This study, conducted within the Atikamekw Nehirowisiw community of Wemotaci (Québec, Canada), explored the central role of the blueberry (Vaccinium spp.; minic in Nehirowimowin) in the culture and identity of this Indigenous people, focusing on the transmission of botanical knowledge, particularly among women. Using a collaborative qualitative approach, semi-structured interviews revealed that minic is an identity marker and a vector of values such as respect, reciprocity, and sharing, contributing to the well-being of the community, the people, and the land. It is a source of healthy food, eaten raw or processed as osekwan minic (blueberry paste), and it contributes to local economic development. The results confirm the status of minic as a cultural keystone species. Reduced access to blueberry patches has been experienced around Wemotaci, due to overharvesting with hand rakes (by both Indigenous and non-Indigenous pickers) and large-scale forest logging. Atikamekw Nehirowiskwewok (women) play a key role in passing on values, knowledge, and practices aiming to preserve the land and their culture. Their contribution to the self-determination of their people must be recognized.
La production de cartes dans un contexte de négociation et de protection des territoires ancestraux autochtones est régulièrement décrite dans la littérature scientifique comme une pratique de contre-cartographies autochtones, c’est-à-dire comme une contre-proposition à des représentations dominantes du territoire. À partir de la description des démarches cartographiques menées par les membres de la nation Atikamekw Nehiriowisiw (Québec, Canada), le texte souligne les retombées socioculturelles des études et des projets cartographiques menés dans un contexte de négociation territoriale. L’analyse soutient que les méthodes de recherche cartographique employées favorisent à la fois le développement des compétences, l’acquisition et la transmission des savoirs territoriaux et de la langue autochtone (nehiromowin). En cela, les démarches cartographiques menées par les membres de la nation depuis les années 1980 proposent des visions et des pratiques alternatives aux projets extractivistes issus du modèle néolibéral dominant.
Cet article présente et analyse une rencontre internationale entre cinq Nations Autochtones du Canada, du Chili et du Mexique, qui s’est tenue à Wemotaci, au Canada, en 2023. Les nations participant à cette rencontre, organisée dans le cadre d'un partenariat sur la transmission des savoirs dans les contextes autochtones, ont centré leurs discussions sur les pédagogies territoriales comme outils de résistance, car elles partagent une lutte commune contre l'extractivisme. Dans cette optique, le cadre théorique présenté articule de manière originale les concepts de résistance, de pédagogie territoriale et de généalogie des lieux. Finalement, la rencontre est analysée comme une démarche de décolonisation de la recherche en contexte autochtone qui s'appuie sur le partage des récits et de cérémonies et qui contribue au mouvement de co-résistance inter-nationale par la reconnexion entre Nations Autochtones et avec leurs territoires.
La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), adoptée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) en septembre 2007, est un instrument de droit international sur lequel les peuples autochtones s’appuient pour assurer l’avancement de la reconnaissance de leurs droits à l’autodétermination. Ces droits s’articulent dans l’ensemble des sphères de la vie, dont la culture, la politique et l’éducation. Ce texte présente quelques contributions potentielles et effectives de la Déclaration plus précisément dans le domaine de l’éducation chez les Autochtones. Sans en faire l’énumération complète, l’article présente quelques initiatives institutionnelles éducatives autochtones au Québec qui vont dans le sens de la DNUDPA. Ces exemples permettent de mieux saisir la manière dont l’éducation et la transmission des savoirs culturels autochtones sont centrales à l’autodétermination des Autochtones.
Cet article discute de l’apport des travaux de Jean-Guy Goulet dans les réflexions de l’auteur et dans ses façons d’aborder le terrain ethnographique. Il souligne notamment la pertinence des expériences oniriques du chercheur et des enseignements transmis par Notcimik, l’univers forestier des Atikamekw Nehirowisiwok, dans les matériaux ethnographiques. La réflexion est articulée ici autour d’une ethnographie d’une expérience personnelle vécue dans des relations sociales profitables ayant permis de mieux vivre et saisir certains principes, pratiques et savoirs des Atikamekw Nehirowisiwok. L’expérience ethnographique décrite dans cet article rejoint ce que Goulet (2007) décrit comme une « anthropologie extraordinaire », c’est-à-dire un engagement du chercheur dans des façons radicalement différentes de comprendre et d’habiter la réalité.
Treaties and land claims negotiations between state institutions and Indigenous Peoples are necessarily tied to issues of territorial entanglements, resistance and coexistence. Regularly, studies of these negotiation dynamics make explicit the articulation and differentiation of Indigenous “life projects,” referring to the embodiment of socio-cultural desires, visions, aspirations and purposes – vis-à-vis neoliberal development projects. This article focuses precisely on the dynamics of negotiation in which the Atikamekw Nehirowisiwok (north-central Quebec) and state institutions have been involved for the last 40 years under the Comprehensive Land Claims Policy. More specifically, it addresses different policy mechanisms such as the extinguishment policy, burden of proof, debt obligations and results-based approach that are part and parcel of the negotiation process. Without disregarding the unequal power relations, this article also presents the motivations and aspirations expressed by the Atikamekw Nehirowisiwok in the negotiation process. It explains how their engagements are mobilised into nehirowisiw orocowewin – that is, a larger and deeper political and cultural project relating to the affirmation of nehirowisiw miro pimatisiwin, an Indigenous way of life and living well that is tied to the maintenance of a creative and open-ended coexistence based on reciprocity, complementarity, autonomy and consensus.
Les pratiques en sciences humaines et sociales au Québec : débats et développement des approches appliquées et collaboratives en contextes autochtones. Un article de la revue Recherches amérindiennes au Québec (Images et oralités des Autochtones : hommage à Sylvie Vincent) diffusée par la plateforme Érudit.
This paper highlights the relevance of analyzing entangled territorialities and Indigenous use of maps in order to better understand what Lévy describes in terms of “spatial capital”—the socio‐economic dynamics and power relationships maintained and negotiated between the stakeholders interacting within the Indigenous forestland. More specifically, it discusses the entanglement dynamics of land tenures coexisting today within Nitaskinan, the ancestral territory claimed by the Atikamekw Nehirowisiwok. Within Nitaskinan, members of the First Nation negotiate the continuity of their practices, occupation, and use of ancestral hunting territories with state institutions, logging companies, and non‐Indigenous members of civil society who have interests in the land resources. All these stakeholders implement different territorial regimes that interact and sometimes conflict. Based on concrete ethnographic examples, the analysis presented here focuses on the compromises, frictions, resistance, and creativity that are part of territorial coexistence between Indigenous and non‐Indigenous people.
The Atikamekw Nehirowisiw Nation has for several years been developing a code of practice (orocowewin notcimik itatcihowin) to regulate hunting, fishing and plant harvesting activities in Nitaskinan, its ancestral territory. The Atikamekw Nehirowisiw code of practice is a collective project that sets out to put its territorial regulations in writing. The project's objective is threefold: to ensure the transmission of territorial knowledge and of rules relating to forest activities; to adapt these rules, passed on by ancestors, to the contemporary context; and to have them recognised by non-natives and the governments of other nations, including the governments of Canada and Quebec. This article presents some of the issues related to the process of writing and coding orocowewin notcimik itatcihowin, the Atikamekw Nehirowisiw code of practice; in particular, the importance of the oral tradition as a means of transmitting knowledge is emphasised. In our language, we say "atisokana ki atisokan" – we are infused and transformed by the narratives transmitted orally. This mode of transmission is politically, philosophically and emotionally significant. It is a unique way for us to let the heart speak, through direct contact, without interference.
Regards croisés sur le nord / Stéphanie Bellemare-Page, Daniel Chartier, Alice Duhan et Maria Walecka-Garbalinska (dir.), Le lieu du Nord : vers une cartographie des lieux du Nord, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2015, 242 p.. An article from journal Recherches sociographiques (Le Nord québécois), on Érudit.
La nordologie de Louis-Edmond Hamelin / Daniel Chartier et Jean Désy, La nordicité du Québec : Entretiens avec Louis-Edmond Hamelin, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2014, 182 p.. An article from journal Recherches sociographiques (Le Nord québécois), on Érudit.
Eberhard Christoph, 2013, Oser le plurivers. Pour une globalisation interculturelle et responsable. Paris, Éditions Connaissances et Savoirs, coll. Sciences humaines et sociales – Anthropologie, 412 p., bibliogr.. An article from journal Anthropologie et Sociétés (Pluralismes juridiques et interculturalités), on Érudit.
Cet article aborde la question des droits et des responsabilités territoriales chez les Atikamekw Nehirowisiwok à partir de leurs propres termes. J’explique notamment en quoi le concept nehirowisiw otiperitamowin, utilisé pour parler des droits, des pouvoirs et des responsabilités, fait aussi référence à des valeurs fondamentales comme l’autonomie et la réciprocité. En articulant ma réflexion à l’aide de la perspective issue du pluralisme juridique et des travaux de Roberts (1998), de Panikkar (1999) et de Jullien (2008), l’article montre en quoi cette perspective peut être une amorce intéressante à un exercice de dialogue entre les ordres juridiques autochtones et étatiques. Cet exercice soutenu par des exemples ethnographiques est une prémisse à la comparaison et à l’analyse des dynamiques d’enchevêtrement, de négociation et de résistance entre les ordres juridiques autochtones et étatiques.
Le savoir réfère à un ensemble d’éléments que la personne intègre pour interpréter le monde et pour agir au sein de celui-ci (Barth 1995, 2002). Chaque système de savoirs est basé sur des valeurs et des règles de conduite qui sont au fondement d’un complexe culturel particulier. En prenant appui sur ses recherches auprès des Nehirowisiwok de Manawan, l’auteur s’intéresse à certaines des valeurs et règles de conduite qui font partie d’un « savoir commun », d’un savoir culturel cohésif et structurant. En s’attardant aux relations de réciprocité, aux formes d’autorité socialement reconnues, aux processus d’acquisition, d’utilisation et de transmission des savoirs, il tente d’expliciter ici certains fondements sur lesquels repose en partie la socialité nehirowisiw contemporaine et il démontre que ces processus présentent à la fois des aspects d’ordre pratique, éthique et politique.