Introduction L’hyperthyroïdie induite par l’amiodarone (HIA) est une thyroïdite iatrogène affectant 2–10 % des patients et dont la prise en charge dépend du type. La scintigraphie thyroïdienne au Sestamibi s’avère être utile pour distinguer les différents types d’HIA, notamment dans les formes douteuses. Observation Patient âgé de 46 ans, traité par amiodarone depuis 6 ans pour fibrillation auriculaire paroxystique ayant consulté pour perte pondérale et irritabilité. Au bilan thyoidien TSH=0,01UI/L et FT4=32pmol/L, sans exophtalmie ni goitre à l’examen clinique. L’échographie cervicale a montré une thyroïde hypovascularisée. La scintigraphie thyroïdienne au 99mTc a révélé une “scintigraphie blanche”, caractéristique d’une HIA de type2. Cependant, la scintigraphie au MIBI a montré une captation faible mais persistante à 1heure, suggérant une HIA mixte. D’où, l’amiodarone a été arrêté et le patient a retrouvé une euthyroïdie 1mois plus tard. Discussion L’HIA est une hyperthyroïdie qui se développe sur une glande saine ou pathologique, quelques mois à quelques années après l’instauration du traitement. Vu que sa prise en charge dépend étroitement du type, un diagnostic étiologique précis s’impose dès le début. Dans ce contexte, la scintigraphie thyroïdienne au Sestamibi permet un diagnostic plus aisé, notamment dans les formes douteuses où ses performances peuvent dépasser l’échographie et la scintigraphie au 99mTc.L’examen permet ainsi de faire la part entre l’HIA type2 où il n’existe pas de captation du traceur, l’HIA de type1 où la captation est diffuse et intense et l’HIA mixte ou de type 3 où la captation initiale est faible pouvant persister ou disparaître au bout de quelques minutes.
Le lymphome primitif du sein (LPS) est une entité clinicopathologique peu commune et distincte des autres tumeurs mammaires. En effet, cette entité ne représente que 0,04 à 0,5 % de tous les cancers du sein. Il existe peu de littérature sur le rôle de la TEP/TDM au 18F-FDG dans le LPS. Cette observation a pour but de souligner l'apport de la TEP/TDM au 18F-FDG dans la prise en charge du lymphome primaire du sein. Il s'agit d'une patiente de 35 ans, sans antécédents particuliers, qui consulte pour la découverte récente d'une masse mammaire droite indolore. Une biopsie avec examen anatomopathologique a été réalisée et a montré un aspect morphologique couplé au profil immunohistochimique cadrant avec une localisation d'un lymphome B à grandes cellules du sein droit. Deux TEP/TDM au 18F-FDG ont été réalisées, la première dans le cadre du bilan d'extension initial puis dans le cadre d'une évaluation post-chimiothérapie. L'examen a été réalisé par l'injection de 3 MBq/kg de 18F-FDG avec une acquisition à 60 min post-injection. L'examen réalisé dans le cadre du bilan d'extension initial a montré un hypermétabolisme intense au niveau d'une masse du quadrant supéro-externe du sein droit faisant 80 × 78 mm avec une SUVmax à 31,5 sans autre foyer d'hyperfixation pathologique sur le reste du volume exploré. L'aspect était donc en faveur d'une localisation lymphomateuse extraganglionnaire unique mammaire droite stade Ann Arbor IE. La patiente a été traitée par 8 cures de chimiothérapie et nous a été réadressée pour une TEP d'évaluation thérapeutique. L'examen a alors montré une importante régression morphométabolique de la masse du quadrant supéro-externe du sein droit avec une SUVmax à 3,3 contre 31,5 à l'ancien examen. Nous avons donc conclu à un aspect en faveur d'une rémission métabolique complète avec un score de Deauville à 3. La TEP/TDM au 18F-FDG joue un rôle essentiel dans la prise en charge des patients atteints de lymphome primaire rare du sein. Elle permet d'effectuer une stadification précise de ces patients, d'évaluer la réponse à la chimiothérapie ou à la radiothérapie et de confirmer l'absence de la maladie lors de la réévaluation des patients.
Les lymphomes cutanés primitifs (LCP) sont des tumeurs rares souvent diagnostiquées à un stade tardif de la maladie. Le pronostic et les décisions en matière de prise en charge sont basés sur la connaissance précoce de l’étendue de la maladie. Dans ce cadre, la TEP/TDM au 18FDG se présente comme modalité d’imagerie prometteuse appliquée de manière de plus en plus routinière dans la plupart des lymphomes. L’objectif de ce travail est d’insister sur les rôles actuels et potentiels de la TEP/TDM au 18FDG dans le diagnostic, la stadification et le suivi des LCP à travers l’étude de 7 cas suivis dans notre service et une revue de la littérature. Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive incluant les patients atteints d’un LCP prouvé histologiquement et ayant bénéficié d’une TEP/TDM au 18FDG au service de médecine nucléaire du CHU Sahloul de Sousse du 01 octobre 2019 au 31 août 2023.
L'ostéopétrose, appelée aussi la maladie des os de marbre, est un désordre métabolique secondaire à un dysfonctionnement des ostéoclastes, d'origine héréditaire. Sa prévalence est rare. La scintigraphie osseuse aux diphosphonates s'avère utile dans cette maladie. Nous élucidons, à travers cette observation, l'intérêt de la tomographie d'émission monophotonique/tomodensitométrie (TEMP/TDM) en complément de la scintigraphie osseuse planaire dans le diagnostic positif et topographique de l'ostéopétrose. Nous rapportons le cas d'un enfant âgé de 15 ans, sans antécédents pathologiques notables, présentant depuis quelques mois des douleurs osseuses diffuses essentiellement périarticulaires, résistantes au traitement symptomatique. Les radiographies standards des genoux ont révélé une augmentation diffuse de la densité osseuse périarticulaire évoquant une ostéopétrose. Une scintigraphie osseuse a été alors demandée pour dresser une cartographie lésionnelle. Le patient a bénéficié d'un balayage du corps entier 2 heures après injection de 740 MBq de 99mTc-HMDP, suivi d'une TEMP/TDM. La scintigraphie osseuse avait objectivé des hyperfixations modérées à intenses du radiotraceur au niveau des extrémités supérieures et inférieures des fémurs, tibias et fibulas qui correspondaient sur les coupes TEMP/TDM à une osctéocondensation avec hypertrophie des pièces osseuses touchées. Nous avons noté, par ailleurs, des hyperfixations étagées du rachis dorso-lombaire plus marquées au niveau L1 correspondant sur la TEMP/TDM à un épaississement dense des corticales des plateaux vertébraux avec aspect « d'os dans l'os ». La maladie des os de marbre est une maladie rare. La scintigraphie osseuse peut contribuer au diagnostic positif de cette maladie grâce à son mode planaire et surtout après un complément par TEMP/TDM qui permet d'objectiver des aspects radiologiques particuliers. Elle s'avère également utile pour le diagnostic topographique grâce à sa capacité à explorer l'ensemble du squelette et pour le diagnostic de ses complications osseuses.
L'ectopie thyroïdienne est une anomalie embryologique rare, résultant d'un trouble de la migration de l'ébauche médiane de la thyroïde. Les examens d'imagerie, notamment la scintigraphie, constituent des outils indispensables au diagnostic. Nous rapportons le cas d'une patiente âgée de 42 ans, suivie depuis deux ans pour une hyperthyroïdie clinique et biologique en rapport avec une maladie de Basedow persistante après 18 mois de traitement par des antithyroïdiens de synthèse. La patiente nous a été adressée pour un traitement radical à l'iode 131. À l'échographie cervicale, elle présente une thyroïde augmentée de taille, hypervasculaire, sans anomalies par ailleurs. Une scintigraphie thyroïdienne a été réalisée 20 minutes après injection intraveineuse de 5 mCi de 99mTcO4-. Le protocole d'acquisition a comporté une image statique centrée sur le cou en incidence antérieure, suivie d'une acquisition TEMP/TDM (tomoscintigraphie monophotonique couplée à une tomodensitométrie) centrée sur la région cervicale. L'image statique cervicale a montré une glande thyroïde eutopique de fixation intense et homogène. Nous avons noté, par ailleurs, la présence d'un foyer de captation intense pareil à celui du parenchyme thyroïdien paramédian gauche au-dessus du lobe thyroïdien qui correspondait sur les coupes TEMP/TDM à une formation tissulaire de densité égale à celle de la thyroïde pré-hyoïdienne, évoquant en premier lieu un parenchyme thyroïdien accessoire. Cette hypothèse a été renforcée par un complément d'échographie, laquelle a révélé la présence d'une formation hyperéchogène homogène, hypervasculaire de structure thyroïde-like. L'association d'une ectopie thyroïdienne et d'une thyroïde en position cervicale normale est une situation exceptionnelle. La scintigraphie thyroïdienne revêt une importance majeure dans la détection et l'élimination de diagnostics différentiels. Elle permet également de guider le geste chirurgical thyroïdien en cas de pathologie thyroïdienne associée, évitant ainsi une récidive après traitement.
Le cancer du sein (CS) est le cancer le plus fréquent chez la femme, il représente plus de 30 % de tous les cancers féminins. Le cancer de la thyroïde (CT) est relativement rare, avec une prédominance féminine. Des cancers primitifs multiples (CPM) associant le CT et le CS sont de plus en plus fréquents chez les femmes. Dans ce travail, nous rapportons le cas d’une patiente ayant présenté un cancer différencié de la thyroïde (CDT) après un CS. Notre patiente, âgée de 48 ans, a été traitée il y a deux ans pour un carcinome mammaire gauche par mastectomie et radiochimiothérapie avec obtention d’une rémission complète. Devant la réascension récente des marqueurs tumoraux avec récidive ganglionnaire confirmée histologiquement, elle nous a été adressée pour TEP au 18FDG qui a mis en évidence un incidentalome thyroïdien lobaire gauche ainsi que des lésions pulmonaires hypermétaboliques d’allure infectieuse. Le complément d’exploration par échographie cervicale avait classé le nodule thyroïdien en EU-TIRADS 4 d’où l’indication d’une loboisthmectomie. L’examen histopathologique a conclu à un carcinome papillaire de la thyroïde d’où la totalisation chirurgicale avec un curage médiastino-récurrentiel et un traitement radioactif à l’iode 131. Le CDT était classé pT1bN0M0. La notion de relation entre le CT et le CS semble se dégager de plusieurs études épidémiologiques et de rapports de cas isolés. Le fondement physiopathologique de cette probable association est basé sur l’attachement des deux entités aux mêmes facteurs génétiques et sur les ressemblances entre les récepteurs cellulaires, mammaires et thyroïdiens. La compréhension de ces facteurs peut avoir une influence sur la prise en charge des patients et le développement de nouvelles thérapies.
Les thromboses tumorales constituent une complication rare des tumeurs solides, difficiles à différencier des thromboses cruoriques habituelles. Distinguer les deux étiologies est primordial afin d’éviter au patient un traitement anticoagulant inutile à long terme. Le but de cette observation est de montrer l’apport de la TEP au 18F-FDG dans le diagnostic des thromboses néoplasiques. Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 48 ans, suivi depuis juillet 2021 pour un adénocarcinome de l’angle colique droit classé initialement pT4N0M0 et traité par hémi-colectomie droite carcinologique avec anastomose iléocolique. Une TDM de contrôle a montré une lésion focale du segment IV hépatique équivoque, même après exploration par IRM hépatique, et qui est associée à des adénomégalies lomboaortiques et du hile hépatique. Une thrombose de la veine mésentérique supérieure étendue au tronc porte a été notée, la nature cruorique était la plus probable. Elle a été jugulée par des anticoagulants. Le patient nous a été adressé pour caractérisation du nodule hépatique et cartographie lésionnelle dans l’optique d’une chirurgie curative. Il a bénéficié d’une acquisition TEP/TDM standard du haut du crâne à mi-cuisse après injection IV de 3 MBq/Kg de 18F-FDG puis d’une TDM avec injection de produit de contraste iodé, sur un imageur TEP Siemens Biograph. L’examen TEP/TDM réalisé n’a pas montré de métabolisme pathologique au niveau hépatique ni au niveau des adénomégalies décrites. Néanmoins, on a noté que la veine mésentérique supérieure, le tronc spléno-mésaraïque ainsi que la portion initiale du tronc porte étaient dilatés, siège d’un contenu hypodense hypermétabolique avec une prise de contraste pariétale et un SUVmax à 12,2, en rapport avec une thrombose d’allure suspecte. L’association d’un SUVmax élevé et de l’aspect scannographique de la thrombose, actuellement plus étendue, nous fait évoquer en premier lieu une origine néoplasique de la thrombose. La différence entre l’origine néoplasique et cruorique d’une thrombose veineuse constitue un élément important modifiant radicalement la prise en charge thérapeutique. Grâce à l’étude des paramètres semi-quantitatifs (SUVmax), la TEP/TDM au 18F-FDG peut orienter, dans ce cadre, vers une origine néoplasique. Plusieurs cut-off de SUVmax (entre 2,5 et 3,5) ont été proposés par certaines études comparant SUVmax des thromboses veineuses cruoriques et tumorales, mais le nombre limité de patients ne permet pas de tirer des recommandations.
Dans une démarche d’amélioration continue de la qualité des soins, nous avons évalué l’activité de l’irathérapie par l’iode 131. Nous avons noté que certaines gélules d’iode 131 ne sont pas administrées le jour du rendez-vous du patient. Ce travail présente les causes et les solutions mises en place pour éviter ce problème. Il s’agit d’une étude rétrospective sur 2 ans. Nous avons utilisé comme modèle : la boucle d’amélioration de la qualité ou cycle PDCA (Plan, Do, Check, Act) et pris comme indicateurs le nombre de gélules d’iode 131 commandées et non administrées ainsi que leurs coûts respectifs. Les causes des non-administrations ont été rapportées et analysées. Des mesures correctives et préventives ont été appliquées. Durant l’année 2019, 24,5 % des gélules commandées n’étaient pas administrées à temps. Au total, 50,7 % des cas étaient dus à un retard de livraison. Après apport de mesures correctives en 2020, seulement 9,6 % des gélules commandées étaient non administrées. Le non-respect des consignes par les patients représente la majeure cause (37,9 %) des non-administrations. Les actions correctives ont permis de diminuer de 59,2 % le nombre de gélules non administrées et de 66,6 % le coût hebdomadaire moyen de la perte. Nous avons travaillé sur 3 axes : la collaboration avec les fournisseurs, la sensibilisation des patients et l’organisation du service. La méthode PDCA a permis d’optimiser la gestion et l’administration des gélules d’irathérapie. As part of a continuous quality improvement process, we evaluated the activity of iodine-131 iratherapy. We noted that some iodine-131 capsules are not administered on the day of the patient's appointment. This work presents the causes and solutions implemented to avoid this problem. This is a 2-year retrospective study. We used as a model: the quality improvement loop or PDCA cycle (Plan, Do, Check, Act) and took as indicators the number of iodine131 capsules ordered and not administered as well as their respective costs. The reasons of non-administrations were reported and analyzed. Corrective and preventive measures have been applied. During 2019, 24.5% of the capsules ordered were not administered on time. In all, 50.7% of cases were due to late delivery. After corrective actions taken in 2020, only 9.6% of capsules ordered were not administered. Non-compliance with instructions by patients represents the major reason (37.9%) of non-administrations. The corrective actions made it possible to reduce the number of capsules not administered by 59.2% and the average weekly cost of loss by 66.6%. We worked on 3 areas: collaboration with suppliers, patient awareness and service organization. The PDCA method has made it possible to optimize the management and administration of iratherapy capsules.
Avec plus de deux millions de cas par an et une mortalité de plus de 600 000 cas par an, le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes dans le monde. Il représente donc un enjeu de santé publique. La récidive locale ou à distance est présente, jusqu’à 30 % des cas, même en présence d’un traitement adapté. La maladie récurrente pose des défis diagnostiques et thérapeutiques considérables. Les décisions en matière de pronostic et de prise en charge sont basées sur la connaissance précoce de l’étendue de la maladie. Actuellement, la tomographie par émission de positons au 18 fluoro-désoxyglucose couplée à la tomodensitométrie (TEP/TDM au 18F-FDG) est devenue une modalité d’imagerie prometteuse qui est appliquée de manière plus routinière dans les situations cliniques. Cet apport dans le diagnostic et l’évaluation de l’extension de la maladie récurrente paraît majeur, mais conduit-il à des changements dans les stratégies thérapeutiques de cette maladie ? Notre étude avait comme objectif principal de montrer l’apport de la TEP/TDM au 18F-FDG dans le bilan d’extension du cancer du sein récurrent, ainsi que son impact dans la prise en charge thérapeutique de ces patients. C’est une étude rétrospective comportant les patients suivis pour carcinome mammaire et explorés par une TEP/TDM au 18FDG dans le cadre du bilan de récidive entre Décembre 2019 et Mars 2022 au service de médecine nucléaire du CHU Sahloul de Sousse, Tunisie. Notre population a inclus 40 patients suivis pour carcinome mammaire ayant un âge moyen de 53,5±11,7 ans. La majorité des patients ont été adressés pour une TEP/TDM au 18FDG devant une suspicion de récidive sur l’imagerie conventionnelle (50 %). La TEP/TDM au 18FDG a conduit à un sous-classement de 17/40 patients dont 15 (42,5 %) étaient confirmés, évitant ainsi un traitement lourd ou non adapté. Un surclassement a été réalisé chez 5 % des patients. Les valeurs prédictives négatives (92,9 %) et positives (96,2 %) de la TEP/TDM au 18FDG étaient plus élevées pour la détermination de la récidive locorégionale, systémique et globale que ceux de la TDM. La sensibilité, la spécificité et l’exactitude diagnostique étaient de 96,2 %, 92,9 % et 95 %, respectivement, pour la TEP/TDM au 18FDG contre 96,2 %, 14,3 % et 67,5 % pour la TDM. Une analyse par lésion a été réalisée montrant une sensibilité (88,6 %) et une spécificité (88,3 %) élevées particulièrement dans la détection de métastases ganglionnaires, osseuses et hépatiques. Aussi, la TEP/TDM au 18FDG s’est montrée comme étant un outil diagnostique très fiable en termes de détection de la récidive de par les valeurs des rapports de vraisemblance positif (13,5) et négatif (0,04). La restadification à l’aide de l’imagerie par TEP/TDM au 18FDG a conduit à un changement de la prise en charge dans 45 % des cas. Chez douze patients (30 %) ayant une suspicion de récidive systémique, la TEP/TDM au 18F-FDG était négative permettant de sous-classer ces patients et d’éviter une chimiothérapie excessive. Une surveillance active a été instaurée chez ces patients. La TEP/TDM au 18F-FDG a aussi permis en sous-classant 2 patients (5 %) de modifier la stratégie thérapeutique planifiée d’un traitement à base de chimiothérapie palliative à une stratégie à visée curative (chirurgie et radiothérapie) pour une récidive locale isolée. Ce sous-classement a permis d’éviter la chimiothérapie chez cette patiente. La TEP/TDM au 18F-FDG a aussi permis en surclassant 2 patients d’adapter la prise en charge thérapeutique. Chez la première patiente (2,5 %) adressée pour suspicion de récidive devant une ascension de marqueurs tumoraux sans anomalies à la TDM, la TEP/TDM au 18F-FDG a pu identifier une récidive ganglionnaire axillaire et sus-claviculaire homolatérale menant à un surclassement de la patiente. Ce surclassement a permis d’opter chez cette patiente pour une prise en charge multimodale comprenant un traitement chirurgical puis une chimiothérapie. Chez le deuxième patient (2,5 %), la TEP/TDM au 18F-FDG a retrouvé une atteinte métastatique diffuse non identifiée à la TDM conduisant ainsi à la modification de son traitement chirurgical envisagé vers une chimiothérapie.
Le corticosurrénalome malin est une maladie rare avec un mauvais pronostic. Chez les patients ayant subi une chirurgie initiale complète, le taux de récidive à 2 ans varie de 73 à 86 % et chez les patients métastatiques, la survie à 5 ans est inférieure à 12 %. Nous rapportons un cas rare vu en TEP/TDM au 18F-FDG. Il s’agit d’une patiente âgée de 47 ans, diabétique, qui présente un hirsutisme d’apparition récente avec aménorrhée secondaire et un syndrome de cushing. Les explorations hormonales ont montré un taux tumoral de testostérone à 9,7 ng/mL et un hypercorticisme ACTH-indépendant. Le dosage des dérivés méthoxylés plasmatiques est revenu négatif. Un scanner thoraco-abdomino-pelvien a montré une volumineuse masse surrénalienne nécrosée de la loge surrénale droite de 17 cm infiltrant le foie, le pôle supérieur du rein droit et la veine cave inférieure, associée à des lésions nodulaires pulmonaires droites suspectes. On a complété par une TEP/TDM au 18F-FDG qui a objectivé un hypermétabolisme intense (SUVmax = 13,34) au niveau de la masse surrénalienne droite, localement évolué avec extension hépatique, rénale droite et de la VCI. Les nodules pulmonaires étaient hypermétaboliques (SUVmax = 6,8) associés à des adénopathies médiastino-hilaires suspectes (SUVmax allant de 6,8 à 10). L’aspect TEP était très évocateur d’une tumeur maligne localement évoluée et métastatique. Une biopsie scanno-guidée de la masse surrénalienne droite a montré un aspect histologique en faveur d’un corticosurrénalome. La patiente a été traitée par chimiothérapie vu l’inopérabilité de la masse tumorale. Les corticosurrénalomes sont des tumeurs rares et agressives. Ils ne représentent que 0,05 à 0,2 % de tous les cancers. L’âge supérieur à 40 ans et la présence de métastases au moment du diagnostic sont de mauvais pronostic. Au moment du diagnostic, environ 68 % des patients présentent des symptômes endocriniens, le plus souvent un syndrome de Cushing avec ou sans virilisation, et 30 % ont des métastases à distance. Certaines études sur la valeur pronostique des paramètres semi-quantitatifs, tel que la SUVmax, ont rapporté une valeur pronostique péjorative pour les tumeurs avec un SUVmax > 10. Une tumeur surrénalienne avec un SUVmax > 4,6 est en faveur de la malignité.
L’ostéosarcome est la plus fréquente des tumeurs malignes primitives des os. Son redoutable pronostique reste lié à la taille et à l’extension de la tumeur lors du diagnostic. L’apparition des métastases pulmonaires est retardée et constitue la principale cause de mortalité. Le but de cette étude est d’illustrer l’apport de l’imagerie hybride dans la distinction des métastases pulmonaires et osseuses chez un adulte ayant un ostéosarcome. Il s’agit d’un patient âgé de 54 ans qui se plaignait de lombosciatalgies gauches. L’IRM avait objectivé une masse ostéolytique et ostéocondensante de l’extrémité supérieure du fémur gauche, infiltrant les parties molles adjacentes. La scintigraphie osseuse (SO) a été demandée dans le cadre du bilan d’extension préopératoire. Un balayage corps entier (BCE) a été réalisé 2 h après injection de 740 MBq de 99mTc-méthylène diphosphonate (99mTc-MDP) et complété par une tomoscintigraphie couplée au scanner (TEMP/TDM) centrée sur les zones pathologiques. La SO planaire avait mis en évidence la lésion fémorale connue avec des foyers d’hyperfixation multiples en regard du gril costal. Le complément par TEMP/TDM a montré que seulement deux foyers parmi les hyperfixations thoraciques étaient d’origine squelettique et correspondaient à des lésions de type mixte touchant les deux huitièmes côtes. Les autres fixations thoraciques étaient extraosseuses et correspondaient sur les coupes TDM à des nodules pulmonaires ayant une matrice ostéoïde, d’origine secondaire. Le patient était ainsi adressé en carcinologie médicale pour une chimiothérapie néoadjuvante. La SO est très sensible pour la détection des lésions aussi bien primitives que secondaires de l’ostéosarcome. Toutefois, elle reste limitée par sa faible spécificité. Ce problème peut être souvent résolu par l’imagerie hybride TEMP/TDM qui combine les avantages d’une imagerie de haute sensibilité du métabolisme osseux à celle d’une imagerie de haute résolution de la morphologie osseuse.
Mettre l’accent sur l’apport de la TEP-TDM dans l’exploration de l’étage encéphalique. La TEP-TDM est un examen d’imagerie moléculaire analysant le fonctionnement, le métabolisme et l’anatomie des organes. Le traceur utilisé est le FDG, dérivé du sucre (Fluro-déoxy-glucose), est consommé par le cerveau. La fixation physiologique du radiotraceur rend donc la détection des atteintes encéphaliques difficile. Notre travail rapporte 5 observations où la TEP au FDG a permis de révéler des foyers pathologiques cérébraux ou cérébelleux. Il s’agit d’une étude descriptive qui rapporte les cas de 5 patients ayant bénéficié d’une TEP-TDM au FDG dans le cadre d’un bilan d’extension néoplasique. Il s’agissant d’un bilan d’extension d’un mélanome connu métastatique au niveau cérébral et traité par radiothérapie cérébrale pour le premier patient. Pour les trois autres cas, l’examen a été demandé, respectivement, dans le cadre d’un adénocarcinome colique, d’un carcinome épidermoïde du vagin, d’un carcinome épidermoïde du col utérin stade IV et d’un cancer du poumon. Pour le premier patient, une plage hypométabolique temporale gauche était notée en rapport avec l’atteinte métastatique traitée. Pour le deuxième, la plage hypométabolique constatée correspondait à un élargissement des espaces péri-cérébelleux gauches correspondant à une méga-citerne. Pour le 3e et 4e patient, l’examen a objectivé, respectivement, un foyer hypométabolique temporal droit et un foyer au niveau de l’hémisphère cérébelleux gauche en rapport avec des séquelles d’AVC ischémique. Dans notre dernier cas, un hypermétabolisme focal a été constaté au niveau du cervelet permettant de révéler une métastase cérébelleuse. Malgré sa sensibilité limitée, les cas illustrés dans ce travail mettent en exergue l’intérêt potentiel de la TEP au FDG pour l’exploration de l‘étage encéphalique. Des anomalies focales du métabolisme en rapport avec des lésions parenchymateuses sous-jacentes peuvent en effet être découvertes.
Les métastases des tissus mous désignent la croissance des cellules tumorales dans les tissus mous qui ne sont pas reliés à la tumeur primaire ou aux ganglions lymphatiques régionaux et comprennent les métastases des muscles squelettiques et des tissus sous-cutanés. Elles sont cependant considérées comme des métastases non exceptionnelles du cancer du poumon surtout dans les adénocarcinomes. Le but de cette observation est de montrer l’apport de la TEP/TDM au 18F-FDG dans le diagnostic des métastases des tissus mous du cancer pulmonaire. Nous rapportons le cas d’un patient de 61 ans, sans antécédents particuliers, tabagique à 40 PA non sevré. En mai 2022, le patient a consulté pour une douleur thoracique associée à une toux sèche rebelle au traitement symptomatique dont l’exploration a conclu à un adénocarcinome du lobe supérieur du poumon (LSD) droit classé initialement T4N0Mx. Le patient nous a alors été adressé pour un bilan d’extension dans l’optique d’une chirurgie curative. L’examen TEP/TDM au 18F-FDG réalisé a montré la masse tumorale hypermétabolique (SUVmax = 13,8) du segment postérieur du LSD associée à un hypermétabolisme ganglionnaire médiastino-hilaire bilatéral et abdominopelvien. L’examen a aussi objectivé des foyers hypermétaboliques au niveau du bassin (SUVmax = 12,1 au niveau de l’ischion gauche) correspondant sur le scanner à des ostéocondensations avec de multiples foyers musculaires hypermétaboliques, sans anomalie sous-jacente sur les coupes TDM, touchant principalement le muscle trapèze droit, grand dorsal droit, les biceps brachiaux, le transverse de l’abdomen gauche, les muscles glutéaux, quadriceps fémoraux et le muscle soléaire avec un SUV max variant de 9,7 à 23,2. Nous avons donc conclu à une masse tumorale pulmonaire associée à des atteintes ganglionnaires médiastino-hilaire et abdominopelvienne, musculaires et osseuses suspectes. Bien que peu fréquente, les métastases de tissus mous sont rencontrées dans la pratique clinique et méritent une plus grande attention de la part des cliniciens, mais surtout des imageurs, puisqu’elles sont souvent associées à un mauvais pronostic. La TEP/TDM au 18F-FDG constitue un outil important dans la détection de ces métastases, notamment chez les patients atteints de cancer pulmonaire, permettant ainsi une prise en charge adaptée.
L’histiocytose langerhansienne (HL), dans sa présentation pédiatrique, peut être une maladie mono- ou multisystémique. Une stadification précise est essentielle pour sélectionner le traitement le plus approprié allant de la chirurgie locale à la chimiothérapie. La médecine nucléaire, présente une panoplie d’examens pouvant être utile pour dresser le bilan initial ainsi que pour l’évaluation post-thérapeutique et le suivi. Nous présentons le cas d’un enfant, âgée de 5 ans, qui a consulté pour une toux avec dyspnée persistante. Une radiographie thoracique a été pratiquée et a mis en évidence un élargissement médiastinal suspect. Une TDM thoraco-abdomino-pelvienne a été réalisée et a objectivé la présence d’une masse cervico-médiastinale, paracardiaque droite et gauche partiellement calcifiée, associée à une masse tissulaire jugale droite et de multiples lésions kystiques pulmonaires éparses. L’examen anatomopathologique de la masse médiastinale a conclu à une localisation d’une histiocytose à cellules langerhansiennes. Dans le cadre du bilan lésionnel, la patiente a bénéficié d’une scintigraphie osseuse revenue négative et d’une TEP/TDM au 18F-FDG. Cette dernière a mis en évidence un hypermétabolisme intense des masses décrites sur la TDM, mais a également objectivé une adénopathie hypermétabolique de la chaîne Ib gauche. Les lésions kystiques pulmonaires présentaient un hypermétabolisme pariétal modéré. On a noté un hypermétabolisme diffus ostéomédullaire avec une splénomégalie homogène discrètement hypermétabolique, d’allure réactionnelle. Le diagnostic d’une HL multisystémique avec atteinte des parties molles jugales droites et pré-sternale, ganglionnaire cervicale et pulmonaire a été retenu et la patiente a entamé un traitement par chimiothérapie à type de VLB. Un contrôle par TEP/TDM au 18F-FDG après 6 cycles de chimiothérapie a mis en évidence une nette régression morpho-métabolique des atteintes cervico-médiastinales cadrant avec une réponse partielle mais aussi a permis de détecter une complication pulmonaire grave à type de pneumothorax total compressif du poumon gauche ayant nécessité le transfert urgent de la patiente en réanimation pédiatrique. Les HL sont des affections rares dont le mécanisme physiopathologique est encore inconnu, mais on considère actuellement qu’il s’agit d’un processus réactionnel plutôt que d’un processus néoplasique. Les présentations cliniques sont très diverses, pouvant mettre en jeu le pronostic vital dans les formes multisystémiques. La prise en charge thérapeutique dépend de l’extension des lésions. La TEP/TDM au 18F-FDG présente une sensibilité et une spécificité élevées pour le stadification initiale et le suivi thérapeutique des HL.