IntroductionL'antibiothérapie des colonisations urinaires est recommandée avant une intervention urologique afin de prévenir les infections post-opératoires. Son objectif est de stériliser ou de réduire l'inoculum bactérien des urines en prescrivant une molécule adaptée à la documentation microbiologique et pour une durée pré opératoire courte. Pour la mise en place de matériel endo urétéral, l'Association française d'urologie recommande de traiter avec une molécule efficace sur le(s) micro-organisme(s) retrouvé(s) et pour une durée de 48 h avant l'intervention, mais sans donner de hiérarchie dans le choix des molécules. Les prescriptions sont habituellement réalisées par les urologues ou les médecins généralistes (MG), qui ne disposent pas de recommandations précises. Les objectifs de cette étude étaient de comparer les antibiothérapies prescrites par les urologues ou les MG à celles choisies par des Infectiologues et d'évaluer la durée de traitement préopératoire.Matériels et méthodesEtude rétrospective mono centrique réalisée à partir des résultats d'ECBU pré opératoire chez des patients avant une intervention urologique entre novembre 2022 et juin 2023. Seules les colonisations urinaires (culture positive avec identification et antibiogramme) ont été retenues. Les données de prescription antibiotique ont été colligées (molécule, classe d'antibiotique selon la définition 2022 des antibiotiques critiques de la SPILF, spécialité du prescripteur). Un infectiologue a revu en aveugle les résultats d'ECBU et proposé après analyse du dossier l'antibiothérapie qu'il jugeait la plus adéquate. En cas de discordance majeure (classe d'antibiotique différente) entre la prescription de l'urologue ou du MG et celle proposée par l'infectiologue, un arbitrage a été effectué par un autre infectiologue.RésultatsCent quatre-vingt-seize prescriptions ont été évaluées, effectuées par un urologue (n=149; 76%) ou par un MG (n=47). Trente-cinq ECBU étaient poly microbiens (17,8%), une BMR a été identifiée 16 fois (8,1%). Une discordance majeure a été relevée pour 54 prescriptions (27,5%) : il s'agissait majoritairement d'une prescription d'antibiotique à spectre trop large (47/54: principalement une fluoroquinolone, n=24; ou une céphalosporine de 3ème génération, n=12; dont céfixime n=10). Les avis des 2 infectiologues étaient concordants dans 96,3% des cas. Dans la moitié des prescriptions, la durée d'antibiothérapie préopératoire était > 48 heures. En cas de prescription effectuée par un MG, l'antibiothérapie était plus souvent discordante de celle proposée par l'infectiologue (MG : 20/47; 42,5%; urologue : 34/149; 22,8%; p=0,011) et la durée préopératoire plus longue (moyenne ± SD) : MG 4,84 ± 2,03 jours, urologue 2,99 ± 2,11 jours; p<0,001.ConclusionCette étude montre qu'il existe une grande marge d'amélioration de la qualité de l'antibiothérapie des colonisations urinaires avant intervention urologique, afin de réduire les prescriptions d'antibiotiques à spectre trop large (fluoroquinolones, céfixime) et de raccourcir la durée préopératoire. Des recommandations précises sont nécessaires, nécessitant une collaboration entre infectiologues, urologues et MG.Aucun lien d'intérêt
To analyse the pathological features and survival of patients with a PI-RADS 5 lesion on pre-biopsy MRI. We extracted from a European multicentre prospectively gathered database the data of patients with a PI-RADS 5 lesion on pre-biopsy MRI, diagnosed using both systematic and targeted biopsies and subsequently treated by radical prostatectomy. The Kaplan–Meier model was used to assess the biochemical-free survival of the whole cohort and univariable and multivariable Cox models were set up to study factors associated with survival. Between 2013 and 2019, 539 consecutive patients with a PI-RADS 5 lesion on pre-biopsy MRI were treated by radical prostatectomy and included in the analysis. Follow-up data were available for 448 patients. Radical prostatectomy and lymph node dissection specimens showed non-organ confined disease in 297/539 (55
L'identification des patients à risque après cystectomie pour cancer est essentielle. Le score POSPOM est un score non spécifique à la chirurgie urologique permettant d'estimer la mortalité hospitalière post-opératoire. Cette étude cherchait à valider le score POSPOM pour prédire la morbidité et la mortalité postopératoire après cystectomie. L'étude incluait rétrospectivement tous les patients opérés d'une cystectomie pour cancer de vessie infiltrant ou localement avancé 2010 et 2019 dans un centre. L'objectif principal était la validation du score POSPOM pour le calcul de la morbidité postopératoire sévère (Clavien-Dindo (CDC) ≥ 3) et de la mortalité à 90 jours après cystectomie. Les objectifs secondaires étaient la comparaison aux autres scores de prédiction (index de Charlson (CCI), ASA). À 90 jours, sur 167 patients, 26 % (n = 44) avaient une complication classée Clavien-Dindo ≥ 3 et 8,4 % (n = 14) étaient décédés. Le POSPOM était corrélé au risque de décès à 90 jours (p < 0,001) et de transfusion postopératoire (p < 0,01). Les patients ayant eu des complications CDC ≥ 3 avaient un CCI et un POSPOM plus élevés (respectivement : médiane 6,5 vs 5, p < 0,01 ; médiane 6,49 % vs 5,58 %, p = 0,029). Les patients décédés en postopératoire avaient un CCI et un POSPOM plus élevé (respectivement médiane 8 vs 6, p < 0,001 et 23,9 % vs 5,58 %, p < 0,001). La valeur pronostique du score POSPOM pour prédire la mortalité semble meilleure (AUC = 0,886 [0,798–0,973]) par rapport au CCI (AUC = 0,812 [0,710–0,915]) et à l'ASA (AUC = 0,739 [0,630–0,849]), mais pas pour prédire la morbidité (Fig. 1, Fig. 2). Cette étude confirme la robustesse du score POSPOM pour l'estimation de la mortalité et sa limite pour prédire la morbidité post-opératoire.
Objectives. - Miniaturization of percutaneous nephrolithotomy techniques have led to their increased consideration for lower pole renal stones that can prove more challenging to reach using retrograde intrarenal surgery. The objectives of the present study were to evaluate and compare the outcomes of miniaturized percutaneous nephrolithotomy (miniPCNL) and retrograde intrarenal surgery (RIRS) for the treatment of lower pole renal stones. Materials and methods. - A retrospective study was performed in two academic urology departments between January 2016 and June 2019. Patients presenting with one or multiple stones of the lower calyx and/or renal pelvis, between 10 and 40 mm based on CT-scan treated by miniPCNL or RIRS were included. Results. - In all, 115 miniPCNL and 118 RIRS procedures were included. The rate of patients with no significant residual fragment (stone free rate) after the first procedure was higher in the miniPCNL group (69% vs. 52% P = 0.01), especially for stones > 20 mm (63% vs. 24% respectively, P < 0.001) and stones with a density >= 1000 HU (69% vs. 42% respectively, P = 0.009). The higher stone free rate of miniPCNL was confirmed in multivariate analysis, adjusting for stone size and number of stones, OR 4.02 (95% CI 2.08-8.11, P < 0.0001). The overall postoperative complication rate was higher in the miniPCNL group than in the RIRS group (23% vs. 11%, P = 0.01). A second intervention for the treatment of residual fragments was necessary for 9.6% of patients in the miniPCNL group versus 30.5% of patients in the RIRS group (P < 0.001). Pre-stenting rate and duration of ureteral drainage (2 [1-8] vs. 25 days [7-37], P < 0.001) were lower in the miniPCNL group. Conclusions. - The stone free rate was higher after miniPCNL, especially for stones > 20 mm and with a density > 1000 HU, but was associated with a higher risk of postoperative complications and a longer hospital stay. RIRS resulted in fewer complications at the cost of a higher retreat -ment rate and longer ureteral stenting. Level of evidence.- 3. (c) 2021 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Introduction. - Metastatic prostate cancer (mPCa) is an heterogeneous disease. Metachronous mPCa (MM) seems to have a better prognosis than synchronous mPCa (SM). However, it is difficult to analyze their specificities from national registries. Data from the so-called "sentinel multidisciplinary meeting" (SMDM) would represent a "real life" data collection. The objective of this national pilot study was to evaluate the concept of SMDM through the description and comparison of the diagnosis, management and follow-up of patients with synchronous or metachronous mPCa in 2018. Methods. - A survey covering clinical, biological, radiological data as welt as treatment initiated and follow-up at 3 and 6 months was sent to the SMDM. All patients diagnosed with metastatic disease (SM or MM) between 01/01/2018 and 11/30/2018 were included. Results. - In total, 780 patients from 39 centers were included, 408 SM and 372 MM. SM were more symptomatic and had a higher metastatic burden than MM. PET were mostly performed in MM without a prior standard staging. SM patients received more chemotherapy than MM patients whereas new generation androgen deprivation therapy was mostly given to MM patients. At 6 months, there were no more significant difference in clinical presentation between the two groups. Conclusion. - Specificities of SM and MM patients in terms of clinical presentation, metastatic burden and management were described, validating the concept of SMDM as a source of reliable informations. (C) 2022 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
En France, le traumatisme fermé du rein est parmi les plus fréquents des traumatismes abdominaux. Il concerne souvent des patients jeunes en bon état général dans un contexte de polytraumatisme. La prise en charge conservative est devenue la norme. Nous avons étudié sur 10 ans les caractéristiques des traumatismes et leur prise en charge. Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique, incluant tous les patients admis entre janvier 2010 et décembre 2019 avec un traumatisme fermé du rein à l'aide du codage du programme de médicalisation des systèmes d'informations (PMSI). Étaient inclus les traumatismes de grade III, IV, V. Étaient exclus les traumatismes post-chirurgie, post-LEC, post-biopsie rénale. Les données démographiques, l'âge, le sexe, les circonstances du traumatisme, les données de la prise en charge et la surveillance urologique et radiologique, l'évolution au cours du séjour ainsi que le suivi après la sortie de l'hôpital ont été analysés. Parmi les 500 traumatismes (Fig. 1), 307 étaient des traumatismes de grades III, IV et V dont les caractéristiques sont présentées dans le Tableau 1. Les patients étaient principalement des hommes, jeunes (33 ans). La proportion des lésions associées augmentait avec l'augmentation du grade et atteignait 100 % pour les grades V. Le taux de néphrectomies était de 4,5 % tous grades confondus et de 6,3 % pour le groupe grade IV. La durée d'hospitalisation était de 15 jours [min 8–max 44] pour les grades V, de 9 jours [0–57] pour les grades III et 10 jours [1–195] pour les grades IV (p < 0,001). Une prise en charge en radiologie interventionnelle a été nécessaire pour 55 patients (18 %) dont 6 (26 %) grades V, 26 (18 %) grades IV et 23 (16 %) grades III. Nous avons pris en charge 307 traumatisés du rein (III, IV et V), de façon conservatrice pour 293/307 traumatismes (95,5 %). Le taux de néphrectomie a diminué depuis 2014, de 10/144 (6,9 %) à 4/163 (2,5 %). La structuration d'un « trauma center » et standardisation de la prise en charge ont permis l'évolution vers une stratégie de plus en plus conservatrice.
Le pronostic des patients présentant un cancer de la prostate métastatique (CapM) synchrone semble plus sombre que celui des CapM métachrones. Cependant, ce critère est rarement pris en considération lors de la conception des essais cliniques en dehors d'analyses en sous-groupes de faibles effectifs. L'objectif de cette étude était de comparer la survie globale à 4 ans du diagnostic de CapM dans ces deux populations. Les patients présentant un CapM synchrone ou métachrone diagnostiqués en 2018 ont été évalués dans une étude publiée de vraie vie à partir des «RCP sentinelles» de l'AFU intégrant 39 centres français. Ces populations ont été comparées sur leur présentation clinique, leur volume métastatique et le traitement instauré. Les données de survie globale de cette même cohorte ont été colligées à partir des registres nationaux de décès. Les survies globales de ces deux populations ont été comparées par un test du log rank et une régression de COX a été réalisée afin de mettre en évidence les facteurs de risque de décès. En 2018, 780 patients dont 372 patients métastatiques métachrones (MM) et 408 patients métastatiques synchrones (MS) avaient été inclus (Tableau 1). Les données de survie globale ont été obtenues pour 780 patients (372 MM et 408 MS). Le suivi médian était de 41,8 mois. Les médianes de survie n'étaient pas atteintes dans les deux populations avec 158 décès dénombrés chez les patients MM (42,5 %) et 180 (44,1 %) sans différence statistiquement significative (Fig. 1). En analyse multivariée, la douleur apparaissait comme un facteur de risque indépendant de décès dans la population MM tandis que dans la population MS, l'ECOG, l'âge et la présence d'au moins 5 lésions osseuses apparaissaient comme des facteurs de risque indépendants de décès (Tableau 2). Avec 4 ans de recul, aucune différence sur la survie globale n'a été mise en évidence chez les patients MM et MS avec cependant des facteurs de risques de décès différents dans ces deux populations. Les données sur la survie spécifique et le délai de résistance à la castration sont en cours de récupération mais seront disponibles lors du congrès.
Le syndrome de Fraley est une malformation anatomique vasculaire rare, où un vaisseau aberrant croise et comprime la tige calicielle supérieure, induisant une dilatation massive du calice supérieur. Majoritairement asymptomatique, les formes symptomatiques nécessitent un traitement. Seuls 3 auteurs ont décrit une prise en charge par cœlioscopie et la chirurgie ouverte reste fréquemment utilisée. L'intervention a été réalisée avec un Robot Da Vinci Si chez une patiente de 18 ans symptomatique. La patiente était placée en décubitus latéral droit modifié comme pour une néphrectomie partielle. L'accès au péritoine a été obtenu selon l'open technique de Hassan. Un trocart optique de 12 mm a été inséré, suivi de deux trocarts Da Vinci de 8 mm sur la ligne médioclaviculaire gauche. Deux trocarts assistants de 5 mm ont également été utilisés. La patiente a donné son consentement à la publication des résultats et des images. Une calicéo-pyélostomie, comme préalablement décrite par voie ouverte, a été réalisée par voie minimalement invasive, sans clampage vasculaire et permettant une épargne néphronique. La durée opératoire totale était de 114 minutes, dont 96 minutes de pneumopéritoine. Les pertes sanguines ont été inférieures à 10 mL. La durée d'hospitalisation était de 2 jours. La sonde JJ a été enlevée 4 semaines après l'intervention. Au contrôle à 12 semaines, la patiente était asymptomatique et un TDM de contrôle a montré une anastomose ouverte et une réduction de la dilatation calicielle supérieure. Le syndrome de Fraley représente plusieurs défis ; premièrement, diagnostique, en raison de sa rareté, puis thérapeutique chez les patients symptomatiques. Nous montrons ici la technique de la première chirurgie robot-assistée décrite. Cette technique est minimalement invasive avec des résultats cliniques satisfaisants et permet une épargne néphronique comparé à une néphrectomie partielle.
Introduction. - The urinary disorders of the patients with Parkinson's disease are complex and have a negative impact on their quality of life. None of therapy is considered effective ; whether drug or surgical. Sacral neuromodulation, recommended in other neurological pathologies such as multiple sclerosis, has never been studied in the patients with Parkinson's disease. The objective of our study is to assess the efficacy of sacral neuromodulation in the patients with Parkinson's disease.Material and method. - Multicentric retrospective cohort study, of 22 parkinsonian patients who underwent a sacral neuromodulation test. Epidemiological, clinical and urodynamic data were collected for each patient. A long-term effectiveness telephone survey was conducted.Results. - Twenty two patients with Parkinson's disease had a sacral neuromodulation test. 17/22 (77%) had Idiopathic Parkinson's Disease and 5/22 (23%) had Systematized Multi Atrophy. Clinically, the indication for the sacral neuromodulation test was overactive bladder in 68% of the cases. Urodynamically, detrusor hyperactivity is found in 12 patients (8 MPI, 4 AMS). Sacral neuromodulation was effective in only 7 patients (6 MPI and 1 AMS). Rather, the profile of the patient in whom NMS is effective is female, mature, and with PID. The long-term effectiveness of NMS is disappointing. Only 2 permanently implanted patients retained urinary benefit.Conclusion. - NMS improves urinary symptoms in the patients with Parkinson's disease in 32% of cases. It fluctuates over time and loses its effectiveness in the long term.Level of evidence. - 3.(c) 2021 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
La préservation nerveuse lors de la prostatectomie totale a été associée à un risque supérieur de marges positives. Nous présentons les Résultats préliminaires et difficultés rencontrées au cours d’une étude translationnelle ex-vivo visant à caractériser le tissu résiduel comme prostatique ou non-prostatique, à l’aide d’une sonde innovante et d’un anticorps anti-PSMA conjugué à un fluorophore. Deux études prospectives ont été montées pour permettre la collecte de tissu prostatique frais de manière prospective. Une sonde pouvant être adaptée à la laparoscopie a été développée pour la détection de la fluorescence en temps réel (Fig. 1). La microscopie confocale était utilisée comme gold-standard pour la comparaison. Les échantillons prélevés étaient marqués soit avec un anticorps anti-PSMA conjugué avec un fluorophore (Alexa Fluor 488), soit utilisés comme contrôles. Aucune différence significative n’a été notée entre l’intensité et le signal de fluorescence des échantillons issus de RTUP marqués (n = 4) ou contrôles (n = 4), en lien avec une auto fluorescence marquée secondaire à l’électrocoagulation (Fig. 2). Trois biopsies ont ensuite été obtenues chez 7 patients opérés d’une prostatectomie radicale, montrant également une auto fluorescence significative, mettant en doute la reproductibilité de la fixation des anticorps anti-PSMA sur les échantillons. De plus, la comparaison entre les mesures de fluorescence et l’anatomopathologie s’est avérée difficile du fait de la taille réduite des prélèvements et l’altération tissulaire. Nous n’avons pas réussi à démontrer la faisabilité de la détection peropératoire des marges utilisant un marquage avec un anticorps anti-PSMA, notamment du fait d’une importante auto fluorescence des tissus. Nous avons en revanche développé une sonde de détection de fluorescence compatible avec la laparoscopie. L’utilisation d’un fluorophore émettant dans l’infra-rouge, ou de nouveaux anticorps, sont à l’étude.
Vidéo détaillant la prise en charge chirurgicale d’un patient de 30 ans, présentant une sténose de 5 cm du bas uretère lombaire droit, réfractaire aux traitements endoscopiques. Indication d’une prise en charge par urétéro-appendicoplastie. Elle sera réalisée par cœlioscopie robot-assistée. Description de la technique chirurgicale et des différents temps opératoires : – décollement côlon droit ; – dissection de l’uretère droit ; – section de l’uretère d’amont puis d’aval à la sténose ; – dissection appendiculaire ; – spatulation appendiculaire en proximal et en distal ; – réalisation de l’anastomose urétéro-appendiculaire proximale ; – réalisation de l’anastomose appendico-urétérale ; – mise en place de la sonde JJ. Présentation des suites postopératoires, et du scanner de contrôle à 3 mois, après ablation de la sonde JJ.
La simulation chirurgicale s’impose comme une option permettant l’apprentissage à une technique chirurgicale tout en diminuant l’impact de la courbe d’apprentissage sur le patient. Le simulateur Biopsym propose un environnement pédagogique complet pour l’apprentissage du geste de biopsie prostatique. Nous présentons ici les résultats de la validation externe de ce simulateur, conduite auprès d’internes en urologie recrutés à l’occasion d’une journée de formation régionale. Des internes de 4 services universitaires d’urologie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, n’ayant pas pris part aux précédentes études de validation du simulateur, ont été inclus. Après une courte présentation et une étape d’initiation standardisée, les internes réalisaient une procédure de 12 biopsies randomisées simulées, puis remplissaient un questionnaire recueillant leurs attentes et l’évaluation du simulateur Biopsym. Le nombre de biopsies atteignant chaque secteur prostatique, le score total donné par le simulateur et la durée de la procédure simulée étaient recueillis. Vingt-trois internes ont été inclus. L’apport global pour la formation (/100) était évalué à une médiane de 100 (écart interquartile 83-100), le réalisme global de la procédure à 80 (69-89). Le pourcentage médian de biopsies atteignant la zone visée était de 66,7 % (62-75). Le score médian attribué par le simulateur était de 50 % (37-60). La différence pour ces deux scores selon l’existence ou non d’une expérience préalable des biopsies prostatiques n’était pas statistiquement significative. La durée médiane d’une procédure était de 4 :58(minutes :secondes) (3 :49–6 :00). Les internes plus expérimentés étaient plus rapides que les internes non ou peu expérimentés 3 :53s (3 :39–4 :56) vs 5 :10 (4 :59–7 :10), p = 0,01 (Fig. 1, Fig. 2). Cette étude de validation externe confirme une forte acceptation du simulateur par ses utilisateurs cibles. À notre connaissance, le simulateur Biopsym est le seul simulateur de biopsies prostatiques ayant fait la preuve de sa validité en dehors du centre à l’origine de son développement.
Le score PIRADS a été développé afin de standardiser l’interprétation des IRM prostatiques, et une probabilité croissante de détecter un cancer lors des biopsies mise en évidence avec l’augmentation du score PIRADS, plus de 80 % des lésions PIRADS 5 correspondant à un cancer significatif. Nous avons cherché à évaluer le rôle pronostique potentiel de ce score PIRADS 5 chez des patients traités par prostatectomie totale. À partir d’une base de données multicentrique européenne, nous avons analysé les données de 539 patients porteurs d’une lésion classée PIRADS V2 = 5 sur l’IRM pré-biopsie, ayant eu des biopsies ciblées et systématiques, puis opérés d’une prostatectomie totale. Les données de suivi étaient disponibles pour 448 patients. La survie sans récidive biochimique (SSRB) était analysée selon la méthode de Kaplan–Meier. Un modèle de Cox uni- puis multivarié a permis l’analyse des facteurs préopératoires associés à la récidive biochimique. L’âge médian était de 66 ans (IQR : 61–70), le PSA à 8 ng/mL (6–12), la densité de PSA à 0,2 (0,14–0,3). L’IRM suggérait une extension extra-prostatique (EEC) dans 32 %. Le diamètre médian des lésions était de 16 mm (14–20). Le grade ISUP biopsique était ≥ 3 dans 44 %. Le suivi médian était de 25 mois (12–39). Une EEC était confirmée par l’anatomopathologie définitive dans 55 %, les marges d’exérèse étaient positives dans 35 %. Un envahissement ganglionnaire était détecté dans 19 %. La SSRB médiane était de 28 % à 5 ans (IC95 : 18–39) (Fig. 1). Parmi les facteurs étudiés, le stade T IRM (Fig. 2), la densité de PSA (HR : 6,35, IC95 : 2,4–16,9) et le % de biopsies ciblées positives (HR : 1,13, IC95 : 1,06–1,2) étaient significativement associés au risque de récidive biochimique en analyse multivariée. Les patients ayant à l’IRM prostatique pré-biopsie une lésion classée PIRADS 5 sont à haut risque de récidive biochimique précoce après prostatectomie totale. Le stade T IRM, la densité de PSA et le % de biopsies ciblées positives peuvent aider à améliorer la sélection et l’information des candidats à une prise en charge chirurgicale.
Nous présentons le cas d’une urétérolyse par voie coelioscopique robot-assistée avec intra-péritonisation de l’uretère gauche et épiplooplastie. Une patiente présentant un lupus multi-compliqué présente une fibrose rétro-péritonéale résistante à la corticothérapie et aux immunosuppresseurs. Le drainage urétéral gauche se fait par l’intermédiaire d’une sonde JJ changée très régulièrement du fait de l’obstruction très fréquente de celle-ci. La sténose est étendue sur 5 cm de long, au niveau de l’uretère iliaque et lombaire bas. On propose une urétérolyse coelioscopique robot-assistée. L’urétérolyse par voie coelioscopique robot-assistée avec intra-péritonisation de l’uretère gauche et une épipolooplastie est réalisée en 125 minutes avec des pertes sanguines négligeables. La patiente était placée en décubitus latéral droit avec Trendenlenburg à 15°. La patiente sort au 2e jour. La sonde JJ a été enlevé à 1 mois post-opératoire avec un résultat clinique et par imagerie excellent. La voie d’abord coelioscopique robot-assistée se prête particulièrement bien aux techniques de reconstruction comme dans le cas de la fibrose rétro-péritonéale en alliant les avantages de la chirurgie mini-invasive avec la dextérité des instruments articulés.
Les pertes sanguines peropératoires sont généralement renseignées par l’urologue sur le compte rendu opératoire. Quelle est la fiabilité de cette estimation, et est-elle corrélée à la biologie postopératoire ? Nous avons réalisé un recueil rétrospectif monocentrique de novembre 2019 à mai 2020, de toutes les chirurgies urologiques à risque hémorragique réalisées par 7 opérateurs, par laparotomie, cœlioscopie et cœlioscopie robot-assistée. Nous avons recueilli les données suivantes : hémoglobine et hématocrite préopératoire - j1 - j3 postopératoire ; voie d’abord ; type d’intervention ; estimation des pertes par le chirurgien (sur compte rendu opératoire) et l’anesthésiste (sur compte rendu d’anesthésie ou réanimation) ; transfusion. La corrélation entre pertes sanguines et hémoglobine postopératoire est analysée selon Spearman. Au total, 94 interventions ont été incluses (détail Tableau 1). L’âge médian était de 66 ans. Onze patients (12 %) ont été transfusés en peropératoire pour un saignement médian estimé de 800 mL (450–925). Les pertes sanguines estimées par l’urologue étaient de 225 mL (100–500), contre 325 mL (238–725) pour l’anesthésiste (p = 0,16). La différence était plus marquée pour les cystectomies (350 mL), adénomectomies (300 mL) et néphrectomies totales (250 mL). La baisse médiane de l’hémoglobine était de 22 g/L (j1), 26 g/L (j3), pour une baisse d’hématocrite de 7 % (j1), 8 % (j3). Après exclusion des 11 patients transfusés, la corrélation entre estimation des pertes et hémoglobine postopératoire était faible mais significative pour chirurgiens et anesthésistes (r = 0,40, p < 0,05 vs r = 0,41, p < 0,05). Six patients ont été transfusés après j3 (baisse d’hémoglobine à j3 : 58 g/L) malgré un hématocrite diminué de 15 % (Fig. 1). L’estimation des pertes sanguines est faiblement corrélée à l’hémoglobine postopératoire. L’urologue semble sous-estimer modérément le saignement dans son compte rendu. Le risque de transfusion peropératoire reste significatif durant une chirurgie urologique à risque hémorragique. L’indication des transfusions postopératoires doit être discutée au vu de l’hématocrite.
Le cancer de la prostate métastatique (CaPm) est une situation clinique d’évolution souvent longue, complexe, faisant intervenir plusieurs lignes de traitements successifs. L’objectif principal était de réaliser une image des pratiques françaises concernant le diagnostic et le traitement du CaP d’emblée métastatique à partir des données de « vraie vie » recueillies dans des RCP sentinelles (RCPs) selon le modèle AFU. Étude prospective, descriptive, multicentrique réalisée en France de janvier 2018 à novembre 2018. L’ensemble des patients atteints d’un CaPm a été inclut sur un serveur informatique national à partir de 72 RCPs dans des centres publics et privés (accord de la CNIL). Le groupe des CaP d’emblée métastatiques a été analysé. Les données cliniques, radiologiques, anatomopathologiques et les décisions thérapeutiques ont été recueillies au diagnostic du CaPm (à M0) puis lors du suivi à 3 mois (M3) et 6 mois (M6). L’export des données informatiques a été réalisé sur un tableur Excel permettant l’analyse statistique. Sur 780 CaPm recensés dans 39 centres, 408 (52,1 %) étaient d’emblée métastatiques. Le suivi à M3 et M6 a été obtenu chez respectivement 209 et 194 patients. L’âge médian était de 73,5 ans et les motifs principaux de consultation étaient l’élévation du PSA et les troubles mictionnels (Tableau 1). Un bilan d’extension standard était réalisé dans 51,5 % des cas et une imagerie métabolique dans 14,7 % (Fig. 1). Les patients étaient à haut risque (LATITUDE) et à haut volume (CHARTEED) dans respectivement 41,9 et 56,1 % des cas. Le traitement initié est présenté sur la Fig. 2. À M3 et M6, le PSA moyen était respectivement de 27,9 et 32,2 ng/mL. À M3, 20 % des patients et 25 % à M6 nécessitaient un changement thérapeutique. Seuls 6 décès étaient rapportés sur la période. Les RCPs permettent le recueil rapide de données fiables et exhaustives contribuant ainsi à la caractérisation de populations ciblées. Cette première étude AFU a permis l’évaluation de 780 dossiers de CaPm sur l’année 2018. Elle montre l’importance du partage de l’information et renforce l’intérêt pour la création de registres nationaux accessibles à tous.
Le nomogramme récemment publié par Gandaglia et al. prédit le risque d’effraction extra-capsulaire (ECE) et d’invasion des vésicules séminales (SVI) en se basant sur les données d’imagerie par résonance magnétique (IRM) et des biopsies ciblées. Le but de notre étude était de faire la validation externe de ce modèle et de le comparer aux modèles précédemment décrit. Nous avons analysé 566 patients atteints d’un cancer prostatique localisé et opérés par prostatectomie radicale. Tous ces patients avaient une lésion suspecte à l’IRM, des biopsies ciblées (fusion IRM/US) et systématiques. La performance du nomogramme a été évaluée en utilisant l’air sous la courbe (AUC), la calibration et la courbe du bénéfice net (DCA). Du fait de la différence de proportion entre notre série et celle de la validation interne, une recalibration a été effectuée pour le modèle prédisant l’ECE. Le modèle a été comparé à celui du MSKCC et aux tables de Partin. Au total, 36,9 % et 12 % des patients avaient une ECE et SVI à l’analyse de la pièce finale respectivement. Concernant le risque d’ECE, le modèle de Gandaglia et al. montrait une meilleure discrimination (71,8 % vs 69,8 % et 61,3 % respectivement, p < 0,001), une calibration parfaite et un bénéfice net supérieur. Concernant le risque de SVI, le modèle montrait une discrimination similaire (68,5 % vs 70,4 % et 67,8 % respectivement, p = 0,58), une légère sous-estimation sur la courbe de calibration et un bénéfice net supérieur pour des valeurs de 20–30 % et 40–50 % (Fig. 1, Fig. 2). Nous validons le nomogramme prédisant le risque d’ECE et SVI qui présente une performance supérieure à celle des modèles précédemment décrits.