
Quelle place pour l’animal de compagnie dans les établissements sociaux ou médico-sociaux ? Quelle prise en compte de ce lien animal-humain si important dans les accompagnements ? Ce sont ces questions que les autrices de ce texte nous invitent à nous poser à travers le récit clinique de l’accompagnement d’Issa et… de Patate.
Des monitrices-éducatrices en formation font le récit d’une expérience. Dans le cadre de leur formation, elles ont pu participer aux rencontres de Saint-Alban, vivre le collectif et rencontrer des acteurs de la psychothérapie institutionnelle. Elles en ont retiré un questionnement sur le rôle de chacun dans et pour l’institution.
Vulnérable, interdépendant, l’humain ne saurait survivre que dans un monde vivant dont il s’agit de prendre soin. Un prendre soin qui exige parfois sa présence, parfois son retrait. Les théories du care ont ouvert la porte à ce prendre soin généralisé. Il aura fallu que d’autres auteurs alimentent la question pour que les acteurs socio-sanitaires, citoyens parmi d’autres, puissent considérer et agir dans leur quotidien cette nécessité primordiale.
Les classifications actuelles des troubles mentaux débutant dans l’enfance reflètent une vision neuro-essentialiste de l’être humain, rendue possible par une forte dose de déni qui se développe depuis la fin du siècle dernier, avec la vision de ce qu’on appelle l’homme neuronal. En psychiatrie infantile, la logique de la « bêtise systémique » a permis, dans le contexte des controverses théoriques connues sous le nom de psy wars et dans le prolongement de la décennie du cerveau , l’expansion du concept de troubles du neurodéveloppement ( tnd ), niant la nature multifactorielle des psychopathologies développementales. Les classifications dsm et cim ont permis à ce modèle fragile de répandre, dans notre domaine clinique, le « mal de la perte de sens ». Le retour à l’homme noétique, dans la nosographie, l’enseignement et surtout dans la pratique de la psychiatrie infantile, permettra de surmonter le réductionnisme déshumanisant des disciplines surspécialisées et le danger de leur utilisation abusive à des fins politiques.
France Télévisions a voulu surfer sur la santé mentale « Grande cause nationale » en produisant une série soi-disant documentaire sur la psychothérapie libérale. Quatre psys et leurs patients ont été mis dans un décor de carton-pâte sous les regards de multiples caméras. Faute de réflexion sur ce que ce serait que de filmer la souffrance psy, la série se révèle plus proche d’une téléréalité que d’un vrai film. Dommage pour le cinéma, dommage pour la psychiatrie. Dommage pour l’image de la santé mentale en France…