Journal of the European Academy of Dermatology and VenereologyEarly View LETTER TO THE EDITOR Klebsiella aerogenes-related facial folliculitis in men having sex with men: A hypothetical new STI? V. Bérot, Corresponding Author V. Bérot [email protected] orcid.org/0000-0002-9582-4648 Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, France IPLESP, Equipe 3, Inserm UMR-S 1136, Paris, France Correspondence V. Bérot, Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, 47-83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France. Email: [email protected]Search for more papers by this authorG. Monsel, G. Monsel Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, FranceSearch for more papers by this authorJ.-N. Dauendorffer, J.-N. Dauendorffer Service de Dermatologie, Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris, FranceSearch for more papers by this authorA. Aubry, A. Aubry Centre National de Référence des Mycobactéries, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, France Centre d'immunologie et de Maladies Infectieuses (Cimi-Paris), INSERM U1135, Sorbonne-Université, Paris, FranceSearch for more papers by this authorB. Nebbad, B. Nebbad Service de Bactériologie, Hôpital Henri Mondor, AP-HP, Créteil, France Groupe Dynamic, EA7380, Faculté de Santé de Créteil, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort, USC ANSES, Université Paris-Est Créteil, Créteil, FranceSearch for more papers by this authorP. Schneider, P. Schneider Service de Dermatologie, Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris, FranceSearch for more papers by this authorE. Caumes, E. Caumes Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, France IPLESP, Equipe 3, Inserm UMR-S 1136, Paris, FranceSearch for more papers by this authorO. Chosidow, O. Chosidow orcid.org/0000-0002-8400-4310 Groupe Dynamic, EA7380, Faculté de Santé de Créteil, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort, USC ANSES, Université Paris-Est Créteil, Créteil, France Service de Dermatologie, Hôpital Henri Mondor, AP-HP, Créteil, FranceSearch for more papers by this author V. Bérot, Corresponding Author V. Bérot [email protected] orcid.org/0000-0002-9582-4648 Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, France IPLESP, Equipe 3, Inserm UMR-S 1136, Paris, France Correspondence V. Bérot, Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, 47-83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France. Email: [email protected]Search for more papers by this authorG. Monsel, G. Monsel Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, FranceSearch for more papers by this authorJ.-N. Dauendorffer, J.-N. Dauendorffer Service de Dermatologie, Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris, FranceSearch for more papers by this authorA. Aubry, A. Aubry Centre National de Référence des Mycobactéries, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, France Centre d'immunologie et de Maladies Infectieuses (Cimi-Paris), INSERM U1135, Sorbonne-Université, Paris, FranceSearch for more papers by this authorB. Nebbad, B. Nebbad Service de Bactériologie, Hôpital Henri Mondor, AP-HP, Créteil, France Groupe Dynamic, EA7380, Faculté de Santé de Créteil, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort, USC ANSES, Université Paris-Est Créteil, Créteil, FranceSearch for more papers by this authorP. Schneider, P. Schneider Service de Dermatologie, Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris, FranceSearch for more papers by this authorE. Caumes, E. Caumes Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, AP-HP, Paris, France IPLESP, Equipe 3, Inserm UMR-S 1136, Paris, FranceSearch for more papers by this authorO. Chosidow, O. Chosidow orcid.org/0000-0002-8400-4310 Groupe Dynamic, EA7380, Faculté de Santé de Créteil, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort, USC ANSES, Université Paris-Est Créteil, Créteil, France Service de Dermatologie, Hôpital Henri Mondor, AP-HP, Créteil, FranceSearch for more papers by this author First published: 15 April 2024 https://doi.org/10.1111/jdv.20008 E. Caumes and O. Chosidow contributed equally to this study. Read the full textAboutPDF ToolsRequest permissionExport citationAdd to favoritesTrack citation ShareShare Give accessShare full text accessShare full-text accessPlease review our Terms and Conditions of Use and check box below to share full-text version of article.I have read and accept the Wiley Online Library Terms and Conditions of UseShareable LinkUse the link below to share a full-text version of this article with your friends and colleagues. Learn more.Copy URL Share a linkShare onEmailFacebookTwitterLinkedInRedditWechat No abstract is available for this article. CONFLICT OF INTEREST STATEMENT The authors declare no conflicts of interest. Open Research DATA AVAILABILITY STATEMENT The data that support the findings of this study are available on request from the corresponding author. The data are not publicly available due to privacy or ethical restrictions. REFERENCES 1Davin-Regli A, Pagès JM. Enterobacter aerogenes and Enterobacter cloacae; versatile bacterial pathogens confronting antibiotic treatment. Front Microbiol. 2015; 6:392. https://doi.org/10.3389/fmicb.2015.00392 10.3389/fmicb.2015.00392 PubMedWeb of Science®Google Scholar 2Azevedo PAA, Furlan JPR, Oliveira-Silva M, Nakamura-Silva R, Gomes CN, Costa KRC, et al. Detection of virulence and β-lactamase encoding genes in Enterobacter aerogenes and Enterobacter cloacae clinical isolates from Brazil. Braz J Microbiol. 2018; 49: 224–228. 10.1016/j.bjm.2018.04.009 PubMedGoogle Scholar 3Surgers L, Chiarabini T, Royer G, Rougier H, Mercier-Darty M, Decré D, et al. Evidence of sexual transmission of extended-spectrum β-lactamase-producing Enterobacterales: a cross-sectional and prospective study. Clin Infect Dis. 2022; 75: 1556–1564. 10.1093/cid/ciac218 CASPubMedGoogle Scholar 4Chen MY, Williamson DA. Sexually acquired enteric infections among men who have sex with men. Lancet Infect Dis. 2023; 23(6): 644–645. 10.1016/S1473-3099(22)00813-1 PubMedGoogle Scholar 5Kilner A, Fairley CK, Burrell S, Bradshaw CS, Chen MY, Chow EPF. Age pattern of sexual activities with the most recent partner among men who have sex with men in Melbourne, Australia: a cross-sectional study. BMJ Sex Reprod Health. 2021; 47(3):e4. 10.1136/bmjsrh-2020-200720 PubMedGoogle Scholar 6Al-Ajlouni YA, Park SH, Schneider JA, Goedel WC, Rhodes Hambrick H, Hickson DA, et al. Partner meeting venue typology and sexual risk behaviors among French men who have sex with men. Int J STD AIDS. 2018; 29(13): 1282–1288. 10.1177/0956462418775524 PubMedGoogle Scholar 7Esmail A, Chahboun N, Abed H, Mennane Z, Ijoub R, Khadmaoui A, et al. Isolation, identification and determination of antibiotic susceptibility profile of bacteria gram-negative bacilli isolated from Moorish baths water 'Hammam'. Int J Innov Appl Stud. 2014; 9(2): 777–785. Google Scholar Early ViewOnline Version of Record before inclusion in an issue ReferencesRelatedInformation
En région endémique, l'utilisation de la paromomycine crème avec ou sans gentamycine a fait preuve de son efficacité pour le traitement de la leishmaniose cutanée (LC). Ce traitement a l'avantage d'être sûr et indolore. L'auto-application d'une crème de production locale chez les voyageurs n'a cependant pas été évaluée. Les voyageurs inclus dans cette étude présentaient une LC confirmée avec 1 à 10 lésions cutanées et répondaient aux indications du traitement local. Les patients ont été prospectivement traités avec la crème paromomycine-gentamycine, WR279396, pour le groupe 1 sur la période 2012-2017. Pour le groupe 2 et sur la période 2018-2022, les patients ont reçu un traitement par paromomycine en crème produite localement. Après une phase initiale de supervision médicale, l'auto-application quotidienne du traitement topique a été poursuivie pour une durée de 20 à 30 jours. La guérison clinique était définie par 100% de ré-épithélialisation de la ou des lésion(s) cutanée(s) à 42 jours sans rechute à 3 mois. Les caractéristiques cliniques des patients étaient identiques dans les deux groupes. Le groupe 1 incluait 17 patients et le groupe 2, 23. Trente-sept pourcent des patients étaient des femmes. L'âge médian était de 33 ans. Quatre pourcent des patients inclus étaient des enfants. Les patients ont présenté en moyenne 2 lésions cutanées. Leishmania major, L. infantum, L. killicki, L. guyanensis, L. braziliensis, ou L. naiffi sont les espèces qui ont été identifiées. En regroupant les groupes 1 et 2, on observait un taux de guérison de 75% (30/40) en intention de traiter et de 81% (30/37) en analyse per protocole. Une tendance à un meilleur taux de guérison a pu être observé chez les patients infectés dans l'ancien monde versus ceux infectés dans le nouveau monde mais cette différence n'était statistiquement pas significative (83.3% v. 60%, p=0.14). Les effets secondaires étaient légers ou modérés et dominés par le prurit (24%) et la douleur (18%). Aucun des patients inclus n'a développé d'atteinte muqueuse. Dans cette étude représentative des voyageurs atteints de LC, contaminés dans le nouveau ou l'ancien monde, nous avons observé un taux de guérison de 81% après auto-application de la paromomycine crème (en analyse per protocole). Ces résultats étaient similaires et comparables à ceux observés dans les essais cliniques randomisés. Une formulation industrielle et standardisée de la paromomycine crème est nécessaire afin de rendre largement accessible, partout dans le monde, ce traitement topique, simple, efficace et indolore. Gilead: communications orales
Introduction: Persistent symptoms have recently emerged as a clinical issue in COVID-19. We aimed to assess the prevalence and risk factors in symptomatic non-hospitalized individuals with mild COVID-19. Methods: We performed a prospective cohort study of symptomatic COVID-19 outpatients, from March to May 2020, with weekly phone calls from clinical onset until day 30 and up to day 60 in case of persistent symptoms. The main outcomes were the proportion of patients with complete recovery at day 30 and day 60 and factors associated with persistent symptoms. Results: We enrolled 429 individuals mostly women (72.5%) and healthcare workers (72.5%), with a median age of 41.6 years [IQR 30-51.5]. Symptoms included: cough (69.7%), asthenia (68.8%), anosmia (64.8%), headaches (64.6%), myalgia (62.7%), gastrointestinal symptoms (61.8%), fever (61.5%), and ageusia (60.8%). Mean duration of disease was 27 days (95%CI: 25-29). The rate of persistent symptoms was 46.8% at day 30 and 6.5% at day 60 consisting in asthenia (32.6%), anosmia (32.6%), and ageusia (30.4%). The probability of complete recovery was 56.3% (95%CI: 51.7-61.1) at day 30 and 85.6% (95%CI: 81.2-89.4) at day 60. Factors associated with persistent symptoms were age > 40 (HR 0.61), female sex (HR 0.70), low cycle threshold (HR 0.78), and ageusia (HR 0.59). Conclusions: COVID-19 - even in its mild presentation - led to persistent symptoms (up to one month) in nearly half of individuals. Identification of risk factors such as age, gender, ageusia and viral load is crucial for clinical management and argues for the development of antiviral agents.
L’hidradénite suppurée (HS) est une maladie inflammatoire chronique cutanée, douloureuse, présentant un fort impact sur la qualité de vie des patients. Un délai diagnostique de plusieurs années est fréquent, témoignant de la connaissance insuffisante de la maladie par les professionnels de santé. De nombreux traitements sont utilisés, mais peu d’entre eux ont un niveau de preuve élevé et il n’y a pas de consensus sur la hiérarchie thérapeutique à employer. Ces recommandations pour le diagnostic et la prise en charge de l’HS ont été développées par un groupe de travail (GT) multidisciplinaire sous l’égide du Centre de preuves de la Société française de dermatologie. L’élaboration de ces recommandations a respecté la méthodologie de la Haute Autorité de santé : GT sans aucun conflit d’intérêt en lien avec l’HS, revue systématique de la littérature, auditions d’experts, rédaction des recommandations soumises à un panel multidisciplinaire de relecteurs avant publication. Après établissement des recommandations, un sous-groupe du GT (AB, JFS) a travaillé avec le CDP (MBB, OC) pour évaluer la praticité de l’algorithme et intégrer l’ensemble des données sur le site web réactualisé à cet effet. Le GT s’est attaché à: améliorer le diagnostic de cette affection polymorphe : la terminologie utilisée pour décrire les signes de l’HS est précisée avec un glossaire enrichi d’une iconographie. Elle permet la classification des situations cliniques (phénotypes) ainsi que les types évolutifs et stades ; proposer des recommandations thérapeutiques adaptées aux différentes situations cliniques avec un algorithme simple et adapté à la pratique quotidienne. Pour tous les patients, une approche médicochirurgicale doit être privilégiée de même que la mise en place de stratégies thérapeutiques séquentielles adaptées à l’évolution chronique de cette affection. Ces recommandations ont parallèlement été mises en ligne dans un format interactif afin de faciliter leur appropriation par les professionnels de santé : https://reco.sfdermato.org/fr/recommandations-hidradenite-suppuree. Hidradenitis suppurativa (HS) is a painful chronic inflammatory skin disease that heavily impacts quality of life. Many treatments have been proposed for HS but few have a high level of evidence. There is no consensus on the therapeutic strategy to be adopted. These recommendations for diagnosis and management were developed by a multidisciplinary working group (WG) on behalf of the Evidence Centre of the French Society of Dermatology. These recommendations were developed by the WG according to the methods of the Haute Autorité de santé without any conflict of interest, and with systematic review of the literature, consultation of experts, and submission of the draft to a multidisciplinary panel of reviewers prior to publication. The WG aims are: to improve diagnosis of HS: the terminology used to describe the clinical manifestations is specified in a glossary with illustrations. It provides a classification of different clinical situations (phenotypes, types of disease outcome and stages); to propose therapeutic recommendations adapted to different clinical situations with a practical algorithm suited to daily practice. For all patients, a medical-surgical approach must be favored as well as the implementation of sequential therapeutic strategies adapted to the progression of this condition. We simultaneously developed interactive step-by-step tools for these recommendations on a dedicated website: https://reco.sfdermato.org/en/guidelines-hidradenitis-suppurativa.
Bien que l’épidémiologie des uvéites dans les pays occidentaux soit bien connue, peu de données sont disponible concernant leurs caractéristiques et leur épidémiologie lorsqu’elles affectent les patients vivants avec le VIH (PVVIH). L’objectif principal de cette étude était d’évaluer la fréquence relative des étiologies d’uvéites chez les PVVIH. Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique, incluant les patients âgés de plus de 18 ans, vivants avec le VIH, et ayant présenté une uvéite active entre janvier 2000 et décembre 2020 au sein des CHU de Nancy, Dijon, de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière (Assistance Publique–Hôpitaux de Paris) et de l’Hôpital de la Croix-Rousse (Hospices Civils de Lyon). Les patients présentant des séquelles d’uvéites passées sans signe d’inflammation active étaient exclus. Un total de 83 PVVIH ont été inclus, dont 56 hommes et 27 femmes (sex ratio = 2,07), avec un âge moyen de 43,2 ± 11,1 ans au diagnostic de l’uvéite. Les uvéites étaient avant tout infectieuses (61,4 %), puis idiopathiques (21,7 %), d’origine systémiques (8,4 %), médicamenteuses (4,8 %), et enfin correspondaient à des entités ophtalmologiques pures (3,6 %). Parmi les uvéites infectieuses, l’agent infectieux le plus fréquemment en cause était la syphilis (15/51, exclusivement des hommes), suivi du VIH (12/51), du CMV (7/51), de l’HSV5/51) et du ZVZ (5/51), la toxoplasmose (4/51), la tuberculose (2/51), EBV (1/51) et Borrelia burgdorferi (1/51). Parmi les 7 uvéites d’origines systémiques, 4 étaient liée à l’antigène HLA-B27 (avec spondylarthropathie), 2 à une sarcoïdose et 1 à une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Toutes les uvéites médicamenteuses étaient liées à la rifabutine. Deux patients présentaient des ophtalmies sympathiques et une maladie de Eales. Après comparaison à une cohorte de patients non VIH avec uvéites, il était noté une augmentation significative de la proportion d’uvéites infectieuses et d’uvéites médicamenteuses (61,4 % vs. 12,7 %, p < 0,001, et 4,8 % vs. 0,3 %, p = 0,001, respectivement) et une diminution significative d’uvéites idiopathiques et d’origine systémique (21,7 % vs. 59,7 %, p < 0,001, et 8,8 % vs. 20,8 %, p = 0,005, respectivement). Au sein des patients ayant bénéficié d’une évaluation du taux de lymphocytes T (LT) CD4 au moment du diagnostic de l’uvéite, la proportion d’uvéites infectieuses était de 85,7 % lorsque le taux de LT CD4 était inférieur à 50/mm3, de 64,7 % lorsque le taux de LT CD4 était entre 50 et 200/mm3, de 58,8 % lorsque le taux de LT CD4 était entre 200 et 500/mm3, et de 48,1 % lorsque le taux de LT CD4 était supérieur à 500/mm3. Cette proportion chez les patients ayant plus de 500 LT CD4/mm3 restait significativement supérieure à celle retrouvée chez les patients non atteints par le VIH (48,1 % vs. 12,7 %, p < 0,001). Les uvéites infectieuses sont la première cause d’uvéite chez les PVVIH, avec une forte proportion d’uvéites syphilitiques. Cette fréquence et significativement augmentée par rapport à celle retrouvée dans la population générale, et ce, même après normalisation du taux de LT CD4. Cette étude souligne d’une part l’impact majeure du VIH sur le profil étiologique des uvéites, justifiant de réaliser une sérologie VIH au cours du bilan étiologique de toute uvéite, et d’autre part, l’importance d’envisager une enquête infectieuse exhaustive et rapide chez les PVVIH présentant une uvéite.
Gnathostomiasis is a foodborne parasitic zoonosis known to be endemic in Southeast Asia, India, Central and South America, with recent cases reported in Zambia, Botswana and South Africa. We report a case of gnathostomiasis acquired in Madagascar and alert clinicians of the emerging risk in southern Africa.
Infections are a frequent cause of cerebral vasculitis, important to diagnose because a specific treatment may be required. Infection -associated vasculitis can be caused by angiotropic pathogens (varicella zoster virus, syphilis, aspergillus). They can be associated with subarachnoidal meningitis (tuberculosis, pyogenic meningitis, cysticercosis). They can appear contiguously to sinuses or orbital infection (aspergillosis, mucormycosis). Finally, they also may be due to an immune mechanism in the context of chronic infections (hepatitis B virus, hepatitis C virus, human immunodeficiency virus). Cerebral vasculitis are severe conditions and their prognosis is directly linked to early recognition and diagnosis. Infectious causes must therefore be systematically considered ahead of cerebral vasculitis, and the appropriate investigations must be determined according to the patient's clinical context. We propose here an update on the infectious causes of cerebral vasculitis, their diagnosis modalities, and therapeutic options. (c) 2020 Published by Elsevier Masson SAS on behalf of the Soci & eacute;t & eacute; nationale fran & ccedil;aise de m & eacute;decine interne (SNFMI).
INTRODUCTION:Neisseria elongata (NE), a Gram-negative, rod-shaped organism, was previously thought to be non-pathogenic. However, in recent years it has become increasingly recognized as a rare cause of infective endocarditis. In this paper, we report a case of NE infective endocarditis and provide a review of the literature.OBJECTIVES:To describe a case of NE endocarditis, and to review the literature in search of any similar cases of this rare condition.CASE REPORT:Our patient is a 77-year-old, otherwise healthy female patient who was found to have mitral valve endocarditis with valve regurgitation.DISCUSSION:NE endocarditis is a rare condition that typically affects the left cardiac chambers and is associated with high risk of embolization. A literature review retrieved 35 other cases.CONCLUSIONS:Our report underlines the rarity of NE endocarditis, insofar as relatively few cases have been reported. The bacterium presents similarities with HACEK organisms and can potentially cause infective endocarditis.
Background: Tuberculosis is associated with a risk of immune reconstitution inflammatory syndrome (IRIS) after ART initiation. Methods: Data from all patients with newly diagnosed tuberculosis disease and uncontrolled HIV infection from 1997 to 2017 in a French center were retrospectively collected. We evaluated the incidence of tuberculosis -IRIS in patients initiating ART with or without integrase inhibitors (INSTI) Results: Fifty-five patients were included: 21 receiving an INSTI regimen and 34 a non-INSTI regimen. Except with regard to ART regimen, the two groups were comparable (median CD4 of 85/mm(3)). The overall percentage of IRIS was 34% (19/55), with 52% IRIS in INSTI regimen and 23% in non-INSTI regimen respectively (P = 0.04). In a multivariate logistic model, we observed an increased risk of IRIS in the INSTI regimen compared to the non-INSTI, with an OR at 3.33 [95% CI, 1.01-11.1] (P = 0.05) Conclusions: ART containing integrase inhibitors could be associated with increased incidence of TB associated IRIS. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Objectives: Since the 2000s, there has been an increase in prevalence of neurosyphilis (NS) and ocular syphilis (OS). As data about symptomatic NS/OS is limited, this study aims to assess the characteristics of symptomatic NS/OS, according to HIV status. Methods: We compared the clinical and biological presentation of early symptomatic NS/OS and its outcome in HIV-positive and HIV-negative patients. Results: Ninety-six patients (93% men, 49% HIV-positive) were included from 2000 to 2016 in two centers, with 67 (69%) having OS, 15 (16%) NS, and 14 (14%) both. HIV-positive patients were younger (P= 0.006) and more likely to be males having sex with males (P= 0.00048) or to have a history of syphilis (P= 0.01). Among 81 OS, there were 43 posterior uveitis (57%), and bilateral involvement was more common in HIV-positive patients (62% versus 38%, P= 0.045). Among 29 NS there were 21 cases of cranial nerve involvement (72%), seven meningitis (24%) and 11 paresthesia (38%). Involvement of the VIIIth cranial nerve was the most common (16 cases). Treponemal tests were more commonly found positive in cerebrospinal fluid in HIV-positive patients (88% versus 76%, P= 0.04). Visual acuity (VA) always improved after treatment (initial VA logMAR 0.8 +/- 0.8 versus 0.1 +/- 0.1 at 3 months), but 32% and 18% of the patients still had neurological or ocular impairment respectively six and 12 months after treatment. Non-treponemal serological reversion was observed in 43/50 patients (88%) at six months. Conclusion: HIV infection has no consequence on the outcome of NS and OS. Sequelae are common, emphasizing the importance of prevention, and screening, and questioning enhanced treatment. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
• The diagnosis of malaria should always be considered in travelers returning from an endemic area and presenting with fever or a history of fever, either isolated or combined with other general, digestive, and/or respiratory symptoms, even if appropriate chemoprophylaxis was used. • Outpatient management of uncomplicated Plasmodium falciparum malaria may be implemented if precise clinical and biological criteria are met and if medical follow-up is possible. • Admission to hospital is recommended for individuals at risk of complications (young children and elderly, comorbidity, pregnancy, splenectomy, etc.). • The first-line treatment of uncomplicated P. falciparum malaria in adults is an artemisinin-derivative combination therapy (ACT): artemether-lumefantrine or artenimol-piperaquine. When such treatment is unavailable, not tolerated, or contraindicated, if interactions with concomitant medication are possible, or if ACT fails, then treatment with atovaquone-proguanil is an alternative option. Pregnant women (1st trimester) presenting with uncomplicated P. falciparum malaria should be hospitalized and treated with atovaquone-proguanil, or quinine if vomiting occurs. From the 2nd trimester on, priority should be given to artemether-lumefantrine or artenimol-piperaquine. • Uncomplicated malaria caused by species other than P. falciparum (i.e., P. vivax , P. ovale , P. malariae , or P. knowlesi ) is treated with chloroquine or ACT. The latter is preferable in cases of co-infection or P. vivax malaria in travelers returning from a region known for resistance to chloroquine. • To prevent relapses in individuals infected with P. vivax or P. ovale , the dormant liver forms must be eliminated using primaquine, for which temporary use authorization (TUA) may be obtained once possible contraindications have been ruled out (glucose-6-phosphate dehydrogenase [G6PD] deficiency, pregnancy, breastfeeding).
La pandémie d'infections à SAR-CoV-2 a été l'origine de nombreux essais thérapeutiques et de prescriptions compassionnelles de molécules anciennes. La 1,3,7-triméthylxanthine (TMX) est la substance psychoactive la plus consommée au monde. Face à la cacophonie thérapeutique nous avons décidé de conduire une étude clinique de repositionnement de la TMX évaluant son impact sur l'évolution clinique de patients COVID-19 hospitalisés dans 2 services maladies infectieuses et tropicales de 2 CHU métropolitains. Cette étude de cohorte rétrospective a été conduite durant le mois d'avril 2020 dans 2 CHU métropolitains de 2 régions différentes. Les critères d'inclusion étaient un âge > 18 ans, une infection documentée à SARS-CoV-2 et l'absence de contre-indication à la prise de TMX. Les caractéristiques cliniques et antécédents des patients ont été obtenus à partir des dossiers médicaux informatisés par le biais de formulaires de collecte de données standardisés. Le score de gravité clinique (NEWS-2) à l'admission, la durée du séjour hospitalier et le statut à j6 ont été recueilli. Les patients recevaient soit la TMX 1 dose par jour le matin au petit déjeuner soit d'autres traitements (groupe contrôle). Le critère de jugement principal et les critères de jugements secondaires étaient évalués à j6 (mortalité, durée d'hospitalisation, sévérité de la maladie, recours à une antibiothérapie, la survenue d'effets secondaires). Cette étude a reçu les autorisations de la CNIL, d'un CPP et le protocole est publié sur inscrite sur clincialTrial.gov NCT04395742. Quatre-vingt-treize patients ont été inclus dans l'étude. L'âge moyen était de 67,3 ans (écart-type = 17,1). Le groupe TMX et le groupe témoin comprenaient respectivement 26 et 67 patients. Aucune différence significative n'a été retrouvée entre le groupe TMX et le groupes témoins pour les variables sexe, IMC, comorbidités, tabagisme ou traitement antihypertenseur. Le groupe TMX a nécessité moins de recours à une antibiothérapie (46,2 % vs 73,1 %, p < 0,05). L'extension radiologique des lésions évaluées par TDM était plus importante dans le groupe témoin. La durée médiane de séjour à l'hôpital était significativement plus courte dans le groupe TMX (9,5 contre 15 jours, p < 0,05). Ceci étant confirmé en analyse multivariée. L'ORajusté TMX 4,87 [1,02 ; 23,29] (p = 0,044) d'avoir un séjour < 7 jours. La TMX n'est autre que la caféine et notre étude consistait en une comparaison des patients prenant un café le matin par rapport aux autres. En torturant les données nous retrouvons une association entre café du matin et séjour < 7 jours. L'objectif caché de ce travail était de démontrer que des médecins de terrain à partir des données de vrais patients peuvent produire des conclusions inadéquates. Malgré une pression sociale majeure liée à la pandémie la méthodologie et le temps sont essentiels pour éviter les conclusions hâtives. Enfin, nous pensons que la prudence, l'échange et l'humour sont nécessaires pour éviter de s'enfermer dans des raisonnements erronés.
Mycoplasma genitalium (MG) est le 3e germe responsable d'urétrite chez l'homme après Neisseria gonorrhoeae (NG) et Chlamydia trachomatis (CT). Cependant, le portage asymptomatique est fréquent. Par ailleurs, la résistance aux antibiotiques (azithromycine, moxifloxacine) engendre des difficultés thérapeutiques. Entre 2017 et 2018, dans notre centre, MG était systématiquement cherché par PCR en association à NG et CT. Notre travail décrit les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des patients diagnostiqués avec une infection à MG durant cette période. Étude rétrospective descriptive monocentrique (Cegidd et SMIT) ayant inclus tous les patients avec une PCR positive pour MG du 01/01/2017 au 31/12/2019. Variables recueillies : âge, sexe, orientation sexuelle, statut VIH, prise de prophylaxie pré-exposition VIH (PrEP), site infecté, germes associés, symptômes, traitements prescrits, contrôle PCR à 6 semaines du traitement, test de résistance en cas de contrôle positif. Sur 5586 patients dépistés, 397 (7 %) avaient une PCR positive pour MG, 319 hommes (80 %) et 78 femmes (20 %), d'un âge médian 29 ans ; 135 patients étaient infectés par le VIH (34 %) et 52 (13 %) sous PrEP. Comparativement aux patients avec PCR négative pour MG, les patients positifs étaient plus souvent des hommes (OR 2,19 [1,70–2,82]), plus souvent infectés par le VIH (OR 3,44 [2,75–4,3]) et plus souvent sous PrEP (OR 4,89 [3,51–6,83]). La PCR était positive dans les urines chez 139/319 patients (43 %), au niveau cervico-vaginal chez 77/78 (99 %) et anal chez 202/323 (62 %). Une co-infection à CT et à NG était trouvée dans 15 % et 7 % des cas, respectivement. Des symptômes étaient rapportés par 46 patients (11 %), dont 28 urétrites, 3 cervicites et 13 rectites. Parmi les patients symptomatiques, 18 (39 %) étaient coinfectés par CT ou NG. Deux cent soixante-dix patients (68 %) avaient reçu un traitement, azithromycine (AZM) chez 249 patients (92 %), doxycycline (DC) chez 13 patients (5 %) et moxifloxacine (MXF) chez 4 patients (1 %). Un contrôle PCR post-traitement était réalisé chez 103 patients (38 %) et restait positif dans 74 % des cas. Une résistance aux macrolides avait été documentée pour 9 souches testées sur 14. En 2me ligne, l'AZM était prescrite chez 24/76 patients (32 %), la MXF chez 23/76 patients (31 %) et la DC chez 8/76 patients (11 %). Le contrôle PCR après 2nde ligne de traitement, réalisé chez 43 patients, montrait un taux d'éradication de 44 %. Dans notre population, MG a été trouvé chez 7 % des patients prélevés et était significativement associé à une infection VIH, à la prise de la PreP et au sexe masculin. La majorité des patients était asymptomatique et la prise en charge de ces patients à haut risque de réinfection était complexe pour le praticien.
Au cours du mois de mars 2020, de nombreux cas d'hyposmie et hypogueusie soudaines associées au SARS-CoV-2 ont été signalés partout dans le monde. Notre objectif était de décrire la prévalence de l'hyposmie et de l'hypogueusie et de la comparer chez les patients COVID-19 hospitalisés et non hospitalisés pour évaluer l'association de ces symptômes avec la gravité de la maladie. Nous avons réalisé une étude transversale pendant 5 jours consécutifs en mars 2020, au sein d'un hôpital centre de référence, du secteur de consultation ambulatoire de ce même hôpital et de deux centres de santé rattachés dans la même ville. Tous les patients testés positifs pour le SARS-CoV-2 hospitalisés pendant la période d'étude et pouvant être interrogés (n = 198), les patients vus en consultation externe testés positifs pour le SARS-CoV-2 au cours du mois précédent (n = 129), et tous les patients hautement suspects de COVID-19 vus dans les deux centres de santé (n = 63) ont été inclus. Les patients hospitalisés étaient significativement plus souvent de sexe masculin (64 % vs 40 %) et plus âgés (66 vs 43 ans en médiane) et avaient significativement plus de comorbidités que les patients ambulatoires. Au total, une hyposmie et une hypogueusie étaient rapportées par 33 % des patients, significativement moins fréquemment par les patients hospitalisés (12 % et 13 %, respectivement) que par les patients vus dans les centres de santé (33 % et 43 % respectivement) et en consultation à l'hôpital (65 % et 60 %, respectivement). L'hyposmie et l'hypogueusie apparaissaient plus fréquemment après les autres symptômes de COVID-19. Les patients atteints d'hyposmie et/ou d'hypogueusie étaient significativement plus jeunes et avaient significativement moins de critères de gravité respiratoire que les patients sans ces symptômes. Un dysfonctionnement olfactif et gustatif survient fréquemment au COVID-19, en particulier chez les patients jeunes et non sévères. Ces symptômes sont un outil utile dans la démarche diagnostique chez les patients suspects de COVID-19.
Les vascularites cérébrales sont un groupe hétérogène d'affections neurologiques de diagnostic difficile. Elles peuvent être primitives ou associées à une autre affection neurologique ou multi-systémique, principalement auto-immune ou infectieuse. Les causes infectieuses sont fréquentes et de mécanismes physiopathologiques variés : (1) liées à un agent pathogène angiotrope (varicelles, syphilis, aspergillus) ; (2) compliquant une infection méningée généralement sous arachnoïdienne (pneumocoque, méningocoque, tuberculose, cysticercose) ; (3) survenant par contiguïté d'un foyer infectieux sinusien ou orbitaire (aspergillose, mucormycose) ; et (4) compliquant une infection chronique responsable de manifestations immunologiques (hépatite B, hépatite C, virus de l'immunodéficience humaine). Devant une vascularite cérébrale, les causes infectieuses doivent donc être systématiquement envisagées, et l'enquête diagnostique doit être individualisée selon le contexte clinique du patient. Inversement, les vascularites cérébrales doivent être connues et identifiées devant des symptômes neurologiques survenant au cours d'une infection bactérienne, virale, fongique ou parasitaire. Nous proposons ici une mise au point sur les causes infectieuses de vascularites cérébrales, et sur leurs aspects diagnostiques et thérapeutiques.
Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Hôpitaux Universitaires Pitié-Salpêtrière Charles Foix, Service de Maladies infectieuses et Tropicales, Paris, France. Sorbonne Université, INSERM, Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique, AP-HP, Hôpitaux Universitaires Pitié-Salpêtrière Charles Foix, laboratoire de virologie, Paris, France Sorbonne Université, INSERM, Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique, Paris, France
Suite à la déclaration d'épidémie de pneumopathies au nouveau coronavirus CoViD-19 en Chine en décembre 2019, 11 patients ont été confirmés infectés en France du 20/01 au 10/02/2020 dont 5 en Île-de-France. Devant l'afflux de personnes nécessitant un dépistage et le manque de place en unité d'isolement dans les établissements de soins référent (ESR), un système dégradé d'accueil pour le dépistage des cas suspects de CoViD-19 a été élaboré. En concertation avec les autorités sanitaires françaises et la direction de l'hôpital, le département des maladies infectieuses a développé le projet AmbuCoV pour pouvoir accueillir au mieux et sans délais toutes les personnes qui lui étaient adressées. Mise en place d'une unité dédiée pour la prise en charge des personnes nécessitant un dépistage pour le CoViD-19 et ne justifiant pas d'une hospitalisation. L'unité AmbuCoV, ouverte 24 h/24 et 7j/7, a fonctionné avec le personnel minimum et respecté un parcours patient développé par l'équipe pluridisciplinaire du service pour le dépistage et l'isolement au sein de l'établissement. Le laboratoire de virologie procédait à deux séries de PCR par jour, avec un rendu des résultats vers 13 h pour les prélèvements envoyés avant 8 h, et 19 h pour ceux envoyés avant 14 h. Une évaluation interne a été menée afin d'évaluer quantitativement et qualitativement ce dispositif. AmbuCoV a été ouvert le 31 janvier 2020 et comprenait 22 lits répartis en 16 chambres. Une infirmière effectuait le prélèvement nasopharyngé et la prise des constantes dans le box dédié en pression négative de l'unite d'isolement. Les personnes sans ATCD et paucisymptomatiques (constantes normales, t < 38 °C, absence de dyspnée et de toux) étaient accompagnées pour être isolées dans l'unité AmbuCoV jusqu'à réception des résultats. Ces patients ne nécessitant pas de soins infirmiers, une aide-soignante présente dans l'unité en permanence répondait à leurs besoins et assurait le lien avec les infirmières et médecins du service. En cas d'infection CoViD-19 confirmée les patients devaient être hospitalisés dans l'unité d'isolement. Les deux premières semaines, 15 personnes de 10 à 48 ans ont été admises dans AmbuCov soit 20 % des personnes admises pour dépistage du CoViD-19 dans notre ESR. Nous présentons en photos et à l'aide de figures la procédure et le parcours des personnes prises en charge. Aucune personne suspecte d'infection à CoViD-19 ne s'est vue refusée l'admission pour dépistage dans notre ESR. Les usagers et le personnel soignant se sont montrés satisfaits de ce programme. La principale limitation à l'utilisation de l'unité AmbuCoV était l'absence de pression négative dans les chambres qui contre-indiquait la prise en charge des personnes présentant une toux ou des signes broncho-pulmonaires. Un système de recyclage de l'air par appareil mobile (Plasmair) est à l'essai. Nous avons mis en place une stratégie de dépistage ambulatoire d'une infection virale émergente pour faire face à l'augmentation de patients et de cas suspects en contexte épidémique. Cette unité baptisée AmbuCoV nous a permis de faire face rapidement et efficacement à l'afflux de personnes et pourra être réutilisée à l'avenir en cas de nouvelle épidémie. Nous souhaitons partager notre expérience, ainsi que son évaluation en termes de points forts et difficultés rencontrées, afin qu'elle puisse servir à d'autres personnels de santé.
Alors que la pandémie de COVID-19 reste encore active, l'identification de facteurs pronostiques de la maladie reste un enjeu important. Parmi ceux-ci, le tabagisme a un rôle qui reste controversé. Nous avons donc voulu vérifier si le taux de fumeur chez les patients COVID-19 était différent de celui de la population française. Nous avons recueilli par entretien de façon systématique chez les patients COVID-19 ambulatoires (du 28/02 au 30/03/2020) et hospitalisés (du 23/03 au 09/04/2020) d'un unique centre hospitalo-universitaire, leur consommation actuelle de tabac, de e-cigarette et de substituts nicotiniques. Les taux de fumeurs actifs quotidiens parmi les patients ambulatoires et hospitalisés ont été comparés à ceux de la population générale française de 2019 après standardisation pour l'âge et le sexe. Le groupe des patients hospitalisés était composé de 340 patients, âge médian 66 ans : 203 hommes (59,7 %) et 137 femmes (40,3 %), âge médian pour les deux sexes 66 ans, avec un taux de fumeurs actifs quotidiens de 4,1 %, IC95 % [2,3–6,9] (5,4 % des hommes, 2,2 % des femmes). Le groupe des patients ambulatoires était composé de 139 patients, âge médian 44 ans : 62 hommes (44,6 %, âge médian 43 ans), et 77 femmes (55,4 %, âge médian 44 ans). Le taux de fumeurs actifs quotidiens était de 6,1 % ; IC95 % [2,7–11,6] (5,1 % d'hommes, et 6,8 % de femmes). Dans la population générale française de 2019, le taux de fumeurs actifs quotidiens était de 24,0 % (27,5 % chez les hommes, 20,7 % chez les femmes). Chez les patients hospitalisés, les fumeurs actifs quotidiens représentaient 2,2 % et 3,4 % des 45 patients décédés et des 29 patients transférés en soins intensifs respectivement. Le taux de fumeurs actifs quotidiens était significativement plus faible chez les patients COVID-19 que celui de la population générale française de 2019 après standardisation par âge et par sexe, avec un ratio d'incidence standardisé calculé à 0,24 [0,12–0,48] pour les patients ambulatoires et de 0,24 [0,14–0,40] pour les patients hospitalisés. Le taux de fumeurs actifs quotidiens est faible parmi les malades atteints de COVID-19 symptomatique.
La place de la témocilline dans le traitement des infections à entérobactéries productrices de béta-lactamase à spectre étendu (EBLSE) reste à définir. Nous décrivons l'utilisation de la témocilline, son efficacité clinique et sa tolérance dans différentes situations. Nous avons inclus rétrospectivement tous les patients ayant reçu ≥ 24 h de témocilline pour une infection à EBLSE dans deux hôpitaux universitaires du 1er janvier au 15 décembre 2016. L'échec clinique était défini par la persistance des symptômes plus de 72 h après l'initiation de la témocilline, la récidive des symptômes (fièvre, signes fonctionnels en rapport avec l'organe atteint), un élargissement du spectre de l'antibiothérapie du fait d'une dégradation clinique, un décès, lorsque la témocilline était utilisée en curatif ; la persistance du germe à l'ECBU de contrôle d'une bactériurie asymptomatique en pré-opératoire. Nous avons défini comme guérison, l'absence de récidive documentée pendant toute la durée du suivi post-thérapeutique. Vingt-neuf patients ont été inclus, âge moyen 58 ans, prédominance masculine (18/11). Vingt patients avaient reçu la témocilline en relais d'une antibiothérapie probabiliste pendant 3,2 jours en moyenne (carbapénèmes n = 14, céphalosporines de 3e génération n = 4, uréidopénicillines n = 1, fluoroquinolones n = 1) pour respectivement 7 infections urinaires masculines (IUM), 7 pyélonéphrites aiguës (PNA), 2 pneumopathies, 2 infections multi-sites, une bactériémie sur thrombose septique, 1 bactériémie sur cathéter. Neuf patients ont reçu la Témocilline en première ligne après obtention de la CMI pour 4 IUM, 3 bactériuries asymptomatiques, 1 PNA, 1 septicémie sur translocation digestive. Les espèces isolées étaient les suivantes : E. coli (n = 9), K. pneumoniae (n = 7), E. cloacae (n = 6), E. aerogenes (n = 1). Pour 6 patients, l'infection était polymicrobienne. Dans tous les cas, la CMI était ≤ 8 mg/L sauf pour une souche de K. pneumoniae (CMI = 12 mg/L) conduisant à un échec. La guérison était obtenue chez 11/20 patients dans le groupe « relais » et 8/9 patients dans le groupe « première ligne ». Les succès étaient les suivants : infections urinaires (14/19), pneumopathies (1/2), infections multi-sites (1/3), bactériuries pré-opératoires (2/3), infections associées à une bactériémie (5/9). Douze sur 17 patients avec un score SOFA ≤ 2 ont évolué favorablement (70 %). La durée médiane d'antibiothérapie était de 14 jours (Min-Max : 3–28). Le suivi médian post-antibiotique était de 39 jours (Min-Max : 0–180). Aucun effet indésirable n'a été rapporté. On note une efficacité probable de la témocilline en relais ou en première ligne chez les malades non graves (SOFA ≤ 2) si la CMI du germe en cause est ≤ 8 mg/L. Nous observons plus d'échecs chez les patients en réanimation ainsi que ceux ayant une infection à E. aerogenes ou polymicrobienne.