Le taux de recours à l'hystérectomie est un des indicateurs de l'OCDE, il est retenu comme priorité nationale de pertinence des actes chirurgicaux. Il fait partie des indicateurs de mesure de performance des services de santé, la variabilité géographique de cet indicateur ne pouvant s'expliquer par des différences de l’état de santé ou par des préférences individuelles. L'objectif de ce travail est de décrire les pratiques de l'hystérectomie de 2005 à 2021 en France. Un algorithme de sélection a été développé à partir des bases de données nationales PMSI de 2005 à 2021: les séjours des femmes mentionnant un acte d'hystérectomie totale, sub-totale ou de trachélectomie ont été retenus. Dans le cas où plusieurs actes étaient mentionnés pour une même femme sur la période, l'hystérectomie totale est conservée. Les années 2020 et 2021 sont présentées mais ne seront pas analysées compte-tenu de leurs particularités liées au contexte sanitaire. Sur la période 2005-2021, 1 100 228 femmes ont subies une intervention (1 103 032 interventions observées): 90 % avaient eu une hystérectomie totale et la moitié des femmes avaient entre 40 et 54 ans. Les âges médian et moyen de l'intervention sont respectivement de 51 et de 54 ans. Dans 79 % des cas, l'acte a été réalisé suite à un diagnostic de pathologies bénignes (tumeurs bénignes, maladies de l'appareil génito-urinaire) et dans 17 % d'un cancer. Le nombre de femmes hystérectomisées augmente jusqu'en 2007 (72 443 actes) puis diminue jusqu'en 2019 (59 800 actes). Pour l'année 2019, environ 172 femmes sur 100 000 ont eu une hystérectomie au cours de l'année (max=641 chez les femmes de 45 à 50 ans). Les taux régionaux standardisés montrent un gradient allant de 145 (pour l'Ile-de-France) à 194 (pour les Hauts-de-France) femmes ayant eu une hystérectomie pour 100 000 femmes. Ces premiers résultats suggèrent une tendance à la baisse des taux de recours à l'hystérectomie depuis 2007 et une disparité des pratiques au niveau national. Hystérectomies ; France ; PMSI Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.
Le risque sanitaire associé aux nano-objets, leurs agrégats et leurs agglomérats (NOAA) est méconnu. Pour surveiller leurs effets sanitaires possibles, Santé publique France a mis en place un dispositif EpiNano en deux phases : 1-création d’un enregistrement des travailleurs mettant en œuvre des NOAA et 2-leur suivi prospectif généraliste. L’identification des travailleurs éligibles repose sur le repérage des postes de travail mettant en œuvre des NOAA lors de visites en entreprises et une évaluation de l’exposition basée sur une méthode standardisée. Au préalable, cela nécessite un repérage des entreprises concernées et leur adhésion à EpiNano. La phase d’enregistrement a été lancée en janvier 2014. Depuis 2015, la déclaration obligatoire des nanomatériaux en France (R-nano) est la principale source de repérage des entreprises concernées, majoritairement issues du secteur privé (90 %). Le taux d’adhésion est actuellement de 16 %. Plusieurs entreprises n’ayant pas encore donné de réponse, le taux de refus préliminaire est de 44 %. Les établissements publics sont repérés via les partenariats. Leur taux d’adhésion est de 99 %. Vingt-deux entreprises et établissements publics ont été visités par l’équipe EpiNano. Sur 149 postes de travail observés, 61 % ont été classés potentiellement exposants. Ce travail a permis d’identifier 155 personnes éligibles et de les inviter dans EpiNano. Le taux d’acceptation de la part des salariés est de 99 %. Au 28/06/2016, 150 personnes ont été inclus dans la cohorte prospective généraliste EpiNano. Un suivi passif (par interrogation des données médico-administratives et du registre des causes médicales de décès) a été instauré pour 94 % d’entre eux. De plus, pour 41 % des cohortistes, un suivi actif (par questionnaires annuels de suivi) a été mis en place, avec l’envoi de la première vague de questionnaires en juin 2016. Le taux d’adhésion des entreprises privées est insatisfaisant, mais reste cohérent avec d’autres programmes basés sur une adhésion volontaire. Si les entreprises semblent réticentes à adhérer au dispositif EpiNano, les salariés acceptent très largement d’en faire partie. Afin d’accroître le taux d’adhésion des entreprises et de ce fait le nombre de personnes participantes à EpiNano, une implication des différentes parties prenantes et des pouvoirs publics est nécessaire et actuellement étudiée.
Le risque sanitaire associé aux nano-objets, leurs agrégats et leurs agglomérats (NOAA) est méconnu. Pour surveiller leurs effets sanitaires possibles, l'InVS met en place un dispositif EpiNano en deux phases : – création d'un enregistrement des travailleurs mettant en œuvre des NOAA ; – leur suivi prospectif généraliste. L'identification des travailleurs éligibles repose sur l'identification des postes de travail mettant en œuvre des NOAA lors de visites en entreprise et une évaluation de l'exposition. Celle-ci s'appuie sur une méthode standardisée. Au préalable, cela nécessite un repérage des entreprises concernées et leur adhésion à EpiNano. La phase d'enregistrement a été lancée en janvier 2014. La déclaration obligatoire des nanomatériaux en France (R-Nano) est la principale source de repérage des entreprises concernées ayant permis de contacter 127 (90 %) entreprises privées. Le taux d'adhésion de ces entreprises est actuellement de l'ordre de 16 %. Plusieurs entreprises n'ayant pas encore donné de réponse, le taux de refus préliminaire est de 44 %. Les établissements publics sont repérés via les partenariats. Leur taux d'adhésion est de 99 %. Vingt-deux entreprises et établissements publics adhérents ont été visités par l'équipe EpiNano. Sur 149 postes de travail observés par l'équipe, la moitié environ a été classée potentiellement exposant. Ce travail a permis d'identifier 156 personnes éligibles dans EpiNano et d'instaurer le suivi prospectif généraliste pour 94 % d'entre eux. Il s'agit d'un double suivi actif et passif pour un tiers de cette population, et d'un suivi passif uniquement pour les autres. La phase de l'enregistrement est déterminante pour la réussite du dispositif et se poursuivra jusqu'en 2017. Pour accroître le taux d'adhésion des entreprises privées, plusieurs actions sont en cours : élargissement à d'autres familles de NOAA et aux secteurs d'activités non concernés par R-Nano et demande de soutien des parties prenantes et des pouvoirs publics.
Le dispositif EpiNano a pour but de développer en France une cohorte prospective de travailleurs potentiellement exposés aux NOAA afin de suivre l’évolution de leur état de santé et d’évaluer les risques possibles associes à l’exposition aux NOAA. La méthode d’évaluation des expositions EpiNano est une méthode observationnelle, non instrumentale (sans prélèvement et sans mesure de l’aérosol), conçue pour repérer les travailleurs intervenants sur les postes de travail potentiellement exposants aux NOAA (classement d’exposition binaire) et évaluer cette exposition de façon quantitative (calcul d’un score d’exposition modélisé) et semi-quantitative (classement en 4 niveaux d’exposition). Elle repose sur une visite d’entreprise, guidée par un outil standardisé, intitulé carnet d’observation technique (COT). Afin d’évaluer la performance de cette méthode, une double étude de validation a été réalisée. Deux évaluateurs de l’équipe EpiNano et un évaluateur externe ont participé à une étude de comparaison interméthode, comparant leurs résultats avec ceux d’une méthode de référence (évaluation de l’exposition par consensus d’experts), puis entre eux (étude de reproductibilité interévaluateurs ou comparaison intraméthode). L’étude a porté sur sept postes de travail d’un établissement de recherche sur les nanotubes de carbone, évalués en janvier 2014 par la méthode de référence puis en juillet 2014 par les trois évaluateurs. Le classement d’exposition par la méthode EpiNano est concordant avec celui de la méthode de référence (kappa de Cohen = 0,70 ; sensibilité = 0,88 ; spécificité = 0,92). Le résultat de la comparaison interévaluateurs est aussi satisfaisant (kappa de Fleiss = 0,60 ; p = 0,003). La comparaison des résultats entre les évaluateurs de l’équipe EpiNano montre une très bonne reproductibilité (Spearman rho = 0,93 ; p = 0,03), mais faiblement concordante avec les résultats de l’évaluateur externe. Ce travail a permis une première validation de la méthode EpiNano, notamment lorsqu’elle est utilisée par les membres d’équipe EpiNano. Il a conduit à une rédaction d’un guide d’utilisation de cette méthode pour faciliter son utilisation par l’ensemble d’acteurs de santé au travail. Une deuxième étude de validation, basée sur les données de mesurage de l’exposition, est envisagée pour confirmer ces résultats.
The French national epidemiological surveillance program EpiNano aims at surveying mid-and long-term health effects possibly related with occupational exposure to either carbon nanotubes or titanium dioxide nanoparticles (TiO2). EpiNano is limited to workers potentially exposed to these nanomaterials including their aggregates and agglomerates. In order to identify those workers during the in-field industrial hygiene visits, a standardized non-instrumental method is necessary especially for epidemiologists and occupational physicians unfamiliar with nanoparticle and nanomaterial exposure metrology. A working group, Quintet ExpoNano, including national experts in nanomaterial metrology and occupational hygiene reviewed available methods, resources and their practice in order to develop a standardized tool for conducting company industrial hygiene visits and collecting necessary information. This tool, entitled "Onsite technical logbook", includes 3 parts: company, workplace, and workstation allowing a detailed description of each task, process and exposure surrounding conditions. This logbook is intended to be completed during the company industrial hygiene visit. Each visit is conducted jointly by an industrial hygienist and an epidemiologist of the program and lasts one or two days depending on the company size. When all collected information is computerized using friendly-using software, it is possible to classify workstations with respect to their potential direct and/or indirect exposure. Workers appointed to workstations classified as concerned with exposure are considered as eligible for EpiNano program and invited to participate. Since January 2014, the Onsite technical logbook has been used in ten company visits. The companies visited were mostly involved in research and development. A total of 53 workstations with potential exposure to nanomaterials were pre-selected and observed: 5 with TiO2, 16 with single-walled carbon nanotubes, 27 multi-walled carbon nanotubes. Among the tasks observed there were: nanomaterial characterisation analysis (8), weighing (7), synthesis (6), functionalization (5), and transfer (5). The manipulated quantities were usually very small. After analysis of the data gathered in logbooks, 30 workstations have been classified as concerned with exposure to carbon nanotubes or TiO2. Additional tool validity as well as inter-and intra-evaluator reproducibility studies are ongoing. The first results are promising.
Purpose of the study. To develop an operational method for identifying workers potentially exposed to manufactured nano-objects and their aggregates and agglomerates (NOAA) and assessing their potential exposure in frame of epidemiological surveillance program EpiNano. Method. The method was developed by a multidisciplinary working group. It consists of a company visit guided by a standardized tool "Field technical logbook". This tool enables assessing a set of parameters necessary for identification and characterization of workstations concerned with NOAA exposure, namely a detailed description of tasks and processes, personal and collective protection equipment, NOAA characteristics before and after transformation and other exposure surrounding conditions. The method was tested in ten companies. After each visit, all information collected in the logbook was computerized via a friendly-using application. A pdf copy of data was sent to the company along with proceedings of the visit listing workstations classified as concerned with NOAA exposure, for verification and validation. Results. All proceedings were validated. Among 53 workstations. observed during all the visits, 30 (57 %) were classified as concerned with NOAA exposure, namely workstations dealing with NOAA synthesis, sampling, transfer and functionalization. In private companies, there were 60 % of workstations classified as concerned with NOAA exposure versus 54 % in public companies. Numerous parameters were likely to determine the exposure classification, particularly humidity and dustiness of the NOAA powders. The assessment of these parameters might be useful for all companies since it also serves in implementing exposure control banding. Conclusion. This simple and non-instrumental method (without aerosol sampling and measurements) was developed for epidemiologists but could be useful to all occupational health actors in the field of nanotechnology. (C) 2015 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
L'objectif est de présenter l'application de matrices emplois-expositions (MEE) développées au sein du programme Matgéné de l'Institut de veille sanitaire à plusieurs échantillons de population française et de décrire les prévalences d'exposition professionnelle à certaines nuisances en France. Une MEE Matgéné évalue pour chaque emploi (défini par une profession dans un secteur d'activité) l'exposition à une nuisance, pour différentes périodes depuis 1950, via plusieurs indices d'exposition (probabilité, intensité, fréquence). Le croisement de MEE avec des données de population permet de décrire l'exposition des travailleurs en estimant des prévalences d'exposition selon différents critères (niveau, âge, sexe, catégorie d'emploi…). Les MEE actuellement disponibles concernent des poussières minérales (silice, ciment) ou organiques (farine, cuir), des fibres (amiante, laines minérales, FCR) et des solvants (pétroliers, chlorés, oxygénés). Pour exemple, des prévalences d'exposition des travailleurs aux poussières de silice ont été estimées à partir d'un échantillon d'histoires professionnelles. En 2007, les hommes sont majoritairement exposés (6,5 % versus 0,2 % des femmes), principalement des ouvriers et des artisans. Sur l'ensemble de leur carrière, 17,4 % des hommes étaient exposés dont 1/3 à un niveau supérieur à la valeur limite moyenne d'exposition de 0,1 mg/m3. Les MEE permettent la surveillance des expositions professionnelles en France, par le calcul de prévalences d'expositions à des périodes distinctes ou sur la vie entière. Le calcul de fractions de risques attribuables peut également être réalisé, pour certaines nuisances, afin d'estimer la part de maladies attribuable à des expositions professionnelles. Les matrices sont interrogeables via le portail Exp-Pro (http://www.exppro.fr).
In this paper we study the main surface characteristics which control the foamability of solutions of various surfactants. Systematic series of experiments with anionic, cationic and nonionic surfactants with different head groups and chain lengths are performed in a wide concentration range, from 0.001 mM to 100 mM. The electrolyte (NaCl) concentration is also varied from 0 up to 100 mM. For all surfactants studied, three regions in the dependence of the foamability, VA, on the logarithm of surfactant concentration, lgCS, are observed. In Region 1, VA is very low and depends weakly on CS. In Region 2, VA increases steeply with CS. In Region 3, VA reaches a plateau. To analyse these results, the dynamic and equilibrium surface tensions of the foamed solutions are measured. A key new element in our interpretation of the foaming data is that we use the surface tension measurements to determine the dependence of the main surface properties (surfactant adsorption, surface coverage and surface elasticity) on the surface age of the bubbles. In this way we interpret the results from the foaming tests by considering the properties of the dynamic adsorption layers, formed during foaming. The performed analysis reveals a large qualitative difference between the nonionic and ionic surfactants with respect to their foaming profiles. The data for the nonionic and ionic surfactants merge around two master curves when plotted as a function of the surface coverage, the surface mobility factor, or the Gibbs elasticity of the dynamic adsorption layers. This difference between the ionic and nonionic surfactants is explained with the important contribution of the electrostatic repulsion between the foam film surfaces for the ionic surfactants which stabilizes the dynamic foam films even at moderate surface coverage and at relatively high ionic strength (up to 100 mM). In contrast, the films formed from solutions of nonionic surfactants are stabilized via steric repulsion which becomes sufficiently high to prevent bubble coalescence only at rather high surface coverage (> 90%) which corresponds to related high Gibbs elasticity (> 150 mN/m) and low surface mobility of the dynamic adsorption layers. Mechanistic explanations of all observed trends are provided and some important similarities and differences with the process of emulsification are outlined.