Contexte L’antithrombine (AT) doit être présente en quantité suffisante dans l’organisme pour réguler l’hémostase et assurer l’activité pharmacologique des héparines. En réanimation, un déficit est fréquent par défaut de synthèse (inflammation) et/ou consommation au cours du sepsis ou lors de l’utilisation de membranes (épuration extrarénale, oxygénation par membrane extracorporelle) entraînant une anticoagulation inefficace. En cas de déficit en AT chez un patient à risque thrombotique élevé avec anticoagulation inefficace, une supplémentation est nécessaire. L’AT est disponible dans les services, pour une administration sans délai. L’analyse pharmaceutique n’est donc pas réalisée avant administration. Objectifs Évaluer la pertinence a posteriori des administrations d’AT en réanimation. Méthode Cette étude rétrospective a collecté les données cliniques et biologiques des patients en réanimation ayant reçu de l’AT du 01/01/2022 au 31/03/2023. Quatre critères de pertinence ont été établis : la mesure d’un déficit en AT (<40 %), la conformité de la posologie à l’autorisation de mise sur le marché (40UI/kg), une anticoagulation insuffisante malgré de fortes posologies d’héparine non fractionnée (>450UI/kg/j), une supplémentation d’organe ou un tableau clinique évocateur d’un risque thrombotique. Résultats Quarante-neuf patients ont été inclus dans la cohorte pour 67 administrations au total (22,4 % de double et 8,2 % de triple administrations). L’activité AT médiane mesurée avant administration est de 45 % (6 manquantes) contre 70 % après (24 manquantes). La posologie médiane de l’HNF est de 321UI/kg/j. La dose cumulée médiane d’AT est de 25UI/kg. La pertinence par critère était : 44,8 % pour le 1er critère (déficit AT), 22,5 % pour le 2e (dose totale d’AT), 28,4 % pour le 3e (posologie HNF) et 83,6 % pour le 4e (clinique). La pertinence par critères combinés était de 4,5 % pour l’association des 4 critères ; elle s’élève à 41,8 % pour l’association des seuls 1er et 4e critères. Discussion/Conclusion La pertinence des prescriptions d’AT est très variable selon le critère étudié. Présenter un déficit en AT est un critère majeur mais pour plus de la moitié des administrations, les patients n’avaient pas de déficit, et 4 % ont été effectuées sans mesure préalable. Un défaut de suivi a été constaté : l’activité n’a pas été suivie à 24 heures pour 36 % des administrations. Les doses administrées sont infra-thérapeutiques et très variables d’une administration à l’autre. Cela peut être volontaire : l’efficacité est réévaluée après une première administration et une nouvelle administration est effectuée si l’activité reste insuffisante. Une nouvelle analyse sera mise en place, en collaboration avec un médecin pour l’interprétation du tableau clinique, une donnée primordiale dans la prise de décision. Cela permettra de rédiger des recommandations de prescriptions.
Myocarditis and Kawasaki disease are common but usually distinct diseases in children. During the coronavirus pandemic (COVID-19), reports of a new form of myocarditis with clinical features of Kawasaki appeared. We investigated the place of this new disease in the spectrum encompassing Kawasaki disease and myocarditis.Thirty two consecutive children referred to our centre for a suspicion of Kawasaki or a diagnosis of myocarditis were included and eventually divided into four groups: 11 Kawasaki diseases, 6 Kawasaki syndromes (children with another diagnosis), 7 myocarditis without Kawasaki clinical feature and 7 myocarditis with incomplete Kawasaki clinical features. All were treated with immunoglobulins except those of the myocarditis group. The survival rate was 91%. The 7 children with myocarditis and clinical features of incomplete Kawasaki were all positive for SARS-CoV-2. They had a transient myocardial failure with a favourable course and none had coronary artery disease.Conclusion: Every COVID-19 child within our population had a mild to severe myocarditis and presented with fever plus two or three Kawasaki clinical features. Short-term evolution was good for these children. This new disease seems to fill the gap between isolated myocarditis and Kawasaki disease. What is Known: • A new paediatric disease close to Kawasaki disease appeared during the COVID-19 pandemic What is New: • In our population, children presented with fever, vivid Kawasaki clinical features (although the Kawasaki syndrome was always incomplete) and a myocarditis without coronary abnormalities. • The new disease fills the gap between paediatric myocarditis and Kawasaki disease but its prognosis is much better.
Il n'y a pas actuellement de consensus national concernant le traitement des infections ostéo-articulaires de l'enfant (IOAE). Préciser la réponse thérapeutique à un protocole de prise en charge des IOAE en cours dans une unité de chirurgie pédiatrique, avant son optimisation dans une démarche d'EPP. Identifier les causes d'échec de traitement. Étude rétrospective, descriptive des IOAE (arthrites septiques ou ostéomyélites) admises dans une unité de chirurgie orthopédique d'un CHU, entre le 1er juin 2011 et le 31 mai 2013. Les éléments cliniques, paracliniques et thérapeutiques pertinents (initiaux et du suivi) ont été relevés. Au total, 61 enfants ont été inclus, dont 39 garçons (64 %), d'âge moyen 5,8 +/− 5 ans. Vingt (33 %) avaient une ostéomyélite, 41 (67 %) une arthrite, 43 (70 %) étaient fébriles. L'infection était documentée pour 16 (26 %) enfants, avec S. aureus pour 5 (31 %). La durée du traitement IV était de 6 +/− 4 jours, la durée totale de 6 +/− 1,5 semaines. Le taux de réponse favorable au traitement initial était de 79 % (48). La cause suspectée de non réponse initiale au traitement était : un diagnostic erroné pour 5 (39 %) enfants, une monothérapie IV de 1re intention pour 3 (23 %), un mauvais dosage de l'antibiotique pour 2 (15 %), une molécule non adaptée au germe pour 2 (15 %), un retard au diagnostic pour 1 (8 %). Pour les IOAE confirmées, 56 (100 %) guérisons sont observées à distance. Le protocole était suivi dans 92 % (56/61) des cas. Nos résultats sont concordants avec la littérature et apportent des pistes pour l'amélioration de la prise en charge des IOAE. Comme chez l'adulte, la documentation microbiologique, l'utilisation de posologies élevées IV initiales et un contrôle des taux sont essentiels. Le relais PO peut se faire dès qu'une amélioration clinique et biologique est observée. Le choix de la molécule doit aussi considérer les formes galéniques existantes pour les enfants.
Resume Les evenements iatrogenes medicamenteux (EIM) sont responsables de pres d’un accident iatrogene sur cinq. L’objectif principal de cette etude etait d’evaluer l’impact de consultations pharmaceutiques sur la survenue d’EIM. Les objectifs secondaires etaient d’evaluer le risque d’EIM lies a l’âge, au nombre de medicaments et de consultations pharmaceutiques. Un binome medecin/pharmacien a ete forme dans chaque service incluant. Une consultation pharmaceutique a ete effectuee a l’admission sur le traitement de ville, en cours d’hospitalisation (par defaut 3 jours apres l’admission), lors d’une chimiotherapie et/ou sur le traitement de sortie du patient. Les EIM ont ete identifies a l’aide d’un questionnaire standardise et d’une reevaluation complete du traitement medicamenteux. Tout EIM a fait l’objet d’une intervention (conseil, surveillance clinique/biologique, modification d’ordonnance). Parmi les 318 patients inclus, 68 % (217/318) ont presente au moins un EIM (89 % interaction medicamenteuse, 8 % erreur de dosage, 2 % erreur d’indication, 1 % comportements a risque). Chaque patient a beneficie de 3,2 ± 1,4 consultations pharmaceutiques. Elles ont permis de diviser par pres de 3 le nombre moyen d’EIM par patient entre l’admission et le retour a domicile. Ainsi, apres chaque consultation pharmaceutique, le risque d’EIM est reduit de 24 %. Par ailleurs, l’ajout d’un medicament sur la prescription augmente de 14 a 30 % le risque d’EIM. L’âge ne semble pas augmenter le risque d’EIM sur la population etudiee. La mise en place au cours d’un meme sejour hospitalier de plusieurs consultations pharmaceutiques a permis de reduire de facon significative le nombre d’EIM.