BACKGROUND:New highly effective drugs for moderate-to-severe cutaneous psoriasis are regularly marketed, and the hierarchy of treatments thus requires frequent review. OBJECTIVES:A Delphi method was used to enable a structured expert consensus on the use of systemic treatments and phototherapy among adults with moderate-to-severe psoriasis. METHODS:The Delphi method consists in achieving a convergence of opinions among a panel of experts using several rounds of questionnaires with controlled feedback between rounds. A two-part Delphi questionnaire was administered online to French psoriasis experts. In the first part, 180 items related to the prescription of systemic treatments and phototherapy for adult patients with moderate-to-severe psoriasis were grouped into 21 sections covering different lines of treatment and different forms of cutaneous psoriasis. The experts voted on each proposal using an ordinal 7-point Likert scale. The second part comprised 11 open-ended questions about special indications for each therapeutic class. These were converted into 101 questions for subsequent rounds. Consensus was deemed to have been reached if more than 80% of the experts agreed with a given proposal. RESULTS:Three rounds of questionnaires were sequentially sent to 35 participants between November 2021 and March 2022. Thirty-three (94%) completed all three rounds. For plaque psoriasis, only methotrexate was recommended by the experts as first-line systemic treatment (89% of votes). Cyclosporin was advocated in pustular and erythrodermic psoriasis, and acitretin was suggested for hyperkeratotic and palmoplantar psoriasis. In the event of failure of or intolerance to non-biological systemic treatments, guselkumab, risankizumab, ixekizumab or secukinumab were recommended by more than 80% of the experts. Tumor Necrosis Factor (TNF) inhibitors remain useful for patients with cardiovascular risk factors. Special indications were provided for each therapeutic class (methotrexate/narrowband ultraviolet B phototherapy, psoralen/ultraviolet A phototherapy, cyclosporin, acitretin, apremilast, TNF inhibitors, interleukin (IL)-12/23 inhibitors, IL-17(R)A inhibitors, and IL-23 inhibitors). CONCLUSIONS:This expert consensus statement indicate that newly available IL-17 and IL-23 inhibitors may be favored over TNF and IL-12/23 inhibitors as first-line biologics. The Centre of Evidence of the French Society of Dermatology has drawn up a decision-making algorithm to guide clinicians in the therapeutic management of moderate-to-severe psoriasis.
Introduction Nous avons mené une enquête prospective, multicentrique, non interventionnelle sur la fréquence des effets indésirables (ei) du traitement par isotrétinoïne prescrite pour de l’acné et leur impact sur la conduite du traitement par le dermatologue libéral. Nous présentons ici les ei neuro-musculo-squelettiques. Matériel et méthodes L’enrôlement des dermatologues volontaires s’est effectué par mailing en octobre 2021. À chaque consultation le dermatologue a rempli un questionnaire en ligne où étaient colligés la dose d’isotrétinoïne, les ei par appareil recueillis de façon systématique: neuro-psychiques, ophtalmologiques, musculo-squelettiques, digestifs, génito-urinaires, résultats biologiques, scores de qualité de vie (DLQI) et d’évaluation de l’humeur (ADRS jusqu’à 18ans, Beck Depressive Inventory pour les adultes). Résultats Au total, 356 patients ont été inclus entre octobre 2021 et février 2022. Au total, 266 patients ont pu être analysés : 44 (12%) patients présentaient des symptômes musculo-squelettiques avant le traitement, principalement des lombalgies mécaniques les gênant plusieurs fois par semaine dans 34% des cas. 33% des patients évalués faisaient du sport plus de 3 fois par semaine. Les ei musculo-squelettiques ont concerné 145 personnes sur les 266 analysées (54,5%). Les douleurs étaient articulaires dans 30% des cas, de topographie axiale dans 63,5% des cas, périphérique dans 36,5%. Des myalgies étaient rapportées dans 20% des cas. L’horaire des douleurs était mécanique dans 83% des cas, ou inflammatoire (17%) ; leur fréquence était quotidienne (40%), pluri-hebdomadaire(46%), sans impact sur les activités sportives (92%). Les CPK ont été dosées à 69 reprises. Elles étaient élevées 4 fois. Les ei musculo-squelettiques ont donné lieu dans 4 cas à une baisse de la dose quotidienne d’isotrétinoïne par le dermatologue, à un avis spécialisé dans 4 cas, à un traitement antalgique dans 25 cas, à une prise en charge physio-thérapeutique dans 10 cas. Il a été procédé à un arrêt prématuré du traitement chez une femme adulte qui au bout de 3 mois présentait des lombalgies et myalgies gênantes associées à des troubles de concentration, de la fatigue et à des ei ophtalmologiques. Discussion Dans notre cohorte les ei musculo-squelettiques sont après les ei dermatologiques et avant les ei neuro-psychiques les seconds en fréquence au cours des cures d’isotretinoïne. Ils leur sont en général associés (fatigue, céphalées). Ils ont concerné 54,5% des patients de notre étude. Ces ei ont été facilement pris en charge par le dermatologue (antalgiques) mais le recours à un rhumatologue a été parfois nécessaire. L’activité sportive n’a été impactée que rarement (8%). Les ei musculo-squelettiques ont nécessité une baisse de dose qui a permis la poursuite du traitement (4 cas). Le monitoring des CPK, effectué dans 26% des cas, a montré une anomalie chez 4 patients, sans impact sur la poursuite du traitement 3 fois, avec baisse de dose dans un cas. Un arrêt prématuré du traitement a été effectué chez une patiente adulte présentant des ei multiples mais dont les myalgies et lombalgies ont été déterminantes dans la décision d’arrêt de la cure. Conclusion Les ei neuro-musculaires sont très fréquents dans notre étude: ils concernent plus de la moitié des patients. Ils ne compromettent pas le plus souvent la poursuite des activités sportives ou du traitement mais peuvent nécessiter une baisse de la dose quotidienne.
Society for Publication of Acta Dermato-Venereologica 1https://doi.org/10.2340/00015555-3813 Psoriasis is one of the most common chronic inflammatory skin diseases, the management of which has been revolutionized over the past decade by the development of biotherapies (1, 2) Symptoms occur in 20–30% of patients before the age of 18 years (3). When considered mild, psoriasis in children and adolescents may be managed with topical treatments. For moderate-to-severe psoriasis, guidelines are rare and poorly applied, and management is frequently delayed (4–6). Therapeutic inertia is the failure to initiate or intensify treatment in a patient even when recommended (7, 8). Already evaluated in chronic diseases (e.g. diabetes, multiple sclerosis, hypertension), this phenomenon is rarely considered in dermatology (9, 10). The aim of this study was to investigate therapeutic inertia among dermatologists treating moderate-to-severe plaque psoriasis in adolescents.
L’inertie thérapeutique est la non-adaptation thérapeutique alors que l’état clinique du patient l’aurait requis. Ce phénomène multifactoriel est peu étudié en dermatologie alors qu’il pourrait concerner plus de 50 % des praticiens. Plusieurs études ont montré le retard à la prise en charge du psoriasis en plaques sévère insuffisamment contrôlé chez l’adolescent. Ce travail a cherché à identifier les sources de l’inertie thérapeutique dans ce groupe de patients. Un questionnaire, élaboré à partir d’une première étude chez l’adulte, a été distribué aux dermatologues par la Fédération française de formation continue et d’évaluation en dermato-vénéréologie (FFFCEDV) en octobre 2019. Sur 168 dermatologues, 132 déclaraient avoir vu au moins un adolescent psoriasique le trimestre précédent et ont rempli tout le questionnaire. La majorité des praticiens se sentaient à l’aise pour évaluer les conséquences de la maladie sur les adolescents (77 %), informer les patients et leur entourage sur la pathologie dans son ensemble (> 70 %) et évaluer l’efficacité et la tolérance des traitements prescrits (59 %). Les traitements les plus aisément prescrits étaient les dermocorticoïdes, la photothérapie, l’acitrétine et le méthotrexate. A contrario, les praticiens énonçaient se sentir peu à l’aise pour la prescription de biothérapies, de ciclosporine ou d’aprémilast. L’évaluation de la maladie par le praticien, les habitudes de pratique du dermatologue, le type de traitement introduit, l’accès à une formation médicale ciblée, le retard du système de santé par rapport aux pratiques habituelles ou les inquiétudes du patient et de ses proches étaient autant d’éléments qui participaient au développement de l’inertie thérapeutique (> 50 % de réponses). On notait comme principaux freins à l’optimisation du traitement : une réticence du patient ou de l’entourage (> 70 %), un souhait du praticien de s’accorder plus de temps avant de réévaluer (67 %), l’absence d’autorisation de mise sur le marché (AMM) (60 %), et un manque de motivation de l’adolescent considéré (55 %). Les principaux éléments qui pourraient faire changer l’attitude des dermatologues sont la mise en place de réunions dermato-pédiatriques afin de valider la prise en charge thérapeutique (75 %), des formations médicales sur le psoriasis chez l’adolescent et les nouveaux traitements, et des recommandations françaises (> 85 %). Ces résultats illustrent les origines multifactorielles (médecin, patient, maladie, institutions) de l’inertie thérapeutique chez l’adolescent atteint de psoriasis. Une particularité notable émanant de cette étude visant une population jeune est l’influence prédominante du patient et de son entourage sur le comportement du clinicien. Le refus ou la réticence du patient ou de son entourage pourraient avoir un impact sur l’attitude thérapeutique du praticien. La mise en place de recommandations françaises et l’obtention d’AMM chez l’adolescent devraient permettre de lever ces obstacles
BACKGROUND:Psoriasis affects 0.2-0.7 % of children and is associated with obesity. Published studies have been conducted in hospital settings (tertiary care). The PsoLib study evaluated childhood psoriasis in private practice (secondary care) in terms of epidemiology, clinical aspects and comorbidities. PATIENTS AND METHODS:This was a non-interventional, cross-sectional, multicenter study of children with psoriasis performed by 41 dermatologists working in private practice. The clinical and therapeutic aspects and comorbidities were systemically evaluated. We compared data to the χ-Psocar study performed in hospitals using the same methodology. RESULTS:In all, 207 children (girls: 60.4 %; mean age: 10.5±4.2 years) were included. Scalp psoriasis (40.6 %) was the most frequent clinical type, while plaque psoriasis represented 26 % of cases. Nail, tongue, and arthritic involvement were rare. Less than 1 % of children suffered from hypertension, diabetes or dyslipidemia, but 16.4 % were overweight and 7.0 % were obese. Severity (PG≥4 at peak) was associated with excess weight (P=0.01). CONCLUSION:Scalp psoriasis is the most frequent clinical type of psoriasis in childhood. Comorbidities and extracutaneous localization are rare. Even in private practice, the severity of the disease is associated with excess weight.
Journal of the European Academy of Dermatology and VenereologyVolume 34, Issue 1 p. e30-e32 Letter to the Editor Therapeutic inertia in the management of moderate-to-severe plaque psoriasis B. Halioua, Corresponding Author B. Halioua haliouab@yahoo.fr orcid.org/0000-0002-0823-6750 Dermatology Center, GEM Resopso, Paris, FranceCorrespondence: B. Halioua. E-mail: haliouab@yahoo.frSearch for more papers by this authorF. Corgibet, F. Corgibet Dermatology Center, Dijon, FranceSearch for more papers by this authorR. Maghia, R. Maghia Dermatology Center, Brest, FranceSearch for more papers by this authorS. Hello, S. Hello Celgene, Paris, FranceSearch for more papers by this authorG. Caillet, G. Caillet Celgene, Paris, FranceSearch for more papers by this authorC. Nicolas, C. Nicolas Dermatology Center, Commercy, FranceSearch for more papers by this authorJ.-L. Riboulet, J.-L. Riboulet Dermatology Center, Arras, FranceSearch for more papers by this authorE. Mahé, E. Mahé orcid.org/0000-0001-5780-1827 Dermatology Department, Victor Dupouy Hospital, GEM Resopso, Argenteuil, FranceSearch for more papers by this author B. Halioua, Corresponding Author B. Halioua haliouab@yahoo.fr orcid.org/0000-0002-0823-6750 Dermatology Center, GEM Resopso, Paris, FranceCorrespondence: B. Halioua. E-mail: haliouab@yahoo.frSearch for more papers by this authorF. Corgibet, F. Corgibet Dermatology Center, Dijon, FranceSearch for more papers by this authorR. Maghia, R. Maghia Dermatology Center, Brest, FranceSearch for more papers by this authorS. Hello, S. Hello Celgene, Paris, FranceSearch for more papers by this authorG. Caillet, G. Caillet Celgene, Paris, FranceSearch for more papers by this authorC. Nicolas, C. Nicolas Dermatology Center, Commercy, FranceSearch for more papers by this authorJ.-L. Riboulet, J.-L. Riboulet Dermatology Center, Arras, FranceSearch for more papers by this authorE. Mahé, E. Mahé orcid.org/0000-0001-5780-1827 Dermatology Department, Victor Dupouy Hospital, GEM Resopso, Argenteuil, FranceSearch for more papers by this author First published: 16 August 2019 https://doi.org/10.1111/jdv.15882Citations: 4Read the full textAboutPDF ToolsRequest permissionExport citationAdd to favoritesTrack citation ShareShare Give accessShare full text accessShare full-text accessPlease review our Terms and Conditions of Use and check box below to share full-text version of article.I have read and accept the Wiley Online Library Terms and Conditions of UseShareable LinkUse the link below to share a full-text version of this article with your friends and colleagues. Learn more.Copy URL Share a linkShare onFacebookTwitterLinked InRedditWechat No abstract is available for this article.Citing Literature Volume34, Issue1January 2020Pages e30-e32 RelatedInformation
L’inertie thérapeutique (IT) est le comportement médical qui consiste à ne pas instaurer ou à ne pas intensifier une prise en charge chez un patient alors que les recommandations en vigueur le justifient en l’absence de frein médico-économique. Ce concept récent reste méconnu des praticiens (1). De nombreuses études ont souligné son importance, ses causes et ses conséquences dans la prise en charge de maladies chroniques. Dans le cadre de cette réflexion, l’enquête étudie les facteurs influençant les dermatologues français et pouvant conduire à une IT. Des dermatologues ont été interrogés via deux modes complémentaires : le panel de professionnels de santé d’un prestataire spécialisé en santé, référencé chez Ipsos et via la base de données d’IMS Health sur la population des dermatologues français. Le questionnaire a été administré par internet entre le 5 avril et le 14 mai 2018. L’échantillon final a été redressé sur la base des données RPPS de la démographie des dermatologues au 1er janvier 2017 (DREES) sur les variables de sexe, âge, région et mode d’exercice. Les dermatologues considérés comme faisant preuve d’IT sont ceux qui ont déclaré qu’ils n’étaient pas à l’aise pour instaurer rapidement un nouveau traitement systémique ou pour optimiser le traitement existant de patients atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère non ou mal contrôlé sous ou après traitement local et/ou photothérapie. Cent dix-huit dermatologues (femmes 70 %) ont été inclus sur l’ensemble du territoire français parmi lesquels 37 sont libéraux, 53 sont hospitaliers et 28 ont un exercice mixte. Trente-six pour cent font preuve d’IT dans la prise en charge des patients souffrant de psoriasis. Les arguments invoqués par l’ensemble des dermatologues pour justifier l’IT sont catégorisés selon quatre dimensions (Tableau 1) : exercice médical, typologie du patient, nature du système de soins, nature du traitement médicamenteux. C’est la première étude décrivant un phénomène d’IT d’origine multifactorielle dans la prise en charge du psoriasis en plaques modéré à sévère. Notre étude souligne l’intérêt de faire prendre conscience aux dermatologues qu’il peut exister une inertie clinique multifactorielle dans la prise en charge des patients atteints de maladie chronique. L’enquête suggère l’intérêt d’adopter des changements dans cette prise en charge pour éviter une IT répétée.
Le « statu quo thérapeutique » (SQT) est l’attitude qui consiste à maintenir le même traitement. Il peut constituer en soi une décision thérapeutique motivée, raisonnée et réfléchie. Notre étude est destinée à rechercher les facteurs susceptibles de faire changer d’avis les dermatologues ayant décidé de faire preuve de SQT chez des patients souffrant de psoriasis modéré ou sévère non contrôlé. Des dermatologues ont été interrogés par internet entre le 5 avril et le 14 mai 2018 via deux modes complémentaires : le panel de professionnels de santé d’un prestataire spécialisé en santé, référencé chez Ipsos et via la base de données d’IMS Health sur la population des dermatologues Français. L’échantillon final a été redressé sur la base des données RPPS de la démographie des dermatologues au 1er janvier 2017 (DREES) sur les variables de sexe, âge, région et mode d’exercice. Les dermatologues ont été interrogés à propos des facteurs qui pourraient les faire changer d’attitude face à des patients pour lesquels ils ont volontairement choisi de ne pas modifier leur prise en charge thérapeutique en cas de psoriasis en plaques modéré à sévère non ou mal contrôlé sous ou après traitement local et/ou photothérapie. Cent dix-huit dermatologues (femmes 70 %) ont été inclus sur l’ensemble du territoire français parmi lesquels 37 libéraux, 53 hospitaliers et 28 ayant un exercice mixte. Quatre éléments déterminants étaient susceptibles de faire changer d’avis les dermatologues qui avaient décidé initialement de faire preuve de SQT : l’état du patient, les retours positifs extérieurs (de patients ou d’autres dermatologues), l’acquisition de meilleurs outils de formation et de prise en charge et l’adoption d’un meilleur circuit de prise en charge thérapeutique (Tableau 1). Cette première étude présente les différents éléments pris en compte par les dermatologues dans leur décision thérapeutique. Elle met en évidence le rôle essentiel de l’avis des patients et des collègues et l’intérêt des outils de formation. La décision thérapeutique dans la cadre de la prise en charge du psoriasis en plaques est un acte intellectuel qui consiste à faire un choix entre plusieurs possibilités qui peuvent poser problème. Le dermatologue a la liberté de ses prescriptions, mais le contrat qui le lie au patient engage sa responsabilité en raison des conséquences possibles de son choix thérapeutique. Il est important d’actualiser et de poursuivre les formations sur le psoriasis, d’assurer une meilleure diffusion des recommandations thérapeutiques, une meilleure information des patients sur les différents traitements et un développement des réseaux ville–hôpital.
Le délai diagnostique du rhumatisme psoriasique (Rpso) est important. Plusieurs facteurs y concourent, liés aux patients, aux professionnels de santé, et à la communication patient/médecin. L’interaction patients/dermatologues à ce sujet, en période pré-diagnostique du Rpso, est mal connue. Une double enquête patients et dermatologues a été menée dans le courant de l’été 2016, et nous présentons un focus sur l’enquête patients. L’objectif était de décrire la communication patients/dermatologues avant le diagnostic de Rpso. Les patients ont été contactés à partir du site web de « France Psoriasis ». Ils étaient inclus s’ils déclaraient avoir un psoriasis cutané associé à un Rpso confirmé, et avoir échangé avec le dermatologue à ce sujet. Ils complétaient un questionnaire en ligne. Au total, 227 patients, vivant dans des régions françaises variées, ont été inclus, d’âge moyen 51 ans (SD = 14), deux tiers de femmes, d’IMC médian à 26,3. Ils déclaraient avoir un Rpso confirmé avec des douleurs articulaires dans 70,9 % des cas, une raideur rachidienne dans 51,5 %, une modification des ongles dans 51 % des cas, et un orteil ou doigt en saucisse dans 50 % des cas ; sur les 181 patients ayant des signes cutanés précessifs au Rpso, 20,6 % déclaraient avoir été très régulièrement interrogés par leur dermatologue sur des signes articulaires éventuels, 11 % seulement une fois et pas dans le suivi, et 68 % ne s’en souvenaient pas. Pour plus de la moitié des patients, les symptômes existaient depuis plus de un an lorsque le dermatologue leur a posé la question de signes articulaires pour la première fois. Soixante-dix-huit pour cent déclaraient avoir abordé eux-mêmes le sujet avec le dermatologue, et 22 % en répondant à des questions. Quarante pour cent (42/97) des patients qui n’ont pas parlé de leurs symptômes articulaires avec leur dermatologue pensaient que les signes articulaires étaient indépendants du psoriasis, et 25/97 pensaient que le dermatologue n’était pas compétent sur le sujet. Cette étude rapporte pour la première fois, à notre connaissance, la communication patient/dermatologue du point de vue du patient. Elle confirme, de manière indirecte le délai diagnostic important du Rpso en France. Un cinquième des patients considéraient avoir été questionnés très régulièrement avant le diagnostic de Rpso, la moitié considérait que les symptômes n’avaient pas de relation avec le psoriasis. Il y a sans doute un biais de mémorisation, l’enquête balayant des périodes pré-diagnostiques anciennes. Des actions d’information des patients porteurs d’un psoriasis sont nécessaires, couplées à des actions de sensibilisation des dermatologues au diagnostic de Rpso, qu’ils ont d’ailleurs proposées eux-mêmes lors de l’enquête dermatologues.