Les nouvelles technologies, notamment financières ( fintechs et quasi-fintechs ), ne portent pas en elles-mêmes un positionnement moral défini. Cependant, leur usage, dans des contextes particuliers, tend à révéler leur impact potentiel sur les sociétés dans lesquelles elles sont utilisées. Cet article analyse des cas d’usage de technologies, notamment financières, dans le cas de la guerre en Ukraine, et montre comment celui-ci fait émerger l’étendue des potentialités d’usage de celles-ci, hors de ce qui est prévu (ou désiré) par leurs créateurs. Ce faisant, il montre que la nature multiforme, adaptative, malléable et générative de ces technologies conduit à une négociation constante de leur usage au niveau de l’ensemble des acteurs impliqués (utilisateurs, développeurs, régulateurs…). Ces exemples montrent que cet usage contribue à alimenter des systèmes de gouvernance polycentriques.
In this conceptual article, we propose to investigate the intrinsic motivations of wine appreciation platform user communities, such as Vivino. By helping to reduce the stress linked to the complexity of the purchasing and tasting experience, which we call wine stress, these technologies increase the pleasure of participating in the community and gamify the sharing of knowledge via the platform. At the same time, exposing the user both to social exposure within the community of wine enthusiasts, and thus to peer judgment, but also to cognitive dissonance in the tasting experience.
Notre contribution se situe sur un axe alternatif de recherche, encore peu investigué, autour de la question de la réhumanisation/déshumanisation qui résulterait de l’offre numérique de services financiers. À travers quatre études de cas originales (Chine, Vietnam, Europe et États-Unis), nous avons constaté que l’automatisation des routines par les fintech s, générant des économies d’échelle et de coûts de transaction, permettait aux opérateurs (banques, bigtech , telecom, IMF) une appropriation de ce supplément de valeur sous différentes formes. Parmi celles-ci, nos résultats suggèrent que la libération du temps consacré aux formalités bureaucratiques par les employés de ces institutions peut être réaffectée à la relation client et à la personnalisation des services proposés. Nous concluons que ce supplément de valeur peut contribuer à favoriser, de façon paradoxale, les interactions humaines (et par conséquent la réhumanisation) au sein de ces relations commerciales. Code JEL : O33, O35, G21, G30
Our contribution lies on an alternative axis of research, as yet scarcely investigated, focusing on the question of the rehumanization/dehumanization that would result from the digital offer of financial services. Through four original case studies (China, Vietnam, Europe and the United States), we found that the automation of routines by Fintechs, generating economies of both scale and transaction costs, allowed operators (banks, bigtech, telecom, MFIs) to capture this additional value in various forms. Among these, our results suggest that the time freed up from bureaucratic formalities by the institutions’ employees can be reallocated to customer relations and the personalization of the services offered. We conclude that this additional value can contribute to foster, in a paradoxical way, human interactions (and therefore rehumanization) within these business relationships.JEL Codes: O33, O35, G21, G30
Cette étude (en deux parties) aborde, détaille et décrypte ce qu’il est désormais possible de nommer un « cadre règlementaire » innovant pour et sur l’intelligence artificielle en Europe. Ce premier papier se concentre sur la description de ce qui est innovant et intéressant et le second sur les éventuels impacts managériaux et organisationnels que cet AIA pourraient déclencher au sein de nos écosystèmes de plus en plus data-centrés.
Crowdfunding is often considered to be a more prosocial than traditional means of financing. In order to analyze and validate this assumption, we explore the social mechanisms of reward-based crowdfunding present in four illustrative campaigns. We propose a typology of the tools, mechanisms, and organizational methods used in these fundraising initiatives and show how entrepreneurs can use a combination of rules, communication, and the stated philosophy or purpose of their venture not only to succeed but also sometimes to engage in free-riding behavior.
Cet article appréhende le domaine de l’adoption des technologies de l’information. Il s’appuie sur le séquençage entre adoption primaire et adoption secondaire (Gallivan, 2001) puis il l’adapte à l’adoption individuelle et organisationnelle. A l’inverse des modèles traditionnels de l’adoption des outils de gestion, les technologies avec effets de réseau, dont l’utilité marginale s’accroit lorsque la base d’utilisateur augmente (messagerie, e-paiement, visioconférence, etc.), l’acceptation initiale par les utilisateurs est liée à la perception d’une masse critique d’usagers potentiels. Ces technologies sont appelées technologies latentes lorsqu’elles sont préinstallées ou aisément déployables. La crise sanitaire actuelle met notamment en lumière des succès rapides et massifs (WhatsApp, Teams, etc.). Elle impose de repenser et d’inverser les modèles d’adoption en proposant une séquence où les technologies latentes sont d’abord adoptées par les utilisateurs avant que l’organisation ne les intègre et valide ex post.
Crowdfunding is considered as a naturally prosocial means of financing. However, this prosocial and benevolent side of crowdfunding is rarely questioned. Through the study of four very different campaigns, this article offers a discussion of the drivers of instrumentality in crowdfunding governance. The authors aim to determine which arrangement of crowdfunding benefits which actor in terms of governance, and by what means.
Le crowdfunding est aujourd’hui perçu comme un mode de financement socialement bénéfique. Mais la question de cette bienveillance sociale n’est en fait que rarement posée. Par l’étude de quatre campagnes de crowdfunding très différentes, cet article offre une discussion des déterminants fondamentaux relatifs à l’instrumentalisation du crowdfunding au travers de sa gouvernance.
Cet article a pour objectif de discuter des mécanismes de contrôle en œuvre dans les projets de crowdfunding et des innovations sociales spontanées qui en résultent. Les mécanismes de régulation issus des théories du contrôle semblent ici inopérants du fait de la faible implication financière des communautés de pourvoyeurs de ressources, de leur manque d’accès à l’information pertinente, et de leur atomicité. Ces mécanismes traditionnels sont remplacés par des innovations spontanées en termes de normes, de comportements, et d’institutions sociales émergentes, qui doivent être efficaces tout en garantissant la génération d’un capital social permettant la réussite des projets. Cet article aborde le phénomène de crowdfunding par les concepts issus du courant néo-institutionnaliste étendu au travers en particulier de la notion de travail institutionnel. Cette exploration nous conduit à proposer une grille de lecture de l’action des parties prenantes du crowdfunding au travers du prisme liant capital social et travail institutionnel. Codes JEL : G39, M14, G21, O16
The FinTech revolution captures the simultaneous attack of a large number of technologies, notably mobile telephones and blockchain, which are ushering in efficiency or outreach to multiple niche markets. The use of mobile telephone technology has expanded Internet reach to the excluded, created possibilities for business where banks were not historically present and is potentially disruptive. The blockchain technology threatens to be even more disruptive as it may pull the carpet from under the monetary system as well as the property rights as we know them today. The proliferation of actors and innovators has created a confused landscape resulting in different possible scenarios, where banks may freeze, fight, form alliances with challengers, or be forced into flight by the BigTech.
Cet article s’interesse aux fondements des pratiques de comptabilite creative, ou comptabilite d’intention, mises en œuvre dans certaines entreprises, en soulignant notamment l’opportunisme du dirigeant. A travers une etude de cas menee dans le secteur automobile francais, il montre les effets de ces pratiques sur l’espace discretionnaire des dirigeants et la communication financiere des entreprises non cotees. L’article explique comment la comptabilite d’intention, parfois a la limite de la fraude, implique une modification de la realite percue par les parties prenantes.
Cet article s’interesse aux fondements des pratiques de comptabilite creative, ou comptabilite d’intention, mises en œuvre dans certaines entreprises, en soulignant notamment l’opportunisme du dirigeant. A travers une etude de cas menee dans le secteur automobile francais, il montre les effets de ces pratiques sur l’espace discretionnaire des dirigeants et la communication financiere des entreprises non cotees. L’article explique comment la comptabilite d’intention, parfois a la limite de la fraude, implique une modification de la realite percue par les parties prenantes.
Peut-on faire mentir les chiffres ? L'embellissement des informations financières par la comptabilité d'intentionCet article s'intéresse aux fondements des pratiques de comptabilité créative, ou comptabilité d'intention, mises en oeuvre dans certaines entreprises, en soulignant notamment l'opportunisme du dirigeant.À travers une étude de cas menée dans le secteur automobile français, il montre les effets de ces pratiques sur l'espace discrétionnaire des dirigeants et la communication financière des entreprises non cotées.L'article explique comment la comptabilité d'intention, parfois à la limite de la fraude, implique une modification de la réalité perçue par les parties prenantes.
Les liberalites a la disposition des dirigeants en termes de reporting societal permettent a ces derniers d'orienter leurs comptes annuels et la representation de l'organisation qu'ils pilotent. La realite extra financiere de l'entreprise devient a la fois un mirage et une prophetie autorealisatrice pour un grand nombre de parties prenantes, en recherche d'indicateurs permettant de s'informer sur l'interet de la transaction et les risques encourus. Si l'obligation de diffusion d'indicateurs environnementaux et sociaux a permis de realiser des progres certain dans la prise en compte de l'information extra financiere, celle-ci n'est pas encore totalement aboutie. A travers deux etudes de cas, nous posons la question des marges de manœuvre des dirigeants par rapport a l'elaboration de leur reporting societal.
Résumé Avec le Web 2.0, les entreprises découvrent une nouvelle contrainte qui est celle de la gestion de leur réputation électronique (e-réputation) et ses incidences directes sur les volumes de transaction et/ou les coûts de transaction qui leur sont inhérents. Les acteurs du secteur de l’hôtellerie, compte-tenu de l’évolution des processus de recherche d’information et d’achat des clients dans ce secteur doivent être spécialement attentifs à ce nouvel outil de gouvernance qu’est l’e-réputation.