Le réseau douleur Franche-Comté, réseau interhospitalier constitué d’un pilotage à la fois régional et local, de coordination, financé par la dotation régionale de développement des réseaux (DRDR) a mené une étude dans le cadre d’une démarche qualité afin de repérer les dysfonctionnements et définir des axes d’amélioration dans la prise en charge des patients atteints de douleur chronique et aiguës rebelle suivis dans les différentes structures douleur de la région (à l’exclusion des patients atteints de douleur cancéreuse évolutive). À j0 et à six mois de la prise en charge entre septembre 2005 et avril 2006, chaque nouveau patient inclus dans le réseau a rempli un questionnaire et cinq échelles : une échelle visuelle analogique de la douleur (EVA), une échelle numérique de la douleur (EN), une échelle de retentissement comportemental, l’Hospital Anxiety and Depression scale et une échelle visuelle analogique de qualité de vie. Au total 166 patients ont été inclus. Cent ont répondu aux questionnaires à six mois. La répartition des pathologies est comparable à celle retrouvée dans le bilan d’activité 2005 du réseau douleur de Franche-Comté. La moyenne d’âge des patients est de 50 ans. La durée d’évolution de la pathologie à l’origine des douleurs est en moyenne de sept ans et la durée médiane de trois ans. À j0, 15 % connaissent des difficultés d’ordre social, 84 % présentent un score d’anxiété douteuse ou certaine et 67 % un score de dépression douteux ou certain (pris en charge psychothérapeutique 24 %). À six mois, 38 % des patients ont une amélioration des douleurs d’au moins un point, plus fréquente en cas de céphalées et en l’absence de difficultés sociales (p>0,02). L’ amélioration de qualité de vie de 50 % (36 % des patients), l’amélioration de la marche (43 % des patients), et du travail habituel à la maison (55 % des patients) est plus fréquente en cas de prise en charge en psychothérapie et en centre de rééducation fonctionnelle. L’amélioration du temps de loisir (50 % des patients), de la libido (43,2 % des patients) et du score d’anxiété et de dépression (30 % des patients) est plus fréquente en l’absence de difficultés sociales. Cette étude révèle une insuffisance de l’amélioration de la qualité de vie et des douleurs à six mois, mais permet de repérer des axes possibles d’amélioration. Grâce à l’organisation en réseau, ces améliorations sont possibles par une meilleure communication avec les médecins généralistes, par une demande de postes mutualisés entre plusieurs centres et par une évaluation des pratiques professionnelles en continue grâce à la mis en place d’un dossier médical commun informatique.
La chronicité rencontrée dans la douleur et le handicap nécessite des approches diagnostiques et thérapeutiques nouvelles, que les spécialités d'Algologie et de Médecine Physique et de Réadaptation (MPR) ont développées de manière identique. Elles comprennent l'évaluation somatique, fonctionnelle et psychosociale ; le développement de l'écoute, fondamentale chez ces patients recherchant la reconnaissance de leur souffrance ; et le travail en pluridisciplinarité permettant plusieurs types de traitements associés dans un programme structuré. Cette étroite parenté a créé un lien entre l'UETD et le service de MPR du CH de Belfort-Montbéliard, site de Montbéliard. Les moyens actuels permettent une consultation conjointe, aboutissant à une prescription détaillée de rééducation et physiothérapie de l'appareil locomoteur, parfois techniques manuelles, associées à un traitement antalgique et un soutien psychologique. La perspective idéale serait de développer des ateliers spécialisés décrits dans cet organigramme, appliquant des protocoles de soins validés, comme par exemple un atelier de traitement orthopédique conservateur dans les lomboradiculalgies, un atelier de traitement des douleurs pelvipérinéales, ou un atelier d'électrophysiothérapie, acupuncture, réflexothérapies et/ou magnétothérapies. Pour mettre en place ce projet, les acteurs des deux structures travaillent sur la création d'un poste de kinésithérapeute, affecté spécialement à ces ateliers, mais rattaché au service de MRP pour mutualiser et optimiser les moyens. Ces ateliers devraient s'intégrer dans une hospitalisation de jour, au centre d'un réseau ville-hôpital permettant la cohérence de la prise en charge, une meilleure communication, et prévenant l'aggravation liée à la chronicisation de la douleur et de la perte fonctionnelle.
Les décrets n° 2002-1298 du 26/10/02 et n° 2002-1463 du 17/12/02, les circulaires MIN/DHOS/DSS/CNAMTS n° 610 du 19/10/02 et n° 175/2002 du 30/12/02 ainsi que l'arrêté du 27/01/03 permettent l'attribution de financements au réseau de santé satisfaisant à des critères de qualité et d'organisation nommé Dotation Nationale de Développement des Réseaux. Le réseau douleur FC a déposé un dossier promoteur au guichet unique ARH -URCAM le 31/09/03. Ce dossier devait contenir une fiche d'identité du réseau avec les coordonnées du promoteur destiné à recevoir les fonds, l'aire géographique et la population concernée, un résumé du projet et sa pertinence, l'historique du réseau, ces actions, ces acteurs, une charte, une convention constitutive, un document d'information destiné aux usagers, un rapport d'activité, un cahier des charges de l'évaluation, les modalités de communication dans le réseau, l'organisation de la prise en charge des bénéficiaires, les résultats opérationnels, et le plan de financement du projet sur 3 ans. Le réseau douleur FC a ainsi obtenu des financements pour ses frais de fonctionnement, de formation, pour le renforcement de l'équipe de saint Claude (39) et pour l'emploi d'un assistant coordonnateur logisticien informaticien.