
Ce texte propose une analyse du film Les Glaneurs et la Glaneuse (2000) d’Agnès Varda à la lumière de la question : que faut-il pour vivre ? Dans un premier temps, l’auteur propose un survol biographique afin de mettre en relief les éléments structurants de la production de Varda, à savoir, une pensée singulière se déployant par la construction d’images (physiques et mentales), l’histoire de l’art comme dispositif de création et la primauté de la narrativité. Dans un deuxième temps, l’auteur inscrit Les Glaneurs et la Glaneuse dans le contexte de la crise de la représentation des années 1990, ce qui permet de mieux saisir le sens historique de l’intervention de Varda ainsi que son pouvoir d’évocation. En reliant ainsi les thèmes de la survivance et de la créativité à la vie que portent les images (entendues comme « sujets »), le texte se termine en mobilisant la théorie de l’image de Gérard Wajcman telle qu’esquissée dans l’ouvrage Fenêtre (2004). Dans cette perspective, le film de Varda se veut un dispositif de figurabilité nouant intimité et socialité et appelant les spectatrices et spectateurs qui y prennent part à prolonger la vie des images.
Le film La salle des profs fait du microcosme d’un collège allemand le révélateur de questions qui traversent l’ensemble du monde actuel, en particulier autour des enjeux de justice et d’intégration sociale. On y constate la fragilité des liens sociaux et les dangers de solution de clivage. Le commentaire souligne la situation complexe des deux protagonistes principaux, une enseignante et son élève, pour mettre en relief ce qui les unit et les déchire.
L’auteure explore sa vision de la transmission ainsi que la place qu’y occupe la pratique de l’écriture. Au coeur de l’acte d’écriture, l’importance de cultiver une écoute sensible non emprisonnée dans des concepts, mais ouverte à l’Infantile qui infiltre la parole. En effet, la transmission ne saurait se limiter au savoir partagé, elle est inséparable de l’expérience de l’analyse. Mais qu’en est-il lorsque l’analyste tente de transmettre l’expérience de la cure via l’écriture ? Comment rendre compte de cette expérience si particulière ? Est-il possible de préserver le mouvement de la séance, sa vivance, la passion du transfert, sans les dénaturer ? L’acte d’écriture est aussi une manière de témoigner de la part traumatique inhérente à toute cure en la partageant avec nos pairs. Ce métier impossible, comme se plaisait à le rappeler Freud, ne se pratique pas seul. Ce n’est qu’en soumettant notre pratique à une écoute autre que nous pourrons renouveler la nôtre et éviter les pièges de la passion suscitée par les transferts et qui mènent parfois à des dérives.
Cet article s’inspire des communications des conférenciers et conférencières invités lors du Colloque international Précarités, inclusion et diversité dans la parentalité , qui s’est tenu à Montréal en octobre 2024. Ce temps d’échange a permis de réfléchir aux formes de parentalité mises à l’épreuve par des facteurs de vulnérabilité tels que la précarité sociale, l’isolement ou encore la souffrance psychique. Ces contextes peuvent engendrer des états de sidération ou de débordement émotionnel qui peuvent affecter les capacités parentales, provoquer des intrusions dans l’espace psychique de l’enfant et favoriser des transmissions traumatiques intergénérationnelles. L’enfant, confronté à ces impasses, peut voir son appareil psychique mis à mal, et le lien d’attachement avec ses figures parentales peut se fragiliser. En mobilisant la métaphore du fil, l’article propose une réflexion sur les fonctions fondamentales de la parentalité : soutenir, relier et permettre l’émergence du sens. Il revient d’abord sur la genèse de la parentalité, son inscription psychique et son articulation dans un mouvement réciproque entre enfant et parent. À travers la notion d’enveloppes psychiques, il met en lumière la co-construction du lien et ses effets sur la subjectivation infantile. Il explore ensuite les spécificités de la parentalité précaire, par la mobilisation de concepts fondamentaux au lien parent-enfant. Enfin, l’article propose des pistes d’intervention thérapeutique favorisant la restauration des liens mis à mal, dans un cadre contenant où le thérapeute soutient le parent pour que celui-ci puisse, à son tour, soutenir psychiquement son enfant.
L’état de vulnérabilité dans lequel un bébé arrive au monde l’entraîne, avec ses parents, dans une situation de précarité inégalée au cours de sa vie. Les angoisses primitives vécues alors sont un passage obligé pour tout petit humain et la présence de figures de soins constantes et prévisibles sera de première importance pour former une assise solide à la personnalité naissante. Sur le plan théorique, la formation de la peau psychique (Bick), la fonction contenante (Bion) et la confiance épistémique (Fonagy) seront discutées. Des vignettes cliniques illustreront ces angoisses et serviront de base à la réflexion sur la violence et ses réverbérations potentielles pour les nouveaux parents et chez l’enfant ou l’adulte en psychothérapie.