its legal aspects. It relies on a comparison of exogenous accounts and normative texts, supplemented by a case study. The cross-referencing of these texts reveals that the right to divorce, as defended in endogenous texts, is strongly criticized in the writings of Catholic missionaries. It also offers an opportunity to explore the judicial structure of the Christian kingdom of Ethiopia and to study which of the ecclesiastical or civil courts was competent to deal with marriage separations. While both types of court were empowered to settle such disputes in the sixteenth century, a shift occurred in the seventeenth century. The Orthodox ecclesiastical courts attempted to monopolize the management of divorces, influenced by the Catholic missionaries, who, in fact, succeeded in obtaining a monopoly on the management of matrimonial affairs under the reign of Sus e nyos. This period profoundly altered the prevailing norms regarding divorce. Throughout this article, these norms, the necessity to comply with them, and the ability to circumvent them, will be examined. It aims to describe how the power struggle between different social classes and institutions crystallized around the question of divorce.
Les recherches archéobotaniques sur les sites médiévaux de l’est de l’Éthiopie étaient inexistantes jusqu’en 2015. Auparavant, l’orientation géographique de la recherche archéobotanique en Éthiopie avait généralement favorisé le nord et le nord-est du pays plutôt que l’est et les contextes préhistoriques ou aksumites plutôt que médiévaux. Les résultats de la recherche archéobotanique achevée au centre commercial de Harlaa (du VIe au XVe siècle) dans la région de Dire Dawa sont présentés en tenant compte de ce que l’on peut apprendre des restes de plantes sur l’économie, le paléoenvironnement, les contacts culturels et l’identité religieuse. La prédominance des céréales à Harlaa est évidente, et les données indiquent que les habitudes alimentaires ont été influencées par le Moyen-Orient avec la présence de blé amidonnier (Triticum monoccocum ), d’orge (Hordeum ), de pois chiches (Cicer arietinum ) et de lentilles (Lens culinaris), tous originaires de cette région. En revanche, les cultures indigènes éthiopiennes telles que le teff (Era-grostis tef ) et l’éleusine (Eleusine coracana ), étaient absentes. Des plantes oléagineuses, des légumineuses, des plantes ligneuses et des mauvaises herbes ont également été récupérées, et les espèces présentes suggèrent que l’environnement était potentiellement plus proche de celui que l’on rencontre à Dire Dawa aujourd’hui, qui est plus chaud et plus sec qu’Harlaa. Bien que les vestiges archéobotaniques ne fonctionnent pas comme un indicateur de conversion à l’islam, d’islamisation ou de la présence de musulmans, lorsqu’on les considère avec d’autres aspects de la preuve tels que les restes fauniques et les formes céramiques locales, on peut en déduire qu’ils s’inscrivent dans le cosmopolitisme culinaire de Harlaa, qui ne peut être facilement rattaché à une région spécifique ou à une identité culturelle ou religieuse.
La métallurgie occupe une place particulière dans l’histoire de l’humanité car c’est l’activité dans laquelle la maîtrise des ressources naturelles est la plus avancée. Elle implique une chaîne opératoire longue et complexe au cours de laquelle les propriétés physiques et chimiques des matières premières se modifient. Maîtriser les procédés métallurgiques, c’est être capable de produire des matériaux dont les propriétés n’existent pas à l’état naturel. Ces métaux se retrouveront utilisés dans tous les domaines : agriculture, artisanat, armement, ornementation et construction. L’identification de ces mécanismes est une question essentielle pour comprendre les sociétés qui en sont à l’origine et celles qui apprennent des autres ou consomment les produits des autres. Les recherches menées depuis une trentaine d’années montrent que l’his-toire des métaux en Afrique échappe à toute perception évolutionniste, qui obligerait en quelque sorte chaque société à passer successivement par les âges du cuivre, du bronze et du fer, comme en Eurasie, obéissant ainsi à un déterminisme technologique (Robion-Brunner, 2018). En Éthiopie, les données archéologiques et géologiques actuellement dis-ponibles montrent que des objets ferreux et non ferreux ont été utilisés très tôt (dès la période pré-Axoumite, entre le viii e et le xiv e siècle avant notre ère) et que des gisements métalliques riches et diversifiés sont disponibles. Cette diversité d’usages et de ressources a pu entraîner des mécanismes d’apprentissage particuliers. Aucun récit exhaustif de l’histoire des métaux dans cette partie de l’Afrique n’a réellement été établi et cela ne nous permet pas de connaître les interactions entre les sociétés et leur environnement, les processus d’invention, d’innovation et de diffusion des techniques, les dimensions sociales, rituelles et symboliques de l’artisanat, les relations entre pouvoir et production de richesses, les réseaux et circuits d’échanges économiques, etc. Dans cet article, nous proposons d’y remédier en dressant un bilan des connaissances permettant d’identifier les sujets, les périodes et les espaces à investiguer par les futurs archéologues et historiens.