Introduction La diffusion de l'inférence bayésienne dans la communauté scientifique, y compris parmi les spécialistes de biométrie, reste limitée. Cela s'explique par une formation encore insuffisante à ces méthodes mais aussi par l'absence d'outil logiciel omnibus et ne nécessitant pas de codage. ShiBA est une application permettant de pallier au moins partiellement ces deux limites en fournissant un accès simplifié à l'inférence bayésienne et en étant conçu avec une vision pédagogique. Méthodes ShiBA est un développement sous licence CC-by-nc 4.0 utilisant Shiny pour R1 et basé sur une architecture Golem2 permettant une interface homme-machine conviviale avec une prise en main facile. Le package développé est un outil d'analyse statistique n'utilisant que l'inférence bayésienne (d'où le nom ShiBA pour « Shiny Bayesian Analyses »). Résultats ShiBA dispose d'un module d'importation des données et d'un module de description élémentaire des données. Les inférences bayésiennes reposent essentiellement sur les fonctions du package STAN3. L'utilisation de l'algorithme de Monte Carlo hamiltonien présente de bonnes propriétés de convergence tout en étant plus rapide que le Gibbs-Sampling. Outre la possibilité de réaliser des inférences simples (estimation de la moyenne et de l’écart-type d'une variable continue ou de la fréquence des modalités d'une variable catégorielle), ShiBA permet l'estimation des paramètres de modèles linéaires généralisés (régression linéaire, logistique et de Poisson) et de modèles Bêta. Les distributions a priori sont par défaut celles de STAN mais à l'aide de fenêtres contextuelles l'utilisateur a la possibilité de changer les paramètres de ces distributions pour s'adapter au mieux à la problématique analysée. La loi a priori est également affichée graphiquement de manière dynamique. Les résultats des estimations a posteriori sont donnés sous forme graphique et tabulaire (médiane et intervalle de crédibilité) avec un indicateur de bonne convergence basé sur le niveau d'autocorrélation résiduelle et sur un Rhat inférieur à 1,05 (pour chaque paramètre). À des fins de sélection de modèle, le WAIC est présenté. Une aide en ligne sur un site dédié est disponible directement à partir de l'application. ShiBA implémente également le test à deux intervalles (2IT)4 pour toutes les analyses proposées. Il est le seul outil à ce jour à proposer cette fonctionnalité. Contrairement à d'autres applications, le choix a été fait de ne pas implémenter le Facteur de Bayes en raison des difficultés d'interprétation le concernant. ShiBA est également conçu de manière à faciliter l'apprentissage des méthodes bayésiennes, offrant une initiation conviviale et pédagogique aux différents éléments d'une analyse bayésienne. Des outils facilitant l’élicitation des lois a priori permettent à l'utilisateur de s'approprier la spécification des connaissances a priori, ce qui, conjointement au 2IT, permettent de formuler explicitement les hypothèses à tester. Des versions enrichies de ShiBA sont d'ores-et-déjà envisagées. Conclusion ShiBA est un nouvel outil permettant de faire de l'estimation et des tests bayésiens mais sans codage, dans une interface conviviale et pédagogique.
Introduction La sévérité de l’atteinte cutanée dans la sclérodermie systémique (ScS) est reliée au pronostic fonctionnel et à la survie. À ce jour, il n’existe pas d’outil validé permettant une évaluation quantitative et fiable de la fibrose cutanée. La tomographie en cohérence optique confocale à balayage linéaire (LC-OCT) est une technique d’imagerie cutanée non invasive innovante permettant une analyse micrométrique et cellulaire des couches superficielles de la peau, réalisant une véritable biopsie cutanée virtuelle. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’intérêt de la LC-OCT pour l’évaluation précoce de la fibrose cutanée dans la ScS. Patients et méthodes L’étude OCTISS est une étude monocentrique transversale exploratoire évaluant la technique de LC-OCT (Société DAMAE médical) dans 3 groupes de patients : 20 patients ayant une ScS avec critères ACR/EULAR 2013 précoce (< 3 ans d’évolution) et sans sclérose cutanée (score de Rodnan modifié=0) ; 21 patients ayant une ScS avec critères ACR/EULAR 2013 établie (> 3 ans d’évolution) avec sclérose cutanée (score de Rodnan modifié≥1), et 19 sujets sains. Les propriétés optiques de la peau ont été étudiées au niveau de 3 sites cutanés : la face dorsale du 2e doigt de la main droite, et les faces interne et externe de l’avant-bras droit. Résultats Les 3 groupes de patients étaient comparables en ce qui concerne l’âge, le sexe, l’IMC, et l’ethnie. Il n’y avait pas de différence significative entre les 3 groupes pour l’épaisseur de la couche cornée et l’épaisseur de l’épiderme. Par contre, le coefficient d’atténuation optique dans l’épiderme de la face interne de l’avant-bras était significativement plus bas dans le groupe ScS établie vs sujets sains (10,7 vs 13,6, p=0,003) et dans le groupe ScS précoce vs sujets sains (11,2 vs 13,6, p=0,021). Le derme superficiel était significativement plus fin au niveau du doigt et de la face interne de l’avant-bras dans le groupe ScS précoce vs sujets sains (27,9 vs 37,6, p=0,038, et 31,1 vs 43,7, p=0,013 respectivement). Il y avait une diminution significative de la densité optique à 50μm sous la jonction dermohypodermique à la fois dans le groupe ScS établie vs sujets sains (0,064 vs 0,091, p=0,021) et dans le groupe ScS précoce vs sujets sains (0,065 vs 0,91, p=0,014) Conclusion La LC-OCT est une technique prometteuse pour l’évaluation objective et précoce de la fibrose cutanée dans la ScS car elle montre des modifications des propriétés optiques de la peau des patients ayant un ScS dès la phase précoce de la maladie et même en l’absence de sclérose cutanée clinique. Des études complémentaires sont cependant nécessaires afin de déterminer quels types et quels sites de mesures pourront être retenus à l’avenir pour une analyse précise et reproductible de la fibrose cutanée.
IntroductionEn dépit des consensus internationaux successifs, le diagnostic d'infection de prothèse ostéo-articulaire reste difficile. Les sociétés savantes (MSIS, IDSA, EBJIS) retiennent pour celui-ci un critère majeur microbiologique (≥2 prélèvements à culture positive au même micro-organisme). La sensibilité de la culture des prélèvements est limitée, laissant jusqu'à 20% d'infections de prothèses « à culture négative ». La sonication des implants est une méthode possible mais sa place n'est pas clairement définie.Nous avons évalué son apport en pratique, notamment dans les cas où la culture des prélèvements péri-prothétiques est insuffisante pour retenir le critère majeur microbiologique d'infection par un micro-organisme.Matériels et méthodesLes cas consécutifs de changement complet de prothèses de hanche et de genou réalisés entre le 01/01/2019 et le 30/09/2021 pour motif septique ont été analysés rétrospectivement, dans le cadre d'une étude descriptive et monocentrique. Les patients devaient être majeurs, avec ≥3 prélèvements pré- ou peropératoires, et sonication de la prothèse.Le critère d'évaluation principal était la proportion de sujets ayant un seul prélèvement péri-prothétique positif en culture et une culture du liquide de sonication positive et concordante, pour au moins une espèce infectante. Le taux attendu était >5%, sur la base des gains de sensibilité permis par les avancées techniques antérieures. L'objectif secondaire était le calcul de cette proportion en cas d'antibiothérapie dans les 14 jours précédant l'intervention chirurgicale, afin de la comparer à celle des patients non exposés aux antibiotiques.RésultatsOnt été inclus 223 patients, majoritairement des hommes (123 soit 55.2 %), d'un âge médian de 71 ans [26-97] ; 73 patients (32.7%) avaient reçu une antibiothérapie préopératoire et 52 (23%) avaient une infection polymicrobienne.Pour ces 137 changements de prothèses de hanche et 86 prothèses de genou, le nombre médian de prélèvements standards réalisés en pré et per-opératoire était de 4 [3-9], dont 3 [1-5] positifs.Concernant la sonication, la culture du liquide était positive dans 185 cas (83.0%).Dans 13.5% [9,0 – 17,9] (30/223) des cas, le diagnostic d'infection de prothèse à un ou plusieurs micro-organismes a pu être retenu par le résultat de la sonication combiné à un seul prélèvement péri-prothétique positif (critère majeur). L'espèce la plus concernée était Staphylococcus epidermidis (11/30, 36.67%). En cas d'antibiothérapie, ce taux était de 13,7% [5,8-21,6] (10/73). Il n'y avait pas de différence significative en cas d'antibiothérapie pré-opératoire (p=0.960).ConclusionLa sonication des prothèses explantées lors d'un changement supposé septique a permis de poser le diagnostic d'infection certaine par un micro-organisme chez >5% des patients, qu'ils soient ou non pré-exposés aux antibiotiques. Ce résultat corrobore des données récentes sur le probable gain de sensibilité permis par l'utilisation conjointe de la culture des prélèvements standards et du liquide de sonication.Aucun lien d'intérêt
-BACKGROUND: Aneurysmal subarachnoid hemorrhage (aSAH) is a complex neurovascular syndrome with pro-found systemic effects associated with high rates of disability and mortality. Delayed cerebral ischemia (DCI), which encompasses all neurobiological events occurring in the subacute-late stage after aSAH, has a complex pathogenesis and can occur in the absence of instrumental vasospasm. Our aim was to assess the correlation between cerebrospinal fluid (CSF) lactate and glucose levels measured on the second or third day after aSAH with clinical deterioration caused by DCI and with 3-month functional outcome.-METHODS: This prospective study included all aSAH patients admitted between January 2020 and December 2021 who underwent external ventricular drain placement and CSF lactate and glucose measurement.-RESULTS: Among 133 aSAH patients, 48 had an external ventricular drain placed and early CSF lactate and glucose assessment. Independent predictors of symptomatic DCI were World Federation of Neurosurgical Societies grade IV-V (adjusted odds ratio [aOR] 25.8, 95% confidence in-terval [CI] 2.9-649.2, P = 0.012), elevated CSF glucose (aOR 28.8, 95% CI 3.3-775.2, P = 0.010), and elevated CSF lactate (aOR 14.7, 95% CI 1.9-205.7, P = 0.018). The only inde-pendent predictor of 3-month functional outcome was occurrence of symptomatic DCI (aOR 0.02, 95% CI 0.0-0.2, P = 0.01). -CONCLUSIONS: Elevated CSF lactate and glucose levels in the first 3 days following aSAH were independent predictors of subsequent DCI-related neurological impairment; the presence of instrumental vasospasm was not significantly correlated with DCI after multivariate adjustment. CSF lactate and glucose monitoring may represent a point-of-care test, which could potentially improve prediction of subacute neurological worsening and guide therapeutic choices. Further research with larger prospective cohorts is warranted.
Objective: To compare the prevalence of cardiovascular risk factors (CVRF) in patients with superior vestibular neuritis (SVN) versus the general French population, and to examine the possibility of vascular etiology in acute superior vestibular deficit. Material and methods: A single-center retrospective study compared the prevalence of hypercholes-terolemia, hypertension, diabetes, smoking, cardiovascular disease and atrial fibrillation between patients with SVN and the French general population. Inclusion criteria comprised: rotatory vertigo last-ing several days, without hearing impairment or neurological signs, with anterior and lateral semicircular canal involvement on video-Head-Impulse-Test (vHIT). A senior radiologist analyzed superior vestibular nerve and inner ear structure enhancement on cerebellopontine MRI. Results: One hundred and eighteen cases of SVN were included from May 2016 to February 2020. Sta-tistical analyses concerned 106 cases. The SVN population had significantly less hypercholesterolemia (RR = 0.40) than the general French population. There was no significant difference concerning other CVRFs. Superior vestibular nerve enhancement was observed on 84% of MRIs. Conclusion: Prevalence of CVRF was not higher in patients with SVN than in the general population. The present study highlighted involvement of the superior vestibular nerve more than of the anterior vestibular artery in SVN. (c) 2022 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Comparer la prévalence des facteurs de risque cardiovasculaire (FDRCV) chez des personnes atteintes d’une névrite vestibulaire supérieure (NVS) par rapport à la population générale française afin d’évoquer la possibilité d’une étiologie vasculaire lors d’une atteinte aiguë du territoire vestibulaire supérieur. Cette étude rétrospective monocentrique étudiait la prévalence de l’hypercholestérolémie, de l’hypertension artérielle, du diabète, du tabagisme, des maladies cardiovasculaires, et de l’arythmie cardiaque par fibrillation atriale chez des cas de NVS, et dans la population générale française. Les critères d’inclusion étaient la présence d’un vertige rotatoire durant plusieurs jours, sans atteinte auditive ni signe neurologique, avec une atteinte des canaux semi-circulaires antérieur et latéral au vidéo-Head-Impulse-Test (VHIT). Le rehaussement du nerf vestibulaire supérieur et des structures de l’oreille interne étaient analysés sur une IRM précoce des angles ponto-cérébelleux par un radiologue senior. Cent dix-huit cas de NVS étaient inclus de mai 2016 à février 2020. Les analyses statistiques concernaient 106 cas. La population de NVS présentait moins d’hypercholestérolémie (RR = 0,40) que la population générale française. Il n’y avait pas de différence concernant les autres FDRCV. Un rehaussement du nerf vestibulaire supérieur sur la séquence FLAIR était observé dans 84 % des IRM. Les patients atteints de NVS n’étaient pas plus porteurs de FDRCV que la population générale. Cette étude apporte plus d’arguments en faveur d’une atteinte du nerf vestibulaire supérieur que de l’artère vestibulaire antérieure dans la NVS.
BACKGROUND AND PURPOSE: Postprocedural dual-antiplatelet therapy is frequently withheld after emergent carotid stent placement during stroke thrombectomy. We aimed to assess whether antiplatelet regimen variations increase the risk of stent thrombosis beyond postprocedural day 1. MATERIALS AND METHODS: Retrospective review was undertaken of all consecutive thrombectomies for acute stroke with tandem lesions in the anterior circulation performed in a single comprehensive stroke center between January 9, 2011 and March 30, 2020. Patients were included if carotid stent patency was confirmed at day 1 postprocedure. The group of patients with continuous dual-antiplatelet therapy from day 1 was compared with the group of patients with absent/discontinued dual-antiplatelet therapy. RESULTS: Of a total of 109 tandem lesion thrombectomies, 96 patients had patent carotid stents at the end of the procedure. The early postprocedural stent thrombosis rate during the first 24?hours was 14/96 (14.5%). Of 82 patients with patent stents at day 1, in 28 (34.1%), dual-antiplatelet therapy was either not initiated at day 1 or was discontinued thereafter. After exclusion of cases without further controls of stent patency, there was no significant difference in the rate of subacute/late stent thrombosis between the 2 groups: 1/50 (2%) in patients with continuous dual-antiplatelet therapy versus 0/22 (0%) in patients with absent/discontinued dual-antiplatelet therapy (P?=?1.000). In total, we observed 88 patient days without any antiplatelet treatment and 471 patient days with single antiplatelet treatment. CONCLUSIONS: Discontinuation of dual-antiplatelet therapy was not associated with an increased risk of stent thrombosis beyond postprocedural day 1. Further studies are warranted to better assess the additional benefit and optimal duration of dual-antiplatelet therapy after tandem lesion stroke thrombectomy.
BACKGROUND:Cockayne syndrome is a progressive multisystem genetic disorder linked to defective DNA repair and transcription. This rare condition encompasses a very wide spectrum of clinical severity levels ranging from severe prenatal onset to mild adult-onset subtypes. The rarity, complexity and variability of the disease make early diagnosis and severity assessment difficult. Based on similar approaches in other neurodegenerative disorders, we propose to validate diagnostic and severity scores for Cockayne syndrome.METHODS:Clinical, imaging and genetic data were retrospectively collected from 69 molecularly confirmed CS patients. A clinical diagnostic score and a clinical-radiological diagnostic score for CS were built using a multivariable logistic regression model with a stepwise variable selection procedure. A severity score for CS was designed on five items (head circumference, growth failure, neurosensorial signs, motor autonomy, communication skills) and validated by comparison with classical predefined severity subtypes of CS.RESULTS:Short stature, enophtalmos, hearing loss, cataracts, cutaneous photosensitivity, frequent dental caries, enamel hypoplasia, morphological abnormalities of the teeth, areflexia and spasticity were included in the clinical diagnostic score as being the most statistically relevant criteria. Appropriate weights and thresholds were assigned to obtain optimal sensitivity and specificity (95.7% and 86.4% respectively). The severity score was shown to be able to quantitatively differentiate classical predefined subtypes of CS and confirmed the continuous distribution of the clinical presentations in CS. Longitudinal follow-up of the severity score was able to reflect the natural course of the disease.CONCLUSION:The diagnostic and severity scores for CS will facilitate early diagnosis and longitudinal evaluation of future therapeutic interventions. Prospective studies will be needed to confirm these findings.
Objective. - To analyze the morbidity of the practice of daily self-dilatation (SD) in patients undergoing total prostatectomy, who have had artificial urinary sphincter (AUS) for urinary incontinence (UI) and who have had a recurrence of endoscopically treated vesicourethral anastomosis (VUS) stenosis. Materials and method. - One hundred and thirty-eight patients with SUA for urinary incontinence (UI) fitted between 1998 and 2007 were divided into two groups. Thirty-five patients have had used self-dilatation (SD) for recurrent anastomotic stenosis (SD group) and 103 patients did not perform SD (non-SD group). These two groups were compared for explantation rate (erosion-infection), revision rate (urethral atrophy and mechanical failure) and 2-year functional results. The uni- and multivariate statistical analysis taken into consideration confounding factors such as age and radiotherapy history. The functional assessment was done by the validated IQoL, Ditrovie and MHU tests. Results. - Patients in both groups were comparable except for the importance of urinary incontinence assessed by PAD test and questionnaires. The explantation rate was significantly higher in the "SD" group (28.5% vs 7.77%) and (OR = 4.68, 95% CI [1.490-15.257], P= 0.006). There was no significant difference between the two groups in the surgical revision rate (32% vs 20%, OR =0.44, P=0.09). The functional results at two years did not show any significant difference. Conclusions. - The use of self-dilation for recurrence of stenosis of vesicourethral anastomosis after prostatectomy exposes patients fitted with an SUA to a higher explantation rate. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Nous avons récemment observé une prévalence élevée de myosite à inclusion dans une cohorte de patients atteints de syndrome de Sjögren (SS) primaire. La signification du SS chez les patients ayant une myosite est inconnue. L'anticorps anti 5′-nucléotidase 1A cytosolique (cN1A) a récemment été proposé comme biomarqueur de myosite à inclusion mais cet anticorps est aussi fréquent chez les patients ayant un SS. Son utilité pour le diagnostic de myosite à inclusion chez les patients atteints de SS et de myosite est inconnue. Ce travail a pour objectif de décrire la signification du SS chez les patients atteints de myosites. Dans cette étude monocentrique, les données des patients répondant aux critères EULAR/ACR 2017 de myosite, et évalués pour le SS (critères ACR/EULAR 2016) ont été analysées. Quatre-vingt-dix-neuf patients ont été inclus, couvrant l'ensemble des sous-groupes de myosite EULAR/ACR 2017, avec un suivi médian de 6 ans [extrêmes 1,0 à 37,5]. Les 34 patients ayant une myosite avec SS (myosite/SS + ) ont été comparés aux 65 patients ayant une myosite sans SS (myosite/SS-). Une myosite à inclusion était présente chez 24 % des patients myosite/SS+ contre 6 % du groupe myosite/SS- (p = 0,02). Aucun des patients présentant une myosite à inclusion n'a répondu au traitement immunomodulateur, qu'il soit atteint de SS ou non. L'anti-cN1A était plus fréquent chez les patients myosites/SS+ (38 % contre 6 %, p = 0,0005), indépendamment de la prévalence plus élevée de myosite à inclusion dans ce groupe (valeur p multivariée : 0,02). La spécificité des anticorps anti-cN1A pour le diagnostic de myosite à inclusion était de 0,96 [IC 95 %, 0,87–0,99] dans le groupe myosite SS- mais de seulement 0,70 [IC 95 %, 0,48–0,85] dans le groupe myosite/SS+. Chez les patients atteints de myosite, la présence d'un SS est associée à une plus forte prévalence de myosite à inclusion et de l'anticorps anti-cN1A de façon indépendante au diagnostic de myosite à inclusion. En conséquence, l'anti-cN1A a une spécificité basse pour le diagnostic de myosite à inclusion chez les patients atteints de myosite avec SS associé.
Biostatistics are omnipresent in the scientific and medical literature and are an essential skill for any health student. We have developed a practical training tool GMRC Shiny stats an interactive application specifically dedicated to medical data statistical analysis. The application has been designed to provide an analysis workflow corresponding to the usual progression of an experienced statistician during data analysis. The most common statistical analyses can be performed (descriptive statistics, inferences according to frequentist methods, survival analyses, correlation, agreement measurements, etc.). GMRC Shiny stats is intuitive and user-friendly and assists students in choosing the most appropriate statistical tests. With all these functionalities, students can learn statistical analysis by doing. Getting involved in the statistical analysis and processing of their own data is likely to improve their biostatistics skills. (C) 2020 Academie Nationale de Pharmacie. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Resume Objectif Analyser la morbidite de la pratique des autodilatations (AD) quotidiennes chez les patients operes d’une prostatectomie totale, appareilles par sphincter urinaire artificiel (SUA) pour incontinence urinaire (IU) et qui ont presente une recidive d’une stenose de l’anastomose vesico-uretrale (SAVU) traitee par voie endoscopique. Materiel et methodes Cent trente-huit patients appareilles par SUA pour IU entre 1998 et 2007 ont ete divises en deux groupes. Trente-cinq ont pratique des AD pour SAVU recidivante (groupe AD) et 103 patients n’ont pas realise d’AD (groupe sans AD). Ces deux groupes ont ete compares pour le taux d’explantation (erosion-infection), de revisions (atrophie uretrale et defaillance mecanique) et les resultats fonctionnels a 2 ans. L’analyse statistique en uni- et multivariee a pris en consideration les facteurs de confusions tels que l’âge et l’antecedent de radiotherapie. L’evaluation fonctionnelle a ete faite par les questionnaires valides IQoL, Ditrovie et MHU. Resultats Les patients des deux groupes etaient comparables sauf pour l’importance de l’incontinence urinaire evaluee par PAD test et les questionnaires. Le taux d’explantation etait significativement plus eleve dans le groupe « AD » ( 20,0 % (5,6–32,2) vs 4,85 % (0,30–11,5)) et , p = 0,008). Il n’a pas ete constate de difference significative entre les deux groupes pour le taux de revision chirurgicale (32 % vs 20 %, OR = 0,44, p = 0,09). Les resultats fonctionnels a deux ans ne montraient pas de difference significative. Conclusions La pratique des autodilatations pour recidive de stenose d’une anastomose vesico-uretrale postprostatectomie expose les patients appareilles par un SUA a un taux d’explantation plus eleve. Niveau de preuve 3.
Objective. - Structural epilepsy related to cerebral arteriovenous malformation (AVM) suggests different epileptogenic mechanisms. The aim of our study was to determine factors associated with epilepsy into a retrospective cohort of AVM patients. Patients and methods. - Ruptured and unruptured AVM data retrieved from a prospective single center registry (2009-2016) were retrospectively assessed. Demographic, clinical and radiological features were identified in AVM patients with or without epilepsy according to the International League Against Epilepsy classification. Results. - Epilepsy concerned 22 out of 80 consecutive patients with AVM (27.5%). Univariate analysis comparing both groups revealed a significant association of different variables with the structural epilepsy: young age (P=0.02), large nidus size (P=0.02), venous dilation (P=0.02), posterior cerebral artery (PCA) feeder (P< 0.001) and Spetzler-Martin grade (P=0.02). Based on multivariate analysis, only the PCA feeder was identified (OR= 5.2 [95% CI 1.1-24,5], P=0.04). Conclusion. - PCA feeder for cerebral AVM was significantly associated with structural epilepsy. The hypothesis of a vascular steal phenomenon to the detriment of internal temporal lobe vascularization could be related to the development of epilepsy. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
ObjectifsLa plupart des échographes intègrent un outil permettant d’afficher en temps réel la norme de la mesure en cours d’examen. Notre hypothèse était que cet outil influence l’échographiste au moment de la réalisation des mesures, en induisant une normalisation, c’est-à-dire une tendance vers le 50e percentile. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’utilisation d’un outil d’affichage de norme biométrique en échographie prénatale de dépistage.MéthodesNous avons mené une étude observationnelle, prospective, contrôlée et ouverte incluant toutes les patientes ayant bénéficié d’une échographie de dépistage, au 2e ou au 3e trimestre, aux hôpitaux universitaires de Strasbourg entre le 1er décembre 2017 et le 1er juin 2018. Les critères d’exclusion étaient la présence d’une anomalie morphologique ou caryotypique. L’outil testé correspondait à l’affichage de l’âge gestationnel dont la mesure correspond au 50e percentile. Les mesures étaient rétrospectivement transformées en Z-scores. Le critère de jugement principal était l’étude de la distribution des Z-scores.RésultatsNous avons inclus 3551 examens échographiques : 696 pour lesquels les mesures étaient réalisées avec l’outil et 2796 sans. Cinquante-neuf examens ont été exclus en raison d’anomalies morphologiques. Il n’y avait aucune différence statistiquement significative entre les distributions des Z-scores des mesures réalisées sans l’outil ou avec l’outil, quel que soit le paramètre étudié. Il n’y avait pas non plus de différence dans la détection des mesures pathologiques : inférieures au 10e percentile ou supérieures au 90e.ConclusionL’utilisation d’un outil d’affichage de norme ne semble pas délétère à l’examen biométrique mais à l’inverse, il ne semble pas utile.
Objectives. - Most of the ultrasound machines include a tool allowing real-time display of the standard value of the biometric measurement being taken. Our hypothesis was that this tool influences the sonographer as measurements are taken, by inducing a normalization, thus a tendency towards the 50th percentile. The objective of this study was to evaluate the impact of a real-time display of the standard value in prenatal ultrasound screening. Methods. - We conducted an observational, prospective, controlled and open study including all patients who underwent a prenatal ultrasound scan in the 2nd or 3rd trimester at the University Hospitals in Strasbourg between December 2017 and June 2018. Exclusion criteria were the presence of a fetal morphological abnormality or a karyotypic abnormality. The tool being tested was the real-time display on screen of the gestational age, of which the measurement corresponds to the 50th percentile. The measurements were retrospectively transformed into Z-scores. The main end-point was to compare the distribution of Z-scores between the groups. Results. - We included 3551 ultrasound examinations: 696 performed with the tool and 2796 performed without. Fifty-nine scans were excluded due to morphological abnormalities. There was no statistically significant difference between the Z-scores distributions of measurements performed with or without the tool, regardless of the parameter studied. There was also no difference in the detection of pathological measurements: below the 10th percentile or above the 90th percentile. Conclusion. - The use of such a tool does not seem to be detrimental to biometric screening, but on the other hand does not seem useful either. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Un outil pédagogique : la « micro-montre » inspirée du test « round-the-clock » a été utilisée pour cette étude. La « micro-montre » a permis de mesurer la progression des apprenants en microchirurgie par l’évaluation de scores et de durées de tests, mais aussi les compétences des chirurgiens déjà diplômés en microchirurgie. Quinze moniteurs (divisés en 3 sous-groupes) ont réalisé une fois le test « micro-montre ». Neuf étudiants d’un diplôme universitaire de techniques microchirurgicales ont effectué 9 fois le test « micro-montre » durant leur entraînement. Dans les 2 groupes, la stabilité et la manipulation des instruments ont été évaluées à l’aide un score de 1 à 3. La durée d’exécution du test a été mesurée en secondes. Tous les résultats ont été traités par des études statistiques. Concernant les moniteurs, on ne constatait pas de différence significative entre les 3 sous-groupes (internes, assistants et seniors) quant à l’évaluation de la stabilité, la manipulation des instruments ou la durée d’exécution du test. Concernant les étudiants, on observait : une amélioration significative de la proportion de mouvements fluides dans le temps pour la stabilité et la manipulation des instruments, et une amélioration du temps entre le premier et le dernier test. On ne constatait pas de différence significative au-delà du 4e test quant à l’évaluation la durée d’exécution. Cet outil « micro-montre » s’avère utile et validant à la fois pour l’enseignement de la microchirurgie et à la fois pour tester le maintien des compétences par les microchirurgiens diplômés. La « micro-montre » peut être un outil pédagogique très intéressant pour les DU de microchirurgie et pour la formation continue.
L’objectif de notre étude était de développer un score pour prédire le risque de césarienne en cas de déclenchement avec maturation cervicale. Nous avons utilisé les données d’une cohorte prospective multicentrique populationnelle nommée MEDIP, qui avait pour objectif de collecter des données nationales sur les pratiques de déclenchements du travail. Nous avons exclu dans notre étude l’ensemble des patientes présentant une grossesse gémellaire, une présentation non céphalique, un antécédent de césarienne, un accouchement prématuré ou un déclenchement sans maturation cervicale. Au total, 1692 patientes ont été analysées et réparties aléatoirement dans une cohorte de dérivation de 1024 patients (60 %) et une cohorte de validation interne de 668 patients (40 %). Les analyses statistiques ont été effectuées en utilisant une approche bayésienne. Les variables ayant une probabilité d’être associées à un accouchement par césarienne (Prob OR > 1) supérieure à 0,90 ont été entrées dans le modèle multivariate, puis maintenues dans le modèle final en fonction du critère d’information sur la déviance (DIC). Lorsqu’ils étaient disponibles, les résultats d’études antérieures ont été utilisés pour construire des priors informatifs sur le log(OR). Le score a été validé à l’aide d’une cohorte de validation interne et d’une cohorte de validation externe provenant de la base de données du Consortium for Safe Labor (base de données du NIH auprès de 19 hôpitaux aux États-Unis sur les accouchements de 2002 à 2008). La validation du modèle a été évaluée à l’aide de l’AUC et d’une représentation graphique de la calibration. Le score final est un score simplifié sur 50 points incluant la taille, l’indice de masse corporelle, l’âge gestationnel, la parité, la dilatation, l’effacement, la station de la tête fœtale, l’indication médicale, la suspicion de macrosomie, la rupture prématurée des membranes et l’anomalie de la vitalité fœtale. L’AUC dans les cohortes de dérivation et de validation interne était respectivement de 0,76 [0,73–0,79] et 0,74 [0,70–0,78]. Sur la cohorte de validation externe, l’AUC pour le score actuel, le score de Levine et le score de Bishop modifié était respectivement de 0,81 [0,79–0,82], 0,76 [0,75–0,78] et 0,75 [0,73–0,76]. Nous avons développé un score validé et efficace pour prédire le risque de césarienne après un déclenchement avec maturation cervicale.
Le bilan préchirurgical des patients épileptiques souffrant d’une forme réfractaire au traitement médical a pour objectif de délimiter la zone épileptogène (zone minimale à réséquer pour obtenir une disparition complète des crises). Il comprend une IRM cérébrale, une électroencéphalographie (EEG) voire une stéréo-EEG (SEEG), une TEP-TDM cérébrale au 18F-FDG et un bilan neuropsychologique. La SEEG est un examen invasif comprenant certains risques (chirurgicaux, infectieux, hémorragiques…). Des études ont trouvé des concordances entre l’hypométabolisme cérébral de la TEP au 18F-FDG à l’échelle d’une aire cérébrale et les résultats de la SEEG. Nous avons comparé le métabolisme de la TEP cérébrale au 18F-FDG en regard de chaque plot d’électrode de la SEEG situé dans la substance grise aux zones d’épileptogénicité décrites à la SEEG chez 15 patients opérés pour épilepsie réfractaire au traitement médical, afin d’évaluer si les variations fines du métabolisme étaient liées à ces zones. Parmi tous les patients opérés à Strasbourg pour épilepsie réfractaire au traitement médical entre février 2014 et décembre 2016, nous avons inclus les 15 patients qui avaient réalisé une TEP cérébrale au 18F-FDG, une IRM cérébrale et pour lesquels nous avons obtenu une relecture complète de la SEEG. Le suivi postopératoire était d’au moins un an. Le schéma des électrodes de SEEG a été fusionné avec l’IRM cérébrale et la TEP cérébrale au 18F-FDG. Pour chaque groupement de plots d’électrodes (GPE) situé dans la substance grise, le métabolisme de la TEP a été noté sur une échelle de 1 à 4 (hypométabolisme intense, hypométabolisme modéré, métabolisme normal, hypermétabolisme) et l’épileptogénicité a été analysée sur la SEEG et classée en 4 catégories (zone d’initiation, zone irritative, zone de propagation, zone saine). Un test de régression logistique a comparé le métabolisme de la TEP et les zones SEEG. La comparaison du métabolisme des 486 GPE aux zones d’épileptogénicité a permis de mettre en évidence une association entre la présence d’un métabolisme pathologique et la localisation des GPE dans les zones d’initiation et irritative et entre un métabolisme normal et la localisation des GPE dans la zone saine, avec des anomalies métaboliques progressivement plus présentes et plus intenses à proximité de la zone d’initiation. Les GPE hypermétaboliques ne semblaient pas être liées à une zone particulière décrite à la SEEG.
BACKGROUND AND PURPOSE: There are very few published data on the patency of carotid stents implanted during thrombectomies for tandem lesions in the anterior circulation. We aimed to communicate our experience of stenting in the acute setting with systematic follow-up of stent patency and discuss predictors and clinical repercussions of delayed stent thrombosis. MATERIALS AND METHODS: We performed a retrospective study of stroke thrombectomies in a single center between January 2009 and April 2018. Patient files were reviewed to extract patient characteristics, procedural details, imaging studies, and clinical information. Predictors of delayed stent thrombosis and clinical outcome at discharge were analyzed using univariate and multivariate analyses. RESULTS: We identified 81 patients treated for tandem lesions: 63 (77.7%) atheromas, 17 (20.9%) dissections, and 1 (1.2%) carotid web. TICI 2b-3 recanalization was achieved in 70 (86.4%) cases. Thirty-five patients (43.2%) were independent (mRS score <= 2) at discharge. Among 73 patients with intracranial recanalization and patent stents at the end of the procedure, delayed stent thrombosis was observed in 14 (19.1%). Among 59 patients with patent stents, 44 had further imaging controls (median, 105 days; range, 2-2407 days) and 1 (1.6%) had 50% in-stent stenosis with no retreatment. Stent occlusion rates were 11/39 (28.2%) for periprocedural aspirin treatment versus 3/34 (8.8%) for aspirin and clopidogrel (P = .04). Delayed stent thrombosis was independently associated with higher admission NIHSS scores (OR, 1.1; 95% CI, 1.01-1.28), diabetes (OR, 6.07; 95% CI, 1.2-30.6), and the presence of in-stent thrombus on the final angiographic run (OR, 6.2; 95% CI, 1.4-27.97). Delayed stent thrombosis (OR, 19.78; 95% CI, 2.78-296.83), higher admission NIHSS scores (OR, 1.27, 95% CI, 1.12-1.51), and symptomatic hemorrhagic transformation (OR, 23.65; 95% CI, 1.85-3478.94) were independent predictors of unfavorable clinical outcome at discharge. CONCLUSIONS: We observed a non-negligible rate of delayed stent thrombosis with significant negative impact on clinical outcome. Future studies should systematically measure and report stent patency rates.