La chirurgie percutanée est le traitement recommandé des calculs > 2 cm car elle permet d'obtenir un taux de « stone free » élevé. En France, la chirurgie percutanée pédiatrique reste peu développée notamment du fait d'un taux de complications élevé. La miniNLPC semble réduire le taux de complications. Nous avons voulu rapporter notre expérience concernant la miniNLPC dans la prise en charge des calculs > 2 cm. Nous avons analysé de manière prospective toutes les miniNLPC réalisé de mars 2018 à décembre 2019. Tous les patients âgés de moins de 18 ans avec un calcul de plus de 2 cm ont été opérés d'une miniNLPC. Le diamètre de travail utilisé était entre 8,5 et 14,5 French. La chirurgie était réalisée en position de Valdivia modifié. Le stone free était considéré comme l'absence de résidu > 4 mm sur l'imagerie de contrôle à 4 mois de la chirurgie. Huit procédures ont été réalisé chez 6 patients dont 1 patient ayant 2 procédures pour le même rein et 1 patient ayant eu un traitement bilatéral. L'âge moyen était de 8 ans (2 ;18) et le poids moyen de 21,5 kg (12 ;36). La taille cumulée moyenne des calculs était de 40,4 mm dont 5 calculs coralliformes. Le taux de stone free après une procédure était de 75 % (6/8) après une procédure et de 100 % après 2 procédures. La durée moyenne d'intervention était de 180 min (80 ;328). La durée d'hospitalisation moyenne était de 5,4 jours et le suivi moyen a été de 17,7 mois. Il y a 2 complications > Clavien 3. Une patiente de 2 ans a présenté un uro-sepsis à j0 (Clavien 4a) puis un abcès rénal (Clavien 3) drainé à j21 (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3). D'après notre série, la chirurgie percutanée pédiatrique permet d'obtenir un taux élevé de stone free associés à un faible taux de complications malgré des tailles de calculs élevés. Nos résultats sont comparables à ceux de la littérature.
Introduction. - Little is known about long-term efficacy and tolerance of intra-detrusor injections of abobotulinumtoxinA for management of idiopathic overactive bladder (OAB). We reportlong-term efficacy and compliance of abobotulinumtoxinA in patients treated for OAB. Methods. - All patients treated with abotulinumtoxinA for OAB in a tertiary reference centre between 2005 and 2012 were included in a retrospective analysis. Patients received 150, 250 or 500 U of abotulinumtoxinA as first injection. The primary endpoint was the discontinuation and subsequent treatment elected in those who did not persist with abobotulinumtoxinA. Results. - Fifty-nine patients (50 women and 9 men) were included. Forty-one patients (69.4%) received 250 U of abobotulinumtoxinA as first injection. Thirteen patients (22%) received 500 U and 5 (8.4%) received 150 U of BoNT-A. Median follow-up was 83.6 months [0.3-183.6]. Median number of injections per patient was 2 [1-15] and median reinjection interval was 10.7 [3-86.4] months. The estimated 5-year discontinuation-free survival rate was 23.4%. Fourteen patients (23.7%) experienced persistent improvement of symptoms and 12 patients (20.3%) stopped the injections because of tolerability issues. Main cause of discontinuation was primary failure, which occurred in 21 patients (35.5%). Conclusion. - Overall, 59.3% of patients were successfully treated with first abobotulinumtoxinA injection. Although the estimated 5-year discontinuation-free survival rate is low, abobotulinumtoxinA could be considered as an alternative off-labelled in patients not responders to onabotulinumtoxinA after failure of other conservative measures. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Le but de cette étude était d’évaluer les résultats fonctionnels à long terme et les complications de l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel (SUA) chez les enfants présentant une incontinence urinaire (IU) par insuffisance sphinctérienne (IS). Tous les patients âgés de moins de 18 ans ayant bénéficié de l’implantation d’un SUA entre 1986 et octobre 2018 ont été inclus. Ont été évalués la continence, ainsi que les taux de révision et d’explantation. Trente-sept patients d’âge médian 12 ans (IQR = 4) ont été inclus, (15 filles, 22 garçons), avec un recul médian de 25 ans. Vingt-cinq étaient porteurs d’une IS d’origine neurologique, essentiellement des patients spina bifida, 5 présentaient une agénésie sphinctérienne congénitale, et 2 un épispade. Chez les neurologiques, le mode mictionnel prédominant était la poussée abdominale. Quarante-huit pour cent avaient un antécédent chirurgical, majoritairement pour reflux vésico-urétéral ou ectopie testiculaire. Chez les garçons, le SUA a été implanté en position péricervicale dans 2/3 des cas (n = 25). Au terme du suivi, 73 % des SUA étaient en place, 13 ont été révisés (35 %) et 11 (30 %) ont été explantés pour érosion ou infection. Au terme du suivi, 1/3 ne présentait aucune fuite, 2/3 quelques fuites nécessitant le port de 0 à 1 protection par jour. L’implantation d’un SUA chez ces enfants a permis d’obtenir un taux de continence satisfaisant à long terme avec un taux d’explantation et de révision acceptable.
La transplantation combinée rein–cœur (txrc) est un traitement reconnu de l’association d’une insuffisance cardiaque terminale et d’une insuffisance rénale modérée à sévère concomitante. La prévention de l’insuffisance rénale en postopératoire augmente la survie après une transplantation cardiaque, mais la survie du transplant rénale a peu été décrite. L’objectif était d’évaluer l’évolution rénale après txrc et d’identifier les facteurs prédictifs de perte du transplant rénal. Cette étude rétrospective multicentrique a été effectuée avec le comité de transplantation de l’association française d’urologie (ctAFU). Les receveurs d’une txrc parmi 8 centres entre 1988 et 2017 ont été inclus. Les données des donneurs et des receveurs ont été analysées pour chercher des facteurs prédictifs de mortalité et de perte du transplant. Une relecture centralisée des données a été effectuée, incluant les caractéristiques des donneurs, des receveurs, la pathologie causale, leur traitement immunosuppresseur, les complications, l’utilisation d’inotropes ou d’une assistance circulatoire par ecmo, la survie des receveurs et l’évolution cardiaque et rénale des transplants. Soixante-treize receveurs ont été inclus et suivis en moyenne 5,36 ans. Au total, 39,7 % étaient dialysés en préopératoire. L’ischémie moyenne était de 189 ± 57,3 et 710 ± 321,5 minutes pour le cœur et le rein. Il y a eu 2 (2,7 %) non fonctions primaires, 67,1 % de complications Clavien ≥ IIIb, dont 16 décès (21,9 %) postopératoires. La clairance rénale (dfg) à 1 an était 56,7 ± 22,9 mL/min/1,73 m2. La survie globale et du transplant à 5 ans était 74,5 et 69,4 %. Sept (14,9 %) survivants sont retournés en dialyse pendant le suivi. En multivariée, l’ecmo postopératoire (hr = 6,04, p = 0,006), la dialyse (hr = 1,04/jour, p = 0,022) et les complications postopératoires (hr = 31,79, p = 0,022) étaient indépendamment prédictifs de mortalité, mais pas l’antécédent de transplantation rénale ou cardiaque ni le dfg préopératoire. L’antécédent de transplantation rénale (hr = 2,52, p = 0,026) et un délai majoré entre les deux transplantations (hr = 1,25/heure, p = 0,018) étaient associés à une perte du transplant rénal (Fig. 1, Fig. 2, Tableau 1). La txrc permet une bonne survie du transplant rénal, mais sa mortalité postopératoire de 21,9 % impose d’identifier les patients à risques qui n’en bénéficieraient pas (nécessité de support par ecmo, complications cardiaques précoces). Le bénéfice individuel de la txrc peut être opposé à la possibilité d’allouer le transplant à un autre receveur dans un contexte de pénurie d’organes.
La transplantation pancréatique est un traitement de référence du diabète instable. En cas d’échec, certains patients peuvent être éligibles à une seconde transplantation pancréatique. Cette étude a comme objectif principal d’évaluer la survie des deuxièmes transplants pancréatiques et comme objectifs secondaires d’analyser la survie globale, les causes d’échec, et l’impact sur de la fonction des transplants rénaux en cas de greffes combinées. Cette étude rétrospective monocentrique recense l’ensemble des patients ayant eu une seconde transplantation pancréatique de 1987 à 2017. Le recueil des données a été effectué à l’aide des dossiers patients et de la base « Données informatisées et validée en transplantation ». La seconde transplantation a été réalisée le plus souvent avec une anastomose artérielle iliaque externe ou commune et une implantation veineuse cave (Fig. 1). La survie du greffon, les causes d’échec ainsi que la survie des patients ont été évaluées. De janvier 1987 à février 2017, 38 retransplantations pancréatiques, chez 9 femmes et 29 hommes ont été réalisées dans notre centre. L’age moyen à la retransplantation a été de 42 ans. Trente-six patients ont été à nouveau transplantés après échec d’une greffe pancréatique dans le cadre de transplantations combinées reins/pancréas. Deux patients ont eu une seconde transplantation après échec d’une première greffe de pancréas isolée. La survie des transplants a été de 65 % à 5 ans, et de 45 % à 10 ans. Onze patients (29 %) ont perdu leur greffon pancréatique dont 3 pour thrombose précoce de la veine porte. La survie globale a été : 85 % à 5 ans et 74 % à 10 ans. Un patient est décédé d’une complication directement imputée à sa seconde transplantation. Cinq patients sont retournés en dialyse du fait de rejets chroniques (dont un pour problème de non observance). Une seconde transplantation pancréatique confère une survie de transplant tout à fait acceptable avec un faible impact sur le greffon rénal. Cette deuxième transplantation pancréatique est ainsi une option thérapeutique à considérer chez des patients sélectionnés après échec d’une première Greffe.
Comparer les résultats de l’implantation péribulbaire et périprostatique de la manchette du sphincter artificiel urinaire AMS 800 (SAU) chez les patients spina bifida de sexe masculin. De 1985 à 2015, 65 patients spina bifida de sexe masculin ayant une incontinence urinaire par insuffisance sphinctérienne ont bénéficié d’un SAU. Les patients ont été divisés en deux groupes selon le site d’implantation de la manchette : position périprostatique et périurétrale bulbaire. Les taux d’explantation et de révision ont été évalués à partir de la date de l’implantation jusqu’à la dernière visite de suivi, en utilisant la méthode de Kaplan–Meier. Au total, 78 SAU ont été implantés. Quarante-six (59 %) manchettes ont été implantées en position périurétrale et 32 (41 %) en position périprostatique. L’âge médian des patients au moment de la chirurgie était de 21 ans (IQR 15-27). La durée médiane de suivi était de 21 ans (IQR 9–24). Le taux de survie sans révision des SAU était de 76 %, 52 %, 30 % et 6 % à 5, 10, 15, 20 ans dans le groupe « périprostatique » et de 78 %, 51 %, 29 % et 6 % à 5, 10, 15, 20 ans dans le groupe « périuétrale bulbaire » (p = 0,85). Le taux de survie sans explantation était de 95 %, 89 %, 82 % et 62 % à 5, 10, 15, 20 ans dans le groupe « périprostatique » et de 73 %, 69 %, 50 % et 46 % à 5, 10, 15, 20 ans dans le groupe « périurétrale bulbaire » (p = 0,08). Le siège d’implantation de la manchette du SAU chez les patient spina bifida de sexe masculin ne semble pas modifier les résultats fonctionnels à long terme. Toutefois, il existait une tendance vers une survie sans explantation plus longue dans le groupe périprostatique.