Endogenous fungal endophthalmitis (EFE) rarely occurs after surgery. The lack of clinical suspicion and the empiric use of corticosteroids without antifungal coverage increases the risk of visual loss. We report a rare case of EFE secondary to digestive surgery. Blood cultures were negative. Fungal cultures of the vitreous puncture revealed Candida glabrata. The patient was successfully treated with oral and intravitreal voriconazole injections without vitrectomy.
Infective endocarditis is a relatively rare disease, but with a significant impact. Staphylococcus aureus, Coagulase-negative staphylococci and oral streptococci are commonly causative organism. Mycobacterium tuberculosis or non-tuberculous mycobacteria are very rare etiology of infective endocarditis. Here, we report a case of tuberculosis of hematopoietic organs and tuberculous endocarditis in an immunocompetent patient. A 32-year-old man was hospitalized for a 15-day-history of persistent fever, asthenia, anorexia and diarrhea. His laboratory investigations showed elevated inflammatory markers and pancytopenia. All investigations, even sputum smear was negative for acid-fast bacilli. Thoracoabdominal computed tomography showed abdominal lymph nodes with a slight pleural and peritoneal effusion. Transthoracic echocardiography revealed a 25 mm mobile vegetation on the large mitral valve. Blood cultures were negative. The serological testing for Coxiella burnetii , Bartonella quintana , Bartonella henselae , Brucella species and Legionella species were negative, as well. Bone marrow biopsy showed tuberculosis of hematopoietic organs. The patients received antitubercular therapy for a 15-month-duration. The disease evolution was favourable. The echocardiography showed no vegetation after 70 days therapy. Tuberculous endocarditis should be bearded in mind, especially in endemic countries. An early diagnosis followed by the adequate antitubercular treatment might avoid serious complications and death.
La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse qui demeure l'une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les jeunes enfants à l'échelle mondiale, malgré la disponibilité du vaccin. Depuis la fin de 2018 et durant l'année 2019, notre pays a fait face à une flambée épidémique importante. Il s'agit d'une étude rétrospective, effectuée au service des maladies infectieuses et la direction des soins de santé de base, entre décembre 2018 et octobre 2019. Les premiers cas de rougeole ont été constatés à partir du 25 décembre 2018 au sein de la population pédiatrique. À partir de la seconde moitié du mois de janvier 2019, la population adulte était aussi touchée. Jusqu'au 13 octobre 2019, un total de 435 cas de fièvre éruptive (FE) a été déclaré dont 349 étaient des cas de rougeole confirmée (80,22 %). La tranche d'âge de 15 ans et plus était la plus touchée (n = 177) avec une moyenne de 35,32 ± 9,44 ans. Dans cette sous-population, 48 % des cas n'étaient pas vaccinés contre la rougeole et le pic de l'épidémie était noté au mois d'avril avec 58 cas de rougeole déclarés. Dans la population globale, 224 cas de rougeole ont nécessité une hospitalisation, dont 21 % des adultes. La confirmation biologique du diagnostic de la rougeole était obtenue dans 54,44 % des cas. Un lien épidémiologique avec un cas de rougeole était noté dans 55,87 % des cas. Concernant la population adulte, la sérologie était réalisée chez 35 patients. Trente-deux cas de rougeole (89 %) ont été confirmés biologiquement par détection des anticorps de type IgM spécifiques dans le sérum, alors que ces anticorps étaient revenus négatifs dans 3 cas et équivoques dans 1 cas. Depuis le début de l'épidémie et jusqu'au 3 mars 2019, on a notifié 7 cas de décès (100 % enfants) et depuis le cumul de décès associé à la rougeole est resté inchangé. L'épidémie de la rougeole a été bien gérée dans notre région, et la transmission du virus a pu être stoppé grâce au mesures d'isolement ; la généralisation de la vaccination et prise en charge précoce des cas graves.
La santé reproductive occupe une place importante chez les femmes vivant avec le VIH. Elle comprend à la fois la prévention des grossesses non désirées et le désir totalement légitime d’avoir des enfants, avec dans ce cas nécessité de prévenir la transmission mère-enfant (TME) du VIH. Grâce à la trithérapie antirétrovirale, le risque TME du VIH a été réduit de 20 % à moins de 2 %. Nous rapportons notre expérience dans la prise en charge des femmes VIH positives en âge de procréation. Il s’agit d’une étude rétrospective menée au service des Maladies infectieuses et incluant toutes les femmes en âge de procréation infectées par le VIH suivies entre 1984 et 2018. Elles ont toutes eu une ou plusieurs grossesses avant et après l’avènement de la trithérapie antirétrovirale dans notre pays. Trente et une femmes VIH positives ont été incluses dans l’étude. L’âge moyen était de 30 ans (18–44 ans). Vingt-deux femmes étaient tunisiennes et 9 étaient des étrangères réfugiées. Les circonstances de découverte de la séropositivité étaient : Dépistage au cours de grossesse (11 cas), infections opportunistes (8 cas), dépistage chez une conjointe d’un mari séropositif (7 cas), don de sang (2 cas), dépistage chez une mère de bébé diagnostiqué séropositif après la naissance (2 cas), primo-infection symptomatique (1 cas). Le stade de l’infection VIH était : A (18 cas), B (4 cas), C (9 cas). Seize grossesses ont été menées sous traitement antirétroviral et onze patientes ont eu des grossesses alors qu’elles ne recevaient aucun traitement antirétroviral. Une interruption de grossesse était pratiquée pour 3 patientes, elle était volontaire (2 cas) et thérapeutique (1 cas). Quatre patientes ont eu un avortement spontané. Pour celles qui ont mené des grossesses à terme, une rupture prématurée des membranes est survenue dans 2 cas. La voie d’accouchement était la voie basse (11 cas) et une césarienne programmée (15 cas). La prophylaxie antirétrovirale postnatale a été délivrée pour 13 bébés. Tous les nouveau-nés ont été suivis en post natal. Dix-huit bébés avaient une charge virale négative en post natal. Huit cas de TME du VIH ont été notés dont 5 avant l’avènement de la trithérapie dans notre pays. L’évolution était bonne chez tous les bébés séronégatifs. Le décès est survenu chez 6 bébés séropositifs. L’infection au VIH chez la femme constitue un problème de santé mondial. Elle représente la principale source d’infection des enfants vivant avec le VIH. Une prise en charge multidisciplinaire des femmes vivant avec le VIH en âge de procréation est indispensable.
Les bactériémies sont fréquentes chez le diabétique. Ce travail compare les caractéristiques des bactériémies observées chez les diabétiques à celles d’individus non diabétiques. Étude rétrospective incluant tous les épisodes de bactériémies observés dans un service des maladies infectieuses entre janvier 2014 et décembre 2016. Nous avons inclus 98 épisodes de bactériémies colligés chez 90 patients : 42 diabétiques (46,7 %) et 48 non-diabétiques (53,3 %). L’âge médian était de 68 (39–84) ans chez les diabétiques et de 60 (17–95) ans chez les non-diabétiques. Il y avait une prédominance féminine chez les diabétiques (66,7 % vs 43,8 % ; OR = 0,39 ; p = 0,024). L’origine était surtout communautaire dans les deux groupes. Le diabète était un facteur de risque significatif de la porte d’entrée urinaire (55,3 % vs 23,5 % ; OR = 4 ; p = 0,001) et d’une infection à BGN (72,3 % vs 43 % ; OR = 0,3 ; p = 0,003). Les localisations secondaires étaient présentes dans 29,8 % chez les diabétiques et dans 35,3 % chez les non-diabétiques. Elles étaient majoritairement pulmonaires et ostéoarticulaires dans les deux groupes. L’antibiothérapie empirique était une bithérapie dans les deux groupes. La mortalité était faible : 2 % chez les diabétiques et 6 % chez les non-diabétiques. Chez les diabétiques, les femmes sont plus prédisposées à faire une bactériémie. Les BGN sont les germes prédominants ce qui est expliqué par une porte d’entrée urinaire majoritaire. Le diabète n’augmente pas la mortalité.
La prescription d’antibiotiques dans les infections du pied diabétique est souvent large du fait du caractère polymicrobien et des résistances croissantes. Le but de notre étude est d’évaluer l’antibiothérapie empirique dans la prise en charge des infections du pied diabétique. Étude rétrospective (2013–2017) incluant les patients ayant une infection du pied diabétique hospitalisés au service des maladies infectieuses. Il s’agissait de 37 patients d’âge moyen de 62,6 ans. Quarante-quatre épisodes étaient étudiés. Il s’agissait d’une dermo-hypodermite non nécrosante (66 %), une dermo-hypodermite nécrosante (27,2 %) et une fasciite nécrosante (6,8 %). Les prélèvements bactériologiques ont permis d’isoler le germe (70,2 %). Les bactéries étaient des bacilles Gram négatif (62 %) et des cocci Gram positif (38 %) dont Staphylococcus(s) aureus représentait 87,5 %. S. aureus était résistant à la méthicilline (14,2 %). L’antibiothérapie initiale était une bithérapie (68,2 %) et une trithérapie (13,6 %). Les associations les plus fréquentes étaient : βlactamine + fluoroquinolone (31,7 %) et amoxicilline-acide clavulanique + clindamycine (21,9 %). Une antibiothérapie contre Staphylocoque méthiR était prescrite dans 31,7 % des cas. L’antibiothérapie empirique était adaptée aux résultats microbiologiques (56,8 %), partiellement adaptée (29,5 %) et inadaptée (13,6 %). La durée totale moyenne était de 43,3 jours. La chirurgie était associée (43,1 %). Elle était nécessaire pour 57,9 % des patients ayant reçu un traitement empirique non adapté contre 32 % ayant reçu un traitement empirique adapté. Le traitement empirique inadapté était non négligeable dans notre série. Ceci est expliqué en partie par le problème de résistance aux antibiotiques. D’où la nécessité d’une documentation microbiologique pour améliorer le pronostic.
Les bactériémies chez les hémodialysés chroniques diabétiques (HD) restent fréquentes. L'objectif de ce travail est de décrire les particularités des bactériémies liées aux cathéters veineux centraux (KTC) chez l'HD. Il s'agit d'une étude rétrospective menée au service des maladies infectieuses entre 2007 et 2017, incluant des patients HD hospitalisés pour bactériémie à point de départ le KTC. Nous avons inclus 31 patients HD parmi 63 patients hospitalisés pour bactériémie liée au KTC (49 % des cas). L'âge moyen était de 59 ± 13 ans. Le sex-ratio H/F = 1,21. Le KTC était jugulaire dans 22 cas (71 %), sous-clavier dans 6 cas (19,4 %) et fémoral dans 3 cas (9,7 %). La durée médiane d'implantation des cathéters était de 21,5 (4–150) jours. Le délai moyen de prise en charge était de 3 jours. Les germes isolés étaient : Staphylococcus aureus (64,5 %), staphylocoque à coagulase négative (19,5 %) et des bacilles à Gram négatifs (16 %). Le diabète était un facteur de risque significatif de bactériémie à staphylocoque (51 % vs 49 % ; OR = 4,16 ; p = 0,01). Le KTC était enlevé dans 19 cas (61,3 %). L'antibiothérapie empirique majeure était une association de vancomycine avec ciprofloxacine dans 25,8 % des cas. L'évolution était favorable dans 28 cas (90,3 %) et fatale dans 3 cas (9,7 %). Les bactériémies liées aux KTC chez l'hémodialysé chronique ont les mêmes particularités chez le diabétique et le non diabétique, sauf que le diabète est significativement associé aux bactériémies à staphylocoque.
La tuberculose reste de nos jours un problème majeur de santé publique. Dans ce sens, la tuberculose extrapulmonaire (TEP) touchant n'importe quel organe peut avoir des aspects cliniques complexes et peut être une source de confusion avec d'autres pathologies systémiques notamment chez les sujets âgés. Le but de notre travail est d'étudier les particularités cliniques, diagnostiques, thérapeutiques et évolutives de la TEP chez la population gériatrique. C'est une étude rétrospective incluant tous les sujets âgés de plus de 65 ans, présentant une tuberculose extrapulmonaire. Cette étude a été menée au service des maladies infectieuses de l'hôpital Hédi-Chaker de Sfax sur une période de 4 ans (2013 et 2017). Trente et un épisodes sont colligés chez 19 femmes et 12 hommes. L'âge moyen était de 74 [65,86] ans. L'origine rurale était notée dans 22 cas. Le niveau socioéconomique était défavorable dans la plupart des cas (21 cas). Cinq patients étaient diabétiques, 4 avaient des antécédents personnels de tuberculose pulmonaire et 3 autres avaient des antécédents familiaux de tuberculose. Une néoplasie associé à la TEP était noté dans un seul cas. Le délai moyen de prise en charge était de 5 [1,24] mois. La tuberculose était unifocale dans tous les cas. Les principales localisations étaient ganglionnaire (15 cas), vertébrale (7 cas) et urogénital (5 cas). Les autres localisations moins fréquentes étaient neuromeningée (1 cas), cutanée (2 cas) et oculaire (1 cas). Les signes cliniques étaient variables selon le siège de la tuberculose. Les signes d'imprégnation tuberculeuse étaient présents dans 25 cas. L'intradermo-réaction à la tuberculine n'était positive que dans 10 cas. Le diagnostic de tuberculose était porté par une preuve anatomopathologique dans 30 cas et bactériologique dans un seul cas. Tous les patients étaient traités par quadrithérapie antituberculeuse pour une durée moyenne de 8 [6,13] mois. L'évolution était favorable dans 21 cas et on avait un décès dans un seul cas en rapport à une détresse respiratoire. Cinq patients sont en cours de traitement et 4 sont perdus de vue. Les comorbidités liées à l'âge sont responsables d'un tableau clinique peu spécifique de la tuberculose chez le sujet âgé. La confirmation du diagnostic est souvent histologique et rarement par l'isolement du BK puisque ces atteintes sont souvent paucibacillaires. L'évolution est dépendante de la localisation mais elle est souvent favorable en cas de diagnostic précoce.
L'ostéite du pied (OP) est une complication fréquente chez les diabétiques ayant une plaie. Son diagnostic est souvent difficile. Le but de ce travail est de décrire les particularités cliniques, thérapeutiques et pronostiques des diabétiques suivis pour OP. Étude rétrospective (2013 à 2017) incluant les patients diabétiques hospitalisés dans un service de maladies infectieuses pour OP. Douze épisodes étaient colligés chez 9 hommes et 3 femmes d'âge moyen 64 ans. La porte d'entrée la plus fréquente était un mal perforant plantaire (50 %). Les signes cliniques les plus fréquents étaient : syndrome infectieux (83,3 %), placard inflammatoire (75 %) et douleur osseuse à la palpation (66,67 %). Les hémocultures pratiquées dans 8 cas étaient positives dans 5 cas (62,5 %) et le germe était un Staphylococcus aureus. Un prélèvement cutané était réalisé dans 11 cas. Les germes les plus fréquents étaient Staphylococcus (44,44 %) et Pseudomonas (33,34 %). Le diagnostic était posé par une radiographie du pied dans 9 cas et un scanner dans 3 cas. L'association amoxicilline-acide clavulanique + ciprofloxacine était la plus fréquente (75 %). La durée moyenne totale d'antibiothérapie était de 50 jours. Une excision était associée dans 4 cas et une amputation dans 6 cas. L'évolution était : favorable dans 6 cas, fatale dans un cas et une récidive dans 5 cas. Le diagnostic d'OP chez les diabétiques est difficile tant sur le plan clinique que sur le plan radiologique. Elle conduit souvent à une amputation. Cependant, une antibiothérapie guidée par une identification précise des germes peut permettre un traitement conservateur.
We report a case of a young woman with acquired immune deficiency syndrome admitted with fever and abdominal pain. Saccharomyces kluyveri was isolated in blood culture. She was successfully treated with fluconazole. This case demonstrates the pathogenicity of Saccharomyces Kluyveri in immunocompromised host.
Introduction La varicelle, habituellement bénigne chez l’enfant, peut s’accompagner chez l’adulte, de complications multiviscérales, dont la pneumopathie varicelleuse (PV). L’objectif est d’étudier les caractéristiques épidémiocliniques, radiologiques, thérapeutiques et évolutives de la PV. Matériel et méthodes Étude rétrospective incluant tous les cas de PV admis au service de maladies infectieuses sur une période de 14 ans (janvier 2003–juin 2017). Résultats Dix-sept patients (16 hommes et une femme) d’âge moyen de 33 ans ont été inclus. Dix patients étaient tabagiques, 1 asthmatique et 1 bronchitique chronique. Une immunodépression (ID) était notée dans 2 cas. Les symptômes inauguraux étaient : cutanés (70,5 %), respiratoires (23,5 %) et encéphalitiques (5,9 %). Les signes respiratoires étaient dominés par la toux (53 %) et la dyspnée (41 %). Ils étaient absents dans 23,5 %. Ils s’installaient en moyenne 3jours après l’éruption et la précédaient dans 23,5 % des cas. Les lésions cutanées étaient vésiculeuses (94 %), papuleuses (35,2 %), croûteuses (35,2 %), purpuriques (11,7 %) et nécrotiques (5,9 %). Elles siégeaient sur le tronc (100 %), les membres (88,2 %), le visage (94 %) et le cuir chevelu (11,7 %). Une atteinte muqueuse buccale était retrouvée dans 17,6 %. Les râles crépitants étaient prédominants (47 %) et l’auscultation était normale (35 %). La PaO2 était<60mm Hg dans 11,7 %. La radiographie thoracique standard objectivait un syndrome interstitiel dans tous les cas, associé à un syndrome alvéolaire (30 %) et à un épanchement pleural (5,9 %). Une TDM thoracique faite dans 4 cas montrait des images en verre dépoli (2 cas), des micronodules (3 cas), un emphysème (3 cas), des adénopathies médiastinales (3 cas). Tous les patients étaient traités par aciclovir 10mg/kg/8h IV pour en moyenne 7,3jours. Le délai moyen du traitement par rapport au début des signes respiratoires était de 4jours. Une antibiothérapie était associée dans 75 %. L’évolution était : favorable (87 %), complications (18 %) (surinfection pulmonaire bactérienne [2 cas], insuffisance respiratoire aiguë nécessitant l’intubation [1 cas]). Aucun décès n’était noté (Fig. 1 et 2). Discussion L’immunodépression, la grossesse, les pathologies respiratoires chroniques, le tabagisme et le sexe masculin sont des facteurs de risque de la PV. Elle survient en général 1 à 6jours après l’exanthème mais peut le précéder dans 11 % des cas. Elle peut être asymptomatique de révélation radiologique ou se manifester par des signes respiratoires classiques et rarement par un tableau de détresse respiratoire aiguë. L’imagerie thoracique retrouve souvent un syndrome interstitiel parfois associé à un syndrome alvéolaire. Le traitement de choix repose sur l’aciclovir. Son efficacité est corrélée à son délai d’instauration. Conclusion La PV est une complication redoutée de la varicelle chez l’adulte. Son dépistage doit être systématique par une radiographie thoracique même en l’absence de signes cliniques pour débuter précocement le traitement antiviral.
L’érysipèle, dermohypodermite bactérienne, est parmi les atteintes cutanées fréquemment rencontrées chez le diabétique, avec possibilité de complications graves sur ce terrain. Décrire les aspects cliniques, évolutifs et thérapeutiques de l’érysipèle du membre inférieur chez le diabétique et étudier les facteurs favorisants des récidives afin de proposer une conduite préventive. Notre étude est rétrospective de 139 épisodes d’érysipèle des membres inférieurs survenant chez 114 patients diabétiques colligés aux services des maladies infectieuses de CHU Hedi-Chaker, Sfax. L’âge moyen de nos patients était de 62 ans. Un diabète de type II était rencontré chez 91 patients. Le diagnostic d’érysipèle était clinique. Une lymphangite associée était présente dans 22 %. Une porte d’entrée était trouvée dans 78 % : plaie traumatique (58,4 %), intertrigo (40,4 %)… Une fièvre était présente dans 78 % et un diabète déséquilibré dans 61,4 %. L’évolution immédiate est faite vers la guérison totale dans 83 cas, vers des complications locales ou locorégionales dans 17 cas et vers des complications générales dans 12 cas. Le décès a été observé chez les deux patients avec fasciite nécrosante. L’évolution à long terme est faite vers la récidive chez 17 patients. En association à l’antibiothérapie antistreptococcique, nous avons eu recours au débridement des tissus nécrotiques dans 3 cas et à l’amputation de gangrène de jambe dans 2 cas. La gravité de l’érysipèle chez le diabétique, ainsi que, la fréquence de récidive sur ce terrain, d’où l’intérêt d’une éducation de l’hygiène des pieds.
La mucormycose est une affection fongique rare, rapidement évolutive, grave et de diagnostic souvent difficile et tardif. Elle survient chez les patients immunodéprimés, essentiellement les diabétiques. La localisation rhino-orbitocérébrale (ROC) est la plus fréquente. Les objectifs de notre étude étaient de rapporter les aspects épidémio-cliniques, thérapeutiques et évolutifs de cette entité. Étude rétrospective sur une période de 18 ans dans le service des maladies infectieuses. Nous avons inclus les patients hospitalisés pour une mucormycose ROC. Le diagnostic était confirmé par l’examen mycologique ou anatomopathologique. Vingt-trois malades (14 hommes et 9 femmes) d’âge moyen 57,3 ans ont été inclus. Les antécédents étaient : diabète (82,6 %), insuffisance rénale chronique (21,7 %) et déficit immunitaire dans 1 cas. Le délai moyen de consultation était de 18,9 jours. Les signes cliniques étaient une tuméfaction génienne inflammatoire (91,3 %), une fièvre (60,9 %), une baisse de l’acuité visuelle (43,5 %), une exophtalmie (39,1 %) et une altération de l’état général (30,4 %). Les anomalies à l’examen clinique étaient : des plaques nécrotiques de la face ou du palais (74 %), une ophtalmoplégie (52,2 %), une fistule cutanée (34,8 %), une paralysie faciale périphérique (30,4 %) et une parotidite (17,4 %). L’imagerie a montré une sinusite dans tous les cas. L’extension orbitaire était notée dans 52,1 % des cas et l’extension cérébrale dans 52,1 % des cas (thrombose du sinus caverneux [26 %], abcès cérébral [17,4 %], foyers d’ischémie cérébrale [21,7 %]). Le diagnostic était anatomopathologique (61 %), anatomopathologique et mycologique (30,4 %) ou mycologique seul (8,7 %). Le traitement était à base d’amphotéricine B dans tous les cas (durée moyenne : 3,8 mois), associée à un débridement des tissus nécrotiques (78,2 %) et à une exentération orbitaire (13 %). L’évolution était : une guérison sans séquelles (26,1 %), une guérison avec séquelles esthétiques et fonctionnelles (43,5 %) et le décès (30,4 %). La mucormycose se développe le plus souvent chez des sujets immunodéprimés. D’autres facteurs prédisposants comprennent l’insuffisance rénale, les brûlures graves, la malnutrition et la neutropénie. Le caractère angio-invasif du germe explique sa capacité redoutable à provoquer des nécroses et thromboses. La nécrose faciale et les signes ophtalmiques étaient les plus fréquents chez nos malades. L’imagerie permet un meilleur bilan d’extension locorégional. Le diagnostic de certitude repose sur les arguments mycologiques et anatomopathologiques. Le pronostic est réservé puisque la mortalité reste élevée (30,4 %). La mucormycose ROC est une mycose opportuniste due aux mucorales. Sa présentation clinique est peu spécifique et son évolution est rapide. Un diagnostic et une prise en charge précoce s’imposent afin d’améliorer le pronostic.
Cryptococcosis is extremely rare in immunocompetent hosts. Cerebral cryptococcomas are difficult to treat and require prolonged antifungal therapy. We report the case of a healthy 46-year-old man who developed a prolonged fever and cough. Radiology has suspected a tumor process of the lung. Diagnosis of pulmonary cryptococcosis was confirmed after lung lobectomy. The patient was treated with amphotericin B switched by fluconazole. Four months later, he developed seizures. Cerebral MRI showed multiple cerebral enhancing lesions. The diagnosis of cerebral cryptococcoma was established by brain stereotactic biopsy. The patient was treated with amphotericin B and fluconazole switched by flucytosine and voriconazole for a total therapy of 2 years. The clinical outcome was good without signs of relapse. This case shows that cryptococcosis can occur in immunocompetent host and can be successfully treated with voriconazole
La nécrose papillaire (NP) est une complication redoutable de la pyélonéphrite aiguë ou chronique chez le diabétique. Son incidence réelle reste sous-estimée. Nous rapportons une observation de NP survenue chez le diabétique et révélée d'emblée par un état de choc septique. Il s'agit d'une patiente de 74 ans, diabétique sous antidiabétiques oraux, hospitalisée pour état de choc septique. L'examen a trouvé une tension basse à 80/60 mmHg avec une tachycardie. Elle était apyrétique à 37,4 °C. À la biologie, elle avait une hyperleucocytose, une créatinine à 129 mmol/L, un syndrome inflammatoire biologique et une hyperglycémie. La culture des urines ainsi que les hémocultures était positives à Proteus mirabilis. L'échographie a montré un rein gauche augmenté de taille à 115 mm avec visualisation de deux images hyper-échogènes intrapapillaire polaire supérieure et médio-rénale. Le rein droit de 75 mm à cortex hyper-échogène est le siège d'une grosse papille médio-rénale hypo-échogène à centre hyper-échogène. Cet aspect est en faveur d'une nécrose papillaire bilatérale. La patiente a été traitée par une bithèrapie (céfotaxime et fluoroquinolone) pendant 6 jours puis un relais par céotaxime seul pendant 10 jours avec une bonne évolution clinique, négativité de l'ECBU et régression de l'image radiologique. La NP est une complication grave de la pyélonéphrite chez le diabétique de pronostic favorable si elle est traitée précocement. Le diagnostic doit être suspecté devant une dégradation isolée et inexpliquée de la fonction rénale en l'absence même de tout symptôme.
La pyélonéphrite emphysémateuse (PNE) est une infection nécrosante grave du parenchyme rénal. Notre objectif est de décrire les particularités cliniques, microbiologiques, radiologiques et rapporter les attitudes thérapeutiques. Il s’agit d’une étude rétrospective sur 22 ans (1992–2013) portant sur les cas de PNE chez les diabétiques, prises en charge dans les services de maladies infectieuses et d’urologie. Dix-huit patients (6 hommes et 12 femmes) d’âge moyen de 56,27 ans ont été inclus. Les signes cliniques prédominants étaient : la fièvre (17 cas), les troubles mictionnels (12 cas), une sensibilité de la fosse lombaire (16 cas) et un gros rein (3 cas). L’arbre urinaire sans préparation, pratiqué pour 15 patients, a montré une clarté gazeuse en regard de l’ombre rénale dans 8 cas. L’échographie et la tomodensitométrie ont confirmé le diagnostic dans tous les cas. Une atteinte bilatérale a été notée dans 3 cas. Le germe responsable a été identifié dans 15 cas. Il s’agissait de 4 Escherichia coli, 4 Klebsiella pneumoniae, 2 Klebsiella oxytoca, 2 Proteus mirabilis et de 3 candida (1 C. albicans, 1 C. glabrata et 1 C. tropicalis). Douze patients ont bénéficié d’un traitement médical seul avec une guérison dans 8 cas. Un traitement chirurgical a été associé dans 6 cas avec une guérison seulement dans 2 cas. La PNE chez le diabétique est une infection rare mais grave. Le traitement est classiquement médicochirurgical. Toutefois des tentatives de traitement médical seul sont de plus en plus décrites. La mortalité reste cependant lourde.
Étudier les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, para cliniques et évolutives des spondylodiscites à pyogènes chez les diabétiques. Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective portant sur 7 cas de spondylodiscites à pyogènes chez des diabétiques, colligés au service des maladies infectieuses entre 2005 et 2014. L’étiologie infectieuse a été évoquée devant l’aspect radiologique et retenue après une confirmation bactériologique et/ou histologique. Il s’agissait de 5 hommes et 2 femmes d’âge moyen 66 ans. Quatre malades avaient un diabète non insulinodépendant. Un contexte postopératoire était présent dans 2 cas. Le délai moyen de diagnostic était de 2 mois. La douleur rachidienne était le symptôme le plus fréquent (71 %), suivie par le syndrome infectieux (28 %). Un déficit neurologique était noté chez 2 patients. Un syndrome inflammatoire biologique était présent dans tous les cas. Les germes isolés dans les hémocultures étaient : Staphylococcus aureus (1 cas), Streptococcus agalactiae (1 cas) et Enterococcus fecalis (1 cas). L’imagerie a montré une épidurite et/ou une compression médullaire (3 cas), et une atteinte des parties molles (4 cas). Une antibiothérapie a été prescrite dans tous les cas sans recours au traitement chirurgical. Hormis un cas de décès précoce lié au terrain, l’évolution était favorable dans les cas restants. La spondylodiscite à pyogènes chez les diabétiques est rare. Elle n’a pas de particularité clinique hormis le terrain de diabète qui peut influencer le pronostic. Un diagnostic et une prise en charge précoces sont nécessaires afin de prévenir les complications parfois redoutables.
L'infection du pied diabétique est fréquente. Elle expose à des complications parfois redoutables impliquant le pronostic fonctionnel et vital. L'objectif de notre étude était d'étudier l'étiopathogénie de l'infection du pied diabétique et d'en décrire les aspects cliniques et évolutifs. Il s'agit d'une étude rétrospective (janvier 1996–décembre 2014) ayant inclus 136 cas d'infection du pied diabétique (érysipèle exclu). Il s'agissait de 101 hommes et 35 femmes. L'âge moyen était de 58 ans. Le diabète était surtout de type 2 (65 %). Une ou plusieurs complications dégénératives étaient notées chez 87 patients (64 %). Un antécédent d'infection du pied était trouvé dans 51 cas (37 %). L'infection était à type de cellulite (32 %), de mal perforant plantaire (26 %), d'ulcère infecté (16 %) et d'ostéite (18 %). La porte d'entrée était surtout un traumatisme négligé (33 %) ou un intertrigo (20 %). La biologie a montré un syndrome inflammatoire (82 %) et un déséquilibre de diabète (80 %). Staphylococcus aureus était le germe le plus isolé (31 %) suivi du streptocoque du groupe A (14 %). Le traitement antibiotique était essentiellement à base d'amoxicilline-acide clavulanique ± fluoroquinolone (43 %) avec une durée moyenne de 29 (10–270) jours. L'évolution était bonne dans la majorité des cas avec recours à l'amputation dans 22 cas. L'infection de pied diabétique est une urgence thérapeutique et préventive. Elle est grave et délabrante pouvant conduire à l'amputation. Une bonne éducation du diabétique ainsi qu'une prise en charge précoce et multidisciplinaire permettrait de prévenir ces infections et leurs complications.
Le kyste hydatique constitue un problème de santé public dans les zones endémiques. L'échinococcose osseuse est rare et ne représente que 0,9 à 2,5 % des localisations. Le but de notre travail était de préciser les caractéristiques cliniques, thérapeutiques et évolutives de l'hydatidose osseuse. Étude rétrospective réalisé dans le service des Maladies Infectieuses entre 2002 et 2013. Le diagnostic positif reposait sur un faisceau d'arguments épidémiologiques, cliniques, biologiques et radiologiques. Il s'agissait de 4 femmes d'origine rurale et d'âge moyen de 35 ans. Le délai moyen du diagnostic était 10 mois. Une patiente avait des antécédents d'hydatidose hépatique opérée. Les plaintes fonctionnelles était des douleurs osseuses (2 cas), myalgie (1 cas) et sciatalgie (1 cas). La sérologie hydatique était positive dans tous les cas. L'os atteint était les côtes (2 cas), l'aile iliaque (1 cas) et le fémur (1 cas). La radiologie (scanner ou imagerie par résonnance magnétique) montrait des masses kystiques (4 cas), une lyse osseuse (3 cas), un décollement de la corticale (1 cas) et un envahissement musculaire (2 cas). Des kystes extra osseux ont été trouvés au niveau pulmonaire (1 cas) et hépatique (1 cas). Une chirurgie était réalisée chez trois patientes suivie avec des cures d'albendazole. Aucune récidive n'a été observée. L'hydatidose osseuse est une affection rare qui pose des problèmes thérapeutiques en raison de la latence clinique et de la gravité de son pronostic lié au risque de récidive. L'exploration radiologique est essentielle au diagnostic. Le traitement est basé sur l'association chirurgie-albendazole.