Le mésothéliome pleural (MP) est un cancer assez rare, classiquement secondaire à une exposition antérieure à l’amiante. Son pronostic reste globalement mauvais, sans traitement curatif validé à ce jour. La thoracoscopie avec biopsies pleurales (± une symphyse pleurale d’emblée) est l’examen diagnostique clé. La chirurgie, intégrée à un traitement multimodal et d’indication très restreinte à des patients hyper-sélectionnés, est à nouveau remise en cause récemment. En première ligne de traitement, la chimiothérapie standard à base de pemetrexed et sels de platine a vu son efficacité améliorée par l’association avec le bevacizumab. Mais elle est concurrencée par la double immunothérapie Nivolumab + Ipilimumab particulièrement dans les formes non-épithélioïdes, et bientôt peut-être par des associations chimiothérapie + immunothérapie. Aucun traitement standard n’est validé en deuxième ligne ou plus, même si les anticorps anti-PD-1 /PD-L1 ± anti-CTLA-4 ont aussi montré des résultats intéressants en essais cliniques de phase II et III. La recherche de nouveaux traitements, stratégies et biomarqueurs est donc cruciale et l’inclusion des patients en essai clinique fortement encouragée. D’autres immunothérapies seules ou en combinaison avec des traitements standards et/ou thérapies ciblées, des stratégies multimodales sont actuellement évaluées. En France, le réseau national INCa des centres experts pour la prise en charge du MP « NETMESO » vise à proposer une prise en charge optimale à tout patient systématiquement discuté en RCP régionale (± nationale) dédiée, et à stimuler la recherche clinique et translationnelle en collaboration avec ses partenaires dont les associations de patients.1877-1203/© 2024 SPLF. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Le SARS-CoV-2, agent causal de l'infection virale COVID-19, est responsable d'une atteinte respiratoire potentiellement sévère et létale. Les complications infectieuses pulmonaires, grevant son pronostic, restent incomplètement connues. Notre étude, observationnelle, rétrospective, incluait tous les lavages bronchoalvéolaires réalisés entre le 1er septembre 2020 et le 31 mai 2021 inclus, par une équipe dédiée d'endoscopie respiratoire, chez des patients sous ventilation mécanique invasive (VMI) pour une infection sévère à SARS-CoV-2. On séparait les LBA en hyper-précoces (< 48 h 00 d'intubation), précoces (2 à 5 jours d'intubation), et tardifs (> 5 jours d'intubation). En accord avec les définitions CDC et ERS, on distinguait les co-infections (< 48 heures de VMI et < 48 heures du début des symptômes de COVID-19), les surinfections (< 48 heures de VMI et ≥ 48 heures du début des symptômes) ; les infections du tractus respiratoire inférieur associée à la ventilation mécanique (ITRI-AVM) précoces (≥ 48 heures et < 5 jours de VMI) ; et tardives (≥ 5 jours de VMI). Au total, 258 LBA ont été analysés, chez 195 patients. Tous les patients étaient à plus de 48 heures du début des symptômes au moment de leur LBA (pas de co-infection). Une surinfection bactérienne était retrouvée chez 11/85 patients ayant un LBA hyper-précoce (12,9 %), le plus souvent (8/11) chez les patients immunodéprimés et avec antécédents respiratoires ; dans 50 % des cas à P. aeruginosa ou S. pneumoniae. Au total, 168 LBA ont recherché une ITRI-AVM, chez 135 patients : 28 LBA précoces ; 140 LBA tardifs. Au total, 42 ITRI-AVM ont été retrouvées chez 40 patients (29,6 %), soit 25 % des LBA précoces et tardifs : 6 ITRI-AVM précoces chez 6 patients et 36 ITRI-AVM tardives, chez 34 patients; dont 28 % à P. aeruginosa. Une aspergillose pulmonaire « probable » associée au COVID-19 était retrouvée chez 15 (7,8 %) patients selon les critères ECMM/ISHAM, associée à une augmentation de la mortalité. Soixante-quinze LBA (29,3 %) ont retrouvé des levures, principalement C. albicans. Au total, 155 LBA (69,2 %) présentaient au moins une PCR positive à Herpesviridae, chez 70,1 % des patients. Dans 95,6 % des cas, les formules anatomopathologiques étaient neutrophiliques ou panachées. Aucune hémorragie intra-alvéolaire n'a été retrouvée. Les surinfections bactériennes et aspergillaires apparaissent peu fréquentes, notamment en absence de terrain favorisant, mais doivent être recherchées au moindre doute devant l'impact thérapeutique. A contrario, les infections du tractus respiratoire inférieur associées à la ventilation mécanique sont fréquemment retrouvées, en particulier au-delà de 5 jours de ventilation invasive. Levures en culture et PCR virales sont fréquentes, mais de signification incertaine. L'analyse anatomopathologique, très demandeuse de matériel, apparaît sans impact sur la prise en charge.
Le mésothéliome pleural (MP) est un cancer rare, classiquement secondaire à une exposition professionnelle à l’amiante. Son pronostic global est sombre, sans traitement curatif validé à ce jour. La thoracoscopie avec biopsies pleurales (± symphyse pleurale) est l’examen diagnostique clé. La chirurgie, intégrée à un traitement multimodal, est d’indication très restreinte à des patients hypersélectionnés. En 1re ligne de traitement, la chimiothérapie standard (CP) à base de pemetrexed et sel de platine a vu son efficacité améliorée par l’association avec le bevacizumab. Elle est désormais concurrencée par la double immunothérapie Nivolumab + Ipilimumab particulièrement dans les formes non épithélioïdes, et bientôt peut-être par l’association CP + Pembrolizumab. Aucun traitement n’est fermement validé en deuxième ligne ou plus, même si les anticorps anti-PD-1/PD-L1 ± anti-CTLA-4 ont aussi montré des résultats plutôt prometteurs en essais de phase II et III. La recherche de nouveaux traitements, stratégies et biomarqueurs est donc cruciale et l’inclusion des patients en essai clinique fortement encouragée. D’autres immunothérapies seules ou en combinaison avec des traitements standards et/ou thérapies ciblées, des stratégies multimodales sont actuellement évaluées. En France, le réseau national INCA des centres experts pour la prise en charge du MP « NETMESO » vise à proposer une prise en charge optimale à tout patient systématiquement discuté en RCP régionale (± nationale) dédiée, et à stimuler la recherche clinique et translationnelle en collaboration avec ses partenaires dont les associations de patients.
La ponction transthoracique (PTT) échoguidée permet d’obtenir le diagnostic de lésions pulmonaires périphériques ou médiastinales à contact pleural, mais cette technique reste sous-utilisée malgré son ancienneté [1]. De même que la ponction sous scanner, les nouvelles techniques bronchoscopiques comme la mini-sonde ou les cryobiopsies permettent également d’obtenir un diagnostic dans ce type de lésions. Néanmoins, ces techniques présentent des coûts financiers importants, notamment en consommables (kit de minisonde, cryosonde à usage unique) ou en termes d’immobilisation du scanner thoracique. Dans ce contexte, la PTT échoguidée représente une alternative intéressante à ces techniques. Les données des PTT échoguidées ont été recueillies prospectivement de mai 2016 à août 2022. Les repérages étaient réalisés soit avec une sonde d’échographie portable hybride sans fil C5PL (LSO Medical), soit avec un échographe Samsung HS40. Les aiguilles à ponction utilisées étaient des Temno évolution (18 G × 15 cm/17 G × 10 cm, Merit medical). Les ponctions ont été réalisées sans guidage en temps réel de l’aiguille après repérage échographique initial évaluant la profondeur de ponction. Vingt-deux patients âgés de 44 à 86 ans ont eu une PTT. Le diagnostic a été confirmé chez 19 patients, avec une sensibilité de 86 % : 7 adénocarcinomes d’origine pulmonaire, 4 carcinomes épidermoïdes, 1 carcinome indifférencié non à petites cellules, 2 carcinomes neuroendocrines à petites cellules, 1 carcinome rénal et 1 lésion secondaire de mélanome et 3 pathologies non néoplasiques (2 pneumopathies organisées et 1 lipome). Chez les 3 patients sans diagnostic, 2 néoplasies ont été prouvées en PTT sous scanner et une infection de type mucormycose par biopsie chirurgicale. Deux pneumothorax partiels sans nécessité de drainage survenaient chez 2 patients avec évolution favorable. Aucune autre complication n’était rapportée. La PTT échoguidée a permis d’obtenir un diagnostic dans 86 % des cas. Elle doit donc être envisagée comme une alternative aux autres techniques utilisées actuellement dans le diagnostic anatomopathologique des masses pulmonaires périphériques dès lors qu’un contact pleural existe.
Les lois Leonetti de 2005 et 2016 encadrent le processus décisionnel en fin de vie et renforcent les droits des malades. Les directives anticipées (DA) permettent au patient d’exprimer ses volontés en fin de vie. Elles partagent la même visée que la désignation de la personne de confiance (PC) dont le témoignage permet de rapporter quelle aurait été la volonté de la personne malade. Le dispositif des DA n’est utilisé que par une minorité de patients en raison de limites de plusieurs ordres (aborder la question de l’aggravation, anticiper, la forme écrite) rencontrées par l’ensemble des parties prenantes (médecin, personnel soignant et malades).
Le cancer broncho-pulmonaire reste un problème de santé publique malgré les progrès thérapeutiques récents qui ont amélioré son pronostic. Environ un tiers des cancers broncho-pulmonaires présentent une obstruction des voies aériennes proximales. Les conséquences cliniques de cette obstruction sont variables mais peuvent mettre en jeu le pronostic vital du patient. Elles retardent souvent la poursuite ou la mise en route du traitement spécifique du cancer (chimiothérapie, immunothérapie, radiothérapie, etc.) et aggravent donc indirectement son pronostic. En permettant une désobstruction rapide des voies aériennes avec amélioration immédiate du retentissement clinique, et l’éventuelle pose d’une prothèse trachéale ou bronchique, la bronchoscopie rigide interventionnelle est l’outil de choix dans cette situation. Ce geste prolonge la survie du patient par comparaison à l’évolution de la maladie cancéreuse si aucun traitement pneumologique interventionnel n’est réalisé. Depuis 2019 un registre prospectif national existe et collecte des données d’activités, de résultats et de morbi-mortalité sur cette technique : Epigelf. Les améliorations des traitements du cancer pulmonaire réalisées depuis quelques années et à venir modifient le pronostic de cette maladie, et dans ce contexte la bronchoscopie rigide doit s’inscrire dans la stratégie thérapeutique globale du traitement de cette maladie.
Les lois Leonetti de 2005 et 2016 ont introduit et renforcé les droits des malades en situation de fin de vie. Les directives anticipées (DA) sont un dispositif pilier de la loi permettant au patient de faire respecter ses volontés en fin de vie. Pourtant dans la population générale et chez les patients atteints de cancers, elles sont peu rédigées en raison de difficultés rencontrées par l’ensemble des parties prenantes (médecin, personnel soignant et malades).
L’amylose est une pathologie liée au dépôt extracellulaire de protéines mal conformées, ces dépôts peuvent survenir dans tous les tissus de l’organisme. Parmi les atteintes respiratoires, l’amylose trachéobronchique est la plus rare et la moins décrite, sa sévérité est en lien avec l’intégrité du tractus respiratoire. Analyse rétrospective de cas d’amylose trachéobronchique recueillis au sein du groupe d’endoscopie de langue française de la Société de pneumologie de langue française. Nous avons pu colliger 18 cas. L’âge moyen était de 57 ans sans prédominance de sexe. L’amylose était de type AL dans 50 % des cas. Dans la plupart des cas (94 %), le diagnostic avait été posé devant des symptômes respiratoires mais il avait été fortuit chez un de nos patients. Le signe le plus fréquent au scanner était l’épaississement des parois bronchiques. En endoscopie on retrouvait des nodules endobronchiques, des dépôts blanchâtres ou des sténoses bronchiques. Une atteinte laryngée était associée dans 39 % des cas ; on ne retrouvait pas d’association avec l’amylose systémique. Huit patients ont été surveillés, dix ont été traités. Parmi les traitements utilisés, on notait la désobstruction mécanique, les traitements endoscopiques au laser YAG ainsi que le traitement systémique par Melphalan, efficace chez deux patients. La présence de sténoses trachéale ou bronchiques apparaît un critère déterminant dans le choix d’introduire un traitement. Les patients indemnes de sténoses ont été en majorité surveillés et présentaient une atteinte stable dans le temps. L’amylose trachéobronchique est une atteinte rare mais potentiellement sévère, les symptômes respiratoires sont aspécifiques, certains patients sont asymptomatiques lors de la découverte. L’évolution est localement progressive mais la fréquence de l’atteinte laryngée fait qu’elle devrait être recherchée systématiquement. La présence de sténoses trachéales ou bronchiques semble être un facteur de gravité.
La prise en charge du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) a beaucoup évolué ces dernières années avec l’émergence des inhibiteurs de check-points immunitaires (ICI), transformant son pronostic. Déterminer les caractéristiques de la population qui en bénéficie est un véritable enjeu. Le nerf vague possède des propriétés anti-inflammatoires démontrées qui pourraient jouer un rôle dans l’évolution du cancer, et de manière hypothétique influencer l’effet des ICI. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’activité du nerf vague en fonction des caractéristiques des patients atteints de CBNPC métastatique, son impact sur leur survie et sur la tolérance de l’immunothérapie. Dans cette étude rétrospective, nous avons inclus des patients pris en charge pour un CBNPC métastatique au centre hospitalier régional universitaire de Lille. La première partie de l’étude concernait des patients en première ligne de traitement (chimiothérapie ou inhibiteur de tyrosine kinase), dans une deuxième partie nous avons inclus des patients traités par ICI. L’activité du nerf vague était évaluée par la mesure d’un index de variabilité du rythme cardiaque (HRV) sur un tracé d’électrocardiogramme, puis décrite en fonction des caractéristiques cliniques et tumorales, et des données de survie et de toxicité de l’immunothérapie. Les données concernant 195 patients atteints de CBNPC métastatique ont été analysées : 96 en 1re ligne de traitement, et 99 patients recevant un ICI en 2e ligne ou plus. Une activité vagale élevée était associée à une amélioration de la survie globale chez les patients traités par ICI, avec un hazard ratio à 0,980 [IC95 % : 0,963–0,998] (p = 0,027) en analyse multivariée ajustée sur les principaux facteurs de confusion. Cette association avec la survie n’était pas retrouvée chez les patients en 1re ligne de traitement. Parmi les caractéristiques tumorales, seule la présence d’une métastase surrénalienne était corrélée à l’activité vagale. Ni les caractéristiques cliniques du patient ni les toxicités liées à l’immunothérapie n’étaient associées à l’activité du nerf vague. Une activité vagale élevée semble associée à une meilleure survie globale chez les patients pris en charge par immunothérapie pour un CBNPC métastatique.
L’intérêt de débuter une immunothérapie chez les patients atteints d’un CBNPC avancé alors qu’ils sont hospitalisés du fait d’une complication de leur cancer n’est pas connu. Étude rétrospective multicentrique sur 5 centres ayant inclus tous les patients avec CBNPC de stade avancé, exprimant PDL1, hospitalisés du fait de complications attribuées à l’évolution du CBNPC, avec un état clinique contre-indiquant la chimiothérapie et chez qui un traitement par pembrolizumab a été instauré en intra-hospitalier en semi-urgence en raison du risque d’aggravation clinique à court terme en l’absence de traitement. L’analyse porte sur la survie globale (SG) et le taux de retour au domicile (RAD) à 3 mois. Trente-trois patients dont 28 (85 %) étaient métastatiques et dont 8 (24 %) étaient en deuxième ligne de traitement ou plus, ont été inclus. Les motifs principaux d’hospitalisation étaient l’altération de l’état général (52 % des patients), l’insuffisance respiratoire aiguë (IReA) (18 %), une infection non contrôlée du fait de la tumeur (15 %) ou un saignement sans hémostase possible (9 %), une hypercalcémie réfractaire (3 %) ou une compression médullaire (3 %). Cinq patients (15 %) ont débuté le pembrolizumab en réanimation ou en soins intensifs ; 20 (60 %) patients avaient un PS ≥ 2. Treize patients (40 %) recevaient une oxygénothérapie. Vingt-neuf (88 %) patients avaient un PDL1 ≥ 50 %. Le score de Charlson médian était de 9 (6–15). La médiane de SG était de 4,3 mois (IC95 % : 0,9–Non atteinte), les SG à 6 mois et 1 an étaient respectivement de 41,5 % (IC95 % : 27,5–62,6 %), et 32,6 % (IC95 % : 19,0–55,9 %). Le taux de RAD à 3 mois était de 49 % (IC95 % : 31–66 %). L’oxygénodépendance à l’instauration du traitement affectait négativement la survie (HR = 2,79, IC95 % : 1,15–6,81, p = 0,02) mais pas le taux de PDL1, ni le score de Charlson, ni un PS ≥ 2. Le pembrolizumab instauré en intra-hospitalier dans le CBNPC avancé exprimant le PDL1 associé à une altération clinique menaçante semble permettre une survie prolongée chez certains patients. Des données prospectives et contrôlées sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
Le mésothéliome pleural malin (MPM) est un cancer rare, classiquement secondaire à une exposition antérieure à l’amiante. Son pronostic global est sombre, sans traitement curatif validé à ce jour. La thoracoscopie avec biopsies pleurales (± symphyse pleurale) est l’examen diagnostique clé. La chirurgie, intégrée à un traitement multimodal, est d’indication restreinte à des patients très sélectionnés. La radiothérapie a également une place réduite dans le MPM. La chimiothérapie standard de première ligne est d’efficacité limitée, améliorée par l’association du bevacizumab. Aucun traitement n’est validé en deuxième ligne ou plus même si les anticorps anti-PD-1/PD-L1 ± anti-CTLA-4 ont montré des résultats prometteurs en essais de phase II (MAPS-2…). La recherche de nouveaux traitements, stratégies et biomarqueurs est donc cruciale et l’inclusion des patients en essai clinique fortement encouragée. D’autres immunothérapies seules ou en combinaison avec des traitements standards et/ou thérapies ciblées, des stratégies multimodales avec thérapie intrapleurale sont actuellement évaluées.
Une des limites des ponctions de lésions pulmonaires à contact trachéobronchique par Ebus linéaire est liée à la taille de l'échoendoscope qui fait 6,9 mm de diamètre : il n'est donc pas possible de l'utiliser dans des bronches distales. En revanche l'Ebus Radiale (« Minisonde ») peut être utilisée dans des bronches périphériques. Nous rapportons le cas de 5 patients qui présentaient une lésion suspecte de néoplasie ayant un contact avec une bronche périphérique (segmentaire ou au delà) de diamètre ne permettant pas le positionnement d'un échoendoscope linéaire. Les lésions étaient complètement « exobronchiques » et aucune anomalie endobronchique n'avait été retrouvée en bronchoscopie souple chez ces patients référés en seconde intention. Nous avons réalisé une nouvelle bronchoscopie souple (Olympus® BF-MP160F) afin de repérer la zone de contact entre la lésion et la bronche à l'aide de la minisonde radiale (Olympus® UM-S20-17S). Ce repérage permettant de réaliser ensuite une ponction à l'aiguille (Boston® eXcelon 19 Gauge) en étant certain de cibler la bonne zone de ponction et en ayant vérifié l'absence de vaisseaux sur le trajet. Les bronchoscopies étaient toutes réalisées sous anesthésie locale et sédation vigile par midazolam IV. On repérait toujours la lésion périphérique en Minisonde qui permettait de cibler les ponctions à l'aiguille : Patient 1 : nodule LSD, 2 ponctions, adénocarcinome pulmonaire Patient 2 : nodule LSD, 3 ponctions, métastase adénocarcinome mammaire connu Patient 3 : nodule LM, 3 ponctions, parenchyme ganglionnaire, aucune évolutivité sur le suivi à 12 mois (ganglion intraparenchymateux pulmonaire) Patient 4 : masse LIG, 3 ponctions, adénocarcinome pulmonaire Patient 5 : Nodule LID, 1 seule ponction (saignement nécessitant SSI glacéadrénaliné), carcinome non petites cellules 2 patients présentaient un pneumothorax partiel dans les suites ne nécessitant pas de drainage et évoluant spontanément favorablement. Quatre patients étaient pris en charge en hôpital de jour, le patient 2 restant en surveillance pour la nuit du fait du pneumothorax. Cette technique permet d'améliorer la précision des ponctions à l'aiguille en cas de lésion périphérique « exobronchique » non accessible en EBUS linéaire. Il s'agit d'une technique simple et ancienne qui a tendance à être oubliée depuis l'avènement de l'EBUS linéaire ; mais qui garde tout son intérêt quand le calibre des bronches n'autorise pas le passage de l'échoendoscope linéaire.
INTRODUCTION:In the diagnostic approach to interstitial lung disease (ILD), the use of transbronchial cryobiopsy (TBC) may offer an alternative to surgical lung biopsy (SLB). We report the diagnostic effectiveness and the safety of TBC in ILD based on the preliminary experience in two French university centers. METHODS:Twenty four patients underwent TBC for the diagnosis of ILD in the operating room between 2014 and 2017. All the histological diagnoses obtained were then reviewed and validated during multidisciplinary discussions (MDD). RESULTS:Patients had an average of 3 TBC.TBC samples were analyzable in 22/24 (91.7%) patients. In these, samples allowed a histological diagnosis to be made in 14/22 (63.6%) patients and a diagnosis with certainty in 13/22 (59%) after MDD. The overall diagnostic yield from TBC was 13/24 (54.2%). Nine (37.5%) patients had a pneumothorax. Five (20.8%) patients had a bleeding. There were no deaths. Taking into account a possible initial learning curve and considering only the 15 patients who had their TBC after 2015, we note that a diagnosis could be made after MDD for 12 of them, that is, 80%. CONCLUSION:A prospective randomized study is needed to evaluate the technique in France in order to specify its diagnostic performance and its safety profile in comparison to SLB.
Introduction. Malignant pleural mesothelioma (MPM) is a quite rare cancer, but with increasing incidence, that is usually induced by previous asbestos exposure. Its prognosis is poor and there is no validated curative therapy to date. Surgery of MPM, done only by few expert teams within a multimodal treatment is of limited and still disputed value. The standard treatment of MPM, relying on first-line chemotherapy by combined cisplatin-pemetrexed is often poorly effective, even if combination with bevacizumab anti-VEGF antibodies has slightly improved the results. Moreover, no second line treatment is recommended in case of failure of this chemotherapy. Therefore, the search of new therapies or strategies is crucial and the recruitment of patients in clinical trials is highly encouraged. Background. Among the treatments under investigation, various anti-tumour immunotherapies, in particular immune checkpoints inhibitors (ICI), currently exhibit the most promising preliminary results. First data from the phase II, randomized "IFCT MAPS-2", recently presented during the 2017 ASCO meeting, confirmed the value of ICI in MPM patients in cases of chemotherapy failure. Outlook and conclusions. However, several exciting immunotherapies other than ICI are presently being evaluated in MPM and are reported in this article. Moreover, many questions still need to be answered about immunotherapy: what is its potential value as first line treatment? How to target the best candidates for these treatments? Which combinations between immunotherapy and standard chemotherapy, targeted therapies, surgery or radiotherapy? Finally, it is now essential that every clinician has sufficient knowledge about the possible toxicities of immunotherapy. (C) 2017 SPLF. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
En l’absence de certitude radioclinique, l’obtention d’une biopsie pulmonaire par biopsie pulmonaire chirurgicale (BPC) a un impact important sur le diagnostic final de PID, les biopsies transbronchiques (BTB) n’étant pas recommandées, les cryo-BTB apparaissent une alternative à la BPC. Dans des études randomisées réalisées chez l’homme les cryo-BTB sont significativement de plus grande taille que les BTB avec une rentabilité pour le diagnostic de PID significativement supérieure et un profil de sécurité acceptable. Dans ce travail, nous rapportons la rentabilité pour le diagnostic de PID et la sécurité des cryo-BTB, observées dans l’expérience préliminaire de 2 centres universitaires français. Vingt-quatre patients ont bénéficié de cryo-BTB pour le diagnostic de PID sous anesthésie générale au bloc en bronchoscopie rigide pour la plupart avec une sonde de cryothérapie de 1,9 mm de diamètre entre 2014 et 2017. Tous les diagnostics histologiques obtenus étaient ensuite validés ou pas lors de discussions multidisciplinaires (DMD). Les patients étaient âgés de 65 ± 5,6 ans en moyenne, 15 (62,5 %) étaient des hommes, 14 (58 %) des fumeurs ou ex-fumeurs avec un tabagisme moyen à 26 PA. Le VEMS moyen était de 2,43 ± 0,47 l (79 %), la CVF de 3,03 ± 0,54 l (75 %), la CPTde 4,73 ± 0,78 l (75 %) et la DLCO de 56 ± 9,7 %. Les patients avaient en moyenne 3 (0–6) cryo-BTB et 11/24 (46 %) ont eu des cryo-BTB dans 2 lobes différents. Neuf (37,5 %) patients ont eu un pneumothorax dont 7 drainés avec une durée moyenne de drainage de 3,9 jours. Cinq (20,8 %) patients ont eu une hémoptysie, 4 (16,7 %) de gravité moyenne et 1 (4,2 %) grave. Il n’y a eu aucun décès. La durée moyenne d’hospitalisation était de 4,33 ± 1,7 jours. Les cryo-BTB étaient de qualité correcte chez 22 (91,7 %) patients permettant un diagnostic histologique chez 14/22 (63,6 %) patients et un diagnostic de certitude de 13/22 (59 %) après DMD soit une rentabilité diagnostique globale des cryo-BTB de13/24 (54,2 %) et après BPC ou PTT 7 patients supplémentaires ont eu un diagnostic permettant avec cette séquence d’obtenir un diagnostic pour 20/24 (83 %). En tenant compte de la courbe d’apprentissage dans les 2 centres pour les 15 patients ayant eu leurs cryo-BTB après 2015, on note un diagnostic après analyse histologique et DMD pour 12 d’entre eux soit 80 %. Une étude prospective randomisée permettrait d’asseoir la technique en France afin de préciser son profil de sécurité et son rendement diagnostic face à la BPC.
L’élastographie est une nouvelle technique permettant d’évaluer la dureté des tissus. Son application à l’échoendoscopie oesophagienne (EUS) s’est montrée pertinente. L’hypothèse est qu’un tissu tumoral perd son élasticité naturelle et devient plus dur. Peu de données sont disponibles concernant l’intérêt de l’élastographie en écho-endoscopie bronchique linéaire (EBUS). Une étude observationnelle prospective monocentrique était réalisée de mai 2015 à août 2016 et incluait des patients ayant des adénomégalies médiastino-hilaires accessibles en EBUS PTBA. Avant la ponction du ganglion, on réalisait une élastographie en temps réel permettant d’obtenir un élastogramme en couleurs surimposées à l’image échographique du ganglion. 3 observateurs indépendants classaient ces élastogrammes en 3 types : type 1 (« non bleu prédominant »), type 2 (« partiellement bleu, et partiellement non bleu ») ou type 3 (« bleu prédominant »). Ces observateurs étaient en aveugle vis à vis du contexte du patient et des résultats anatomopathologiques. Les types élastographiques étaient ensuite comparés avec les résultats anatomopathologiques. On évaluait la concordance entre les 3 observateurs par un coefficient alpha de Krippendorff. L’analyse retenait le type élastographique consensuel issu d’une discussion en cas de discordance entre les 3 observateurs. Au total, 114 patients correspondant à 217 ganglions étaient analysés. Les résultats des ponctions ganglionnaires retrouvaient 97 ganglions bénins (44,7 % des ganglions) et 120 ganglions tumoraux (55,3 %) (Tableau 1). On retrouvait 44 élastographies (20,2 %) classées en type 1, 90 élastographies (41,5 %) classées en type 2 et 83 élastographies (38,3 %) classées en type 3. En considérant les types 1 bénins et les types 3 malins, on retrouvait une sensibilité à 87,0 % [79,5 %–94,5 %], une spécificité à 68,0 % [55,1 %–80,9 %], une valeur prédictive positive à 80,0 % [72,2 %–89,2 %], une valeur prédictive négative à 77,0 % [64,9 %–89,7 %]. Parmi les 44 ganglions classés en type I, 10 sont malins. L’étude de la concordance entre les 3 observateurs retrouvait un coefficient alpha de Krippendorff à 0,54 [0,45 ; 0,64] correspondant à une concordance modérée. L’élastographie ne permet pas d’éviter la ponction trans-bronchique à l’aiguille. Elle peut néanmoins être d’une aide précieuse pour cibler les ganglions à ponctionner lorsqu’ils sont nombreux ou pour cibler la zone d’intérêt au sein d’un ganglion.
Grâce aux progrès de prise en charge du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) dus à l’arrivée de nouvelles thérapeutiques mais aussi à l’amélioration des soins de support, il n’est plus rare d’avoir recours à une 4e ligne de traitement. Le bénéfice sur la survie d’un tel traitement n’a jamais été démontré. Nous avons mené une étude visant à identifier les facteurs pronostiques associés à une survie prolongée en 4e ligne afin d’améliorer la sélection des patients pouvant en tirer bénéfice. Dans cette étude rétrospective, multicentrique, nous avons inclus les patients suivis pour un CBNPC de stade avancé ayant reçu une 4e ligne de traitement. Les facteurs associés à une survie prolongée (définie par une survie supérieure à 6 mois depuis le 1er jour de traitement de 4e ligne) ont été identifiés par une analyse univariée puis multivariée selon une méthode pas à pas ascendante (forward). Au total, 151 patients ont été inclus dans l’analyse entre janvier 2015 et décembre 2016. L’âge médian était de 60 ans (55–64). La majorité des patients étaient de sexe masculin (70 %) et avaient un adénocarcinome (72 %). Les principaux traitements reçus auparavant comprenaient un doublet à base de sels de platine (92 %), une monochimiothérapie (81 %), une thérapie ciblée (46 %) et une immunothérapie (9 %). La médiane de survie globale était de 7,39 mois (6,7–9,43). En analyse univariée, 9 facteurs étaient significativement associés à la survie à 6 mois. En analyse multivariée, 4 facteurs restaient associés de manière indépendante à cette survie : le stade localisé initial (hazard ratio (HR) 0,37 : intervalle de confiance à 95 % (IC95 %) [0,16–0,58]), l’absence de toxicité de grade ≥ 3 en première ligne (HR 0,56 : IC 95 % [0,32–0,98]), l’absence de contrôle de la maladie lors des trois premières lignes (HR 3,06 : (IC 95 % [1,64–5,73]) et l’indice de Karnofsky ≥ 90 % au début de la quatrième ligne (HR 0,31 : (IC 95 % [0,16–0,58]). Nous avons mis en évidence 4 facteurs associés à une survie prolongée en 4e ligne de chimiothérapie. Une validation prospective de ces facteurs est nécessaire afin de mieux sélectionner les patients pouvant tirer bénéfice d’un tel traitement.
Le syndrome d'apnées–hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est une maladie fréquente qui a un impact sur de nombreuses pathologies. L'incidence et le risque de mortalité par cancer seraient influencés, d'après des études cliniques récentes, par le SAHOS. Aucune donnée n'est disponible à ce jour pour le cancer bronchopulmonaire. De juin 2014 à juin 2015, nous avons mené une étude prospective, observationnelle et bicentrique, proposant aux patients atteints de cancer bronchopulmonaire, un dépistage de SAHOS par l'intermédiaire d'un autoquestionnaire. En cas de suspicion clinique de SAHOS, les patients étaient invités à confirmer ce diagnostic, dans un premier temps, par la réalisation en ambulatoire, d'un APNEALINK AIR puis, en fonction des résultats, d'une polygraphie ventilatoire ou d'une polysomnographie en laboratoire de sommeil. Cent treize patients ont été inclus et ont répondu à l'autoquestionnaire. Quarante-six pour cent des patients jugent leur sommeil de mauvaise qualité. Le questionnaire est positif dans 63 % des cas. Vingt-quatre patients ont bénéficié d'un APNEALINK AIR qui s'est avéré positif chez 18 patients. Au total 6 patients ont eu un diagnostic de SAHOS par enregistrement en laboratoire de sommeil et 9 patients étaient déjà connus porteur d'un SAHOS sévère lors de l'inclusion. La survie globale à 2 ans est inférieure chez les patients avec un questionnaire positif (56 % versus 84 %), cependant de manière non significative (p = 0,06). Le faible taux de participation des patients aux examens de confirmation diagnostique ne nous a pas permis de conclure sur l'impact réel du SAHOS sur le pronostic du cancer bronchique. Les patients atteints de cancer bronchique ont, dans notre travail, un sommeil de mauvaise qualité avec une suspicion clinique forte de SAHOS. L'existence de symptômes compatibles avec des troubles respiratoires du sommeil pourrait être associée à une plus grande sévérité de la maladie cancéreuse.