Une colostomie de dérivation digestive est souvent proposée lors de la prise en charge aiguë des dermo-hypodermites bactériennes nécrosantes périnéales afin de limiter la contamination des plaies. Cependant, le bénéfice lié à sa réalisation reste débattu. L'objectif de notre étude est de déterminer l'impact de la colostomie de dérivation digestive sur la morbi-mortalité au sein d'une nouvelle et large cohorte de patients. Une étude rétrospective monocentrique a été conduite dans notre centre hospitalo-universitaire. Tous les patients âgés de plus de 18 ans atteints de dermo-hypodermite bactérienne nécrosante depuis 1990 ont été inclus. La recherche de la population d'étude a été réalisée grâce au logiciel institutionnel « EDSaN ». Le taux de mortalité, la durée d'hospitalisation, la durée de cicatrisation et le nombre de procédures d'excisions chirurgicales ont été comparés entre les patients avec et sans colostomie. Le type de dérivation digestive et sa morbi-mortalité ont fait l'objet d'analyses descriptives. L'étude a obtenu l'accord du comité institutionnel d'évaluation des projets de recherche (no 980). Quatre-vingt-neuf patients ont été inclus, 59 ont eu une excision chirurgicale avec colostomie et 30 une excision chirurgicale seule. L'usage d'amines vasopressives était significativement plus important chez les patients colostomisés, sans autre différence. La mortalité, la durée de cicatrisation et le nombre d'excisions chirurgicales n'étaient pas différentes entre les groupes. La durée d'hospitalisation était significativement plus longue dans le groupe avec colostomie. La mortalité et la durée d'hospitalisation semblaient plus élevées en cas de colostomie transverse par rapport à gauche, ainsi qu'en cas de réalisation dans les 3 premiers jours par rapport à plus tardivement. Une complication est survenue chez 41 % des patients colostomisés, dont 25 % d'entre elles à risque vital. Le taux de colostomies définitives s'élevait à 31 % et le temps médian de rétablissement était de 159 jours (Tableau 1, Tableau 2 et Fig. 1). Le bénéfice de la colostomie dans la dermo-hypodermite bactérienne nécrosante périnéale était incertain, sans impact en survie. Au contraire, la colostomie était associée à une durée d'hospitalisation majorée avec une morbidité spécifique. En cas d'indication impérative, nous plaidons pour une colostomie latérale gauche coelioscopique différée. Une alternative mini-invasive de dérivation digestive par cathéters transrectaux pourrait limiter cette morbidité.
Les bandelettes sous-urétrales (BSU) peuvent conduire à des complications nécessitant une ablation/section de BSU (a/sBSU) dans 3,3 % des cas à 9 ans. Ces complications ont mené à des polémiques, conduisant à des retraits ou des restrictions d'accès dans plusieurs pays. L'objectif de cette étude est d'étudier le devenir des patientes après a/sBSU. Il s'agit d'une étude rétrospective descriptive multicentrique française (5 centres), menée de 2006 à 2021, sur des patientes ayant nécessité une a/sBSU. Nous avons classé les patientes selon 5 présentations initiales : exposition urétrale, exposition vaginale, exposition vésicale, troubles de vidange, douleurs. L'objectif principal était d'évaluer l'efficacité d'une a/sBSU sur la prise en charge (PEC) du symptôme initial. Les Objectifs secondaires étaient d'étudier : a) la prise en charge globale de l'incontinence urinaire (IU) ; b) l'efficacité du traitement de l'IUE récidivée ; c) le taux de récidive d'IUE ; d) la prise en charge spécifique en fonction du symptôme. Cent soixante-dix-neuf patientes, d'âge moyen 61,7 ans, ont été incluses après a/sBSU, 83,5 % ont eu une guérison ou amélioration partielle de leurs symptômes. Dans la population de l'étude : 33,3 % des patientes ont nécessité un traitement par une nouvelle BSU, 12,1 % des patientes un sphincter artificiel urinaire (SAU) et 17,1 % des patientes un traitement anticholinergique. Après la PEC, 89,5 % patientes sont continentes. Après a/sBSU, 46 % des patientes ont récidivé sous forme d'une IUE : 66,3 % ont nécessité une BSU pour hypermobilité urétrale et 19,7 % un SAU. Dans le groupe exposition urétrale, on observe plus de recours au SAU (58,3 % vs 12,1 % ; p = 0,006) et moins aux BSU (7,1 vs 33,3 % ; p = 0,04). Dans le groupe exposition de vessie, on constate plus de recours aux anticholinergiques (66,7 % vs 17,1 % ; p = 0,01), puisque 83 % ont présenté une HAV (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3). L'a/sBSU permet de résoudre, dans 83,5 % des cas, la complication survenue initialement. En centre expert, la pose d'une nouvelle BSU reste possible et est l'option la plus utilisée en cas d'incontinence par hypermobilité urétrale. Le choix d'une autre PEC (SAU, NMS…) est dicté par la présentation clinique. Cette étude permettra d'informer les patientes nécessitant a/sBSU après la survenue d'une complication.
Évaluer les résultats fonctionnels des manchettes de sphincter urinaire artificiel (SUA) de 3,5 cm par rapport aux manchettes de 4 à 4,5 cm chez l'homme. Analyse rétrospective d'une base de données française multicentrique des poses de SUA chez l'homme entre 1991 et 2020. Critères d'exclusion : manchette > 4,5 cm, suivi < 6 mois. Critère de jugement principal (CJP) : taux d'explantation de SUA ; critères de jugement secondaires : taux de continence sociale à la fin du suivi, complications postopératoires selon Clavien-Dindo, taux d'érosion de SUA. La cohorte a été divisée en deux groupes : manchettes de 3,5 cm (A) vs manchettes de 4 à 4,5 cm (B). Analyse statistique sur le CJP : statistiques descriptives, analyse de survie sans explantation selon Kaplan–Meier et modèle de Cox. Sur les 1253 patients analysés, 710 ont été inclus (A : n = 73 ; B : n = 637). Âge médian : 70 ans (65–75) ; suivi médian : 34 mois (17–64). Le taux d'explantations de SUA était supérieur dans le groupe A que dans le groupe B (A : n = 26 (35,6 %) vs B : n = 150 (23,5 %), p < 0,05) avec une survie sans explantation plus courte dans le groupe A que dans le groupe B (HR = 1,8 [1,1–3,1]). De plus, le taux de continence sociale à la fin du suivi était inférieur dans le groupe A (A : n = 30 (41,1 %) vs B : n = 342 (53,7 %) ; OR = 0,43 [0,2–0,9], p < 0,05) et le taux de complications postopératoires était supérieur dans le groupe A que dans le groupe B (A : n = 15 (20,5 %) vs B : n = 68 (10,7 %) ; OR = 2,2 [1,1–4,2], p < 0,05). En revanche, le taux d'érosion de SUA n'était pas significativement différent entre les deux groupes (A : n = 12 (16,4 %) vs B : n = 73 (11,5 %) ; OR = 1,5 [0,7–3,0], p = 0,25) (Fig. 1, Fig. 2) Dans cette étude, les manchettes de SUA de 3,5 cm ont montré un taux d'explantation et de complications postopératoires plus important que les manchettes de tailles supérieures, tout en aboutissant à taux de continence sociale inférieure. En revanche, il n'a pas été mis en évidence de différence en termes d'érosion urétrale entre ces différentes tailles de manchettes.
La dérivation transiléale non continente après cystectomie, l'un des traitements du cancer vésical, est réalisée selon deux principales techniques d'anastomose urétéro-iléales : le Wallace et l'anastomose urétéro-iléale séparée (AUIS). Parmi ses complications tardives, la sténose anastomotique n'est pas rare, et parfois pourvoyeuse de réhospitalisations itératives voire de réinterventions chirurgicales. Notre étude vise à comparer la prévalence de sténoses anastomotiques bénignes (SAB) selon la technique utilisée. Nous avons inclus rétrospectivement 241 patients traités par cystectomie radicale pour tumeur vésicale avec dérivation transiléale non continente, réalisées entre janvier 2015 et décembre 2021, dans 3 centres. Le critère de jugement principal était l'évènement SAB, défini par une dilatation urétéro-pyélocalicielle en amont de l'anastomose, sans argument histologique pour une récidive tumorale, avec indication clinique à un drainage des excrétrices supérieures, ou avec élément objectif d'obstruction (scintigraphie MAG3, rein détruit au scanner). Nous avons recueilli la technique chirurgicale, les principales comorbidités et antécédents, le statut anatomopathologique, la fonction rénale pré et postopératoire, les complications postopératoires précoces et tardives. Parmi les 241 patients, l'anastomose a été réalisée chez 114 patients selon Wallace (47,3 %) et chez 127 patients en AUIS (52,7 %). La durée moyenne de suivi était de 3 ans. L'âge médian était de 66 ans [60;73] ; l'IMC moyen était à 26,5. Cinquante-six patients (23 %) étaient artériopathes ; 48 patients (20 %) étaient diabétiques ; 70 (29 %) avaient un antécédent de chirurgie abdominopelvienne ; 14 patients (5,8 %) présentaient un antécédent de radiothérapie abdominopelvienne. Les groupes Wallace et AUIS incluaient respectivement 217 et 252 unités rénales. Nous avons observé 43 (19,8 %) unités rénales atteintes de SAB dans le groupe Wallace versus 24 (9,5 %) dans le groupe AUIS (p = 0,001). Au total, le diagnostic de SAB a été posé chez 27 (23,7 %) patients du groupe Wallace versus 17 (13,4 %) patients du groupe AUIS (p = 0,039). Notre étude monte que l'AUIS est moins pourvoyeuse de SAB que l'anastomose selon Wallace, avec une significativité plus marquée lorsqu'on analyse chaque unité rénale séparément. D'autres facteurs techniques, notamment la réalisation de points séparés plutôt qu'un surjet, ou encore le fil utilisé pour l'anastomose, tendent à avoir un impact sur la survenue de SAB, bien que non significatif.
Le sphincter artificiel urinaire AMS-800 (SAU) est le traitement de référence de l'incontinence urinaire d'effort (IUE) sévère de l'homme. Une récidive de l'IUE peut résulter d'une dysfonction non mécanique du dispositif (DNM). Celle-ci a longtemps été attribuée à une atrophie urétrale dont l'existence même est désormais débattue. L'objectif était de comparer les différentes techniques de révision en cas de DNM d'un SAU chez l'homme. Les dossiers des hommes opérés d'une implantation de SAU entre 1991 et 2020 dans 10 centres ont été revus rétrospectivement. Les patients inclus ont bénéficié d'une révision pour DNM définie par la persistance ou la récidive d'IUE avec un ballonnet rempli, sans érosion ni infection. Les stratégies de révision étaient divisées en : changement de la manchette pour une plus petite (DOWNSIZING), relocalisation de celle-ci (RELOC), implantation d'une deuxième manchette (TANDEM-CUFF), changement de manchette avec une de même taille au même endroit (CHANGE), changement du ballonnet pour un de pression plus élevée (BALLOON-UP). Le critère de jugement principal était la continence à 3 mois. Cent quarante-trois patients furent inclus : 99 DOWNSIZING, 3 BALLOON-UP, 10 RELOC, 13 TANDEM-CUFF, 18 CHANGE. Le taux de complications à 30 jours était similaire dans tous les groupes (p = 0,99). Les taux de continence complète à 3 mois étaient de 69,5 % ; 100 % ; 69,2 %, 70,6 % dans les groupes DOWNSIZING, RELOC, TANDEM-CUFF et CHANGE, donc meilleur dans le groupe RELOC vs DOWNSIZING (p = 0,04). Le changement complet du SAU, comparé au changement d'un seul composant, était associé à une meilleure continence à 3 mois (OR :2,7 ; CI95 % : 1,1–7,1 ; p = 0,03). Le suivi médian était de 80 mois. Les survies sans réintervention et sans explantation à 5 ans étaient respectivement de 63,4 % et 75,9 %, sans différence significative entre les techniques de révision (p = 0,16 ; p = 0,30). Celles-ci étaient significativement plus longues dans le groupe changement complet, quelle que soit la technique de révision (p = 0,03 ; p = 0,047). Cette étude multicentrique est la plus large, à ce jour, ayant comparé les Résultats des différentes stratégies de révision pour DNM d'un SAU. L'ensemble des stratégies apparaissent efficaces. La stratégie RELOC retrouvait de meilleurs Résultats fonctionnels. Le changement de la totalité du matériel lors de la révision améliorait les Résultats fonctionnels et les survies sans réintervention et sans explantation.
L'objectif de cette étude était d'évaluer l'association entre le niveau de 5 marqueurs urinaires (NGF, BDNF, TIMP-2, TGF-B1 et PGE2) et les caractéristiques des patients souffrant d'hyperactivité vésicale (HAV) par hyperactivité détrusorienne ainsi que leur association éventuelle avec la réponse au traitement. Une étude prospective monocentrique a été menée entre mars 2015 et juin 2017 incluant tous les patients atteints HAV ayant consulté consécutivement pour examen urodynamique et chez qui ce dernier révélait une hyperactivité détrusorienne. À la fin de la période d'inclusion, les prélèvements urinaires étaient décongelés pour réalisation des dosages de NGF, BDNF, TIMP-2, PGE2, TGF-B1 à l'aide de kits ELISA dédiés. L'association entre taux de marqueurs urinaires et caractéristiques des patients était recherchée. Quarante-trois patients ont été inclus tous ayant une HAV non-neurogène sous-tendue par une hyperactivité détrusorienne urodynamique. Les patients souffrant de syndrome anxiodépressif avaient un taux significativement plus élevé de NGF/Cr (2,04 vs 0,07 pg/mg de créatinine ; p = 0,006) et un taux significativement plus faible de PGE2/Cr comparé aux autres patients (40,6 vs 83,4 pg/mg de créatinine ; p = 0,008). Il n'y avait aucune autre association statistiquement significative entre marqueurs urinaires et caractéristiques des patients. Il n'y avait pas non plus d'association entre les niveaux de marqueurs urinaires et la réponse aux anticholinergiques. En revanche les patients ayant répondu à la neurostimulation tibiale postérieure (NSTP) avaient un niveau significativement plus faible de BDNF/Cr (3,5 vs 7,6 pg/mg de créatinine ; p = 0,03) (Tableau 1, Fig. 1, Fig. 2). Dans cette étude il existait une signature moléculaire dans le sous-groupe des patients souffrant de syndrome anxiodépressif avec un taux plus élevé de NGF et un taux plus faible de PGE2 comparé aux autres patients. Ces résultats renforcent l'hypothèse d'un phénotype d'HAV associé à anxiété/dépression avec une physiopathologie spécifique. Le BDNF/Cr pourrait être prédictif de la réponse à la NSTP.
L'Implantation robot-assistée du sphincter artificiel urinaire AMS-800 (SAU) chez la femme s'est considérablement développée dans plusieurs pays. Cependant, les données sur le sujet restent relativement limitées. L'objectif de cette étude était de rapporter les résultats périopératoires et fonctionnels de l'implantation robot-assistée du SAU chez les femmes souffrant d'incontinence urinaire d'effort (IUE) par insuffisance sphinctérienne. Toutes les patientes ayant eu une implantation robot-assistée de SAU selon une technique standardisée (approche antérieure) entre 2013 et 2022 dans seize institutions européennes ont été incluses dans une étude rétrospective. L'indication de l'implantation d'un SAU était l'incontinence urinaire d'effort de type III par insuffisance sphinctérienne définie par la combinaison d'une faible pression de clôture ou Valsalva Leak Point Pressure et de fuites objectivées à la toux avec un urètre peu mobile. Le critère d'évaluation principal était le résultat fonctionnel catégorisé en continence complète (0 protection), améliorée ou inchangée. Cent quatre-vingt-deux patients ont eu une implantation robot-assistée d'un SAU. Les caractéristiques des patients sont résumées dans le Tableau 1. Il y a eu 26 complications peropératoires (15,6 %) : 14 plaies du col vésicale et 12 plaies vaginales. Les chirurgiens ont poursuivi l'implantation dans tous les cas de plaie peropératoire sauf un. Trente-huit patients ont présenté des complications postopératoires (22,3 %) mais seulement dix avaient une complication Clavien ≥ 3 (5,5 %). Après un suivi médian de 12 mois, 11 explantations de SAU ont été nécessaires (6,1 %) dont 8 pour extrusion urétrale ou exposition vaginale (4,4 %). La survie sans explantation à 5 ans a était de 88,8 %. Lors de la dernière visite de suivi, 152 patientes étaient sèches (83,5 %), 15 étaient améliorés (8,2 %) et 15 étaient inchangés (8,2 %) (Fig. 1). Dans cette grande série internationale multicentrique, l'implantation robotique du SAU chez la femme était associée à des résultats périopératoires et fonctionnels prometteurs. Cette série confirme la reproductibilité de la technique robotique « antérieure » d'implantation du SAU chez la femme.
La pandémie de COVID-19 a perturbé fortement l’organisation des soins. Notre objectif était de rapporter le nombre de codages de tous les actes chirurgicaux urologiques dans les établissements de santé publics et privés français en 2019, 2020 et 2021 afin de (i) quantifier la variation d’activité chirurgicale liée à la crise en 2020 et (ii) étudier le rattrapage éventuel des actes sur l’année 2021. Pour chaque acte chirurgical classant Classification commune des actes médicaux (CCAM) relatif au domaine de l’urologie, le nombre de codages réalisés en 2019, en 2020 et en 2021 en établissement public et privé a été extrait de la base de données en libre accès de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH). Les 453 actes chirurgicaux ont été répartis en 9 catégories : cancérologie, lithiase, organes génitaux externes, haut appareil, vessie, hypertrophie bénigne de prostate (HBP), traumatologie, urologie fonctionnelle (pelvi-périnéologie/neuro-urologie/incontinence), et transplantation. L’impact du COVID a été analysé par la variation 2020/2019 (année de référence), et le rattrapage post-COVID par la variation 2021/2019. Les établissements publics ont subi une baisse d’activité de 13,2 % en 2020, contre 7,5 % dans le privé, variable selon les thématiques ( Tableau 1 ). La pelvi-périnéologie et les chirurgies bénignes furent sévèrement impactées, la cancérologie restant relativement préservée, en accord avec les recommandations. La chirurgie de l’HBP et de la lithiase furent beaucoup moins impactées dans le secteur privé notamment pour l’urétéroscopie. L’analyse des données 2021 montre un rattrapage d’activité supérieur dans le secteur privé dans quasiment tous les domaines, notamment en onco-urologie, à l’exception notable des cystectomies carcinologiques. La chirurgie du prolapsus et de l’incontinence, impactés par ailleurs par les arrêtés ministériels d’encadrement des pratiques, restait réduite en 2021 sans aucun rattrapage. L’activité de transplantation restait aussi significativement réduite. La diminution d’activité chirurgicale urologique fut beaucoup plus importante dans le secteur public en 2020, avec une préservation de la cancérologie. Les données 2021 montrent un rattrapage d’activité notablement plus élevé dans les établissements privés, à l’exception notable de la chirurgie de l’incontinence et du prolapsus, également impactés durant cette période par des mesures d’encadrement restrictives.
La réhabilitation améliorée en chirurgie, via différents protocoles et une prise en charge multimodale, a pour but de diminuer la réponse au stress chirurgical et d’améliorer le rétablissement postopératoire. Notre objectif était d’évaluer l’impact médicoéconomique dans un centre universitaire du protocole RAC en cancérologie urologique. Étude rétrospective, descriptive, monocentrique et comparative de type avant-après l’implémentation du protocole RAC portant sur les années 2019 et 2020 et concernant les patients opérés par voie robot-assistée d’une prostatectomie radicale ou d’une néphrectomie (partielle ou totale) dans un contexte carcinologique. Le critère de jugement principal était la durée moyenne de séjour (DMS). Les critères de jugements secondaires comprenaient notamment les ré-hospitalisations à 30 jours, les complications postopératoires, les décès à 90 jours, l’évolution oncologique à 6 mois ainsi que les coûts engendrés. Au total, 243 patients ont été inclus entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2020. L’analyse statistique a été réalisée séparément selon le type de chirurgie. La DMS des patients inclus dans le protocole RAC était diminuée en moyenne de 0,89 jours IC95 % [−1,70 ; −0,08], p = 0,03 pour les néphrectomies et de 2,17 jours IC95 % [−3,72 ; −0,62], p < 0,01 pour les prostatectomies, par rapport aux patients non RAC. Il n’y avait pas plus de ré-hospitalisations, de complications, de décès ou de récidive oncologique. L’analyse médicoéconomique objectivait une diminution significative des coûts dans le cadre du protocole RAC. Notre expérience du protocole RAC en cancérologie urologique dans un centre universitaire confirme la diminution de la DMS et des coûts sur le plan médicoéconomique, sans noter d’augmentation du taux de ré-hospitalisation précoce ou de complications postopératoires.
Le sphincter urinaire artificiel (SUA) est reconnu comme un traitement de référence de l'incontinence urinaire d'effort (IUE) chez l'homme. Toutefois, il reste peu proposé aux sujets âgés notamment en raison du manque de données dont nous disposons sur le sujet. Notre étude a pour objectif d'étudier l'efficacité, la sécurité et la survie sans reprise chirurgicale du SUA chez l'homme âgé non neurologique. Nous avons rétrospectivement étudié le dossier de toutes les implantations de SUA dans 13 centres entre 1991 et 2020. Nous avons comparé l'efficacité, les complications et les reprises chez les sujets de plus de 75 ans (groupe 75+) et de moins de 75 ans (groupe 75−). Notre critère principal était l'efficacité du traitement évaluée sur la continence sociale (0 à 1 protection quotidienne). Nous avons réalisé des analyses de survie sans reprise, et sans érosion spécifiquement. Nous avons également recherché les facteurs de mauvaise continence postopératoire et de survenue d'érosion par régression logistique ainsi que les facteurs prédictifs de reprise précoce par modèle de Cox. Au total, 1233 patients ont été inclus, dont 330 patients dans le groupe 75+. La continence postopératoire était équivalente (74,4 % vs 80,1 %, p = 0,114) [Tableau 1]. Le groupe 75+ a présenté plus de complications (18,8 % vs 12,6 %, p = 0,014) mais moins graves (11,8 % de grade Clavien-Dindo ≥ 3b vs 28,4 %, p = 0,025). Les courbes de survie sans reprise étaient comparables (p = 0,076) [Fig. 1]. Cependant, le groupe 75+ présentait une moins bonne survie sans explantation (p < 0,0001) [Fig. 2]. Seule l'incontinence post-endourologie ou thérapie focale a été identifiée comme facteur de mauvaise continence postopératoire (OR = 0,36, p = 0,03). Les facteurs prédictifs de reprise chirurgicale précoce étaient le volume annuel du centre (HR = 1,06, p = 0,009) et la position transcaverneuse de la manchette (HR = 2,66, p < 0,001). Les facteurs de survenue d'érosion retrouvés étaient l'âge de plus de 75 ans (OR = 1,56, p = 0,03) et l'exposition à la radiothérapie pelvienne (OR = 1,75, p = 0,01). L'implantation d'un SUA chez le sujet de plus de 75 ans semble être une option thérapeutique efficace pour traiter l'IUE avec peu de risques postopératoires précoces. Toutefois, nous avons observé un taux d'explantations précoces plus élevé, probablement secondaire aux infections et érosions de matériel. Ces résultats permettent d'enrichir l'information donnée aux patients et d'argumenter la décision thérapeutique.
Le sphincter urinaire artificiel (SUA) est le traitement de référence de l’incontinence urinaire masculine, mais est grevé d’un taux de complications important. L’objectif de cette étude était de rechercher les facteurs de risque d’explantation de SUA dans une large cohorte multicentrique. Nous avons étudié, rétrospectivement, une base multicentrique française regroupant les implantations d’un SUA chez des patients de sexe masculin oncologique entre 1991 et 2020. Les patients neurologiques étaient exclus. Une analyse de survie de Kaplan Meier a été réalisée, puis une analyse de Cox multivariée pour rechercher les facteurs associés à la survie sans explantation. Nous avons inclus 1003 patients porteurs de SUA, parmi lesquels 281 ont eu une explantation. Le délai d’explantation moyen était de 38 mois, principalement pour infection et érosion. La survie médiane sans explantation était de 83 mois. Les facteurs de risques d’explantation en analyse univariée étaient l’âge > 75 ans (34,6 % chez les explantés vs 25,8 % chez les non explantés, p = 0,007), un antécédent de radiothérapie pelvienne (43,5 % vs 31,3 %, p = 0,001), et la prise d’anticoagulants (15 % vs 8,6 %, p < 0,001). En régression logistique multivariée, le seul facteur de risque significatif était la radiothérapie (OR 2,05, p < 0,05). En analyse de Cox multivariée les deux seuls facteurs associés à la survie sans explantation était l’implantation d’une manchette transcaverneuse (OR 1,70, p = 0,01) et le volume d’implantation annuel du centre (OR = 1,08 ; p = 0,02). Dans cette large cohorte multicentrique, la position transcaverneuse de la manchette et le volume d’implantation annuel du centre étaient les deux facteurs associés à la survie sans explantation. L’explication la plus probable est que ces deux variables reflétaient la complexité des cas : urètre fragile, patients multiopérés… ( Fig. 1 , Fig. 2 , Fig. 3 )
Avant chirurgie, le consentement éclairé du patient est indispensable. YouTube, comme de nombreux réseaux sociaux, est devenu un moyen d’information majeur pour la population. Cependant, la fiabilité des informations y est discutable car le partage de vidéos n’est soumis qu’à un contrôle de sécurité et non de qualité. Notre objectif était d’évaluer la qualité de l’information disponible pour les patients sur Youtube concernant le HoLEP. Il s’agit d’une étude descriptive. Nous avons passé en revue 472 vidéos répondant au terme « HoLEP » sur YouTube le 24/12/2020. Trente-cinq vidéos répondaient aux critères d’inclusion (Fig. 1). Pour évaluer la qualité de l’information fournie dans les vidéos sélectionnées, la fiche d’information patient de l’Association française d’urologie (AFU) a été utilisée pour créer une liste de 31 items classés en 4 thèmes : anatomie et physiopathologie (6 items), technique et préparation périopératoire (10 items), suites habituelles (10 items) et complications (5 items) (Tableau 1). Pour chaque item de la liste prédéfinie, les informations correctes, manquantes et incorrectes ont été notées respectivement 1, 0 et −1. La durée moyenne des vidéos était de 6′06″ ± 7′03″[00′20″ ; 31’30″], avec un nombre moyen de vues de 5279 ± 17 821[8 ; 87 354]. Les informations fournies étaient écrites et orales dans 51,4 % des cas, orales uniquement dans 34,3 % des cas et écrites uniquement dans 14,3 % des cas. Concernant le support de l’information, 22,9 % des vidéos montraient des séquences de chirurgie, 40 % montraient des animations, et 62 % impliquait un médecin directement. Seule une vidéo (2,8 %) a obtenu un score supérieur à 80 %, et 7 vidéos (20 %) ont obtenu un score inférieur à 20 % (Tableau 1). La meilleure vidéo a obtenu un score total de 81 % avec seulement 6 items non mentionnés sur 31. La majorité des vidéos était gradée « excellent » pour « anatomie et physiopathologie », « acceptable » pour « technique et préparation périopératoire », et « médiocre » pour « suites habituelles » et « complications » (Tableau 2). L’information disponible sur YouTube concernant le HoLEP n’étaient pas de qualité suffisante pour permettre aux patients de donner un consentement éclairé. Il incombe aux chirurgiens de prodiguer une information la plus complète possible, et d’orienter les patients vers des sources fiables. Il serait judicieux, devant l’essor actuel des réseaux sociaux, que des sociétés savantes proposent un format vidéo d’information patient.
PURPOSE:The main objective of this study was to assess the prevalence and risk factors of male artificial urinary sphincter (AUS) mechanical failures and nonmechanical failures. MATERIALS AND METHODS:The charts of all male patients who underwent AUS implantation between 2004 and 2020 in 16 centers were retrospectively reviewed. Patients with neurogenic stress urinary incontinence (SUI) were excluded as well as revisions/explantations due to infections and/or erosions. The causes of revision were divided into mechanical failures (fluid loss or malfunction from any components of the AUS), nonmechanical failures (urethral atrophy, recurrence/persistence of SUI despite normally functioning device) and other (pump malposition, balloon herniation, hematoma, pain). Failure-free survival analysis was performed both for general and specific causes of revision. Predictors of mechanical and nonmechanical failures were determined by Cox proportional hazards model. RESULTS:A total of 1,020 patients met the inclusion criteria. After a median followup of 20 months, the estimated 5-year and 10-year overall revision-free survival was 60% and 40%, respectively. There were 214 AUS revisions: 59 (27.6%) for mechanical failures, 121 (56.5%) for nonmechanical failures and 34 (15.9%) other causes of revision. In multivariable Cox regression analysis, larger cuff size was the only predictor of overall revisions (HR=1.04 [1.01-1.07]; p=0.01) and revision for nonmechanical failure (HR=1.05 [1.02-1.09]; p=0.004). CONCLUSIONS:Half of the male AUS patients underwent device revision within the first 10 years after implantation. Nonmechanical failures are the primary cause of AUS revision in nonneurological men. Larger cuff size appears to be the main determinant of AUS revision risk.
We aimed to compare the clinical efficacy of hexanic estract of SeR (HESr) vs. nonHESr (nHESr) vs. placebo vs. alpha-blockers (AB) in patients affected by lower urinary tract symptoms (LUTS) secondary to benign prostatic enlargement (BPE) through a network meta-analysis method. The search was conducted until 31 December 2018 using Medline, Scopus and Web of Science databases without restriction. We included randomized controlled studies (RCTs) with at least one comparison between Serenoa Repens, ABor placebo for the treatment of LUTS/BPE. Outcomes of the study were the mean change in international prostate symptom score (IPSS) and peak flow (PF). The systematic review has been registered on PROSPERO (CRD42018084360). In total, 2,115 articles were identified after the electronic search. After the global assessment, 22 RCTs matched with the inclusion criteria, including 8,564 patients. For IPSS at 3 months, the mean efficacies against placebo were + 0.48 and -1.69 for HESr and nHESr respectively, at 6 months was 0.59 for nHESr and at 12 months were -1.31 and -3.30 for nHESr and HESr respectively. For PF at 3 months the mean efficacies against placebo were +0.53 and +2.82 for HESr and nHES respectively, at 6 was +1.85 for nHSEr and at 12 months were +4.05 and +5.52 for HESr and nHESr respectively. Based on the surface under the cumulative ranking curve rankograms, Terazosin showed the highest score (99.6%), while Alfuzosin, Tamsulosin, Silodosin, HESr and nHESr showed a score of 53.7%, 42.3%, 68.5%, 36.7% and 47.3%, respectively.
PURPOSEManagement of pregnancy and delivery in women with lower urinary tract reconstruction is challenging and the currently available literature is insufficient to guide clinical practice. The purpose of this study was to report pregnancy and delivery outcomes in this specific population.MATERIALS AND METHODSA national multicenter retrospective study (16 centers) including 68 women with 96 deliveries between 1998 and 2019 was conducted. These women had at least one successful pregnancy and delivery after augmentation enterocystoplasty, catheterizable channel creation and/or artificial urinary sphincter implantation. Maternal and fetal complications during pregnancy and delivery were reported, as well as post-partum functional outcomes, according to the delivery mode. Chi-square test and Student's t-test were used to compare categorical and continuous variables, respectively.RESULTSThirty-two percent of reported pregnancies were complicated by febrile urinary tract infections, 13.5% by renal colic and 14.6% required upper urinary tract diversion. Ten percent of patients reported transient self-catheterization difficulties, and 13.5% reported de novo or increased urinary incontinence. The preterm delivery rate was 35.3%. Elective C-section was performed in 61% of pregnancies. Twenty complications occurred during delivery (20%), including 19 during elective C-section. Urinary continence at 1 year was unchanged for 93.5% of deliveries. Delivery mode (p=0.293) and multiparity (p=0.572) had no impact on urinary continence.CONCLUSIONSIn this population, C-section appeared to be associated with a high risk of complications. In the absence of any obstetric or neurologic contraindications, vaginal delivery should be proposed as first-line option to the majority of these women.