Contexte L’implication des dermatologues libéraux dans la recherche clinique est essentielle pour développer et innover en recherche clinique dermatologique. Méthodes Un séminaire a été organisé en janvier 2023 par le centre de preuves de la Société française de dermatologie (SFD) afin de mieux comprendre et appréhender les freins et les leviers des dermatologues d’exercice libéral pour participer à la recherche clinique. Résultats Les principales difficultés relevées étaient le manque de temps et l’absence de valorisation. Des facilitateurs existent : le soutien méthodologique des centres hospitalo-universitaires, le financement spécifique de la SFD (c.-à-d., l’appel d’offres semestriel de recherche en dermatologie libérale de la SFD), l’aide d’attachés de recherche clinique qui peuvent participer à l’exercice libéral. D’autres leviers pourraient être mis en œuvre : embauche d’assistants médicaux dans les cabinets, vacations recherche pour les salariés, « référents recherche clinique » au sein des associations, notamment de la Fédération française de formation continue et d’évaluation en dermatologie–vénéréologie (FFFCEDV), aide et soutien pour les étapes réglementaires. Conclusion La participation des dermatologues libéraux à la recherche clinique est indispensable et doit être facilitée par une meilleure prise en compte des spécificités de l’exercice libéral. Les questions de recherche propres à l’exercice libéral doivent aussi être identifiées pour mobiliser au mieux les acteurs concernés.
BACKGROUND:Amelanotic or hypomelanotic melanomas (AHM) are difficult to diagnose, and are often diagnosed late, with a high Breslow index and a poor prognosis.PATIENTS AND METHODS:A total of 226 volunteer dermatologists consulting in private practice in France completed an online form for each new histologically proven case of melanoma diagnosed at their clinic in 2020. This anonymised survey collected data on the clinical, dermoscopic, and histological features of melanoma, as well as the circumstances of diagnosis and initial management. A group of 145 AHM was single out and compared to the 1503 pigmented melanomas (PM) from the same cohort.RESULTS:1503 pigmented melanomas (PM) and 145 AHM (8.8% of these melanomas) were identified and included. In the AHM group, the mean age at diagnosis was 65 ± 16 years, with no significant difference from the PM control group. AHM were not predominantly on the face and neck area, and there were no differences based on gender. Warning signs (local progression and bleeding) were significantly more frequent in the AHM group than in the PM group. AHM were more frequently ulcerated and nodular, with a higher median Breslow thickness than in the PM group (1.56 vs. 0.5 mm), and mitoses were more frequent. Dermoscopy was widely used and proved useful for distinguishing benign lesions, and for highlighting the vascular polymorphous pattern of malignant lesions. Patients noticed the suspicious lesion themselves in most cases of AHM (73.2%), as opposed to their general practitioner (17.2%) or entourage (9.5%). A total body skin examination enabled detection of 19.3% of AHM and 21.3% of PM where the patient consulted for another lesion, or for an unrelated reason.CONCLUSION:AHM are difficult to diagnose for the clinician because of the paucity or absence of pigmentary criteria. Knowledge of dermoscopic vascular patterns is critical and could help reduce the median Breslow index of AHM at the time of detection. Self-examination of the skin should be encouraged, and simple algorithms for earlier detection of skin cancers should be promoted among health professionals and the general population.
Introduction Nous avons mené une enquête prospective, multicentrique, non interventionnelle sur la fréquence des effets indésirables (ei) du traitement par isotrétinoïne prescrite pour de l’acné et leur impact sur la conduite du traitement par le dermatologue libéral. Nous présentons ici les ei neuro-musculo-squelettiques. Matériel et méthodes L’enrôlement des dermatologues volontaires s’est effectué par mailing en octobre 2021. À chaque consultation le dermatologue a rempli un questionnaire en ligne où étaient colligés la dose d’isotrétinoïne, les ei par appareil recueillis de façon systématique: neuro-psychiques, ophtalmologiques, musculo-squelettiques, digestifs, génito-urinaires, résultats biologiques, scores de qualité de vie (DLQI) et d’évaluation de l’humeur (ADRS jusqu’à 18ans, Beck Depressive Inventory pour les adultes). Résultats Au total, 356 patients ont été inclus entre octobre 2021 et février 2022. Au total, 266 patients ont pu être analysés : 44 (12%) patients présentaient des symptômes musculo-squelettiques avant le traitement, principalement des lombalgies mécaniques les gênant plusieurs fois par semaine dans 34% des cas. 33% des patients évalués faisaient du sport plus de 3 fois par semaine. Les ei musculo-squelettiques ont concerné 145 personnes sur les 266 analysées (54,5%). Les douleurs étaient articulaires dans 30% des cas, de topographie axiale dans 63,5% des cas, périphérique dans 36,5%. Des myalgies étaient rapportées dans 20% des cas. L’horaire des douleurs était mécanique dans 83% des cas, ou inflammatoire (17%) ; leur fréquence était quotidienne (40%), pluri-hebdomadaire(46%), sans impact sur les activités sportives (92%). Les CPK ont été dosées à 69 reprises. Elles étaient élevées 4 fois. Les ei musculo-squelettiques ont donné lieu dans 4 cas à une baisse de la dose quotidienne d’isotrétinoïne par le dermatologue, à un avis spécialisé dans 4 cas, à un traitement antalgique dans 25 cas, à une prise en charge physio-thérapeutique dans 10 cas. Il a été procédé à un arrêt prématuré du traitement chez une femme adulte qui au bout de 3 mois présentait des lombalgies et myalgies gênantes associées à des troubles de concentration, de la fatigue et à des ei ophtalmologiques. Discussion Dans notre cohorte les ei musculo-squelettiques sont après les ei dermatologiques et avant les ei neuro-psychiques les seconds en fréquence au cours des cures d’isotretinoïne. Ils leur sont en général associés (fatigue, céphalées). Ils ont concerné 54,5% des patients de notre étude. Ces ei ont été facilement pris en charge par le dermatologue (antalgiques) mais le recours à un rhumatologue a été parfois nécessaire. L’activité sportive n’a été impactée que rarement (8%). Les ei musculo-squelettiques ont nécessité une baisse de dose qui a permis la poursuite du traitement (4 cas). Le monitoring des CPK, effectué dans 26% des cas, a montré une anomalie chez 4 patients, sans impact sur la poursuite du traitement 3 fois, avec baisse de dose dans un cas. Un arrêt prématuré du traitement a été effectué chez une patiente adulte présentant des ei multiples mais dont les myalgies et lombalgies ont été déterminantes dans la décision d’arrêt de la cure. Conclusion Les ei neuro-musculaires sont très fréquents dans notre étude: ils concernent plus de la moitié des patients. Ils ne compromettent pas le plus souvent la poursuite des activités sportives ou du traitement mais peuvent nécessiter une baisse de la dose quotidienne.
Les marges d’exérèse carcinologique en chirurgie dermatologique visent à obtenir une ablation tumorale complète dès le premier traitement, alors le plus souvent le seul nécessaire. Ce traitement de référence peut dans d’autres cas s’intégrer dans une stratégie impliquant d’autres modalités thérapeutiques, radiothérapie, chimiothérapie, thérapie ciblée ou immunothérapie. Selon les recommandations de bonne pratique éditées par la Société française de dermatologie, deux types de marge d’exérèse sont possibles : des marges standardisées dans la grande majorité des cas avec un contrôle anatomopathologique classique et des marges « sur mesure » en chirurgie micrographique. C’est l’analyse tumorale en préopératoire qui guide ce choix. Si des marges standardisées sont choisies, leurs dimensions recommandées doivent être respectées : la fiabilité de la réponse « exérèse complète » peut être mise en défaut dans le cas contraire car l’examen anatomopathologique standard ne visualise que 1 % des berges de la pièce opératoire. Ces marges ont été choisies pour obtenir 95 % d’exérèse complète. Les marges sur mesure des chirurgies micrographiques sont réservées aux tumeurs à haut risque : elles permettent d’adapter l’exérèse à l’extension de la tumeur, assurant ainsi une exérèse réellement complète avec de meilleurs taux de guérison et le plus souvent une épargne de peau saine. Ces tumeurs à haut risque doivent être examinées en réunion de concertation pluridisciplinaire : une prise en charge tardive ou inadéquate peut être source de récidives et d’évolution métastatique, engageant le pronostic vital.
Background: Information regarding the prescribing behaviour of French private-practice dermatologists (PPDs) is scarce. Objectives: First, to describe the population of PPDs involved in psoriasis management. Second, to describe the population of adult patients treated for psoriasis and their management. Methods: We published a call for participation targeting PPDs; we first asked respondents to complete a form regarding their prescribing behaviour, and then to include consecutive patients consulting for psoriasis during a one-month study period and to collect patient data. Results: The 94 participating PPDs included 1022 patients of mean age 52.9 +/- 17.9 years. The average body mass index was 28, and 25% had vascular comorbidities. Two thirds of patients had chronic psoriasis, for which 45% had consulted at least 5 times. Psoriasis was mostly with plaques (70.8%) and 11.4% of patients had psoriatic arthritis. The average body surface area (BSA) affected was 10.1%. Among the 679 patients without initial systemic treatment, 159 were started on systemic treatment. The main agents initiated were phototherapy (n = 63), methotrexate (n = 40), acitretin (n = 30) and apremilast (n = 20). In multi-variate analysis, a higher BSA [Odds Ratio (OR) 1.10, 95% Confidence Interval (CI): 1.07-1.13; P < 10-4] and Dermatology Life Quality Index (DLQI) [OR 1.09, 95% CI: 1.03-1.15; P = 0.04] were associated with prescription of systemic therapy at the end of the consultation. Conclusion: The main limitation of our study was that participating PPDs were strongly involved in psoria-sis management, which accounts for the high proportion of moderate-to-severe psoriasis and prescription of systemic treatments. Such committed PPDs and the development of psoriasis networks are key factors for improving the quality of care provided to psoriasis patients.(c) 2022 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
L’hidradénite suppurée (HS) est une maladie inflammatoire chronique cutanée, douloureuse, présentant un fort impact sur la qualité de vie des patients. Un délai diagnostique de plusieurs années est fréquent, témoignant de la connaissance insuffisante de la maladie par les professionnels de santé. De nombreux traitements sont utilisés, mais peu d’entre eux ont un niveau de preuve élevé et il n’y a pas de consensus sur la hiérarchie thérapeutique à employer. Ces recommandations pour le diagnostic et la prise en charge de l’HS ont été développées par un groupe de travail (GT) multidisciplinaire sous l’égide du Centre de preuves de la Société française de dermatologie. L’élaboration de ces recommandations a respecté la méthodologie de la Haute Autorité de santé : GT sans aucun conflit d’intérêt en lien avec l’HS, revue systématique de la littérature, auditions d’experts, rédaction des recommandations soumises à un panel multidisciplinaire de relecteurs avant publication. Après établissement des recommandations, un sous-groupe du GT (AB, JFS) a travaillé avec le CDP (MBB, OC) pour évaluer la praticité de l’algorithme et intégrer l’ensemble des données sur le site web réactualisé à cet effet. Le GT s’est attaché à: améliorer le diagnostic de cette affection polymorphe : la terminologie utilisée pour décrire les signes de l’HS est précisée avec un glossaire enrichi d’une iconographie. Elle permet la classification des situations cliniques (phénotypes) ainsi que les types évolutifs et stades ; proposer des recommandations thérapeutiques adaptées aux différentes situations cliniques avec un algorithme simple et adapté à la pratique quotidienne. Pour tous les patients, une approche médicochirurgicale doit être privilégiée de même que la mise en place de stratégies thérapeutiques séquentielles adaptées à l’évolution chronique de cette affection. Ces recommandations ont parallèlement été mises en ligne dans un format interactif afin de faciliter leur appropriation par les professionnels de santé : https://reco.sfdermato.org/fr/recommandations-hidradenite-suppuree. Hidradenitis suppurativa (HS) is a painful chronic inflammatory skin disease that heavily impacts quality of life. Many treatments have been proposed for HS but few have a high level of evidence. There is no consensus on the therapeutic strategy to be adopted. These recommendations for diagnosis and management were developed by a multidisciplinary working group (WG) on behalf of the Evidence Centre of the French Society of Dermatology. These recommendations were developed by the WG according to the methods of the Haute Autorité de santé without any conflict of interest, and with systematic review of the literature, consultation of experts, and submission of the draft to a multidisciplinary panel of reviewers prior to publication. The WG aims are: to improve diagnosis of HS: the terminology used to describe the clinical manifestations is specified in a glossary with illustrations. It provides a classification of different clinical situations (phenotypes, types of disease outcome and stages); to propose therapeutic recommendations adapted to different clinical situations with a practical algorithm suited to daily practice. For all patients, a medical-surgical approach must be favored as well as the implementation of sequential therapeutic strategies adapted to the progression of this condition. We simultaneously developed interactive step-by-step tools for these recommendations on a dedicated website: https://reco.sfdermato.org/en/guidelines-hidradenitis-suppurativa.
Background: Atopic dermatitis (AD) and psoriasis (Pso) are highly prevalent chronic inflammatory skin diseases. They share similarities regarding severity and impact on quality of life but display differences regarding risk factors, comorbidities, and pathogenesis. Objective: This study sought to assess the prevalence of AD and Pso among the French population, along with associated comorbidities, and to compare these data with those of the ageand gender-adjusted French population with neither AD nor Pso. Methods: The survey was conducted by a polling institute between September 1 and November 30, 2016, with proportional quota sampling being applied to render the study population representative of the French population. In all, 20 012 individuals were selected from among 900,000 internet users aged >= 15 years. Results: Overall, 20,012 adults (48.8% men; 51.2% women) completed a digital questionnaire. The prevalence of AD was 4.65% [95% confidence interval (CI) 4.36%-4.94%] and that of Pso was 4.42% [95% CI: 4.14%-4.71%]. More AD patients presented >= 1 comorbidity compared to subjects without AD (57.04% vs. 49.2%, P < 0.0001) and more Pso patients presented >= 1 comorbidity compared to subjects without Pso (60.68% vs. 49.05%, P < 0.0001). After adjustment for gender and age, hypertension and dyslipidemia, a greater prevalence of osteoarticular, respiratory and psychiatric diseases was noted in both AD and Pso patients, whereas increased prevalence of obesity was seen only in Pso patients. The prevalence of components of metabolic syndrome was higher among Pso than AD patients. Conclusion: Further studies are required to consolidate these findings, to better characterize the entire spectrum of AD and Pso comorbidities, and to better identify determinants and risk factors, along with targeted therapies. (c) 2020 Published by Elsevier Masson SAS.
Dear Editor, Hidradenitis suppurativa (HS) is a painful chronic inflammatory skin disease that impacts quality of life substantially. Its prevalence is estimated to be 0·7%.1 Various pathophysiological hypotheses exist, but there is no therapeutic consensus, which complicates the management of patients with HS. Therefore, the Centre of Evidence of the French Society of Dermatology initiated a standardized recommendation process for HS. A 13-member working group (WG) was formed, comprising dermatologists (A.B., E.S., M.M.-B., I.B.-V., N.J., J.-F.S.), a plastic surgeon (P.P.), an emergency physician (Y.Y.), an infectious diseases specialist (E.C.), a microbiologist (O.J.-L.), a psychologist (K.C.), a general practitioner (S.S.) and a patient representative from an HS patient association. Members had no conflicts of interest and a strict methodology was followed.2 Firstly, a systematic review of the literature was performed to compile references from study inception to September 2018. Assistance was provided by the French National Health Authority medical health librarian (supporting information available on request from the author). Eight physicians specializing in methodology then extracted data from each report (supporting information available on request from the author) and analysed the methodology and risk of bias using the Appraisal of Guidelines for Research & Evaluation instrument for guidelines, the Assessing Methodological quality for Systematic Reviews tool for systematic reviews and the risk-of-bias tool for randomized controlled trials (Cochrane Collaboration).3 Observational studies were retained if they included more than 20 patients. Senior experts were interviewed and their comments were incorporated into the manuscript. Finally, the draft recommendations were submitted to a multidisciplinary panel of 36 reviewers. French guidelines for hidradenitis suppurativa (HS) management: treatment algorithm for HS in adults. d, day; IV, intravenous; IM, intramuscular; SC, subcutaneous; PO, per os. A medicosurgical approach is strongly recommended for all patients, either after or in combination with medical steps. Surgery (assisted by ultrasounds, probes, etc.) is considered a curative treatment for specific lesions, but surgeons must fully understand the need to maintain adequate margins, as in skin carcinoma surgery, to achieve remission. After final proofreading by the Centre of Evidence (O.C., M.B.-B)., the algorithm was published on a dedicated open-access website to provide a user-friendly and practical tool featuring fast, step-by-step navigation according to clinical situations (https://reco.sfdermato.org/en/). HS is a chronic disease requiring long-term and multidisciplinary management that takes into consideration the pain and psychological impact, the different medical and surgical treatments available and the preservation of the microbial ecology. a full list of acknowledgments is available in File S1 (see Supporting Information). Antoine Bertolotti: Data curation (lead); Formal analysis (equal); Funding acquisition (equal); Investigation (equal); Methodology (equal); Resources (equal); Writing-original draft (lead). Emilie Sbidian: Conceptualization (equal); Formal analysis (equal); Funding acquisition (equal); Methodology (lead); Project administration (equal); Resources (equal); Supervision (equal); Validation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Olivier Join-Lambert: Formal analysis (equal); Funding acquisition (equal); Investigation (equal); Resources (equal); Validation (equal); Writing-review & editing (equal). Isabelle Bourgault: Funding acquisition (equal); Investigation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Micheline Moyal-Barracco: Data curation (equal); Formal analysis (equal); Investigation (equal); Resources (equal); Validation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Pierre Perrot: Investigation (equal); Validation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Nicole Jouan: Funding acquisition (equal); Investigation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Youri Yordanov: Investigation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Stéphanie Sidorkiewicz: Investigation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Karine Chazelas: Investigation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Marie-France Bru-Daprés: Funding acquisition (equal); Investigation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Eric Caumes: Funding acquisition (equal); Investigation (equal); Validation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Jean-François Sei: Conceptualization (lead); Funding acquisition (equal); Investigation (equal); Project administration (lead); Supervision (lead); Validation (equal); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Olivier Chosidow: Project administration (supporting); Software (supporting); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Marie Beylot-Barry: Software (lead); Visualization (equal); Writing-review & editing (equal). Please note: The publisher is not responsible for the content or functionality of any supporting information supplied by the authors. Any queries (other than missing content) should be directed to the corresponding author for the article.
Los márgenes de resección carcinológica en cirugía dermatológica tienen el propósito de conseguir una ablación completa del tumor desde el primer tratamiento, que a menudo resulta ser el único necesario. Este tratamiento de referencia puede en otros casos formar parte de una estrategia que incluya otras modalidades terapéuticas como radioterapia, quimioterapia, terapia dirigida o inmunoterapia. Según las recomendaciones de buena práctica publicadas por la Société Française de Dermatologie, son posibles dos tipos de márgenes de resección: márgenes estandarizados, en la gran mayoría de los casos con un control patológico clásico, y márgenes «a medida», con cirugía micrográfica. El análisis tumoral preoperatorio es lo que orienta esta elección. Si se eligen márgenes estandarizados, es preciso respetar las dimensiones recomendadas; en caso contrario, la fiabilidad de la respuesta «resección completa» puede inducir a error, ya que el estudio patológico estándar sólo visualiza el 1% de los bordes de la pieza operatoria. Estos márgenes se han definido para conseguir un 95% de resección completa. Los márgenes a medida de la cirugía micrográfica se reservan para los tumores de riesgo elevado, ya que permiten adaptar la resección a la extensión del tumor y aseguran así una resección realmente completa con mejores porcentajes de curación y, con mucha frecuencia, más tejido sano respetado. Es preciso estudiar estos tumores de riesgo elevado en una reunión de concertación pluridisciplinaria: un tratamiento tardío y/o inadecuado puede causar recidivas y evolución metastásica, lo que compromete el pronóstico vital.
L’inertie thérapeutique est la non-adaptation thérapeutique alors que l’état clinique du patient l’aurait requis. Ce phénomène multifactoriel est peu étudié en dermatologie alors qu’il pourrait concerner plus de 50 % des praticiens. Plusieurs études ont montré le retard à la prise en charge du psoriasis en plaques sévère insuffisamment contrôlé chez l’adolescent. Ce travail a cherché à identifier les sources de l’inertie thérapeutique dans ce groupe de patients. Un questionnaire, élaboré à partir d’une première étude chez l’adulte, a été distribué aux dermatologues par la Fédération française de formation continue et d’évaluation en dermato-vénéréologie (FFFCEDV) en octobre 2019. Sur 168 dermatologues, 132 déclaraient avoir vu au moins un adolescent psoriasique le trimestre précédent et ont rempli tout le questionnaire. La majorité des praticiens se sentaient à l’aise pour évaluer les conséquences de la maladie sur les adolescents (77 %), informer les patients et leur entourage sur la pathologie dans son ensemble (> 70 %) et évaluer l’efficacité et la tolérance des traitements prescrits (59 %). Les traitements les plus aisément prescrits étaient les dermocorticoïdes, la photothérapie, l’acitrétine et le méthotrexate. A contrario, les praticiens énonçaient se sentir peu à l’aise pour la prescription de biothérapies, de ciclosporine ou d’aprémilast. L’évaluation de la maladie par le praticien, les habitudes de pratique du dermatologue, le type de traitement introduit, l’accès à une formation médicale ciblée, le retard du système de santé par rapport aux pratiques habituelles ou les inquiétudes du patient et de ses proches étaient autant d’éléments qui participaient au développement de l’inertie thérapeutique (> 50 % de réponses). On notait comme principaux freins à l’optimisation du traitement : une réticence du patient ou de l’entourage (> 70 %), un souhait du praticien de s’accorder plus de temps avant de réévaluer (67 %), l’absence d’autorisation de mise sur le marché (AMM) (60 %), et un manque de motivation de l’adolescent considéré (55 %). Les principaux éléments qui pourraient faire changer l’attitude des dermatologues sont la mise en place de réunions dermato-pédiatriques afin de valider la prise en charge thérapeutique (75 %), des formations médicales sur le psoriasis chez l’adolescent et les nouveaux traitements, et des recommandations françaises (> 85 %). Ces résultats illustrent les origines multifactorielles (médecin, patient, maladie, institutions) de l’inertie thérapeutique chez l’adolescent atteint de psoriasis. Une particularité notable émanant de cette étude visant une population jeune est l’influence prédominante du patient et de son entourage sur le comportement du clinicien. Le refus ou la réticence du patient ou de son entourage pourraient avoir un impact sur l’attitude thérapeutique du praticien. La mise en place de recommandations françaises et l’obtention d’AMM chez l’adolescent devraient permettre de lever ces obstacles
Si la majorité des malades présentant un psoriasis est traitée en milieu libéral, le profil des patients suivis et leur prise en charge ne sont pas connus. L'objectif de cette étude était de répondre à cette question en France. Étude observationnelle multicentrique de type transversal. Après un appel à participation via les associations de la Fédération française de formation continue en dermato-vénérologie (FFFCEDV), et une première phase recueillant les habitudes de prescription, il était demandé d'inclure consécutivement tous les patients consultant pour un psoriasis durant 4 semaines. Le profil des patients était décrit, les facteurs associés à l'introduction d'un traitement systémique étaient recherchés en tenant compte du prescripteur (analyse multivariée multi-niveau). Quatre-vingt-quatorze dermatologues ont participé et 83 ont inclus au moins un patient (1 à 44) ; 1022 fiches patients ont été colligées. L'âge moyen était de 52 ans (1 à 93), le sex-ratio de 1,1, l'indice de masse corporelle moyen de 28. Un antécédent familial de psoriasis était noté dans 44 % des cas. Deux tiers des patients avaient un psoriasis chronique (67 % de consultations de suivi) et 45 % avaient déjà consulté au moins 5 fois pour leur psoriasis ; 25 % avaient des comorbidités vasculaires : HTA (25 %), dyslipidémie (25 %), diabète de type 2 (7 %), coronaropathie (5 %). Un tabagisme était déclaré chez 25 % et une consommation d'alcool > 2 verres par jour chez 5 % des femmes et > 3 verres par jour chez 13 % des hommes. Le psoriasis était le plus souvent vulgaire (71 %), atteignant le cuir chevelu (51 %), les plis (16 %), les paumes ou les plantes (15 %), le visage (14 %), les ongles (13 %), la région génitale (12 %). La surface cutanée atteinte (SCA) moyenne était de 11 %. Un rhumatisme psoriasique était associé dans 14 % des cas. Le DLQI, documenté dans 77 % des cas, était à un score moyen de 5,4. Le jour de la consultation, 66 % des patients n'avaient pas de traitement systémique. À l'issue de la consultation, le traitement était modifié chez 60 % des patients. Le traitement alors prescrit était le méthotrexate (15 %), devant la photothérapie (10 %) et l'acitrétine (7 %). En analyse multivariée, la SCA (OR = 1,02 [1,01–1,03]) et la première consultation (OR = 10,2 [6,8–15,3]) étaient associées à une probabilité plus importante d'introduction d'un traitement systémique, alors que le psoriasis vulgaire apparaissait comme facteur protecteur (OR = 0,6 [0,4–0,9]). La population de psoriasis suivie en dermatologie libérale est représentative des données épidémiologiques attendues : maladie chronique, IMC élevé et fréquence des comorbidités cardiovasculaires. La sévérité du psoriasis et une première consultation motivent l'initiation d'un traitement systémique. Notre étude confirme une implication active des dermatologues participants dans le traitement du psoriasis avec le maniement des systémiques au premier rang duquel se trouve le méthotrexate.
In France, the consumption of cosmetics was recently evaluated: the mean number of cosmetic products used daily by French consumers is 16 for women (18 if they are pregnant), 8 for men, 7 for girls (4-14 years old), 5 for boys (4-14 years old) and 6 for babies (0-3 years old, both sexes)1 , especially facial moisturizers, with a higher product exposure amounts than expected. Nonetheless, little is known about the prevalence of cosmetic disorders in the general population. This article is protected by copyright. All rights reserved.
Les soins de support font partie intégrante de la prise en charge des patients atteints de cancers. L’objectif de cette étude était d’évaluer la fréquence respective de prescription des soins de support chez les patients suivis pour un mélanome sans récidive (MM), un mélanome métastatique (MMM) ou un carcinome basocellulaire (CBC). Étude nationale, transversale pragmatique à l’initiative de la SFD, du CEDEF et de la FFFCEDV et réalisée par les dermatologues libéraux et hospitaliers ayant accepté de participer. À l’issue de la consultation, un questionnaire spécifique était proposé à tous les sujets vus consécutivement à l’occasion d’une consultation entre juin 2017 et mars 2018. La nature du cancer cutané (CC) diagnostiqué, sa prise en charge et les antécédents significatifs du patient en termes de CC étaient renseignés par les investigateurs. Sur les 1966 patients inclus par les dermatologues, 1172 questionnaires patients étaient évaluables. Le groupe MM comprenait 355 patients (52 % de femmes) (55 patients pris en charge au diagnostic initial, 300 évalués dans le cadre d’une visite de suivi sans récidive), le groupe MMM 170 patients (41 % de femmes) et le groupe CBC 320 patients (47 % de femmes). Pour le mélanome : concernant les soins postopératoires, 2,4 % des MMM et 1,64 % des patients MM étaient orientés vers une consultation maquillage correcteur ; 3,94 % des MMM et 6,37 % des MM étaient orientés vers des soins esthétiques. Concernant l’orientation vers des professionnels de santé paramédicaux, 17 % avec un MMM et 4,58 % des patients avec un MM étaient orientés vers une diététicienne, 8,1 % (MMM) et 6,1 % (MM) vers une consultation anti-douleur ; 35 % (MMM) et 16,1 % (MM) étaient orientés vers une psychologue, 0 % (MMM) et 3 % (MM) vers un sexologue, 3,9 % (MMM) et 4,5 % (MM)vers une séance d’éducation thérapeutique (ETP). Au niveau social, 13,6 % (MMM) et 3,2 % (MM) étaient orientés vers une assistante sociale et 7,8 % (MMM) et 1,2 % (MM) vers une association de patients. Pour les CBC : concernant les soins postopératoires, 3,8 % des patients étaient orientés vers une consultation maquillage correcteur, 6,2 % vers des soins esthétiques. Concernant l’orientation vers des professionnels de santé paramédicaux : 4,1 % étaient orientés vers une diététicienne, 3,9 % vers une consultation anti-douleur, 5,7 % vers une psychologue, 3 % vers un sexologue, 3,7 % vers une séance d’EDT. Au niveau social, 3,7 % étaient orientés vers une assistante sociale et 1,9 % vers une association de patients. Les différences étaient statistiquement significatives entre ces deux groupes pour l’orientation vers une diététicienne, une psychologue, une assistante sociale et une association de patients, avec une prévalence de prescription plus élevée dans le groupe MMM. Dans les 3 groupes, plus d’un patient sur 2 (respectivement 60 %, 63 % et 56,3 %) estimaient que les centres hospitaliers devraient proposer ce type de soins et de support aux patients atteints de cancers (Tableau 1). La prescription de soins de support dans les CC non métastatiques par les médecins reste rare, ce qui pourrait non pas s’expliquer par l’absence de réel besoin des patients mais par une non-perception des besoins par les médecins qui n’associent pas avec un CC ces propositions de soins, l’absence de douleur dans des CC, le peu de conséquences perçues comme inesthétiques après chirurgie ou une perception globale d’un très bon pronostic associé aux CC non métastatiques et donc d’un impact réduit sur la vie sociale et familiale. Ces prescriptions de soins de support, même si significativement plus fréquentes dans les MMM de par la gravité de la maladie et sa chronicité, restent mineures et pourraient donc être optimisées notamment en facilitant leur accès et leur remboursement. Les médecins ne proposent que très rarement à leurs patients des soins de support dans un contexte de CC. Ils devraient être plus souvent proposés car une prise en charge globale est un élément clé d’une prise en charge réussie et permettrait d’améliorer la qualité de vie et vécu du patient.
La confiance que le patient accorde à son médecin participe à la compliance aux traitements et indirectement à leur efficacité. L’objectif de cette étude était d’évaluer la satisfaction des patients vis-à-vis de leur dermatologue lors de la prise en charge ou le suivi d’un cancer cutané (CC), mélanome sans récidive (MM) ou carcinome basocellulaire (CBC). Étude nationale, transversale pragmatique à l’initiative de la SFD, du CEDEF et de la FFFCEDV et réalisée par les dermatologues libéraux et hospitaliers ayant accepté d’y participer. À l’issue de la consultation, un questionnaire spécifique incluant un questionnaire de QdV était proposé à tous les patients vus à l’occasion d’une consultation pour MM ou CBC entre juin 2017 et mars 2018, dans le cadre du diagnostic, de la prise en charge initiale ou du suivi de leur tumeur mais sans contexte de récidive. La nature du CC diagnostiqué, sa prise en charge et les antécédents significatifs du patient en termes de CC étaient renseignés par les investigateurs. Sur les 1966 patients inclus par les dermatologues, 1172 questionnaires patients étaient évaluables. Le groupe MM comprenait 355 patients (52 % de femmes) (55 patients lors du diagnostic initial, 300 au cours d’un suivi de leur MM sans récidive) et le groupe CBC 320 patients (47 % de femmes). Les caractéristiques socio-démographiques des patients étaient homogènes entre les deux groupes ; l’âge moyen était respectivement de 60 (± 13) pour les MM et de 68 (± 12) ans pour les CBC. Deux cent onze patients du groupe MM (59,4 %), et 74 patients du groupe CBC (23 %) avaient été pris en charge par un dermatologue hospitalier. Les principaux résultats concernant la satisfaction des patients vis-à-vis des dermatologues, lors de la prise en charge de leur CC (MM ou CBC et comparaisons des résultats selon le type de tumeur) sont présentés dans le Tableau 1. Ces différences sont statistiquement significatives uniquement pour la facilité d’obtenir un RDV, avec plus de facilité pour le suivi des patients avec un MM. Globalement les patients sont très satisfaits de leur dermatologue et de la prise en charge globale de leur CC. On note cependant des taux de satisfaction concernant la disponibilité du dermatologue pour la prise en charge de leur CC un peu plus élevés dans le groupe MM, ce qui est cohérent avec la gravité potentielle du MM par rapport au CBC. Un autre point pour lequel les patients semblent moins satisfaits est la multiplicité des intervenants impliqués en cas de prise en charge en milieu hospitalier d’un CC montrant l’importance de l’individualisation de la relation et de la prise en charge des patients. Les patients sont globalement satisfaits de leur dermatologue et de la prise en charge de leur cancer cutané.
Le pronostic des patients suivis pour un mélanome métastatique (MMM) s'est profondément amélioré ces dernières années avec l'arrivée des thérapies ciblées (TC) et de l'immunothérapie (IT), au prix parfois d'effets secondaires et de toxicités spécifiques non négligeables. L'objectif de cette étude était d'évaluer le ressenti du traitement et la qualité de vie des patients traités pour un MMM. Étude nationale, transversale pragmatique à l'initiative de la SFD, du CEDEF et de la FFFCEDV et réalisée par les dermatologues libéraux et hospitaliers ayant accepté d'y participer. Un questionnaire spécifique était proposé à tous les sujets vus consécutivement à l'occasion d'une consultation entre juin 2017 et mars 2018 pour un cancer cutané en phase avancée. Les modalités de prise en charge thérapeutique du MMM étaient renseignées par les dermatologues investigateurs. La QdV était évaluée par l'échelle standardisée EQ-5D-EVA, composée de 5 dimensions (« mobilité », « autonomie de la personne », « activités courantes », « douleurs/gêne », « anxiété/dépression »). En fonction de tous ces critères, un score appelé « fonction d'utilité » était calculé qui varie entre −0,59 (très mauvaise qualité de vie) et 1 (très bonne qualité de vie). Une échelle visuelle analogique (EQ-EVA) décrivait aussi, sur une échelle verticale, la façon dont le sujet évaluait son état de santé (allant de 0, pire état de santé imaginable, à 100, meilleur état de santé imaginable). L'optimisme du répondeur était évalué au travers du score validé LOT (Life Orientation Test) permettant de calculer un score allant de 0 à 32 : patient considéré optimiste si score supérieur à 17. Les comparaisons entre variables qualitatives ont été testées avec le test du Chi2 (Fisher si effectifs insuffisants), et celles entres variables quantitatives avec le test de Student (Kruskall–Wallis si effectifs insuffisants). Sur les 1966 patients inclus par les dermatologues, 1172 questionnaires patients étaient évaluables. Le groupe MMM comprenait 170 patients (59 % de femmes), tous inclus et traités par un dermatologue hospitalier. L'âge moyen était de 65 ans (± 12) [min 28–max 95] ; 31 % avaient moins de 60 ans ; 97 % étaient en ALD pour leur cancer et 71 % étaient vus en hôpital de jour. Parmi les patients, 61,76 % (n = 105) avaient une activité normale, sans restriction selon l'échelle OMS coté par le dermatologue. Soixante-quinze pour cent des patients (n = 120) ont déclaré avoir été choqués au moment du diagnostic initial du mélanome et que, dès la prise en charge initiale, 75,6 % (n = 124) avaient craint l'évolution de la maladie. Parmi les patients, 75,6 % s'étaient inquiétés de ce que pourrait provoquer le traitement ou le cancer cutané et 58 % avaient pensé à une généralisation de la maladie (métastases). En ce qui concerne le traitement (Trt), 71 % étaient traités par IT, 17 % par TC ; 12 % n'avaient aucun traitement au moment de l'étude et étaient sous simple surveillance après prise en charge spécifique. Plus d'un patient sur deux traités pour leur MMM déclarait que le traitement n'avait pas ou peu d'impact sur leurs capacités physiques (60 %), leurs loisirs (60 %) ou leur vie quotidienne (54 %). Soixante-deux pour cent des patients traités pour leur MMM trouvaient que le Trt soulageait leurs symptômes, 81 % qu'il était facile à prendre et 85 % facile à respecter. Plus de la moitié (58,7 %) trouvait que les effets indésirables du traitement n'impactaient pas ou peu leur vie quotidienne. Au total, 80 % des patients étaient satisfaits de leur traitement et n'avaient jamais envisagé de l'arrêter. La qualité de vie, évaluée par l'échelle standardisée EQ-5D/EQ-EVA, montrait une fonction d'utilité moyenne de 0,+72 (±0,25) - IC [0,68 ; 0,76] et un score de EQ-EVA de 66,63 (±17,33) - IC [63,60 ; 69,66]. Pour information, ces mêmes scores évalués chez les patients avec un mélanome n'ayant pas récidivé étaient moins altérés avec respectivement des scores de 0,85 (± 0,20) et de 76,32 (± 18,40) (p < 0,001). Soixante pour cent des patients étaient considérés comme optimistes selon les normes du LOT (soit un score supérieur à 17). Le ressenti des patients traités pour un MMM vis-à-vis de leur traitement est globalement bon. Le traitement est considéré comme facile à observer par 9 patients sur 10 et son impact sur la vie quotidienne est perçu comme modéré. Une des limites de cette étude est l'absence de prise en compte de la durée des effets de secondaires, qui peuvent être longs voir définitifs, comme par exemple des complications auto-immunes induites par l'IT. Même si la QdV de ces patients est altérée sur l'EQ-5D comparée à la QdV des patients avec un mélanome n'ayant pas récidivé, 60 % des patients restent optimistes pour leur devenir.
Le mélanome (MM) et le carcinome basocellulaire (CBC) sont des cancers cutanés (CC) de mode évolutif différent. L'objectif de cette étude était de comparer la qualité de vie (QdV) des patients consultant pour un CBC à celle des patients consultant pour un MM n'ayant pas récidivé. Étude nationale, transversale pragmatique à l'initiative de la SFD, du CEDEF et de la FFFCEDV et réalisée par les dermatologues libéraux et hospitaliers ayant accepté d'y participer. À l'issue de la consultation, un questionnaire spécifique incluant un questionnaire de QdV était proposé à tous les patients vus à l'occasion d'une consultation pour MM ou CBC entre juin 2017 et mars 2018. La nature du CC diagnostiqué, sa prise en charge, les antécédents significatifs du patient en terme de CC ainsi que le score OMS étaient renseignés par les investigateurs. La QdV était évaluée par l'échelle standardisée EQ-5D-EVA. Elle comporte 5 dimensions (« mobilité », « autonomie de la personne », « activités courantes », « douleurs/gêne », « anxiété/dépression »), chacune décrite par 3 niveaux de problèmes (« aucun problème », « des problèmes », « problèmes extrêmes »). Le répondant devait indiquer, pour chacune des dimensions, l'état dans lequel il se trouvait. En fonction de tous ces critères, une fonction d'utilité était calculée qui varie entre −0,59 (très mauvaise qualité de vie) et 1 (très bonne qualité de vie). Une échelle visuelle analogique (EQ-EVA) présente en fin du questionnaire, décrit la façon dont le répondant évalue son état de santé sur une échelle verticale, sur laquelle, les extrémités sont notées : « meilleur état de santé imaginable soit 100 » et « pire état de santé imaginable soit 0 ». Les comparaisons entre variables qualitatives ont été testées avec le test du Chi2 (Fisher si effectifs insuffisants), et celles entres variables quantitatives avec le test de Student (Kruskall–Wallis si effectifs insuffisants). Sur les 1966 patients inclus par les dermatologues, 1172 questionnaires patients étaient évaluables. Le groupe MM comprenait 355 patients (52 % de femmes) (55 patients au diagnostic initial, 300 suivis sans récidive) et le groupe CBC 320 patients (47 % de femmes). Les caractéristiques socio-démographiques des patients étaient homogènes entre les deux groupes : l'âge moyen était respectivement de 60 (± 13) pour les MM et de 68 (± 12) ans pour les CBC et plus de 90 % (92,7 % et 93,3 %) avaient une activité normale, sans restriction selon l'échelle OMS cotée par le dermatologue. Ils étaient respectivement 41,6 % et 22 % à déclarer être en activité professionnelle. Dans le groupe MM, la fonction d'utilité moyenne était de 0,85 ± 0,20 [IC à 0,83–0,87] ; l'EVA moyenne était de 76,32 ± 18,40 [74,15–78,49], ce qui correspond à une bonne QdV. Dans le groupe CBC, la fonction d'utilité moyenne était de 0,89 ± 0,19 [0,87–0,92] et l'EVA moyenne de 75,90 (± 17,12) [73,76–78,04]. Ces données étaient statistiquement différentes entre MM et CBC pour la fonction d'utilité, mais pas pour l'EVA. Il n'y avait pas de différence significative de la fonction d'utilité et de l'EVA entre le groupe MM interrogé lors du diagnostic initial et le groupe MM en suivi sans récidive (Tableau 1). L'EQ-5D est un outil de mesure de QdV non spécifique, standardisé, fiable, reproductible et recommandé par les autorités de santé. Cette étude montre que les patients avec un MM ou un CBC ont un score de QdV non altéré et comparable. La fonction d'utilité moyenne est encore meilleure dans le groupe CBC que MM (différence significative), ce qui est corrélé avec le meilleur pronostic du CBC. Nos résultats sont comparables avec ceux d'une étude préalablement réalisée en Allemagne avec ce même outil mais n'évaluant que la QdV des patients suivis pour un CBC. Elle montrait une fonction d'utilité à 0,91. À notre connaissance, cette comparaison de la QDV entre les patients avec un CBC et ceux avec un MM n'a jamais été faite. La QdV évaluée par l'échelle EQ-5D/EQ-EVA est globalement bonne pour les patients suivis pour un MM comme pour ceux suivis pour un CBC. Il est intéressant de voir que celle-ci est comparable dans les deux groupes, alors qu'il s'agit de cancers avec un pronostic très différent. Ces résultats pourraient suggérer que cette échelle n'est pas la plus pertinente pour évaluer le ressenti ou le vécu des patients avec un CC.