
Abstract Some interpreters hold that, for Aristotle, the pleasant is the primary de dicto goal of every vicious person. I argue that this is false and develop an alternative account of vicious motivation by self-interest ( to sumpheron ). In Nicomachean Ethics 2.3, Aristotle claims that the vicious person errs with respect to the objects of choice: the pleasant, the sumpheron , and the fine. I argue that the vicious person can commit conceptual errors, ordering errors, and errors of omission in her pursuit of these objects. I develop this reading by providing an interpretation of Aristotle’s account of the sumpheron on which it is both a means and an end.
Abstract Aristotle’s claim in Nicomachean Ethics 3.9 that the active exercise ( ἐνεργεῖν ) of courage is pleasant only insofar as it attains the end appears to conflict with the account of Metaphysics Θ .6, according to which activity ( ἐνέργεια ) is an actuality whose end is present at any moment it continues. If activities contain their ends, how could courageous activity fail to attain the end and not be pleasant? I propose we resolve this tension by distinguishing between ‘technical-narrow’ and ‘end-exclusive’ descriptions of activity. In courage, the active exercise characterized without reference to the fine is painful, whereas the technical-narrow activity is necessarily pleasant.
Plusieurs recherches montrent qu’une dimension importante des activités professionnelles consiste à percevoir et interpréter ce qui est pertinent pour l’action dans une situation de travail. Dans cet article, notre objectif est d’analyser le potentiel d’un type de situation formative particulier, les ateliers d’école, pour former à cette dimension. Nous étudions plus spécifiquement le rôle de la multimodalité des interventions du formateur. Les résultats montrent comment le caractère intermédiaire et hybride des situations d’atelier permet de confronter les élèves à des dimensions perceptives réalistes sur le plan professionnel, tout en laissant des possibilités importantes pour des médiations multimodales de la part de la formatrice.
Les associations professionnelles d'enseignants en langues (par exemple, ACTFL, TESOL, CASLT, APLV) ont récemment priorisé les nouvelles littératies et la multimodalité, reconnaissant que les outils numériques permettent de combiner l'écriture, le son et les images. Cependant, les enseignant.e.s se disent mal préparé.e.s à mettre en oeuvre des pédagogies multimodales, rendant indispensable leur préparation systématique. Cette étude a examiné les modes, ressources sémiotiques et relations intersémiotiques dans les infographies numériques créées par des étudiants en linguistique appliquée qui ont resémiotisé un article scientifique sur la technologie dans l'enseignement des langues. S'appuyant sur la resémiotisation et la recontextualisation, l'étude a abordé deux questions : (1) Quels modes et ressources sémiotiques ont été choisis ? (2) Quels facteurs contextuels ont influencé ces choix et façonné la rhétorique ?
Abstract Eudemian Ethics VIII.2 presents a paradox: Aristotle appears to allow that eupragia is possible without phronēsis . I interpret the chapter by reading eutuchia as a form of natural virtue. Unlike other defenders of this view, however, I argue that VIII.2 diverges sharply from Nicomachean Ethics VI.13, which is far less receptive to nature as a source of ethical success. Comparing the two treatises reveals a broader pattern: the Eudemian Ethics shows qualified sympathy for the aristocratic idea that nature can ground sustained ethical achievement, where the Nicomachean Ethics does not.
Dans un contexte d’universitarisation de la profession infirmière, le mémoire en formation socle initie les étudiants à la recherche. Cet article présente une étude de cas analysant la multimodalité de la communication dans la dyade formatrice-étudiante par la focale des gestes professionnels, lors d’une guidance de mémoire. Cette analyse montre la richesse des modes sémiotiques des registres langagiers au profit de l’apprentissage méthodologique de l’étudiante, de l’éthos professionnel infirmier et des aspirations du groupe professionnel. Elle encourage à l’utilisation de l’analyse de la multimodalité dans la communication au service de la qualité de l’agir professionnel infirmier.
Cet article aborde la problématique de l’adoption de comportements mimétiques en tant qu’ils constituent un trait particulier de la professionnalité des éducateurs spécialisés dans le domaine de l’autisme. L’article cherche à comprendre les rôles et les usages des différents modes sémiotiques et leur articulation pour appréhender la compétence d’interaction consistant à s’ajuster à l’autre, dans des logiques de ressemblance. A partir d’une analyse des traces enregistrées de séquences de co-analyse impliquant des éducateurs spécialisés en formation, nous nous appliquons à montrer comment le dispositif de l’analyse collective permet aux participants de s’orienter vers la part interactionnelle de leur travail d’accompagnement.
La question de la multimodalité et de la professionnalisation sera abordée à travers les « bricolages pluri-sémiotiques » quotidiens mise en oeuvre par les (futurs) professionnels sourds et entendants face à des situations d’interactions exolingues (Porquier, 2003) et interculturelles (Marandon, 2003). Ces asymétries amènent une fenêtre unique sur les stratégies adaptatives multimodales de ces professionnels quand ils tentent d’agir langagièrement, en puisant dans l’ensemble de leurs ressources disponibles, pour réguler l’intercompréhension et pouvoir poursuivre l’interaction.
Une recherche consacrée à la modélisation du savoir-faire ambulatoire des éducateurs de la protection de l’enfance genevoise, ou action éducative en milieu ouvert (AEMO) a été l’occasion de déceler dans leur activité une phénoménalité de nature hypnotique. Elle intervient ‘’naturellement’’ dans leur activité sans usage volontaire de techniques pour l’induire. En appui sur la notion de perceptude de Roustang, nous la rattachons à une forme d’engagement et de communication sensorielle et analogique qui participe de la connaissance pratique et sensible des professionnels. En favorisant la construction de la confiance, la transe hypnotique est discutée comme participant d’un travail diplomatique au service de la construction d’un monde commun avec le parent.
Cette étude porte sur le parcours préparatoire à l’exercice de la fonction de formateur ou formatrice d’apprenti·e·s en entreprise (FEE) et s’intéresse au processus de professionnalisation de ces actrices centrales et acteurs centraux dans la prise en charge des apprenti·e·s au sein du système suisse de formation duale. Ancrée dans une approche qualitative et compréhensive, la recherche s’appuie sur quatre-vingts entretiens réalisés auprès de FEE issu·e·s d’entreprises de tailles et de secteurs variés. L’analyse, structurée autour de profils idéaux-typiques, met en lumière la pluralité des rapports que les personnes formatrices entretiennent à leur rôle, à leur préparation et aux premières formes de professionnalisation observables. Elle révèle également les tensions entre les impératifs productifs des entreprises et les finalités formatives de leur mission. Ces résultats alimentent une réflexion plus large sur la place de la professionnalisation dans les métiers de la formation en entreprise.
Abstract Many scholars suppose that for Aristotle, mathematicians’ mental acts actualize mathematical objects existing potentially in the sensible world. But we should hesitate to attribute this idea to Aristotle, as it gives mathematicians an improbable power: their thinking affects the ontological status of sensible things. The difficulty could be avoided by maintaining that the mathematicals existing potentially in the sensible world are actualized only in the mind. But this produces a new difficulty: geometrical magnitudes cannot be actualized in the unextended soul. I examine the passages most suggestive of the idea that mental acts actualize mathematical objects and show that they do not support it. I then develop an interpretation that (a) endorses the idea that mathematical thinking can only actualize thought-objects, but (b) denies that these thought-objects are mathematical objects (that is, the objects that make mathematical propositions true).
L’article étudie la multimodalité dans le contexte de l’insertion socio-professionnelle d’adultes vivant avec des troubles psychiques. Il vise à décrire les processus de sémiotisation à l’oeuvre dans l’accompagnement des bénéficiaires, ainsi qu’à identifier les effets d’un dispositif de formation continue fondé sur l’analyse collective des interactions, destiné aux professionnels de l’accompagnement. L’analyse séquentielle et multimodale des interactions d’accompagnement met en lumière les compétences interactionnelles mobilisées dans les processus sémiotiques soutenant la professionnalisation des bénéficiaires. L’analyse des commentaires analytiques des professionnels en formation montre qu’en décrivant finement la multimodalité, ceux-ci identifient les compétences interactionnelles et réfléchissent aux potentialités ainsi qu’aux risques liés à certaines pratiques d’accompagnement. Enfin, l’article souligne que les choix sémiotiques dans l’accompagnement constituent des traces observables de l’agentivité des participants et que le dispositif de formation continue, orienté vers la description des ressources sémiotiques, favorise le développement professionnel.
Abstract This paper argues that, first, in Metaphysics Z12, Aristotle confronts an unproven assumption in the theory of substance. This assumption is that forms and definitions are composite unities. Second, the unity of the form is explained by placing the genus as non-separate and the last differentia as indivisible and one. Third, Aristotle elaborates on a differentiation model that contrasts forms with accidental and additive unities, as well as compounds. Fourth, this stance challenges the widely held view that the Z12 model relies heavily on hylomorphic predication, thereby justifying its pivotal role in the central books.
Abstract The earliest Greek text to explain how disease contagion was understood to work is the pseudo-Aristotelian Problemata . In fact, the fullest causal discussion of contagion in all of Greco-Roman literature is found in Problem 7.8. This Problem has long been a source of consternation, due to its difficult syntax combined with obscurities in its theories of contagion. Through a close reading within its philosophical context and the full history of its interpretation, this paper offers a philosophical and grammatical explication of the Problem, and explores its two theories of contagion. One would prove highly influential; the other would subsequently disappear.
This paper offers a reading of Theaetetus 170a3-171d8 with two main advantages: it accounts for Socrates' concern with the sheer number of people who reject the Measure Doctrine, and it shows how every part of the passage supports Socrates' argument. It also proposes a new account of that argument's structure: it is a constructive dilemma with a regress on the second arm. The argument properly ascribes to Protagoras a principle relating appearance and reality for any complex subject to appearance and realityfor that subject's parts.
In Plato's Republic, Socrates' account of a soul with more than one part or power provides ways of accounting for interesting self-directed or reflexive reactive attitudes, including `self-reproach', the analysis of which is otherwise not at all straightforward. Thinking about these attitudes reveals some fundamental characteristics of how Socrates imagines the relationships between the parts of the soul. This is illustrated by looking again at two very familiar passages: the discussions in Republic 4 of the cases of Leontius and Odysseus (439d5-441c3).
Alexander of Aphrodisias' Commentary on the Topics tackles a thorny issue in Aristotelian scholarship: the place of dialectic in inquiries about the first principles of science. The commentary offers several dialectical syllogisms whose conclusions are first principles of geometry (namely, the definitions of point, line, and surface). However, by themselves, his examples do not clarify the epistemic strength of these dialectical syllogisms. I argue that, for Alexander, preconceptions furnish us with a subset of premises that warrant the truth of conclusions reached on their basis, and that the content of preconceptions can be used as accredited opinions (endoxa).
This paper offers an interpretation of Aristotle's claim that episteme haplos requires the knower to be 'incapable of being persuaded otherwise' (ametapeistos). The claim is interpreted as a requirement that a scientist with fully settled knowledge not undergo rational belief revision, itself a version of the Socratic idea that true knowledge is not subject to refutation or elenchos. Aristotle reduces this requirement to a pair of conditions regarding the knowledge and conviction (pistis) the scientist has in her principles. It is shown that these conditions serve to rule out precisely the types of refutation Aristotle takes to be incompatible with scientific knowledge.
Most contemporary scholars attribute the first formulation of the Sorites paradox to Eubulides. However, Sextus (DK 59B21) attributes strikingly soritical reasoning to Anaxagoras in arguing for the unreliability of the senses. In this article, I present and evaluate evidence for two theses, a stronger and a weaker. The strong thesis is that Anaxagoras formulated something recognizable as the Sorites paradox in arguing for the unreliability of the senses, and the weak thesis is that Anaxagoras importantly anticipated the Sorites paradox. I argue that either thesis can help illuminate certain puzzling aspects of the development of the Sorites paradox in antiquity.