
Résumé De nombreux commentateurs estiment que la dernière philosophie de Ludwig Wittgenstein débouche sur un relativisme, ou tend à l’alimenter. Pour cette raison, plusieurs la rejettent ; même les wittgensteiniens les plus fidèles concèdent souvent, tout en le jugeant bénin, un certain relativisme dans ses écrits tardifs. Cet article se propose pourtant de montrer qu’aucune forme de relativisme n’est réellement assumée par Wittgenstein, dès lors que l’on tient compte de son contextualisme pragmatique. Il reconnaît plutôt la pluralité de formes de vie. Cette pluralité ne saurait être assimilée au relativisme.
Résumé Cet article examine la valeur épistémique des œuvres d’art dans un horizon spinozien. Contestant le présupposé qui limite cette valeur au premier genre de connaissance, nous proposons de repenser la dimension esthétique à partir de l’affectivité, transversale aux trois genres de connaissance. Ainsi, nous défendons une thèse double : les œuvres d’art peuvent contribuer à la connaissance rationnelle des spécificités universelles de la nature humaine et permettre une connaissance intuitive de nous-mêmes en tant qu’individus singuliers existant en acte.
Résumé Cet article propose une critique de la définition individualisante du spécisme formulée par François Jaquet dans Le pire des maux. Éthique et ontologie du spécisme (2024), au profit d’une approche systémique. En mobilisant la théorie des systèmes sociaux de Talcott Parsons, j’y soutiens que le spécisme contemporain s’organise comme un système social, structuré autour de sous-systèmes culturels, politiques et économiques interdépendants. Cette perspective pourrait permettre d’identifier les racines profondes du spécisme dans les institutions et les normes qui le perpétuent. Elle dépasse ainsi l’analyse des comportements individuels et ouvre la voie à une compréhension plus politisée du spécisme.
Résumé Cet article discute trois critiques de mon ouvrage Le pire des maux. Éthique et ontologie du spécisme (2024b). Face à Sarah Zanaz, je clarifie la distinction entre définir et décrire et rejette les définitions systémiques du spécisme. Je défends ensuite mes conceptions du capacitisme et du spécisme contre une objection élaborée par Virginie Simoneau-Gilbert. Enfin, je réponds à Nicolas Delon, qui s’en prend successivement à ma définition du spécisme et à mon affirmation que le spécisme existe.
Résumé Dans cet article, j’argumenterai qu’une certaine tension entre, d’une part, une compréhension strictement individualiste et, d’autre part, une compréhension plus sociale ou politique du spécisme, traverse le récent ouvrage du philosophe François Jaquet, Le pire des maux. Éthique et ontologie du spécisme (2024). Plus encore, j’argumenterai que celle-ci est rendue patente par des dilemmes moraux qui se situent à la frontière de l’éthique appliquée et de la philosophie politique. Pour ce faire, je résumerai brièvement la définition que donne Jaquet du spécisme, celle d’un « traitement inégal basé sur l’espèce » (section 1). À cette définition, j’opposerai un exemple de discrimination positive, « L’embauche de Forrest », qui, je l’espère, réussira à mettre de l’avant certaines limites du cadre théorique de Jaquet (section 2). Enfin, j’explorerai trois réponses possibles à cette objection, dont les deuxième et troisième me semblent les plus satisfaisantes, même si elles doivent mener Jaquet à élargir sa définition du spécisme pour y inclure une dimension plus sociale ou politique (section 3).