L'ostéodystrophie rénale est une complication de l'insuffisance rénale chronique dont la physiopathologie allie des troubles du remodelage et de la minéralisation osseuse à des anomalies du métabolisme phosphocalcique. Ceci résulte en l'accélération du turn-over osseux, qui peut se manifester en TEP-TDM au 18FDG par un hypermétabolisme squelettique diffus. Nous rapportons le cas d'un patient âgé de 63 ans, aux antécédents d'insuffisance rénale chronique au stade d'hémodialyse depuis 9 ans. Devant la découverte fortuite sur une TDM thoracique d'un nodule pulmonaire solide, ayant augmenté de taille sur la TDM de contrôle, le patient nous a été adressé pour TEP-TDM au 18FDG afin de mieux caractériser ce nodule. L'examen a mis en évidence un hypermétabolisme significatif en regard du nodule solide du segment dorsal du LSD (SUVmax = 5,2), associé à un hypermétabolisme osseux hétérogène, diffus à tout le squelette axial et périphérique, notamment plus marqué en regard des articulations sacro-iliaques et en regard de certains disques intervertébraux. L'étude scanographique en fenêtre osseuse a montré une trame osseuse très hétérogène avec des micronodules en rapport avec une ostéocondensation diffuse du squelette mimant une atteinte osseuse secondaire, mais qui était plutôt en rapport avec une ostéodystrophie rénale. L'ostéodystrophie rénale est une combinaison de six mécanismes physiopathologiques qui expliquent la manifestation ostéoarticulaire et musculaire de la maladie, à savoir : l'hyperparathyroïdie secondaire, l'ostéomalacie et rachitisme ou ostéopénie, les affections microcristallines, les calcifications des tissus mous, l'amylose à bêta-2 microglobuline ainsi que les arthropathies et spondylarthropathies destructrices des hémodialysés. En conséquence, les patients en insuffisance rénale terminale présentent une accélération du turn-over osseux pouvant se manifester sur la TEP-TDM au 18F-FDG par un hypermétabolisme osseux diffus et globalement homogène (accumulation du glucose au niveau de la trame osseuse) qu'il faut savoir interpréter en fonction des données cliniques.
Les lymphomes testiculaires primitifs (LTP) constituent une entité rare, représentant seulement 1–2 % de l'ensemble des lymphomes non hodgkiniens (LNH) et approximativement 1–9 % des affections testiculaires malignes. Comme dans toute forme de LNH agressif, les cellules tumorales présentent une forte avidité au 18 FDG et, ainsi, la tomographie par émission de positons couplée à la tomodensitométrie au flurodésoxyglucose marqué au fluor 18 (TEP-TDM au 18 FDG) est fortement recommandée. Elle est actuellement considérée comme le moyen d'imagerie le plus fiable pour la stadification initiale et l'évaluation thérapeutique des LTP. Nous rapportons le cas d'un patient âgé de 34 ans, qui nous a été adressé à trois reprises pour TEP-TDM au 18 FDG dans le cadre de la prise en charge de son lymphome testiculaire primitif. Le premier examen du bilan d'extension initial a mis en évidence un hypermétabolisme intense testiculaire gauche associé à une atteinte ganglionnaire iliaque interne homolatérale (SUVmax 4,4) et musculaire (SUVmax 14,6). L'examen d'évaluation thérapeutique précoce post deux cures de chimiothérapie a conclu à une réponse métabolique complète, selon la classification de Lugano (score de Deauville = 3). Le troisième examen a été réalisé dans le cadre de l'évaluation en fin de traitement (quatre cures de chimiothérapie et autogreffe) et a confirmé la stabilité de la réponse métabolique complète (score de Deauville = 3). Les lymphomes testiculaires primitifs représentent une entité rare du LNH, dont la stadification initiale doit être faite avec prudence afin d'exclure une atteinte systémique extra-testiculaire qui changerait le protocole thérapeutique. Cela peut être réalisé, selon les études, par une tomodensitométrie, une imagerie par résonance magnétique et une biopsie ostéomédullaire (BOM). Cependant, il a été prouvé au cours des dernières années que la TEP-TDM au 18 FDG constitue un examen d'imagerie clé dans ce type de lymphomes, permettant un bilan d'extension initial plus précis et plus fiable, avec une sensibilité supérieure à celles des techniques d'imagerie conventionnelle. Ce cas illustre cette supériorité. En effet, l'imagerie conventionnelle initiale n'a pas détecté l'atteinte ganglionnaire et musculaire. Par ailleurs, cet examen est très performant dans l'évaluation thérapeutique intermédiaire et en fin de traitement des LTP, permettant de détecter plus précocement les éléments de réponse.
Introduction L’hyperthyroïdie induite par l’amiodarone (HIA) est une thyroïdite iatrogène affectant 2–10 % des patients et dont la prise en charge dépend du type. La scintigraphie thyroïdienne au Sestamibi s’avère être utile pour distinguer les différents types d’HIA, notamment dans les formes douteuses. Observation Patient âgé de 46 ans, traité par amiodarone depuis 6 ans pour fibrillation auriculaire paroxystique ayant consulté pour perte pondérale et irritabilité. Au bilan thyoidien TSH=0,01UI/L et FT4=32pmol/L, sans exophtalmie ni goitre à l’examen clinique. L’échographie cervicale a montré une thyroïde hypovascularisée. La scintigraphie thyroïdienne au 99mTc a révélé une “scintigraphie blanche”, caractéristique d’une HIA de type2. Cependant, la scintigraphie au MIBI a montré une captation faible mais persistante à 1heure, suggérant une HIA mixte. D’où, l’amiodarone a été arrêté et le patient a retrouvé une euthyroïdie 1mois plus tard. Discussion L’HIA est une hyperthyroïdie qui se développe sur une glande saine ou pathologique, quelques mois à quelques années après l’instauration du traitement. Vu que sa prise en charge dépend étroitement du type, un diagnostic étiologique précis s’impose dès le début. Dans ce contexte, la scintigraphie thyroïdienne au Sestamibi permet un diagnostic plus aisé, notamment dans les formes douteuses où ses performances peuvent dépasser l’échographie et la scintigraphie au 99mTc.L’examen permet ainsi de faire la part entre l’HIA type2 où il n’existe pas de captation du traceur, l’HIA de type1 où la captation est diffuse et intense et l’HIA mixte ou de type 3 où la captation initiale est faible pouvant persister ou disparaître au bout de quelques minutes.
La tomographie par émission de positons couplée à la tomodensitométrie au flurodésoxyglucose marqué au fluor 18 (TEP-TDM au 18 FDG) constitue un examen d'imagerie très performant dans les carcinomes mammaires, pouvant être utile dans toutes les étapes de sa prise en charge. En effet, elle permet d'établir un bilan lésionnel plus complet et précis que l'imagerie conventionnelle, notamment ganglionnaire et à distance aussi bien au bilan d'extension initial qu'au bilan de récidive. Elle pourrait également être indiquée pour évaluer la réponse thérapeutique. Nous rapportons le cas d'une patiente âgée de 37 ans, suivie depuis 2017 pour un carcinome canalaire infiltrant du sein gauche, initialement traitée par chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie. La patiente nous a été adressée en 2022 pour suspicion de récidive devant l'apparition sur la TDM de contrôle thoraco-abdomino-pelvienne d'adénomégalies rétropéritonéales et lomboaortiques. La TEP-TDM au 18 FDG a mis en évidence d'autres localisations métastatiques avides au 18 FDG ganglionnaires sus- et sous-diaphragmatiques et osseuses infra-radiologiques. Afin d'évaluer la réponse thérapeutique à la chimiothérapie, une deuxième TEP, réalisée six mois après la première, a objectivé une progression métabolique au niveau ganglionnaire sous-diaphragmatique. Une chimiothérapie de 3e ligne a été administrée et a été compliquée par une altération de la fonction rénale, contre-indiquant la réalisation d'une TDM injectée. Par ailleurs, la patiente est claustrophobe donc elle n'a pas pu bénéficier d'une imagerie par résonance magnétique. Une troisième TEP a été réalisée afin d'évaluer la réponse thérapeutique. L'examen a mis en évidence une progression ganglionnaire. La TEP-TDM au 18 FDG est recommandée dans la prise en charge des carcinomes mammaires, notamment dans la recherche de récidive et dans le bilan d'extension initial des stades avancés. Dans le bilan de récidive de notre patiente, elle a découvert des métastases ganglionnaires sus-diaphragmatiques et osseuses non diagnostiquées par l'imagerie conventionnelle, confirmant la supériorité de cette imagerie métabolique. Par ailleurs, la TEP n'est pas l'examen de première intention pour l'évaluation thérapeutique des carcinomes mammaires. Mais dans des situations particulières, comme notre cas d'insuffisance rénale contre-indiquant l'injection de PDC iodés, elle a trouvé sa place et a guidé la prise en charge.
Préciser les facteurs prédictifs de fistules biliaires externes après un traitement chirurgical des kystes hydatiques du foie. Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive, incluant les patients opérés pour un KHF, s’étalant sur une période de 7 ans (de 2013 à 2019). On a colligé 85 patients dont 41 patients présentaient des kystes non compliqués. Le sexe féminin représentait 62 % de la population. La taille moyenne des kystes était de 8,4 cm. Le type III de la classification de Gharbi était présent dans 48 %. Le contenu du kyste était bilieux dans 46 % des cas. L’attitude chirurgicale était conservatrice dans 90 % des cas. La FBE était retrouvée chez 17 patients. La durée moyenne d’hospitalisation augmente de 7 à 18 jours en présence de la FBE. En analyse univariée, les facteurs de risque qui étaient associés de façon statistiquement significative à la survenue de la FBE sont : le sexe masculin ( p = 0,011), la présence d’un ictère cutanéomuqueux ( p = 0,021), la présence d’un syndrome angiocholitique ( p = 0,028), ASAT ≥ 38,5 ( p = 0,016), ALAT ≥ 40 ( p = 0,025), la taille du kyste ≥ 6,5 cm ( p = 0,016) et le KHF de type III selon la classification de Gharbi ( p = 0,046). En étude multivariée, le sexe masculin ( p = 0,017), la taille du KHF ≥ 6,5 cm ( p = 0,049) et le taux d’ASAT ≥ 38,5 ( p = 0,003) étaient les facteurs prédictifs de la FBE après un traitement chirurgical du kyste hydatique du foie. La présence de facteurs prédictifs de FBE en préopératoire, impose une adaptation de la stratégie thérapeutique.
Les anévrysmes des artères digestives de moyen calibre sont une complication rare du lupus érythémateux systémique(LES). Ils peuvent mettre en jeu le pronostic vital dans l'immédiat lorsqu'ils se rompent. Nous rapportons l'observation d'un patient âgé de 34 ans, suivi depuis 20 ans pour LES avec des manifestations systémiques. Il a été admis en urgence dans notre institution pour douleurs abdominales généralisées d'installation progressive avec installation rapide d'une altération de l'état hémodynamique .L'angioscanner abdominal avait montré : « saignement actif de siège pré et sous hépatique en rapport avec des lésions anévrysmales en chapelet rompues de l'artère hépatique gauche, chez un patient présentant une atteinte angio-dysplasique et anévrysmale des artères digestives, rénales droites et épigastriques. L'évolution sous réanimation (remplissage et transfusion) était favorable avec obtention d'une stabilité hémodynamique. Devant cette stabilité hémodynamique on a opté pour un traitement conservateur. Le scanner de contrôle avait montré un arrêt du saignement et une absence de récidive. Le patient a été mis sous un traitement de fond du lupus (hydroxycholoroquine 200 mg 1cp/j, prednisone 10 mg/j) et a été mis sortant a j10 d'évolution. Un contrôle clinique et radiologique à trois mois était satisfaisant avec régression de la taille des anévrysmes et absence de récidive. La rupture d'un anévrysme de l'artère hépatique est une complication rare et grave de la maladie lupique. Elle doit toujours être suspectée et éliminée devant un syndrome abdominal aigu chez un patient suivi pour LES.
The hepatic hydatid cyst is a major public health concern in endemic areas. It presents a therapeutic challenge when it occurs in pregnant women and exposes the mother and the fetus to a high mortality risk in the case of complications. The main complication is communication with the biliary tree, which fortunately is rare.
The Abdominal Actinomycosis (AA) is a rare and often unrecognised suppurative chronic illness. The diagnosis is difficult. It can have a variety of clinical manifestations and can mimic a malignancy. It's established by histology of surgical biopsy. We report a case of a 58 years old woman admitted to our institution for a pain of the right iliac fossa with a mass. The diagnosis was established after surgical intervention and histological examination. The treatment was surgical resection and antibiotherapy by amoxcillin during 6 months. The primary diagnosis of abdominal pelvic actinomycosis is difficult. All organs and anatomic structures of the abdomen can be involved. Even with extensive infection, combined operative and antibiotic therapy allows cure in most cases.
Hirschsprung’s disease is a disorder caused by the absence of ganglion cells in the colon and rectum. It has an incidence of 1 in 5000 births, the majority diagnosed and treated in the neonatal period due to symptoms of intestinal obstruction. Persistence of Hirschsprung’s disease into adulthood is very rare. In such patients, prolonged periods of constipation are a common problem. For the diagnosis, a colon study and anorectal manometry are performed, and the presence of the disease is confirmed by an excisional biopsy proving the absence of the ganglion cell in Auerbach and Meissner’s plexus. Although various surgical procedures have been performed, there is no obvious optimal choice for treatment of Hirschsprung’s disease in adolescents and adults. We experienced two cases of Hirschsprung’s disease, confirmed by a rectal biopsy, in 20-year patients. Prior to a definitive operation, a sigmoid loop colostomy was performed due to severe dilatation of the left colon and rectum. Six months later, one patient was treated using Duhamel’s procedure, and the other by using a proctosigmoidectomy and coloanal anastomosis. No postoperative complications were observed, and the patients had bowel movements three to four times a day. Despite its infrequent incidence, adult Hirschsprung’s disease should be suspected in patients who have had lifelong constipation. Several successful surgical treatments have been used for treatment of patients with adult Hirschsprung’s disease. In our cases, the functional results of Duhamels' procedure and of a proctosigmoidectomy with coloanal anastomosis were satisfactory.
An inflammatory pseudotumour is an uncommon lesion originally described in the respiratory tract. It is currently established that it can occur in a variety of locations, including the pancreas. The aetiology is still not defined. Histological features include inflammatory and other mesenchymal cells without signs of malignancy.
Solid pseudopapillary tumour of the pancreas is a rare neoplasm which, for the most part, affects young women and has a relatively favourable prognosis with low malignant potential. We report the case of a 48-year-old woman with a pseudopapillary tumour of the pancreas. Abdominal computed tomography and magnetic resonance imaging showed a solid, cystic mass in the pancreas. She was successfully treated with a cephalic duodenopancreatectomy. The SPT is an infrequent tumour, typically affecting young women. Surgical resection is generally curative, even in locally advanced or metastatic disease