Les bandelettes sous-urétrales (BSU) peuvent conduire à des complications nécessitant une ablation/section de BSU (a/sBSU) dans 3,3 % des cas à 9 ans. Ces complications ont mené à des polémiques, conduisant à des retraits ou des restrictions d'accès dans plusieurs pays. L'objectif de cette étude est d'étudier le devenir des patientes après a/sBSU. Il s'agit d'une étude rétrospective descriptive multicentrique française (5 centres), menée de 2006 à 2021, sur des patientes ayant nécessité une a/sBSU. Nous avons classé les patientes selon 5 présentations initiales : exposition urétrale, exposition vaginale, exposition vésicale, troubles de vidange, douleurs. L'objectif principal était d'évaluer l'efficacité d'une a/sBSU sur la prise en charge (PEC) du symptôme initial. Les Objectifs secondaires étaient d'étudier : a) la prise en charge globale de l'incontinence urinaire (IU) ; b) l'efficacité du traitement de l'IUE récidivée ; c) le taux de récidive d'IUE ; d) la prise en charge spécifique en fonction du symptôme. Cent soixante-dix-neuf patientes, d'âge moyen 61,7 ans, ont été incluses après a/sBSU, 83,5 % ont eu une guérison ou amélioration partielle de leurs symptômes. Dans la population de l'étude : 33,3 % des patientes ont nécessité un traitement par une nouvelle BSU, 12,1 % des patientes un sphincter artificiel urinaire (SAU) et 17,1 % des patientes un traitement anticholinergique. Après la PEC, 89,5 % patientes sont continentes. Après a/sBSU, 46 % des patientes ont récidivé sous forme d'une IUE : 66,3 % ont nécessité une BSU pour hypermobilité urétrale et 19,7 % un SAU. Dans le groupe exposition urétrale, on observe plus de recours au SAU (58,3 % vs 12,1 % ; p = 0,006) et moins aux BSU (7,1 vs 33,3 % ; p = 0,04). Dans le groupe exposition de vessie, on constate plus de recours aux anticholinergiques (66,7 % vs 17,1 % ; p = 0,01), puisque 83 % ont présenté une HAV (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3). L'a/sBSU permet de résoudre, dans 83,5 % des cas, la complication survenue initialement. En centre expert, la pose d'une nouvelle BSU reste possible et est l'option la plus utilisée en cas d'incontinence par hypermobilité urétrale. Le choix d'une autre PEC (SAU, NMS…) est dicté par la présentation clinique. Cette étude permettra d'informer les patientes nécessitant a/sBSU après la survenue d'une complication.
Décrire les pratiques d'évaluation avant et pendant la phase de neuromodulation sacrée (NMS) dans les troubles de la vidange, et étudier les facteurs qui président à sa réalisation. Il s'agit d'une étude rétrospective multicentrique menée dans 11 centres hospitaliers universitaires. Tous les patients ayant bénéficié d'une phase de test de NMS pour un trouble de la vidange vésical d'origine neurologique ou non neurologique entre janvier 2000 et novembre 2021 ont été inclus. Le critère de jugement principal était la description des pratiques d'évaluations des patients avant et pendant la phase test de NMS. Les protocoles d'évaluation ont été comparés entre les patients non neurologiques et neurologiques, entre les patients présentant des lésions du système nerveux central (SNC) et périphérique (SNP), et entre les patients issus de différents centres. Sur les 357 patients inclus, 240 étaient des femmes (62,2 %) et 155 (43,4 %) avaient une maladie neurologique sous-jacente. Le taux d'implantation définitive était de 58,8 % [IC95 % : 53,5 ; 63,9]. Pour l'évaluation préopératoire, 215 patients (60,2 %) ont réalisé un calendrier mictionnel, 196 (54,9 %) une débitmétrie, 302 (84,6 %) un bilan urodynamique (BUD), 175 (49,0 %) une cystoscopie et 128 (35,6 %) une échographie des voies urinaires. Pendant la phase de test, 148 patients (41,5 %) ont réalisé un calendrier mictionnel, 137 (37,0 %) une débitmétrie et 49 (13,7 %) un BUD. Concernant le protocole d'évaluation, nous n'avons trouvé aucune différence statistique entre les patients neurologiques et non neurologiques, ni entre les patients présentant une lésion SNC et SNP. Nous avons constaté une variabilité significative des protocoles d'évaluation entre les centres (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3). Les protocoles d'évaluation avant et pendant la phase de test de NMS pour trouble de la vidange vésicale se sont avérés incomplets et hétérogènes. La variabilité des pratiques d'évaluation dépendait davantage du centre que de la présence d'une maladie neurologique sous-jacente. Ces résultats soulignent l'importance de recommandations spécifiques sur le sujet.
INTRODUCTION:Inflammatory and sensory chronic bladder diseases have a significant impact on quality of life. These pathologies share alteration of the layer between urine and urothelium, making the use of topical agents appropriate. OBJECTIVES:Review the efficacy and tolerance of intravesical treatments for these pathologies. Give practical guidelines for the use of agents currently available in France. METHOD:A narrative review was performed in March 2021 using PubMed/MEDLINE, Google Scholar and the international guidelines. Pharmaceutical companies and pharmacies were interviewed. RESULTS:Although numerous molecules were tested over the last 5 decades, only dimethylsulfoxyde and glycosaminoglycans are available in France today. Results are promising: response rates are up to 95% and 84% respectively in bladder pain syndrome. In urinary tract infections, glycosaminoglycans could decrease annual number of cystitis by 2.56 (95% confidence interval (CI) -3.86, -1.26; P<0.001) and increase the time to first cystitis recurrence by 130 days (95% CI: 5.84 - 254.26; P=0.04). In radiation cystitis, results could be comparable to hyperbaric oxygen regarding pain and frequency of voiding (-1.31±1.3 visual analogic scale et -1.5±1.4 voiding per day, respectively, at 12 months, P<0.01). However, literature has a low level of evidence. CONCLUSION:Chronic bladder diseases have limited treatment options. Intravesical agents are a good alternative, although their cost is significant and their outcome uncertain.
IntroductionLes cystopathies chroniques inflammatoires et douloureuses sont des pathologies impactant lourdement la qualité de vie des patients qui en sont atteints. Bien qu’avec des physiopathologies différentes, les cystopathies chroniques ont en commun une altération de la couche, faisant interface entre l’urine et l’urothélium, rendant appropriée l’utilisation d’agents topiques.ObjectifsFaire une revue de l’efficacité et de la tolérance des traitements endovésicaux pour ces pathologies, ainsi qu’un guide pratique pour l’utilisation des molécules actuellement disponibles sur le marché français.MéthodeUne revue narrative de la littérature a été effectuée en mars 2021 sur PubMed/MEDLINE et Google Scholar, ainsi qu’une revue des recommandations françaises et internationales. Les laboratoires et pharmacies ont été interrogés.RésultatsDe nombreuses molécules ont été essayées au cours des 50 dernières années, mais ne sont disponibles, actuellement, que le diméthylsulfoxyde et les glycosaminoglycanes. Les résultats en sont prometteurs : leurs taux d’amélioration des douleurs vont jusqu’à 95 % et 84 % de réponse, respectivement dans le syndrome douloureux vésical. Dans les cystites bactériennes, les glycosaminoglycanes permettent de réduire le nombre moyen annuel de cystites de 2,56 (intervalle de confiance (IC) à 95 % −3,86 – −1,26 ; p<0,001), avec une augmentation du délai avant récidive de 130 jours (IC à 95 % : 5,84–254,26 ; p=0,04). Dans la cystite radique, ils ont montré des résultats comparables à l’oxygénothérapie hyperbare sur l’amélioration de la douleur et de la pollakiurie (−1,31±1,3 points sur l’échelle EVA et −1,5±1,4 mictions par jour respectivement, à 12 mois, p<0,01). La littérature reste cependant à faible niveau de preuve.ConclusionLes cystopathies chroniques ont des options de traitement limitées. Les instillations endovésicales sont une option de traitement à ne pas négliger avec, pour limite, un coût non négligeable pour un résultat incertain.
Évaluer les facteurs prédictifs d'implantation de la neuromodulation sacrée (NMS) dans les troubles de la vidange vésicale neurologiques et non neurologiques, et développer un outil prédictif basé sur les paramètres préopératoires. Il s'agit d'une étude rétrospective multicentrique qui a été menée dans 11 centres hospitaliers universitaires. Tous les patients ayant bénéficié d'une phase de test de NMS pour un trouble de la vidange vésicale d'origine neurologique ou non neurologique entre janvier 2000 et novembre 2021 ont été inclus. Le critère de jugement principal était la recherche de facteurs prédictifs d'implantation de la NMS en analyse univariée et multivariée. Un outil prédictif a finalement été construit à partir des facteurs prédictifs identifiés. Sur les 357 patients inclus, 240 étaient des femmes (62,2 %) et 155 (43,4 %) avaient une maladie neurologique sous-jacente. L'âge médian était de 45,1 ans (IQR : 32,8 ; 59,2). Le taux d'implantation définitive était de 58,8 % [IC95 % : 53,5 ; 63,9]. En analyse multivariée, l'âge (≤ 52 ans ; OR : 3,31, p < 0,001), le sexe (femme ; OR : 2,62, p = 0,003), la pression de clôture urétrale maximale (PCUM) (≥ 70 cmH2O ; OR : 2,36, p = 0,016) et l'étiologie sous-jacente (pas de lésions du système nerveux périphérique ; OR : 2,25, p = 0,033) étaient statistiquement associés à l'implantation de NMS. Nous avons construit un outil prédictif d'implantation à partir des 4 facteurs prédictifs identifiés (Tableau 1, Tableau 2, Fig. 1). Nous avons identifié 4 facteurs prédictifs préopératoires indépendants pour l'implantation de la NMS chez les patients ayant des troubles de la vidange vésical nous permettant de construire un outil prédictif. Cet outil prédictif pourrait être pertinent dans l'aide à la prise de décision thérapeutique et pour le conseil donné aux patients.
La stimulation du nerf tibial postérieur (PTNS) est une option thérapeutique validée pour le traitement des symptômes du bas appareil urinaire SBAU, avec une efficacité d'environ 60 % à court terme et peu d'effets secondaires. L'objectif de cette étude était d'évaluer les résultats du nouveau dispositif de PTNS transcutané TENSI+ dans le cadre du soin courant. Une étude multicentrique rétrospective a été réalisée dans 7 centres français. Les patients traités par le dispositif TENSI+ (Stimuli Technology, Boulogne-Billancourt, France) entre septembre 2021 et février 2022 ont été inclus. Les patients avaient reçu une éducation thérapeutique à domicile par un prestataire, avec prescription d'une séance quotidienne de 20 minutes. Les données recueillies comprenaient les données démographiques, les antécédents, les symptômes cliniques initiaux et les traitements antérieurs (anticholinergiques). Le succès était défini par la persistance du traitement après la première visite à 3 mois. L'efficacité était évaluée par le score Patient Global Impression of Improvement (PGI-I). Les effets secondaires ont été recueillis. Cent trois patients ont été inclus. Les caractéristiques cliniques sont résumées dans le Tableau 1. L'indication principale était l'hyperactivité vésicale. Après un suivi médian de 12 [10–21] semaines, le taux de succès était de 68 %. Cinquante-deux pour cent des patients avaient un score PGI-I égal à 1 ou 2, et 18 % un score PGI-I à 3 (Tableau 2). Aucun des paramètres initiaux testés (âge, sexe, indice de masse corporelle, maladie neurologique, fuites par urgenturies, antécédents de traitement anticholinergique) n'était significativement associé au taux de succès. Quatre patients ont rapporté des effets secondaires réversibles à l'arrêt du traitement (deux cas de douleur pelvienne et deux cas de douleur de jambe au site de la stimulation). Le traitement par stimulation du nerf tibial postérieur par le dispositif TENSI+ était associé à un taux de succès d'environ 68 % à court terme, avec un taux très faible d'effets secondaires réversibles. De plus amples études, notamment comparatives, sont nécessaires pour confirmer le rôle de TENSI+ dans l'arsenal thérapeutique.
INTRODUCTION:Placement of a mid-urethral sling is the gold standard in the surgical management of stress urinary incontinence in women in France. The cure rate of this material is no longer to be demonstrated, but the per- and post-operative complications are currently the subject of a growing controversy not only in Europe but also across the Channel and across the Atlantic, having led to the modification of operative indications. In France, recommendations are also evolving with a stricter framework for indications for surgery by multidisciplinary consultation meeting and an obligation for postoperative follow-up in the short and long term. OBJECTIVES:In this context, CUROPF realized a review of the literature bringing together the available scientific evidence concerning the occurrence of per- and post-operative complications relating to the installation of mid urethral sling. The bibliographic search was carried out using the Medline database and 123 articles were selected. RESULTS:Analysis of the data highlights various complications, depending on the implanted material, the patient and the indication for surgery. The retro-pubic mid urethral sling provides more bladder erosion during surgery (up to 14%), more suprapubic pain (up to 4%) and more acute urinary retention (up to 19,7%) and postoperative dysuria (up to 26%). The trans obturator mid-urethral sling is responsible for more vaginal erosion during the operation (up to 10,9%), more lower limb pain of neurological origin (up to 26,7%). The risk of developing over active bladder is similar in both procedures (up to 33%). But these risks of complications must be balanced by the strong impact of urinary incontinence surgery on the overall quality of life of these women. CONCLUSION:Thus, surgical failure and long term complications exist but should not limit the surgical management of stress urinary incontinence with mid urethral tape. Women should be treated with individualized decision-making process and long-term follow -up is necessary.
Introduction. - Vaginal LASER therapy is increasingly used in the field of urogynecology, but several points remain unclear. Our goal was to produce a systematic review of available evidence and provide a critical appraisal of available data. Methods. - A systematic review until march 2020 was conducted using PubMed/MEDLINE. Cochrane and Embase databases. All studies about vaginal LASER use in the field of urogynecology were included. Results. - Forty studies have been included (8 for genitourinary syndrome of menopause, 19 for stress urinary incontinence, 3 for overactive bladder, 7 for urogenital prolapse, 3 for other indications). Data were heterogeneous, and level of evidence was weak or very weak. Few studies were comparative, and only 3 were randomized). Mild improvement of symptoms and quality of life and limited satisfaction were seen for genitourinary syndrome, stress urinary incontinence, overactive bladder and prolapse. Few adverse events were reported. However, major methodological biases were noted regarding efficacy and safety evaluation. No long-term results were available. Conclusions. - While Vaginal LASER therapy seem to provide encouraging results, the level of evidence supporting its use was weak, especially regarding long-term outcomes. Studies of better quality are warranted before any recommendation can be made. Current use should be limited to clinical research. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
OBJECTIVE:To determine the usefulness of mid-urethral slings (MUS) in the surgical management of women presenting with urinary stress incontinence (USI) METHOD: A consensus committee of multidisciplinary experts (CUROPF) was convened and focused on PICO questions concerning the efficacy and safety of MUS surgery compared to other procedures and concerning which approach (retropubic (RP) vs transobturator (TO)) should be proposed as a first-line MUS surgery for specific subpopulations (obese; intrinsic sphincteric deficiency (ISD); elderly) RESULTS: As compared to other procedures (urethral bulking agents, traditional slings and open colposuspension), the MUS procedure should be proposed as the first-line surgical therapy (strong agreement). MUS surgery can be associated with complications and proper pre-operative informed consent is mandatory (strong agreement). Mini-slings (SIS/SIMS) should only be proposed in clinical trials (strong agreement). Both RP and TO approaches may be proposed for the insertion of MUS (strong agreement). However, if the woman is willing to accept a moderate increase in per-operative risk, the RP approach should be preferred (strong agreement) since it is associated with higher very long-term cure rates and as it is possible to completely remove the sling surgically if a severe complication occurs. The RP approach should be used for the insertion of MUS in a woman presenting with ISD (strong agreement). Either the RP or TO approach should be used for the insertion of MUS in an obese woman presenting with USI (strong agreement). In very obese women (BMI ≥35-40kg/m2), weight loss should be preferred prior to MUS surgery and bariatric surgery should be discussed (strong agreement) CONCLUSION: The current Opinion provides an appropriate strategy for both the selection of patients and the best therapeutic approach in women presenting with USI.
Las estenosis uretrales femeninas son difíciles de diagnosticar y de tratar. Después de los tratamientos endouretrales, que son poco eficaces, debe plantearse una uretroplastia. Se han descrito varias técnicas, en función del colgajo utilizado y del lado de la uretra donde se realiza el acceso: anterior o posterior. En este artículo se describe una técnica de uretroplastia de la cara anterior de la uretra por injerto de la mucosa bucal. La técnica quirúrgica consta de un tiempo de preparación uretral por vía vaginal, la movilización del injerto de mucosa bucal y, después, la anastomosis del injerto en la cara anterior de la uretra. La uretroplastia en la mujer es una técnica eficaz, con tasas bajas de complicaciones, que debería realizarse de forma sistemática como segunda elección en el tratamiento de las estenosis uretrales femeninas complejas y recidivantes.
Nous présentons le cas d’une urétérolyse par voie coelioscopique robot-assistée avec intra-péritonisation de l’uretère gauche et épiplooplastie. Une patiente présentant un lupus multi-compliqué présente une fibrose rétro-péritonéale résistante à la corticothérapie et aux immunosuppresseurs. Le drainage urétéral gauche se fait par l’intermédiaire d’une sonde JJ changée très régulièrement du fait de l’obstruction très fréquente de celle-ci. La sténose est étendue sur 5 cm de long, au niveau de l’uretère iliaque et lombaire bas. On propose une urétérolyse coelioscopique robot-assistée. L’urétérolyse par voie coelioscopique robot-assistée avec intra-péritonisation de l’uretère gauche et une épipolooplastie est réalisée en 125 minutes avec des pertes sanguines négligeables. La patiente était placée en décubitus latéral droit avec Trendenlenburg à 15°. La patiente sort au 2e jour. La sonde JJ a été enlevé à 1 mois post-opératoire avec un résultat clinique et par imagerie excellent. La voie d’abord coelioscopique robot-assistée se prête particulièrement bien aux techniques de reconstruction comme dans le cas de la fibrose rétro-péritonéale en alliant les avantages de la chirurgie mini-invasive avec la dextérité des instruments articulés.
Les pertes sanguines peropératoires sont généralement renseignées par l’urologue sur le compte rendu opératoire. Quelle est la fiabilité de cette estimation, et est-elle corrélée à la biologie postopératoire ? Nous avons réalisé un recueil rétrospectif monocentrique de novembre 2019 à mai 2020, de toutes les chirurgies urologiques à risque hémorragique réalisées par 7 opérateurs, par laparotomie, cœlioscopie et cœlioscopie robot-assistée. Nous avons recueilli les données suivantes : hémoglobine et hématocrite préopératoire - j1 - j3 postopératoire ; voie d’abord ; type d’intervention ; estimation des pertes par le chirurgien (sur compte rendu opératoire) et l’anesthésiste (sur compte rendu d’anesthésie ou réanimation) ; transfusion. La corrélation entre pertes sanguines et hémoglobine postopératoire est analysée selon Spearman. Au total, 94 interventions ont été incluses (détail Tableau 1). L’âge médian était de 66 ans. Onze patients (12 %) ont été transfusés en peropératoire pour un saignement médian estimé de 800 mL (450–925). Les pertes sanguines estimées par l’urologue étaient de 225 mL (100–500), contre 325 mL (238–725) pour l’anesthésiste (p = 0,16). La différence était plus marquée pour les cystectomies (350 mL), adénomectomies (300 mL) et néphrectomies totales (250 mL). La baisse médiane de l’hémoglobine était de 22 g/L (j1), 26 g/L (j3), pour une baisse d’hématocrite de 7 % (j1), 8 % (j3). Après exclusion des 11 patients transfusés, la corrélation entre estimation des pertes et hémoglobine postopératoire était faible mais significative pour chirurgiens et anesthésistes (r = 0,40, p < 0,05 vs r = 0,41, p < 0,05). Six patients ont été transfusés après j3 (baisse d’hémoglobine à j3 : 58 g/L) malgré un hématocrite diminué de 15 % (Fig. 1). L’estimation des pertes sanguines est faiblement corrélée à l’hémoglobine postopératoire. L’urologue semble sous-estimer modérément le saignement dans son compte rendu. Le risque de transfusion peropératoire reste significatif durant une chirurgie urologique à risque hémorragique. L’indication des transfusions postopératoires doit être discutée au vu de l’hématocrite.
Introduction. - To review the short-term evolution of stress urinary incontinence (SUI) after Uphold (TM) LITE mesh implantation for genital prolapse repair. Material and methods. - Retrospective, descriptive, single centre study of women undergoing genital prolapse surgery with Uphold (TM) LITE mesh insertion between July 2016 and April 2019. Pre-, peri- and 1-year postoperative follow-up data were collected. Results.-Thirty-six women were included (mean age: 72 +/- 7 years). Most patients (75%) had grade III cystocele and three (8.3%) had recurrent prolapse. Mean operative time was 41 +/- 12 min. During surgery, no visceral injury or haemorrhagic complications were noted but there were three intraoperative bladder injuries (8.3%). Twelve patients (33.3%) had preoperative SUI, half of which (n = 6; 50%) responded to prolapse repair. De novo SUI was noted in 6/24 (25%) patients. The risk of having persistent postoperative SUI was 50% in patients with preoperative SUI, and the risk of developing de novo postoperative SUI was 25% in patients without preoperative SUI. Thus, patients with preoperative SUI were twice as likely to have persistent postoperative SUI as those without preoperative SUI (RR = 2.0 [95% CI: 0.8175-4.8928]; P=0.128). Five patients with de novo SUI and three patients with persistent postoperative SUI were subsequently treated with insertion of a mid-urethral sling (MUS). The other patients improved with physiotherapy. Conclusion. - Risk of persistent SUI after implantation of an Uphold (TM) LITE mesh is higher in patients with preoperative SUI. Surgical correction with a MUS can be offered in cases of de novo SUI before or after physiotherapy. (C) 2020 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Nous présentons le cas d’une patiente de 63 ans ayant bénéficié d’une cure de cystocèle et de rectocèle par voie basse 15 ans auparavant. Elle présente des infections urinaires depuis 12 mois avec une hyperactivité vésicale et un handicap fonctionnel notable. En échographie, il existe un calcul vésical immobile sur la face postérieure, latéralisé à gauche. En cystoscopie, on visualise de la prothèse et le calcul au contact de l’orifice urétéral gauche. Après un premier traitement endoscopique par lithotritie laser et extraction de la partie visible de la bandelette, récidive douloureuse et infectieuse rapide pour lequel une tentative de 2e traitement endoscopique est réalisé. Persistance de la symptomatologie et absence de cicatrisation de la vessie. On propose une ablation de la prothèse par voie coelioscopique robot assistée. L’intervention comprend une ablation de la prothèse inter-vésico-vaginale, avec suture de la vessie et réimplantation urétéro-vésicale. La durée opératoire était de 115 minutes, les pertes sanguines étaient nulles. La sonde vésicale a été retirée au 5ème jour post-opératoire. Les suites ont été marquées par une fièvre post-opératoire avec des prélèvements bactériologiques négatifs et un scanner abdominal n’objectivant pas de complications post-opératoires. La sonde JJ a été retirée à 1 mois post-opératoire. La voie coelioscopique robot-assistée est une alternative intéressante pour une ablation de prothèse de cystocèle compliquée. Elle permet d’allier une voie d’abord mini-invasive avec la précision de la dissection et la facilité de reconstruction inhérentes aux instruments articulés et la vision 3D.
INTRODUCTION:The present article is the final report of a multi-disciplinary meeting supported by the GRAPPPA (group for research applied to pelvic floor dysfunctions in the elderly). The objective was to conduct a comprehensive review on the role of botulinum toxin A (BonTA) in the treatment of pelvic floor dysfunctions in the elderly. METHODS:The present article, written as a comprehensive review of the literature, combines data issued from the scientific literature with expert's opinions. Review of the literature was performed using the online bibliographic database MedLine (National Library of Medicine). Regarding intra-detrusor BonTA injections, only articles focusing on elderly patients (>65 yo) were included. Regarding other localizations, given the limited number of data, all articles reporting outcomes of BonTA were included, regardless of studies population age. In case of missing or insufficient data, expert's opinions were formulated. RESULTS:Although, available data are lacking in this specific population, it appears that BonTA could be used in the non-fraily elderly patients to treat overactive bladder or even neurogenic detrusor overactivity, with a success rate comparable to younger population at 3 months (88.9% vs. 91.2%), 6 months (49.4% vs. 52.1%) and 12 months (23.1% vs. 22.3%), as well as a significant decrease in number of voids per day (11.4 vs. 5.29 P<0.001) and in the number of pads per day (4.0 vs. 1.3, P<0.01). Furthermore, BonTA is likely to be offered in the future as a treatment of fecal incontinence and obstructed defecation syndrome symptoms. Concerning bladder outlet obstruction/voiding dysfunction symptoms, intra-urethral sphincter BonTA should not be recommended. CONCLUSION:BonTA injections are of interest in the management of various pelvic floor dysfunctions in the elderly, and its various applications should be better evaluated in this specific population in order to further determine its safety and efficacy.
Évaluer la sécurité et le suivi des endoprothèses Allium mises en place dans notre centre au niveau urétral ou urétéral. Étude de cohorte rétrospective, unicentrique à partir des dossiers médicaux de 32 patients pris en charge pour la mise en place d’une endoprothèse Allium entre 2011 et 2018. Quatorze stents urétraux et 20 stents urétéraux (chez 17 patients) ont été posés. Parmi les 14 stents urétraux, 10 ont été retirés de manière non programmée (migration n = 5, calcification n = 2, mauvaise tolérance ou inefficacité n = 3) après un délai médian de 93 jours (33–153). Les 20 stents urétéraux ont été posés pour sténose urétérale ou compression extrinsèque. Huit (40 %) ont été retirés à une médiane de 10 mois (migration intravésicale n = 2, migration pyélique n = 1, calcifications, obstruction et surinfection n = 4, fistule urétérale n = 1, inefficacité n = 1) dont 2 suivis d’une néphrectomie. Le suivi des stents urétraux était régulier sauf pour 1 patient perdu de vue pendant 3 ans jusqu’à calcification. Deux patients porteurs de stents urétéraux ont été perdus de vue et 3 patients ont présenté des complications sévères malgré un suivi échographique. Les complications après mise en place d’une endoprothèse Allium sont fréquentes et la plupart du temps gérées simplement (migration). Les complications potentielles des stents urétéraux justifient un suivi régulier comportant un uroscanner.
Introduction. - This study analyzed long-term functional outcome of continent catheterizable channels with the Mitrofanoff procedure, their continence, complications and the satisfaction of the patients. Material and method. - Data from patients who underwent a Mitrofanoff procedure at our institution from June 1997 to March 2015 were retrospectively collected. All patients were contacted at the end of the study, a survey was submitted to them. Results. - Sixty-seven patients underwent a continent cystostomy with the Mirtrofanoff procedure. Forty-five patients had the inclusion criteria: 18 years old or older, no previous urinary diversion with a minimum of 6 months of follow-up. The cohort comprised mainly neurologic bladder (84 %) with spinal cord injuries (54 %) or spina-bifida patients (15 %). Median age was 35 years old [22-49]. Median follow-up was 64 months [39-90]. The surgical procedure used an appendicular channel: 30 patients (67 %) or a continent ileal plasty: 15 patients (33 %). At the end of follow-up: 88 % patients have a full cystostomy continence, 89 % full uretral continence. Twenty-nine patients had one (41 %) or more reinterventions. Reasons for the 58 reinterventions were: stomal stenosis (31 %), uretral incontinence (29 %), cystostomy incontinence (15 %), lithiasis (9 %). Those reinterventions were done with a local surgery (31 %) or an endoscopic surgery (35 %). Overall early adverse events (< 30 days) or delayed (> 30 days) adverse events were similar (P= 0.93) in appendicovesicostomy group or continent ileal plasty group. Ninety-four percent patients described a satisfactory urinary comfort. The cystostomy was considered esthetic by 71 %, its realization allowed an improvement of the quality of life for 89 % of them. Conclusion. - Continent channels in adults demonstrate favorable long-term outcomes even if reinterventions could be necessary to maintain a continent and catheterizable channel. Despite reinterventions, patients remain satisfied by the Mitrofanoff procedure which facilitate the process of clean intermittent catheterization. (C) 2018 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Le présent article constitue le rapport de la réunion de travail multi-disciplinaire organisée par le GRAPPPA (groupe de recherche appliquée à la pathologie pelvi-périnéale des personnes âgées). L’objectif est de dresser une synthèse de l’utilisation de la toxine botulinique A (TBA) dans la prise en charge des troubles pelvi-périnéaux du sujet âgé. Le présent article a été construit comme une revue compréhensive de la littérature, associant données issues de la littérature scientifique et avis d’experts. La revue systématique de la littérature a été menée à partir de la base de données bibliographique MedLine (National Library of Medicine). Concernant les injections intra-détrusoriennes de TBA, seuls les articles rapportant des résultats spécifiques chez les sujets âgés (> 65 ans) étaient inclus. Concernant les autres localisations, compte-tenu du nombre restreint de données, tous les articles rapportant les résultats de la TBA étaient systématiquement inclus, quelle que soient la population étudiée. En cas de données manquantes ou insuffisantes, des avis d’expert étaient formulés. Bien que les données issues de cette population spécifique soient limitées, il semble que la TBA pourrait être proposée chez le sujet âgé sans critère de fragilité dans la prise en charge de l’HAV, avec taux de succès comparable aux patients jeunes à 3 mois (88,9 % vs 91,2 %), 6 mois (49,4 % vs 52,1 %) et 12 mois (23,1 % vs 22,3 %), et une diminution significative du nombre de mictions quotidiennes (11,4 vs 5,29 p < 0,001) et du nombre de protections quotidiennes (4,0 vs 1,3, p < 0,01). Elle pourrait par ailleurs bientôt être proposée dans la prise en charge de la dyschésie ano-rectale et de l’IF. En revanche, elle ne peut actuellement être recommandée dans la prise en charge de l’obstruction sous-vésicale. La TBA présente un intérêt dans la prise en charge de divers troubles pelvi-périnéaux du sujet âgé, et ses différentes applications devraient être mieux évaluées au sein de cette population spécifique tant en termes de sécurité que d’efficacité. The present article is the final report of a multi-disciplinary meeting supported by the GRAPPPA (group for research applied to pelvic floor dysfunctions in the elderly). The objective was to conduct a comprehensive review on the role of botulinum toxin A (BonTA) in the treatment of pelvic floor dysfunctions in the elderly. The present article, written as a comprehensive review of the literature, combines data issued from the scientific literature with expert's opinions. Review of the literature was performed using the online bibliographic database MedLine (National Library of Medicine). Regarding intra-detrusor BonTA injections, only articles focusing on elderly patients (> 65 yo) were included. Regarding other localizations, given the limited number of data, all articles reporting outcomes of BonTA were included, regardless of studies population age. In case of missing or insufficient data, expert's opinions were formulated. Although, available data are lacking in this specific population, it appears that BonTA could be used in the non-fraily elderly patients to treat overactive bladder or even neurogenic detrusor overactivity, with a success rate comparable to younger population at 3 months (88.9% vs. 91.2%), 6 months (49.4% vs. 52.1%) and 12 months (23.1% vs. 22.3%), as well as a significant decrease in number of voids per day (11.4 vs. 5.29 P < 0.001) and in the number of pads per day (4.0 vs. 1.3, P < 0.01). Furthermore, BonTA is likely to be offered in the future as a treatment of fecal incontinence and obstructed defecation syndrome symptoms. Concerning bladder outlet obstruction/voiding dysfunction symptoms, intra-urethral sphincter BonTA should not be recommended. BonTA injections are of interest in the management of various pelvic floor dysfunctions in the elderly, and its various applications should be better evaluated in this specific population in order to further determine its safety and efficacy.