L’équipe du CETD du CHU de Besançon a mené une étude rétrospective des dossiers des 26 premiers patients traités par le patch de capsaïcine 8 % Qutenza®. Cette étude a concerné 17 femmes (65 %) et 9 hommes (34 %) atteints de douleurs neuropathiques périphériques postchirurgicales (12 patients), posttraumatiques (6 patients), postzostériennes (4 patients) et autres douleurs neuropathiques (4 patients) du mois d’août 2011 à octobre 2012. L’objectif de cette étude était d’apprécier l’efficacité de ce nouveau traitement attendu et le pourcentage d’amélioration des douleurs à un mois et demi de l’application. L’âge moyen des patients est de 52ans (24 à 83ans), la durée moyenne des douleurs de 3ans (deux mois à 10ans). Tous patients confondus, l’évaluation de la douleur réalisée à l’aide de l’échelle numérique avant la pose est de 6,6/10 et de 2,4/10 un mois et demi après la pose, soit une amélioration globale de 36 %. La moitié des patients ont présenté des douleurs pendant l’application. Ces premiers résultats encourageants nous ont conduit à poursuivre l’utilisation de ce nouveau traitement dans le service.
Le but de ce court texte est de tenter de donner quelques pistes afin de mieux approcher un patient douloureux avec toute la complexité que nous connaissons de la douleur.
Le réseau douleur Franche-Comté, réseau interhospitalier constitué d’un pilotage à la fois régional et local, de coordination, financé par la dotation régionale de développement des réseaux (DRDR) a mené une étude dans le cadre d’une démarche qualité afin de repérer les dysfonctionnements et définir des axes d’amélioration dans la prise en charge des patients atteints de douleur chronique et aiguës rebelle suivis dans les différentes structures douleur de la région (à l’exclusion des patients atteints de douleur cancéreuse évolutive). À j0 et à six mois de la prise en charge entre septembre 2005 et avril 2006, chaque nouveau patient inclus dans le réseau a rempli un questionnaire et cinq échelles : une échelle visuelle analogique de la douleur (EVA), une échelle numérique de la douleur (EN), une échelle de retentissement comportemental, l’Hospital Anxiety and Depression scale et une échelle visuelle analogique de qualité de vie. Au total 166 patients ont été inclus. Cent ont répondu aux questionnaires à six mois. La répartition des pathologies est comparable à celle retrouvée dans le bilan d’activité 2005 du réseau douleur de Franche-Comté. La moyenne d’âge des patients est de 50 ans. La durée d’évolution de la pathologie à l’origine des douleurs est en moyenne de sept ans et la durée médiane de trois ans. À j0, 15 % connaissent des difficultés d’ordre social, 84 % présentent un score d’anxiété douteuse ou certaine et 67 % un score de dépression douteux ou certain (pris en charge psychothérapeutique 24 %). À six mois, 38 % des patients ont une amélioration des douleurs d’au moins un point, plus fréquente en cas de céphalées et en l’absence de difficultés sociales (p>0,02). L’ amélioration de qualité de vie de 50 % (36 % des patients), l’amélioration de la marche (43 % des patients), et du travail habituel à la maison (55 % des patients) est plus fréquente en cas de prise en charge en psychothérapie et en centre de rééducation fonctionnelle. L’amélioration du temps de loisir (50 % des patients), de la libido (43,2 % des patients) et du score d’anxiété et de dépression (30 % des patients) est plus fréquente en l’absence de difficultés sociales. Cette étude révèle une insuffisance de l’amélioration de la qualité de vie et des douleurs à six mois, mais permet de repérer des axes possibles d’amélioration. Grâce à l’organisation en réseau, ces améliorations sont possibles par une meilleure communication avec les médecins généralistes, par une demande de postes mutualisés entre plusieurs centres et par une évaluation des pratiques professionnelles en continue grâce à la mis en place d’un dossier médical commun informatique.