The preventive excavation of two ancient sites on the Die plain sheds light on the timber economy and plant exploitation during Antiquity by combining anthracology and various palaeoenvironmental approaches. The dynamics of the landscape are marked by the layered exploitation of a mosaic landscape, and a regeneration of the mountain beech-fir forest, centred on the Early Period. The latter was the result of a change in the way the forest was farmed, with the emphasis on restoring a high forest instead of a coppice forest, in order to provide timber for building sites. The creation of vast mountain pastures at the end of Antiquity put an end to this, and created the conditions for a vast opening up of the landscape, generating unprecedented sedimentary activity.
Le site de Juffet se trouve sur la commune de Montbazin dans l’Hérault au nord de l’étang de Thau, à la confluence entre les ruisseaux intermittents de la Vène et des Combes. L’opération archéologique a notamment mis en évidence un enrochement discontinu de blocs daté de l’âge du Fer et une étude géomorphologique et malacologique a été conduite afin d’en restituer le contexte paléo-environnemental. Les archives bio-sédimentaires documentent la mise en place d’un paléo-chenal de la Vène au début du premier millénaire av. J.-C., sa migration latérale durant toute la période de l’âge du fer à un rythme moyen d’environ un mètre par siècle, enfin l’évolution du site vers un environnement de plaine alluviale durant la période historique. L’étude géoarchéologique montre que l’enrochement protohistorique a été installé sur la rive concave en érosion d’un méandre de la Vène, vraisemblablement pour en fixer la berge et protéger une occupation rivulaire adjacente située hors emprise. Ce site archéologique modeste en termes de densité et de conservation des vestiges met en lumière l’ancienneté plurimillénaire des tentatives de domestication des cours d’eau. Il montre l’intérêt d’une approche géoarchéologique à l’interprétation de vestiges fugaces en contexte alluvial.
La fouille du site archéologique gallo-romain de Pibous et Cougnes a livré une séquence pédo-sédimentaire superficielle très contrastée. La séquence décrit, à partir de l’Antiquité, une déstabilisation des sols des versants d’abord modeste qui alimente une nappe colluviale, ensuite radicale qui alimente l’incision et le comblement de deux paléochenaux torrentiels. Le paléo-chenal 2 se met en place durant la période moderne dans le contexte de versants Diois complètement dénudés par l’activité anthropique, possiblement couplé à l’hydrologie accrue du Petit Âge Glaciaire. Par analogie, le paléo-chenal 1 se serait formé dans un contexte similaire, au moins dès le 6ème s. ap. J.-C. Le site de Pibous et Cougnes fournit une archive sédimentaire de l’histoire du détritisme en Pays Diois, interroge la pertinence du concept de « crise climato-anthropique » et alimente la mémoire du risque torrentiel très élevé dans ce secteur.
El número 13 de la col·lecció monogràfica Studies on the Rural World in the Roman Period és una miscel·lània resultat de diverses jornades efectuades a la Université de Pau et des Pays de l’Adour, al Musée villa gallo-romaine de Loupian i al Museu Arqueològic de Banyoles entre els anys 2019 i 2022. És per aquest motiu que, a diferències dels números anteriors, no hi ha un tema monogràfic que aplegui el diferents treballs de recerca que s’hi varen exposar. En aquest cas, el punt d’unió, és el mateix que el de la col·lecció: el món rural d’època romana.
AbstractThe excavation of a palaeochannel at the Vistre de la Fontaine 2-2 archaeological site, 3 km downstream from the ancient city of Nîmes (southeastern France), provided an accumulation sequence covering the last 2,500 years. Trace metal analyses of these alluvial sediments disclosed lead (Pb) contamination during the Early Roman Empire, with concentrations close to 1,000 ppm, a factor of 100 above the local geochemical background. This excess of Pb shows a uniform isotopic signature that may reflect unchanged ore sources, perhaps from the Massif Central or from Great Britain. The Pb peak accompanied visible waste that was transported in the sediments of the Vistre de la Fontaine at the time of the development of the Nîmes urban water supply and drainage network during the Early Roman Empire. This research shows the bimillennial persistence of palaeo-contamination in a peri-urban alluvial plain and the relevance of fluvial sedimentary archives in documenting ancient waste.
Wadi El-Natrun depression lies about 100 km north-west of Cairo, just south of the 'desert road' between Cairo and Alexandria. The depression has a longitudinal morphology extending from the southeast to the northwest with average dimensions of about 60 km × 15 km. Bani Salama site lies in the eastern part of the depression, to the east of Fasda Lake, which is located at -27 m below sea level. Based on a geomorphological survey and local archaeology, we found that the site has been occupied by human societies since at least around 4000 years before the present. The site contains ruins of a temple and a castle dating back to the 12th Dynasty of the Pharaonic period (1985-1773 BC). The site also contains workshops of raw glass production dating back to Egypt's Roman period (31 BC – AD 395). The aim of this study is to investigate the Holocene marsh deposits of Bani Salama, which are located between the Pliocene plateau and Fasda Lake. A sediment core (NAT-11) was taken from the site in June 2015. This core is investigated to understand the Holocene palaeo-geography, palaeoclimates and human impacts.
Un projecte de recalibració del Vistre de la Fontaine, a les afores de la ciutat de Nîmes (Gard, França), ha brindat l'oportunitat d'obrir una finestra nova al paisatge protohistòric i antic, així com al desenvolupament d'aquesta zona periurbana, mitjançant l'excavació d'un paleocanal del curs d'aigua i d'un antic moll del pont. Aquest context original permet, per primera vegada al camp de Nîmes, abordar les qüestions relatives a la gestió dels regs fluvials i als mètodes d'encreuament del riu. Alhora, els dipòsits fluvials que van emplenar aquest antic paleocanal entre els segles I i V dC, beneficiant-se de condicions hidromorfològiques estables, han proporcionat una sèrie d'arxius palinològics, carpològics, antracològics i zoològics que permeten reconstruir el paisatge circumdant i les activitats humanes.
La fouille archéologique préventive d'un ouvrage de franchissement du Vistre de la Fontaine daté du Haut‑Empire a ouvert une fenêtre sur l'évolution d'un paléo-chenal de la rivière couvrant environ 2 500 ans. Le Vistre de la Fontaine connaît une phase de défluviation synchrone de la fondation et du développement de Nîmes et de son territoire rural. Le paléo-chenal connait ensuite une phase d'incision de 1 à 3 m sous le niveau de la plaine alluviale. Son tracé est localement fixé par un pont en pierres durant le Haut‑Empire et le risque fluvial de l'affouillement des piles est géré par la technique de l'enrochement. Durant la même période la rivière est utilisée pour évacuer une partie des déchets urbains organiques et sa charge solide est fortement enrichie en plomb. L'ouvrage de franchissement est détruit vers le ve siècle ap. J.-C. par la migration latérale de la rivière à un rythme moyen de 1,2 m par siècle, associé à la lente construction d'un méandre. Son lit fera à l'époque moderne l'objet de curage et les embâcles sont brulées, puis le chenal sera complètement rectifié et approfondi au début des années 1950 et il est aujourd'hui projeté d'en restaurer la sinuosité naturelle au moyen de pelles mécaniques. Le Vistre de la Fontaine est un « socio-hydrosystème » au moins depuis 2 500 ans.
Les routes fluviales, lagunaires et maritimes de l’histoire du port de Narbonne se croisent au cœur des étangs narbonnais et s’inscrivent dans un cadre géographique mouvant qui impose à son étude une approche géoarchéologique. Nous présentons ici l’étude du cas de Port la Nautique, situé vers l’extrémité nord des étangs narbonnais et dont l’archéologie a révélé l’intense activité portuaire qui s’y est déroulée entre le 1er siècle avant et le 1er siècle de notre ère. La compilation de 83 colonnes sédimentaires extraites au sein et autour de ce port antique permet de mieux appréhender l'évolution de ce rivage lagunaire occupé depuis l'Antiquité et d’apporter des indications paléo‑hydrologiques sur le fonctionnement des étangs à cette période. Nos principales conclusions sont les suivantes :1 - le toit du substrat marneux miocène décrit d'ouest en est correspond à une morphologie de vallon qui explique l'accessibilité du site depuis le plateau du Quatourze et a promu un secteur lagunaire profond à proximité d’un rivage rocheux également doté de sources d’eaux douces ;2 - le niveau des étangs narbonnais est enregistré entre – 5 et – 5,6 m NGF vers 5500 avant notre ère et entre – 0,6 et – 0,3 NGF autour du changement d’ère ;3 - les assemblages faunistiques traduisent un environnement lagunaire très ouvert aux influences marines durant l’antiquité. L’âge réservoir antique de la lagune est mesuré entre 400 et 550 ans, en cohérence avec celui du golfe du Lion actuel ;4 - après l’antiquité, une phase de confinement du secteur par rapport au domaine marin correspond au compartimentage tardif des étangs narbonnais ;5 - les périodes antiques et contemporaines sont caractérisées par un taux de sédimentation apparent moyen de 9 ± 5 mm.an-1 et 33 ± 6 mm.an-1, respectivement. La période intermédiaire est caractérisée par un taux moyen de 0,5 ± 0,2 mm.an-1, similaire au taux de sédimentation moyen apparent mesuré sur l'ensemble de la séquence lagunaire déposée depuis 7 500 ans (autour de 0,6 mm.an‑1). Ces deux phases de rapide exhaussement des fonds lagunaires sont mises en relation avec la présence de structures portuaires, dont le rôle protecteur face aux houles induit un rôle de piège à sédiments ;- 6) durant l'occupation portuaire antique, la bathymétrie évolue entre 2,7 et 1 m à l'ouest et au centre et entre 3,2 et 2 m à l'est du site. La diminution de la hauteur d’eau disponible ferme l’accès de Port–la–Nautique aux navires de moyenne capacité et induit peut-être le déclin de son activité portuaire
Lake Maryut (northwestern Nile Delta, Egypt) was a key feature of Alexandria's hinterland and economy during Greco-Roman times. Its shores accommodated major economic centers, and the lake acted as a gateway between the Nile valley and the Mediterranean. It is suggested that lake-level changes, connections with the Nile and the sea, and possible high-energy events considerably shaped the human occupation history of the Maryut. To reconstruct Lake Maryut hydrology in historical times, we used faunal remains, geochemistry (Sr isotopic signature of ostracods) and geoarcheological indicators of relative lake-level changes. The data show both a rise in Nile inputs to the basin during the first millennia BCE and CE and a lake-level rise of ca. 1.5 m during the Roman period. A high-energy deposit, inferred from reworked radiocarbon dates, may explain an enigmatic sedimentary hiatus previously attested to in Maryut's chronostratigraphy.
A relative sea-level rise curve on the Gulf of Lions coast is proposed within the range 9500-6000 cal a BP, a period that is currently not well documented in the region. The selected palaeoenvironmental indicators come from the Narbonne area. The filled ria context favours early marine ingression into palaeo-talwegs during the Early Holocene, the concomitant development of peat marshes in the upstream alluvial plain, and a later transgression on the margins of the ria during the Mid-Holocene. The compilation of data from the Narbonne coast and those available in Gulf of Lions and Catalonia coasts suggests low or no local vertical mobility for the period under discussion.
GEOMAR est un programme finance par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) sur la periode 2013-2016. Il comporte trois partenaires : ECOLAB (UMR 5245, Toulouse), Chrono-Environnement (UMR 6249, Besancon) et le Centre d’Etudes Alexandrines (CEAlex, USR 3134, Alexandrie). En collaboration avec le ministere des Antiquites egyptiennes, ce programme vise a l’etablissement d’une carte archeologique et paleoenvironnementale de la Mareotide, la campagne alexandrine qui se developpe autour du lac Mariout...
AbstractConstraining radiocarbon (14C) reservoir age offsets is critical to deriving accurate calendar-age chronologies from 14C dating of materials which did not draw carbon directly from the atmosphere. The application of 14C dating to such materials is severely limited in hydrologically sensitive environments like the Black Sea because of the difficulty to quantify reservoir age offsets, which can vary quickly and significantly through time, due to the dynamics of the biogeochemical cycling of carbon. Here we reconstruct 14C reservoir age offsets (Rshell-atm) of Holocene bivalve shells from the coastal Black Sea relatively to their contemporaneous atmosphere. We show that the 14C reservoir age offset and the stable carbon isotope composition of bivalve shells are linearly correlated in this region. From a biogeochemical standpoint, this suggests that inorganic stable carbon isotope and 14C compositions of Black Sea coastal waters are controlled by the balance between autochthonous primary productivity and heterotrophic respiration of allochthonous pre-aged terrestrial organic matter supplied by rivers. This provided an important implication for Black Sea geochronology as the reservoir age offset of 14C-dated bivalve shell can be inferred from its stable carbon isotope composition. Our results provide a fundamental and inexpensive geochemical tool which will considerably improve the accuracy of Holocene calendar age chronologies in the Black Sea.