Introduction: Les recommandations nationales et internationales proposent la réalisation d’une évaluation globale systématique standardisée (EGSS) annuelle dans la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC). Celle-ci comprend une évaluation de l’activité et la sévérité de la maladie, mais aussi l’éducation du patient sur la maladie, les connaissances des traitements pharmacologiques et non-pharmacologiques, l’adhésion aux traitements et le dépistage des comorbidités. L’objectif de cette mise au point est de rappeler la définition d’une EGSS, de présenter les preuves de leur efficacité et de faire un état des lieux des pratiques d’une EGSS en France à partir d’une enquête adressée à 72 services de rhumatologie et 186 rhumatologues libéraux.Méthodes: Une revue de la littérature a été menée dans la base de données Pubmed afin d’identifier les essais contrôlés randomisés (ECR) ou les méta-analyses rapportant l’efficacité d’une intervention pluridisciplinaire dans les RIC ou dans d’autres maladies chroniques. Deux enquêtes en ligne ont été adressées à tous les services de rhumatologie en France et à un échantillon de rhumatologues libéraux comprenant respectivement 34 et 19 questions. Ces questionnaires permettaient de déterminer le profil du centre/rhumatologue répondeur, l’existence d’une EGSS et les freins ou les éléments facilitateurs à sa mise en place.Résultats: La recherche bibliographique a identifié 872 articles dont 24 ont finalement été inclus: 16 ECR et 8 méta-analyses. Seuls 3 articles concernaient les RIC dont une méta-analyse combinant 10 ECR et 2 études d’extension dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). Parmi ces 3 études, 2 ECR dans le lupus systémique et la sclérodermie systémique ont montré un impact favorable d’une approche multidisciplinaire respectivement sur le SLEDAI et la force de préhension et l’ouverture buccale tandis que la méta-analyse dans la PR n’a pas démontré de bénéfice sur l’amélioration du handicap ou sur l’activité de la maladie.Une réponse au questionnaire a été obtenue pour 72 centres et 186 rhumatologues. Un tiers des centres avaient déjà mis en place une EGSS au cours d’une HDJ. 70 % des centres estimaient prendre en charge > 10 patients par mois en y consacrant en moyenne 35 minutes de temps-rhumatologue et 90 minutes de temps cumulé pour tous les autres professionnels de santé (PDS) participants au programme. Les PDS impliqués étaient majoritairement l’infirmier (92 %), le diététicien (56 %) et le kinésithérapeute (56 %). Les principaux freins à la mise en place d’une EGSS étaient l’absence de ressources paramédicales suffisantes, le manque de valorisation économique et l’absence d’adhésion des rhumatologues traitants tandis que la motivation des patients ressortait plutôt comme un élément facilitateur.Conclusion: Bien que la réalisation d’une EGSS soit recommandée par les sociétés savantes, les preuves de leur efficacité dans les RIC sont minces. De plus, seuls 36 % des centres répondeurs ont mis en place un tel programme. Cette enquête permet de soulever les freins et les éléments facilitateurs afin de trouver des solutions pour étendre cette pratique.
Introduction: National and international scientific societies advocate for a regular, systematic, and standardized global evaluation of axial spondyloarthritis (axSpA) patients. However, there are no recommendations specifying the content of this global evaluation. This initiative aimed to propose a standardized reporting framework, using evidence-based and consensus approaches, to collect data on all domains of axSpA.Methods: A literature review and consensus process involved a steering committee and an expert panel of 37 rheumatologists and health professionals. The first steering committee took place in March 2022 and identified the main domains for inclusion in the standardized report. A hierarchical literature review was conducted to identify items within these domains and tools for assessment. The items and tools for assessment were discussed and consensus was reached through a vote session during an expert meeting that took place in March 2023.Results: The steering committee identified four main domains to include in the standardized reporting framework: disease assessment, comorbidities, lifestyle, and quality of life. Items and tools for assessment were adopted after the expert meeting. Additionally, recommendations regarding digital tools (websites, apps, social media) were provided.Conclusion: This initiative led to a consensus, based on evidence and expertise, on a reporting framework for use during periodic systematic global evaluations of axSpa in daily practice.
Les standards de qualité publiés par la Société internationale pour l’évaluation de la spondyloarthrite (ASAS) proposent la réalisation d’une évaluation globale systématique annuelle comprenant l’activité et la sévérité de la maladie, mais aussi l’éducation du patient sur la maladie, les connaissances des traitements pharmacologiques et non pharmacologiques, l’adhésion aux traitements et le dépistage des comorbidités [1]. Des consensus d’experts ont proposé les items à collecter au cours de cette évaluation [2], [3]. L’objectif de ce travail a été d’évaluer la pratique d’une telle évaluation globale systématique dans les centres de rhumatologie en France. Une enquête en ligne anonyme a été réalisée au cours de l’année 2022 auprès de 105 services de rhumatologie de CH, CHU ou ESPIC ainsi qu’auprès de rhumatologues libéraux contactés par les réseaux locaux tissés avec les CHU de chaque région. Le questionnaire comprenait des questions permettant de déterminer le profil du centre/rhumatologue répondeur, l’existence d’une évaluation globale standardisée systématique (EGSS) et les freins ou les éléments facilitateurs à sa mise en place. Une réponse au questionnaire a été obtenue pour 72 centres et pour 186 rhumatologues parmi lesquels 57 % avaient une activité libérale pure et 87 % disposaient d’un CH/CHU à < 50 km de leur lieu d’exercice. Parmi les 72 centres, 25 (36 %) centres avaient déjà mis en place une EGSS et cette activité était pérenne dans 84 % des centres dont près de 50 % depuis plus de 5 ans. L’activité s’était interrompue pour 4 centres par manque de professionnel de santé ou manque de place. Dans 81 % des cas, cette EGSS était réalisée au cours d’une HDJ. Soixante-dix pour cent des centres estimaient prendre en charge > 10 patients par mois pour cette EGSS en y consacrant en moyenne 35 minutes de temps-rhumatologue et 90 minutes de temps cumulé pour tous les autres professionnels de santé (PDS) participants au programme. Les PDS impliqués étaient majoritairement l’infirmier (92 %), le diététicien (56 %) et le kinésithérapeute (56 %). L’adressage des patients pour l’EGSS était réalisé par le rhumatologue référent via un formulaire pré-rempli dans 59 % des cas. Les principaux freins à la mise en place d’une EGSS étaient l’absence de ressources paramédicales suffisantes, le manque de valorisation économique et l’absence d’adhésion des rhumatologues traitants tandis que la motivation des patients ressortait plutôt comme un élément facilitateur. Parmi les rhumatologues libéraux, 63 % déclaraient avoir une offre d’EGSS à proximité de leur lieu d’exercice. Parmi eux, 64 % y adressaient régulièrement des patients. Les raisons principales les conduisant à adresser leurs patients étaient le bénéfice pour le patient, un gain de temps et l’obtention d’un compte rendu complet sur lequel s’appuyer pour le suivi ultérieur. Les 36 % de rhumatologues qui n’adressaient pas de patients, déclaraient être capable de réaliser ce type de revue globale avec leur réseau de proximité ou ne le faisaient pas par méconnaissance du processus d’inscription du patient ou parce que les délais proposés étaient trop longs. Bien que la réalisation d’une EGSS soit recommandée par l’ASAS, seuls 36 % des centres répondeurs ont mis en place un tel programme et 64 % des rhumatologues libéraux disposant d’une telle offre y adressent régulièrement des patients. Cette enquête permet de soulever les freins et les éléments facilitateurs afin de trouver des solutions pour étendre cette pratique.
Les sociétés savantes recommandent d’effectuer régulièrement une évaluation globale des patients atteints de rhumatisme inflammatoire chronique, évaluation non seulement de l’activité de la maladie, mais également des comorbidités, de l’impact fonctionnel, du handicap social et professionnel, du retentissement sur la qualité de vie [1]. Des précédentes initiatives ont cherché à standardiser l’évaluation de certaines composantes de la maladie telles que le bilan de la maladie ou l’évaluation des comorbidités [2]. À ce jour, aucune approche n’a cherché à standardiser l’évaluation du patient dans sa globalité. L’objectif de cette initiative était d’élaborer un compte rendu standardisé pour une évaluation de la spondyloarthrite axiale (SpA) dans toutes ses dimensions et centrée sur les patients (évaluation globale). Cette initiative a été basée sur la méthodologie des 3 E (Evidence–Expertise–Exchange) au cours des rencontres d’experts en rhumatologie 2023 grâce au soutien logistique et financié des laboratoires Abbvie. Le processus a mis en œuvre une revue systématique de la littérature hiérarchisée pour identifier les outils nécessaires à l’évaluation de la maladie dans 3 domaines principaux : le bilan de la maladie, l’évaluation des comorbidités, l’évaluation de la qualité de vie et du mode de vie. En parallèle, une revue systématique des outils numériques disponibles pour l’information du patient, l’apprentissage de l’autoévaluation et l’autogestion de sa maladie a été réalisée à partir des sites web des autorités de santé ou sociétés savantes, des associations de patients, des applications mobiles disponibles, des outils connectés et des vidéos disponibles sur la plateforme YouTube. Un panel de 37 experts comprenant des rhumatologues hospitaliers et libéraux, une infirmière et une pharmacienne se sont réunis les 17 et 18 mars 2023 pour sélectionner les éléments devant figurer de manière systématique dans le compte rendu standardisé, après discussion en atelier et vote en cas de discordance. À l’issue de cette session, un compte rendu type reprenant les éléments sélectionnés a été rédigé et testé sur des patients dans 4 centres hospitaliers. Les principaux éléments devant figurer dans le compte rendu standardisé ont été sélectionnés ainsi : bilan de la maladie : phénotype, éléments ayant permis d’établir le diagnostic, activité de la maladie, sévérité de la maladie, histoire thérapeutique, traitement actuel. Comorbidités : cardiovasculaires et métaboliques, infectieuses, néoplasiques, ostéoporose, fibromyalgie, pathologies gastro-intestinales. Mode de vie et qualité de vie : mode de vie, travail, toxiques, activité physique, qualité de vie, fatigue, sexualité, projets futurs. Information sur la maladie et la prise en charge : sites internet, applications mobiles, outils connectés et vidéo YouTube à conseiller/ne pas recommander. À l’issue de cette initiative, un compte rendu standardisé pour évaluer la spondyloarthrite axiale de façon globale a été élaboré afin d’optimiser la prise en charge de la spondyloarthrite et répondre aux critères de qualité de l’ASAS [1]. La faisabilité de la mise en pratique de cette évaluation globale reste à être évaluée.
OBJECTIVES:The optimal treatment target in axial spondyloarthritis (axSpA) is remission; however, a consensual definition of remission is lacking. Our objective was to explore rheumatologists' perception of remission using vignette cases and a priority exercise. METHODS:A cross-sectional survey of rheumatologists' perceptions of remission in axSpA was performed in 2020 using (i) 36 vignette cases, with a single clinical picture and three varying parameters [axial pain (ranging from 2 to 5 on a 0-10 scale)], fatigue (2-8), and morning stiffness (<15 min, 30 min or 1 h), assessed as remission yes/no; and (ii) prioritization of elements to consider for remission from a list of 12 items: BASDAI, ASDAS, elements of BASDAI and ASDAS including CRP, NSAID use, extra-articular manifestations (EAMs), and other explanations of symptoms, e.g. fibromyalgia. Analyses were descriptive. RESULTS:Overall, 200 French rheumatologists participated in 2400 vignette evaluations. Of these, 463 (19%) were classified as remission. The six vignette cases representing 56% of all remission cases had <15 min duration of morning stiffness and axial pain ≤3/10, regardless of fatigue levels. Prioritized items for remission were: morning stiffness (75%), EAMs (75%), NSAID use (71%), axial pain (68%) and CRP (66%). CONCLUSIONS:When conceptualizing remission in axSpA, rheumatologists took into account morning stiffness and axial pain as expected; the link between remission and fatigue was much weaker. Furthermore, rheumatologists also included EAMs and NSAID use in the concept of remission. Consensus is needed for definition of remission in axSpA.
Actualisation des recommandations de la Société française de rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondyloarthrite, incluant le rhumatisme psoriasique. Suivant les procédures standardisées, une revue systématique de la littérature, effectuée par 4 rhumatologues juniors supervisés, à partir des questions individualisées par le groupe de travail (16 rhumatologues séniors), a servi de base à trois réunions de travail, avec détermination de la force des recommandations et du degré d’accord des experts. Cinq principes généraux et 15 groupes de recommandations ont été élaborés. Ils prennent en compte les aspects non pharmacologiques et pharmacologiques ainsi que les modalités de la prise en charge, en fonction de la présentation phénotypique dominante (axiale, articulaire, enthésite/dactylite) et des manifestations extra-rhumatologiques (psoriasis, maladie inflammatoire de l’intestin, uvéite). Les AINS représentent le traitement pharmacologique de première intention dans les différentes présentations. Les traitements d’action lente conventionnels (csDMARDs) ne sont pas indiqués dans les formes axiales et enthésitiques isolées. En cas de réponse inadéquate au traitement conventionnel, les traitements ciblés (biologiques, synthétiques) sont à envisager avec des indications différentes selon le type de présentation et la présence de manifestations extra-rhumatologiques. Cette mise à jour tient compte des données de la littérature (disponibles depuis la précédente révision publiée en 2018) et de la présentation clinique prédominante. Elle a vocation à aider le médecin dans la prise en charge en pratique quotidienne de patients atteints de spondyloarthrite, incluant le rhumatisme psoriasique.
OBJECTIVES:Non-adherence to biologic therapy is an issue in chronic inflammatory rheumatic diseases (CIRDs) and might be related to poor patient knowledge of the risk of these therapies. Our aim here was to evaluate the level of patient adherence to and knowledge of self-care safety skills for biologic therapy.METHODS:This was a multicentre, cross-sectional study in which out-patients visited an office- or hospital-based rheumatologist. All the patients received subcutaneous biologic therapy for CIRDs. We collected data on: 1. the level of CIRD patient adherence to current subcutaneous biologic therapy using both the self-administered Compliance Questionnaire Rheumatology 5 items (CQR5) and a simple adherence question; 2. patients' knowledge of self-management of biologic therapy by the self-administered BIOSECURE questionnaire; 3. sources of information related to biologic therapy.RESULTS:In all, 285 patients (rheumatoid arthritis, n=103; spondyloarthritis, n=153; psoriatic arthritis, n=25) were enrolled by 19 rheumatologists. The mean (SD) biologic therapy duration was 5.9 (4.9) years. Adherence to the current biologic therapy was high (79.3% and 57.5% according to the CQR5 questionnaire and the adherence question, respectively). Level of knowledge of self-care safety skills (median BIOSECURE score 71) was in the acceptable range. Level of adherence and level of knowledge of self-care safety skills for biologic therapy were not associated. Patients declared that the main sources of information were their rheumatologist (92.6%) and the rheumatology team (30.5%).CONCLUSIONS:According to the patients' estimation, adherence to biologic therapy and the level of knowledge of self-care safety skills related to biologic therapy are acceptable, and these domains are not related (e.g. level of adherence and level of knowledge of risks).
Objective. - Update the French Society for Rheumatology (SFR) recommendations on the everyday management of patients with spondyloarthritis, including psoriatic arthritis. Methods. - Following standardized procedures, a systematic literature review was done by four supervised rheumatology residents based on questions defined by a task force of 16 attending rheumatologists. The findings were reviewed during three working meetings that culminated in each recommendation receiving a grade and the level of agreement among experts being determined. Results. - Five general principles and 15 recommendations were developed. They take into account pharmacological and non-pharmacological measures along with treatment methods based on the dominant phenotype present (axial, articular, enthesitis/dactylitis) and the extra-articular manifestations (psoriasis, inflammatory bowel disease, uveitis). NSAIDs are the first-line pharmacological treatment in the various presentations. Conventional synthetic disease-modifying antirheumatic drugs (csDMARDs) are not indicated in the axial and isolated entheseal forms. If the response to conventional treatment is not adequate, targeted therapies (biologics, synthetics) should be considered; the indications depend on the clinical phenotype and presence of extra-articular manifestations.
Abstract Background Barriers and facilitators to physical activity in inflammatory arthritis can be assessed through the Inflammatory arthritis FAcilitators and Barriers (IFAB) questionnaire. The objective was to measure the correlation between IFAB and self-reported physical activity levels. Methods This was an international, multicentric, cross-sectional study in 2019–20. Consecutive spondyloarthritis (axSpA), rheumatoid arthritis (RA) or psoriatic arthritis (PsA) patients completed the 10-item IFAB, which ranges from − 70 to 70 with lower scores indicating more barriers. Physical activity was measured by the IPAQ-S questionnaire, steps per day collected by smartphone, and psychological readiness to change by stages of behaviour change. Spearman correlations and multivariable linear regression were calculated. Results Of 245 patients included, 150 were analysed: 69 (46%) axSpA, 63 (42%) RA, 18 (12%) PsA. Mean age was 48.6 years (standard deviation, SD 17.1), mean disease duration 11.7 (10.1) years and 60% were women. Barriers to physical activity were moderate: mean IFAB, 6 (SD 19.2); 39 (26%) patients scored less than − 5, corresponding to significant barriers. The mean physical activity was 2837 (SD 2668, median 1784) MET-minutes per week. The IPAQ-S questionnaire was correlated with the IFAB (rho 0.28, p < 0.001), as well as the stage of behaviour change (rho 0.35, p < 0.001) though not with steps per day. Multivariable analyses were confirmatory. Conclusion Perceived barriers and facilitators to physical activity were correlated with physical activity, indicating that targeting patients with high barriers and low facilitators to physical activity could be an effective option to improve physical activity levels. Trial registration ClinicalTrial NCT04426747 . Registered 11 June 2020 - Retrospectively registered.
Les fluctuations de la douleur dans la polyarthrite rhumatoïde (PR) et la spondyloarthrite (SpA) peuvent être liées à l'évolution de la maladie ainsi qu'aux caractéristiques des patients. L'objectif était de décrire les fluctuations de la douleur par des évaluations répétées dans la PR et la SpA, et d'analyser les facteurs associés aux fluctuations fréquentes. Les données utilisées provenaient de la cohorte française ActConnect [1] prospective multicentrique de patients suivis pour PR ou SpA. Sur 12 semaines, des évaluations hebdomadaires de la douleur (sur une échelle numérique, EN 0–10) ont été obtenues via des questionnaires en ligne. Une fluctuation significative était définie par une variation absolue de plus de 2 points entre 2 évaluations. Le tertile des patients les plus fluctueurs a été comparé aux autres patients en univarié puis par régression logistique multivariée. Au total, 165 patients ont été analysés : 86 avec une PR et 79 avec une SpA. L'âge médian était de 45 ans (intervalle inter-quartile [IQR] : 35–53), la durée médiane de la maladie était de 8 ans (IQR : 4–14), et 63 % étaient des femmes. Quatre-vingt-sept (53 %) patients étaient sous biothérapie. La majorité des patients avait une faible activité de la maladie avec 52 (75 %) patients PR ayant un DAS28 < 3,2 et 48 (62 %) patients SpA ayant un BASDAI < 4. Lors de la prise en charge initiale, la médiane de la douleur était de 2 chez les PR (IQR : 1–5) et de 3 chez les SpA (IQR : 2–5). La douleur était stable dans le temps à l'échelle du groupe (p = 0,54). Sur 12 semaines, il n'y a eu aucune fluctuation significative de la douleur chez 31 (19 %) patients : 15 % dans la SpA et 22 % dans la PR. Inversement, le tertile de patients qui fluctuait le plus souvent avait au moins 3 intervalles de fluctuations significatives sur les 11 intervalles (soit 36 % des évaluations). Cette fluctuation fréquente était présente chez 60 (36 %) patients : 34 % dans la PR et 39 % dans la SpA. En analyse multivariée, le sexe féminin et une valeur élevée d'évaluation globale de la maladie par le patient au début étaient associés de manière significative à des fluctuations plus fréquentes de la douleur, avec des odds ratio de 2,94 (intervalle de confiance à 95 % 1,25, 7,35) et 2,00 (1,36–3,07), respectivement. Au cours des rhumatismes inflammatoires chroniques, bien que la douleur reste stable à l'échelle du groupe, il existe de fortes variabilité inter-individuelles. Un tiers des patients présentait des fluctuations de douleur à au moins 36 % des évaluations hebdomadaires sur 12 semaines. Les femmes et une évaluation globale de maladie élevée étaient associés à des variations plus fréquentes de la douleur. La douleur doit être évaluée régulièrement, et la prise en charge des patients plus fréquemment fluctueurs doit être adaptée.
Les barrières et les facilitateurs de l’activité physique dans les rhumatismes inflammatoires peuvent être évalués par le questionnaire IFAB [1], [2]. L’objectif était de mesurer la corrélation entre l’IFAB et les niveaux d’activité physique auto déclarés. Il s’agissait d’une étude menée en France et Tunisie, multicentrique et transversale en 2019-20 (NCT04426747). Des patients consécutifs atteints de spondyloarthrite (axSpA), de polyarthrite rhumatoïde (RA) ou de rhumatisme psoriasique (PsA) ont rempli l’IFAB comportant 10 items, allant de −70 à 70, les scores les plus bas indiquant plus d’obstacles. L’activité physique a été mesurée par le questionnaire IPAQ-S, les pas par jour collectés par smartphone, et la préparation psychologique au changement par les étapes du changement de comportement. Les corrélations de Spearman et la régression linéaire multivariée ont été calculées. Sur 245 patients inclus, 150 ont été analysés : 69 (46 %) axSpA, 63 (42 %) RA, 18 (12 %) PsA. L’âge moyen était de 48,6 ans (écart-type, ET 17,1), la durée moyenne de la maladie de 11,7 (10,1) ans et 60 % étaient des femmes. Les obstacles à l’activité physique étaient modérés : IFAB moyen de 6 (ET 19,2) ; 39 (26 %) patients ont obtenu un score inférieur à -5, correspondant à des obstacles importants. L’activité physique moyenne était de 2837 (SD 2668, médiane 1784) MET-minutes par semaine. L’activité physique était corrélée avec l’IFAB (rho 0,28, p < 0,001), ainsi qu’avec le stade de changement de comportement (rho 0,35, p < 0,001) mais pas avec les pas par jour. Les analyses multivariées ont confirmé ces Résultats. Les barrières et les facilitateurs perçus de l’activité physique étaient corrélés à l’activité physique, indiquant que cibler les patients ayant des barrières élevées et des facilitateurs faibles de l’activité physique pourrait être une option efficace pour améliorer les niveaux d’activité physique.
Background:Physical activity is important for patients with inflammatory arthritis (IA), such as spondyloarthritis (axSpA), rheumatoid arthritis (RA) or psoriatic arthritis (PsA). They are more prone to physical inactivity but derive specific benefits from regular physical activity (1,2). It is not easy to modify physical activity level (3). Barriers and facilitators to physical activity can be assessed through questionnaires (4), however, it is important to demonstrate a link between these explanatory elements and physical activity levels.Objectives:To measure the correlation between barriers and facilitators to physical activity, assessed through a simple questionnaire, and self-reported physical activity levels.Methods:This was an international, multicentric, cross-sectional study performed between October 2019 and June 2020 (ClinicalTrial NCT04426747). Consecutive patients were included if they had definite axSpA, RA or PsA, were aged above 18 and able to walk. Barriers and facilitators to physical activity were measured using the 10-item Inflammatory arthritis Facilitators and barriers questionnaire (IFAB) (5). The IFAB ranges -70 to 70 with lower scores indicating more barriers; scores below -5 correspond to significant barriers. Physical activity was measured by the IPAQ-S questionnaire (6). Exploratory analyses used steps per day collected by smartphone, and psychological readiness to change by stages of behavior change. Statistical analysis used Spearman correlation (rho, p<0.05), Student T test or multivariate analysis using R version 3.5.1. There was no imputation of missing data.Results:Of 245 patients included, 150 had analysable data (69 (46%) axSpA, 63 (42%) RA, 18 (12%) PsA). Mean age was 48.6 years (SD 17.1), mean disease duration 11.7 (10.1) years and 60% were women. The mean score of barriers and facilitators to physical activity was 6.0 (SD 19.2, median 4) (Figure 1). A total of 39 (26%) patients scored less than -5, which could justify a targeted intervention. The mean physical activity was 2837 (SD 2668, median 1784) Metabolic Equivalent of Task min per week. Physical activity was correlated with score of barriers and facilitators to physical activity in linear regression (rho 0.28, p<0.001), as well as the stage of behavior change regarding active lifestyle (rho 0.35, p<0.001). No correlation was observed with steps per day (Table 1)Table 1for abstract: correlation between IFAB questionnaire, each items and level of physical activity with or without extreme valuesItemCorrelation with IPAQ-S min/met/week, rhoCorrelation with stage of behavior change, rhoCorrelation with mean steps per day, rhoTotal IFAB score0.28 ***0.35 ***0.08Item 10.29 ***0.16 *0.16 *Item 20.060.020.05Item 30.080.16 *0.01Item 40.130.09-0.07Item 5-0.090.100.07Item 60.22 **0.25 ***-0.05Item 70.22 **0.20 **0.12Item 80.16 *0.26 ***0.11Item 90.150.33 ***0.11Item 100.090.17 *0.02Social support questions0.140.27 ***-0.03Psychological and knowledge status questions0.22 **0.16 *0.09*=P<0.05, **=p<0.01, ***=p<0.001Conclusion:Perceived barriers and facilitators to physical activity are correlated with physical activity. Targeting patients with high barriers and low facilitators to physical activity could be an effective option to improve physical activity levels.References:[1]O’DWYER T., et al. Rheumatology 2014. Vol. 53, n° 10, pp. 1812-1817.[2]OSTHOFF, A et al. 2018. Vol. 77, n° 9, pp. 1251-1260. DOI 10.1136/annrheumdis-2018-213585.[3]MARLEY, J, et al: BMC Musculoskeletal Disorders. 2017. Vol. 18, pp. 482. DOI 10.1186/s12891-017-1836-2.[4]COSTE, N., et al. 2019. DOI 10.1016/j.rehab.2019.07.009.[5]DAVERGNE, T, et al. Rheumatology International 2020. DOI 10.1007/s00296-020-04692-4.[6]LEE, PH, et al. 2011. Vol. 8, pp. 115. DOI 10.1186/1479-5868-8-115.Figure 1.Distribution of the IFAB score Footnote: Y axis: effectifs, X axis: IFAB score (possibles values from -70 to 70)Acknowledgements:I have no acknowledgements to declare.We thank the following coinvestigators: Sylvie Rozenberg, Beatrice Banneville, Rachida Inaoui, Emmanuelle Dernis, Athan Baillet and Catherine Beauvais, and we thank Hervé Servy for expert CRO adviceDisclosure of Interests:None declared
Background: Treat-to-target in axial spondyloarthritis (axSpA) aims to achieve and maintain clinical remission/inactive disease or alternatively, low disease activity [1]. However, there is no consensual definition of remission in axSpA: the T2T international task force has proposed Ankylosing Spondylitis Disease Activity Score (ASDAS) inactive disease, but this definition is not widely accepted [1, 2]. Objectives: To explore rheumatologists’ perception of remission in axSpA, using vignette cases and a priority exercise. Methods: A steering group of 7 rheumatologists designed a national cross-sectional survey during two face-to-face meetings in 2019-2020. The survey comprised 36 vignette cases: fixed elements included the clinical picture (34 year-old-male with confirmed axSpA, normal C-reactive protein (CRP), without synovitis, enthesitis, dactylitis or extra-articular manifestations) and there were 3 varying parameters (axial pain (0-10) [ranging 2 to 5], fatigue (0-10) [2 to 8], and morning stiffness [<15 minutes, 30 minutes or 1 hour]. For each vignette, the rheumatologist answered binarily: “do you consider this patient in remission: yes/no”. The second part of the survey comprised a priority rating (0-10 priority and 4 top items) of elements important to consider for remission, from a list of 12 items (BASDAI, ASDAS, elements of BASDAI and ASDAS including CRP, NSAIDs use, extra-articular manifestations, and other explanations for the symptoms e.g., fibromyalgia). The analysis was descriptive. Results: Overall, 200 French rheumatologists participated between June and September 2020. Out of 2,400 vignette evaluations (mean of 66 evaluations per vignette), 463 (19%) were classified as remission by rheumatologists. Six vignette cases constituted 56% of all remission cases (Figure 1): these comprised a short duration of morning stiffness (<15 minutes), a low VAS axial pain (2 or 3) but with varying levels of VAS fatigue. When the duration of morning stiffness increased from 15 to 30 minutes and VAS axial pain increased from 2-3 to 4-5 independently, classification as remission decreased from 42% to 12% and from 28-33% to 5-11%, respectively. However, when VAS fatigue increased, it impacted less remission. In priority ratings, 4 items were selected as important by 68-75% of rheumatologists: morning stiffness and axial pain (both included in the vignettes), as well as extra-articular manifestations and NSAID use, whereas only 18% selected fatigue. BASDAI was cited as the 1st priority criteria by 24% of rheumatologists and ASDAS as the 2 nd by 16% of rheumatologists. Figure 1. Frequencies of the declared remission states by rheumatologists for each of the 36 vignette cases Conclusion: Morning stiffness, axial pain, NSAIDs use, and extra-articular manifestations seem to impact the physicians’ perception of remission in axSpA, whereas fatigue has less impact on remission for rheumatologists. Consensus is needed on remission in axSpA. References: [1Smolen JS et al. Treating axial spondyloarthritis and peripheral spondyloarthritis, especially psoriatic arthritis, to target: 2017 update of recommendations by an international task force. Ann Rheum Dis 2018; 77 :3–17. [2]Wendling D et al. 2018 update of French Society for Rheumatology (SFR) recommendations about the everyday management of patients with spondyloarthritis. Joint Bone Spine 2018; 85 :275–84. Funding: This study was funded and organized by Novartis France Disclosure of Interests: Krystel Aouad: None declared, Daniel Wendling: None declared, Anne BAGLIN Employee of: Novartis, Maxime Breban: None declared, sabrina DADOUN: None declared, Christophe Hudry: None declared, Anna Moltó: None declared, Edouard Pertuiset: None declared, Laure Gossec: None declared
Abstract Objectives The STRATEGE (Therapeutic Strategy in Patients Treated With Methotrexate for Rheumatoid Arthritis) study aimed to describe treatment strategies in current practice in RA biologic DMARD (bDMARD)-naïve patients with an inadequate response to MTX therapy, and to compare clinical efficacy of the different therapeutic strategies on disease activity after 6 months. Methods The main inclusion criteria of this prospective, observational, multicentre study were confirmed RA diagnosis, treatment by MTX monotherapy and need for therapeutic management modification. Results The 722 patients included had a mean (s.d.) RA duration of 5.3 (6.7) years, a mean DAS28 of 4.0 (1.1); they were all receiving MTX monotherapy, 68% oral, at a mean dose of 15.0 (4.1) mg/week. Two major strategies were identified: (i) MTX monotherapy dose and/or route optimization (72%) and (ii) bDMARD initiation ± MTX (16%). MTX dosing was modified for 70% of patients, maintained (dose and route) for 28% of patients and interrupted for 2%. bDMARDs were started when the MTX mean dose was 17.4 mg/week, 56% parenterally; MTX was maintained concomitantly for 96% of patients. Six-month follow-up results adjusted by propensity score showed that both options were equally successful in improving disease activity and physical function, with 63 and 68% of good-to-moderate EULAR responses, respectively. Conclusion The STRATEGE study shows the importance of initial MTX treatment optimization before initiation of a biological treatment and emphasizes the importance of treat-to-target strategy. Trial registration ClinicalTrials.gov NCT02288520.
All procedures performed in studies involving human participants were in accordance with the ethical
Points essentiels•L’utilité de 51 variables proposées pour l’évaluation de la SpA axiale a été étudiée au moyen d’une recherche systématique dans la littérature.•Un ensemble de base de variables à collecter a été défini via un processus de consensus faisant intervenir 78 rhumatologues hospitaliers ou de ville.•Un consensus a été obtenu pour le calendrier optimal d’évaluation périodique des variables sélectionnées.
Objective. Axial spondyloarthritis (axSpA) may have an effect on work. The Ankylosing Spondylitis Work Instability Scale (AS-WIS) assesses difficulties at work. The objective of this study was to evaluate the predictive value of the AS-WIS on work impact. Methods. This is a prospective cohort study with 2 timepoints (at baseline and after 1.5 yrs) that included patients with axSpA who had paid employment. Patients completed the AS-WIS at baseline and work instability was scored as moderate/high if ≥ 11 (0–20 scale). At follow-up, adverse work outcomes (AWO) were grouped as moderate (short-term sick leave) or severe AWO (long-term sick leave, disability, unemployment). Univariable and multivariable logistic regression analyses were performed to explain AWO. Results. Of 101 patients, mean age 45 (SD 9) years, 52% male, disease duration was 14 (SD 8) years. The Bath AS Disease Activity Index and the Bath AS Functional Index were 34 (SD 21) and 23 (SD 23), respectively, and 69 (68%) received a tumor necrosis factor inhibitor. At baseline, 46 (46%) patients had moderate/high AS-WIS. At 1.5 years of follow-up, 37 patients (36%) had AWO: 25 patients (25%) a short-term sick leave, and 12 patients (12%, 7/100 patient-years) a severe AWO. Independent baseline factors associated with AWO were a moderate/high AS-WIS score (OR 2.71, 95% CI 1.04–7.22) and shorter disease duration (OR 0.94, 95% CI 0.89–0.99). Conclusion. In patients with axSpA, a moderate/high AS-WIS score was predictive of AWO in this population with well-controlled axSpA. This short questionnaire can be helpful to screen for future difficulties at work.