
Cet article explore les remaniements psychiques du devenir-mère à partir d’une recherche doctorale sur les identités plurielles de femmes, mères et professionnelles. À partir de données qualitatives et d’une lecture psychanalytique, il met en évidence des conflits identificatoires et propose le « complexe de Blanche-Neige » comme modèle métaphorique articulant enjeux intrapsychiques, interindividuels et sociaux.
L’œuvre de Juliet Mitchell constitue l’une des tentatives les plus rigoureuses pour articuler psychanalyse et féminisme. De Women: the Longest Revolution (1966) à Fratriarchy (2023), elle élabore une position singulière : utiliser la psychanalyse pour comprendre comment les lois du patriarcat s’inscrivent dans l’inconscient, afin de les renverser. L’article retrace cette pensée autour de deux axes : l’axe vertical de la différence des sexes, lié à la transmission intergénérationnelle des interdits de parenté, et l’axe latéral du genre et de la fratrie, lié à la circulation du féminin comme position psychique partagée indépendamment du sexe. La confrontation avec Butler, éclairée par Rose, Kail et Bourdieu, fait apparaître que le malentendu récurrent dont cette œuvre fait l’objet est lui-même un symptôme de la difficulté que le féminin oppose à la pensée. La distinction entre différence des sexes et genre offre le cadre le plus propice pour penser le féminin sans céder ni au biologisme ni au volontarisme discursif.
Cet article propose de revisiter la question du féminin à partir de l’hypothèse d’un totem au féminin chez le peuple Karajá , au Brésil. En psychanalyse, le totem est envisagé comme le représentant de l’organisation du lien social. Issu de l’anthropologie, le système totémique est aujourd’hui remis en question. À partir d’un retour sur l’histoire du totémisme à l’époque freudienne et sur ses actualisations ultérieures, se dégage un concept de totem lié aux interdits fondateurs de la société ainsi qu’aux identifications groupales, atemporelles et toujours opérantes. L’introduction d’un totem au féminin permet alors de penser une fonction structurante du féminin, non limitée au corps des femmes, mais agissante chez tout sujet. Ce déplacement ouvre la possibilité de concevoir le féminin dans son articulation avec le masculin. La qualification du totémisme comme fiction scientifique par l’anthropologie contemporaine, ainsi que les perspectives structuralistes, ont contribué à ouvrir le concept de totem. C’est dans cette ouverture qu’il devient possible de concevoir un totem féminin susceptible de donner sens à la vénération de la Ritxoko chez les Karajá , comme dimension symbolique partageable participant à la constitution du sujet et aux renoncements pulsionnels.
Cet article interroge l’articulation entre blessure narcissique, vécu du féminin et sentiment d’étrangeté. Il s’appuie sur une relecture croisée de Freud et de Jung sur ces thématiques fondamentales.
La psychanalyse a toujours reconnu une bisexualité psychique attestant de la présence du masculin et du féminin en chaque sujet. Au travers du cas d’un jeune homme aux prises avec ce qu’il nomme l’efféminement, la présence du féminin chez l’homme est mise en lumière, entre assignation venant de l’extérieur et refus d’une position psychique associée à la passivité. Pris dans les mailles de l’angoisse et du narcissisme, le féminin pourrait peut-être trouver une voie d’expression via la créativité et le jeu, et renouer avec une forme partielle de plaisir.